22 mars : lire " Face à l’irresponsabilité : la dynamique de la solidarité "

Le mouvement de grève du 22 mars s'inscrit dans la défense d'acquis pour l'avenir. Alain Supiot propose de réfléchir à la mise en perspective juridique de la situation actuelle dans l'ouvrage publié sous sa direction aux éditions du Collège de France " Face à l’irresponsabilité : la dynamique de la solidarité ". Un livre qui s'impose donc de lire.

https://books.openedition.org/cdf/5188

Après l'ouvrage de Ludivine Bantigny qui offre les clefs de compréhension des "évènements " de 1968, Alain Supiot propose de se tourner vers l'avenir en s'attachant à trouver une réponse à l'abdication politique et démocratique qui sape l'Etat de droit pour satisfaire l'optimisation immédiate du profit.

Le superficialisme juridique inconventionnel du pouvoir et la régression globale qu'il impose au mépris des droits de l'Homme et de la légistique interpellent le citoyen sur l'urgence et la nécessité à replacer le droit au centre de la société, parce que c'est le droit qui fait société, et non l'économie.

L'actualité juridique est marquée par le double assouplissement du lien contractuel (réforme en catimini du droit des contrats par voie d'ordonnances) et du lien social (réforme du droit du travail et d'autres domaines par voie d'ordonnances) pour ne satisfaire qu'un tout petit groupe de population, aux dépends de tous les autres.

C'est également ce petit groupe de population qui menace l'environnement par l'exploitation déraisonnée des ressources et de ses conséquences écologiques dans le même souci d'une optimisation immédiate des profits.

Une telle politique qui méprise tant le droit fondamental et ses acquis que le but même d'une société démocratique moderne, celui d'assurer le bien-être général,se caractérise donc par une négation du progrès de la civilisation et le mépris du vivant, dont l'humanité n'est qu'un composant.

Les Vikings étaient des "commerçants pilleurs". Leur mode de société irrresponsable n'a pas vécu plus de 150 ans.

Les conditions d'exploitation de la main d'oeuvre et des ressources naturelles posent aujourd'hui la même question des "commerçants pilleurs" irresponsables comme dans l'effondrement du Rana Plazza à Dacca. L'histoire se répète en pire. Un drame semblable de couturières sacrifiées au profit s'était produit à New York lors de l'incendie de l'usine Triangle Shirtwaist en 1911.

D'où l'importance et l'intérêt du livre publié sous la direction d'Alain Supiot aux éditions du Collège de France :

Les réseaux d’allégeance sont une source d’irresponsabilité en matière sociale, environnementale et financière. Pour remédier à cette irresponsabilité, on recourt de plus en plus fréquemment à l’idée de « responsabilité solidaire », afin d’obliger ceux qui ont le pouvoir économique à répondre des conséquences de leurs décisions. L’ouvrage examine cette dynamique de la solidarité en droit de la responsabilité, en tenant compte de ses derniers développements comme la résolution du Parlement européen appelant à l’adoption de mécanismes de « responsabilité solidaire » dans les chaînes de sous-traitance et la loi du 27 mars 2017 « relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre ».

Accès à l'intégralité de l'introduction de l'ouvrage : https://books.openedition.org/cdf/5190

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