Macron en Loir-et-Cher : une visite pas si privée

Le président de la République a profité de son séjour à Chambord pour rencontrer les dirigeants de la chasse française qu’il a promis de revoir bientôt. Par Christophe GENDRY Journaliste, directeur de la Nouvelle République de Loir-et-Cher @la_nr_cgendry

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Christophe GENDRY explique comment et pourquoi le déplacement d'Emmanuel Macron n'était pas un déplacement privé, sans aucune motivation politique.

Le journaliste rappelle que l'Elysée prétendait qu'Emmanuel Macron venait passer un week-end en Loir et Cher en famille pour fêter son quarantième anniversaire (en avance). Le programme se composait d'une visite VIP au ZooParc de Beauval puis d'une fête le soir au château.

Christophe Gerry relève le vide que s'est ingénié de faire autour de lui Emmanuel Macron en évitant tout contact avec la presse et les élus du territoire, comme Jacqueline Gourault, ministre, et Marc Fesneau, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale, retenus à Paris au congrès du parti de François Bayrou.

Ce vide a cependant été sélectif puisque Emmanuel Macron a rencontré vendredi en fin de journée les présidents des fédérations départementales des chasseurs à l'issue d'une battue de régulation des sangliers, organisée par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Le journaliste relève parmi ces VIP de la cynégétique la présence de Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs, son vice-président Hubert-Louis Vuitton et Thierry Coste, lobbyiste des chasseurs. Ces personnes n'étaient pas présentes fortuitement puisqu'ils avaient été informés de la visite présidentielle quelques jours auparavant.

Emmanuel Macron, selon les témoins, est parvenu à séduire ces mandarins de la chasse tout en exigeant qu'aucune photo ne soit prise ou circule.

Emmanuel Macron dans ses bottes a honoré le tableau de chasse. Le carnage de sangliers alignés sur des branches de sapins était éclairé aux flambeaux en présence de la garde républicaine à cheval rendant les honneurs au gibier sabre au clair devant le château de Chambord et au son des cor de chasse.

Christophe Gendry rapporte le témoignage de Hubert-Louis Vuitton  « Il a fait le tour de tout le monde. Il a salué les chasseurs, les maîtres-chiens, les rabatteurs, les sonneurs, les gendarmes. Il a eu un petit mot pour chacun. Il est resté une bonne demi-heure avec nous. C’était une très grande fierté pour nous tous. Depuis Valéry Giscard d’Estaing qui était lui-même chasseur, ce qui n’est pas le cas d’Emmanuel Macron, aucun président de la République n’avait assisté à un tableau à Chambord. Ce fut une rencontre très chaleureuse. Pour lui la chasse s’inscrit dans notre patrimoine national, et il a confirmé qu’il allait bientôt recevoir les dirigeants de la FNC pour aborder des dossiers importants. »

Christophe Gendry souligne l'importance de cette mise en scène présidentielle à l'attention des plus de 20 000 chasseurs que compte ce département centriste.

Dans un post scriptum, l'article rappelle la très récente nomination de président au conseil d'administration du domaine de chasse de Chambord d'Augustin Romanet, PdG d'aéroports de Paris (ADP - que Macron veut privatiser)  et de la future nomination du sénateur François Patriat - proche d'Emmanuel Macron et "passionné de chasse" - comme président du conseil d'orientation de Chambord (selon le Monde)

Prolonger :

À Chambord, Emmanuel Macron se met les chasseurs dans la poche SUD radio

Emmanuel Macron célèbre l'amitié franco-italienne à Chambord - Actu.fr

Mises à jour :

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Sur le mépris de classe France culture : "Les mots d'un boxeur gitan" : petite histoire du mépris de classe par la langue

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