SNU : pour un droit familial à l'objection de conscience

Cette mise en scène ne correspond pas à l'éducation que je souhaite pour mes enfants. Louise Tourret — 19 juin 2019

http://www.slate.fr/story/178626/service-national-universel-snu-droit-familial-objection-conscience

Le #SNU c'est :

1,6 milliards d'euros pour chanter la Marseillaise à 7h du mat

et si tu chantes mal où si t'es pas d'accord, l'interdiction de passer le bac et le permis.

1,6 milliards d'euros avec comme élément pédagogique clé : le chantage.

https://t.co/BmWyiylbcj

— Qffwffq (@qffwffq) 17 juin 2019

Je demande le droit d'objection de conscience parentale: ma conscience, mon éducation, mes valeurs.

Quant à ériger l'esprit critique, un argument mis en avant par les responsables de l'organisation du SNU, je n'arrive pas à comprendre en quoi se mettre au garde à vous constitue un préalable à cet apprentissage. On nous parle de libre arbitre tout en décidant de l'heure du lever d'adolescent·es de 16 ans. On nous parle de responsabilité tout en supprimant les téléphones. Personne ne voit la contradiction?

L'argument de la mixité sociale est aussi avancé. Nos ministres, qui chantent les vertus du dispositif pourraient agir sur la carte scolaire, lancer des politiques de quotas qui concernerait l'enseignement privé (une mesure appliquée par exemple en Angleterre) ou davantage financer le monde associatif et les clubs de sports qui permettent à des jeunes de tous milieux de se rencontrer.

Je demande le droit d'objection de conscience parentale: ma conscience, mon éducation, mes valeurs. J'ajouterai que je place la liberté au-dessus des nations et des drapeaux. Aux donneurs de leçons, je répondrai que l'histoire nous a montré qu'au moment où il fallait s'engager pour notre pays on pouvait toujours tordre l’idée de patrie, comme le fit Petain qui, tout en l’exaltant dans ses discours, livra des enfants juifs aux Nazis. L'amour de la liberté, de l'égalité et de la fraternité peut prendre bien des chemins, il n'exige pas de mise en scène et préside toujours aux bons choix. Une bien meilleure boussole que le sens de l'obéissance.

 

Prolonger :

« Le SNU est l’héritier d’une pensée magique née dans les années 1960 »

Tribune Bénédicte Chéron historienne

Justifié par un discours d’intégration, le service national universel (SNU), qui vient de débuter, est bercé par la nostalgie d’un service national disparu. Le rendre obligatoire le condamnerait à la même issue, estime l’historienne Bénédicte Chéron dans une tribune au « Monde ».

Publié le 18 juin 2019

 

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