L214 soulève la question de l'élevage industriel du canard

La dénonciation d'un élevage industriel par L214 renvoie nécessairement sur la responsabilité des grosses entreprises dans l'épidémie de grippe aviaire qui a conduit à l'abbattage tous les élevages du Gers sans distinction entre les petits éleveurs et les gros sous-traitant de l'industrie alimentaire. L214 a saisi le ministre de l'agriculture Julien Denormandie.

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/le-ministere-de-lagriculture-annonce-ordonner-la-fermeture-du-batiment-delevage-insalubre-de-canards-dans-les-pyrenees-atlantiques-mis-en-cause-par-l214_4080243.html

Pour qui travaillait cet élevage, quelle entreprise de production de foie gras est son client ? Qui approvisionnait cet élevage en nourriture industrielle ? Quelle est la composition de cette nourriture ? Quel vétérinaire contrôlait cet élevage ? Quel organisme officiel est chargé de s'assurer du respect de la réglementation sanitaire ? Le préfet ? Qui transportait ces bêtes dont le risque de maladie et de contagion peut se déduire du manque de soin qui apparaît dans les images ? Quels sont les autres élevages industriels dans la région qui approvisionnent ce client ? Quel est le parcours de ramassage de ces animaux ?

La crise aviaire qui a frappé le Gers, notamment, n'a jamais fait l'objet d'une enquête approfondie sur l'origine, les causes et le circuit de propagation du virus alors que cela s'imposait pour protéger et garantir les petits élevages des méfaits et des risques inhérents à l'élevage industriel comme le signale la nécessité de l'emploi de produits phytosanitaire.

Encore une fois, se pose la question des intérêts divergents entre les petits exploitants, les artisans, les petits entrepreneurs, d'une part, et la production industrielle, d'autre part.

D'où l'intérêt de bien distinguer dans l'agriculture, mais aussi dans tous les autres domaines d'activités, les organisations professionnelles qui représentent en fait les intérêts du grand patronat des organisations professionnelles qui représentent la défense des droits économiques et sociaux des travailleurs et des dirigeants des petites et moyennes entreprises.

Ce que ne fait pas la presse en présentant par exemple la FNSEA comme un syndicat d'agriculteurs alors qu'elle représente les intérêts du patronat de l'industrie agro-alimentaire qui défend l'usage des pesticides, promeut l'agriculture et l'élevage intensifs au détriment de l'environnement et d'une économie soutenable (épuisement des sols, gaspillage de l'eau, ...), la recherche de l'optimisation immédiate du profit, ...

Ce ne sont pas ou plus des agriculteurs mais des investisseurs. Le coeur de l'électorat de LREM.

Sivens, Notre Dame des Landes, Bure, notamment, montrent le contraste existant dans la mise en oeuvre des prérogatives du préfet à réprimer les manifestants qui réclament un respect de l'environnement, d'une part, et le soin et les moyens qu'il met à garantir un contrôle vétérinaire efficace, d'autre part (voir ce que révèle L214 depuis des années).

N'y a-t-il pas là matière à s'interroger sur une mise en oeuvre discriminatoire des moyens de l'Etat, voire un détournement de l'Etat au bénéfice d'un petit groupe de privilégiés ? La loi est générale, abstraire et impersonnelle.

Rappel :

Grippe aviaire : 10 000 canards abattus dans le Gers en raison d'une suspicion au virus H5N3

 

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