L'échec politique

Plus l'impéritie politique est grande, plus le besoin des forces de l'ordre s'impose. La mise en perspective de la régression sociale et de l'augmentation de la violence servant de prétexte à des lois liberticides interpelle d'autant plus sur la qualité intellectuelle du personnel politique que les échéances électorales de 2017 s'approchent et qu'aucun programme politique sérieux n'est annoncé.

 

Cela fait des années que le politique idéologise le terrorisme pour imposer un paradigme sécuritaire défaillant. Il fait reculer les libertés publiques et applique une politique d'austérité au prétexte d'une dette qui n'est que la conséquence de sa mansuétude pour la criminalité financière. Une grandiose escroquerie intellectuelle.

Idéologiser et ne traiter le terrorisme que dans l'instrumentalisation de ses effets spectaculaires, dramatiques, émotionnels en refusant d'en chercher les causes, comme l'a affirmé le premier ministre (ce qui va dans le sens du discours de la droite voire l'extrême-droite), c'est démontrer son manque sérieux de souci à le prévenir efficacement alors que la régression sociale, prohibée par le droit, et l'augmentation des inégalités sont connues pour être le terreau du phénomène criminel.

La politique de la régression sociale s'illustre encore à travers la loi sur le travail sans avoir peur d'énoncer des incohérences pour se vendre. A quoi rime un CDI s'il est devient possible de licencier de façon discrétionnaire ou presque ?

Il n'est pas douteux en revanche qu'une nouvelle loi sécuritaire va sortir d'un tiroir. Comme cela se produit depuis des années. Depuis quand, au fait ?

Plus le politique est mauvais, plus il s'affirme par l'invocation de l'ordre et de la force publique ; ce qui l'exempte de réfléchir à des propositions politiques sérieuses capables de garantir efficacement le bien-être général dans un cadre démocratique respectueux des droits fondamentaux.

 

 

 

 

 

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