Gérald Darmanin à la manifestation de la flicosphère devant l'Assemblée

" Il est exceptionnel que des ministres descendent dans la rue pendant l'exercice de leur mandat. Mais qu'un ministre de l'Intérieur se rende à une manifestation contestataire sur la voie publique à l'appel de policiers réunis en intersyndicale, c'est du jamais-vu ", assure Danielle Tartakowsky, historienne, spécialiste de l'histoire des mouvements sociaux.

https://www.francetvinfo.fr/politique/gerald-darmanin/manifestation-de-policiers-cinq-questions-autour-de-la-presence-de-gerald-darmanin_4628357.html

Le numéro deux du Rassemblement national, Jordan Bardella, a déjà annoncé sa venue. "Oui, j'y serai, comme beaucoup d'élus du Rassemblement national et, au-delà des partis politiques, comme de nombreux élus qui voient aujourd'hui que les policiers sont usés", a affirmé sur France Inter le vice-président du parti d'extrême droite.

Nicolas Dupont-Aignan participera également à ce rassemblement. "Je regrette que, depuis des années, on ait laissé les policiers sans défense", juge le président de Debout la France. Il prône un "plan global, notamment de changement du Code pénal". Toutefois, le député de l'Essonne ironise sur la présence annoncée de Gérald Darmanin : "On n'a jamais vu un ministre de la République manifester contre sa politique, donc c'est une façon pour monsieur Darmanin de s'exonérer de ses responsabilités."

Du côté de la gauche, le candidat du PCF à la présidentielle, Fabien Roussel, et le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, ont affirmé qu'ils participeraient eux aussi au rassemblement, tout comme l'eurodéputé EELV Yannick Jadot.

Une délégation de députés de la majorité se rendra également aux côtés des manifestants. Cette liste devrait encore s'allonger. 

Pour le moment, le groupe parlementaire de La France insoumise (LFI) est le seul à avoir formalisé son refus de se rendre à la manifestation. Dans une note publiée sur le site du parti, LFI dénonce une "instrumentalisation politique de celles et ceux qui, fonctionnaires de la police nationale ou militaires de la gendarmerie nationale, sont morts lâchement assassinés par des criminels". 

"Nous ne participerons pas parce que nous ne partageons pas les revendications sur la base desquelles les organisations policières appellent à manifester", explique à franceinfo le député de La France insoumise Ugo Bernalicis. L'élu signale que le groupe a déjà demandé l'ouverture d'une commission d'enquête pour prévenir les suicides dans la police, sans recevoir de soutien de la majorité ou des organisations policières jusqu'ici. "Il est de plus intolérable qu'un ministre d'Etat participe à une manifestation de pression sur l'Assemblée nationale, cela va à l'encontre de la séparation des pouvoirs", estime le député du Nord.

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