Vivre au 73, avenue Wilson, immeuble insalubre à Saint-Denis

Le quotidien des habitants de cet immeuble menacé d’effondrement est fait de rats, de portes sans verrous et de plafonds sur le point de s’effondrer.

https://www.lemonde.fr/logement/article/2018/11/19/la-chute-du-73-avenue-wilson_5385662_1653445.html

Les services de la mairie de Saint-Denis viennent de recouvrir l’immeuble d’un filet. Sur toute la hauteur de ses trois étages, la nasse évite aux passants de recevoir sur le crâne des fragments d’une façade centenaire, crasseuse et effritée. Noircie par les gaz d’échappements de l’autoroute A1 qui passe sous ses fenêtres et dont le tracé se confond ici avec celui de l’avenue, elle est rongée par l’humidité. Ce jeudi 15 novembre, quelques antennes paraboliques orientées vers le sud passent encore à travers le filet. Les volets qui menaçaient de tomber ont été ôtés la veille.

Cette copropriété, sise au 71-73 avenue du Président-Wilson, possède deux entrées. Le portail du 73 donne accès à la cage d’escalier des appartements sur rue, ceux qui sont pris dans la nasse ; celui du 71 débouche sur une arrière-cour, au fond de laquelle on aperçoit une rangée de petites constructions plus récentes d’un ou deux étages, dont les portes et les fenêtres sont murées. Plus tôt dans le mois, après l’effondrement de deux immeubles à Marseille, qui a fait huit morts le 5 novembre, la municipalité a décidé d’évacuer ces constructions, devenues trop dangereuses.

Leurs occupants, des squatteurs et les locataires d’un marchand de sommeil, ont été relogés. Driss Yacia, qui vivait depuis 1985 dans une des habitations condamnées du 71, fait partie de ceux qui ont dû quitter leur logement précipitamment. Il n’est pas parti bien loin. Ancien ouvrier dans le bâtiment, longtemps payé au noir, il dit survivre à 71 ans grâce à une retraite réduite et dort désormais avec son chien dans un ...

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