Macron en Loir-et-Cher : une visite pas si privée

Le président de la République a profité de son séjour à Chambord pour rencontrer les dirigeants de la chasse française qu’il a promis de revoir bientôt.

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Un déplacement privé, sans aucune motivation politique ? Voire !

Selon l’Elysée, si Emmanuel Macron passe le week-end en Loir-et-Cher en famille, c’est uniquement pour célébrer avec quelques jours d’avance son quarantième anniversaire. Après une visite VIP au ZooParc de Beauval, hier après-midi, la fête était programmée hier soir dans l’une des salles du château. Au passage, le président de la République s’est affranchi de tout contact avec la presse et les élus du territoire. D’autant plus que ses soutiens loir-et-chériens, la ministre Jacqueline Gourault et le député Marc Fesneau, le président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale, sont tous les deux retenus à Paris où se déroule ce week-end le congrès du parti de François Bayrou.

Les bottes de Jupiter

En revanche « Jupiter » a pris soin, vendredi en fin de journée, de rencontrer les présidents des fédérations départementales des chasseurs qui venaient de participer à une battue de régulation des sangliers, organisée par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Car s’il n’y a plus de chasses présidentielles à Chambord – du moins pour le moment car Emmanuel Macron songerait à les restaurer – il est nécessaire pour garantir la régénération de la forêt de maîtriser les populations de grands animaux dans un parc certes gigantesque (52 km2) mais qui n’en demeure pas moins un espace clos.

Il y avait là Willy Schraen, le patron de la puissante Fédération nationale des chasseurs dont le vice-président, le Loir-et-Chérien Hubert-Louis Vuitton était également de la partie, tout comme Thierry Coste, lobbyiste chevronné des intérêts cynégétiques. Leur présence ne devait rien au hasard, puisque la visite du président de la République leur avait été annoncée quelques jours auparavant.

Selon plusieurs témoignages, Emmanuel Macron a réussi son opération de séduction auprès de ce public particulier, tout en demandant qu’aucune photo de cet instant ne soit prise ou du moins ne circule.

Chaussé d’une paire de bottes, il a assisté au traditionnel tableau de la journée. Un moment impressionnant, pendant lequel le temps se suspend. Les plus gros sangliers tirés au cours des battues sont alignés sur un lit de branches de sapin, éclairés par des flambeaux, avec le château en toile de fond lumineuse, tandis que retentissent les trompes et que la garde républicaine, à cheval et sabre au clair, rend les honneurs au gibier.

« Il a fait le tour de tout le monde, témoigne Hubert-Louis Vuitton. Il a salué les chasseurs, les maîtres-chiens, les rabatteurs, les sonneurs, les gendarmes. Il a eu un petit mot pour chacun. Il est resté une bonne demi-heure avec nous. C’était une très grande fierté pour nous tous. Depuis Valéry Giscard d’Estaing qui était lui-même chasseur, ce qui n’est pas le cas d’Emmanuel Macron, aucun président de la République n’avait assisté à un tableau à Chambord. Ce fut une rencontre très chaleureuse. Pour lui la chasse s’inscrit dans notre patrimoine national, et il a confirmé qu’il allait bientôt recevoir les dirigeants de la FNC pour aborder des dossiers importants. »

Des dossiers qu’il n’était pas anodin d’évoquer dans un département qui compte plus de 20.000 nemrods et où la chasse est une véritable institution.

à suivre

La semaine passée, Augustin de Romanet, le PDG des aéroports de Paris, a été nommé président du conseil d’administration du Domaine de Chambord, en remplacement du député Nouvelle Gauche Guillaume Garrot. Il laisse du coup vacant le fauteuil de président de conseil d’orientation de Chambord qui devrait revenir, selon nos confrères du Monde, au sénateur François Patriat, ancien ministre et président de la région Bourgogne, proche d’Emmanuel Macron… et passionné de chasse. Précision importante : ces missions sont bénévoles.

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