Sous les décombres et dans les hôpitaux, les morts indirects sont légion. « Dans les conflits récents, ces décès indirects sont de trois à quinze fois plus nombreux que les décès directs. » explique The Lancet. En juillet, l’estimation de la revue médicale de 186 000 tués se basait sur le bilan des 37 396 palestiniens recensés comme tués. En décembre 2024, partant du bilan de 45 000 décès signalés, il est vraisemblable d’estimer que jusqu’à 225 000 Palestiniens, voire plus, ont été victimes du génocide.
" L’histoire récente nous rappelle néanmoins que, même en imaginant que le droit international ne sorte pas aussi en lambeaux de ces quinze mois d’atrocités après avoir été piétiné par Israël avec l’appui de la première puissance mondiale, nombre des pires atrocités des dernières décennies n’ont pas été reconnues comme des génocides. En raison d’une interprétation souvent restrictive des juridictions nationales et internationales et des difficultés à établir l’intentionnalité des crimes. " (source)
Il a fallu attendre de nombreuses années pour qu’un mouvement initie et impose une application plus rigoureuse et efficace du droit contre les auteurs de violences faîtes aux femmes pour y mettre un coup d’arrêt. L’application du droit dans le passé ne peut donc pas servir de référence à la répression actuelle des crimes, s’il n’est pas pris en compte l’évolution et la sensibilité des opinions.
Le massacre de Gaza aura-t-il comme effet de faire progresser la répression du génocide, comme l’affaire Harvey Weinstein a provoqué une prise de conscience de la nécessité de réprimer les violences sexuelles ?
Ce massacre de Gaza, comme les crimes d’Etat en Syrie ou les bombardements russes en Ukraine, vont-ils provoquer un autre #Metoo contre la violence institutionnelle - la guerre euphémisée par des mots comme " opération extérieure " ou " légitime défense " ou la torture, les traitements inhumains et dégradants au motif du " maintien de l’ordre, de la sécurité " - et mettre fin à l’impunité des responables des crimes contre les populations civiles, qu’il s’agisse des décideurs, des auteurs, des complices et des receleurs ?