La précarisation du droit du travail fait obstacle au logement

Une effet de la politique de Muriel Pénicaud sur l'accès au logement : « Si on ne prononce pas le mot CDI, les agences ne cherchent même pas à comprendre ». De nombreux jeunes actifs sont confrontés à des difficultés pour trouver un logement, en raison de salaires trop faibles ou de contrats trop précaires.

https://www.lemonde.fr/logement/article/2018/05/22/logement-si-on-ne-prononce-pas-le-mot-cdi-les-agences-ne-cherchent-meme-pas-a-comprendre_5302709_1653445.html

Etudiante, Olivia ne s’était jamais vraiment posé la question du logement. Diplômée en 2016, elle a quitté sa résidence universitaire de Montpellier pour l’Ile-de-France. C’est là qu’elle a trouvé un travail dans un grand cabinet de ressources humaines et a touché du doigt l’indépendance. Touché du doigt seulement. Car, avec son CDD de trois mois renouvelable, trouver un logement s’est avéré un combat.

« J’ai cherché en vain chez des particuliers, mais on me demandait trois fois le montant du loyer, un CDI hors période d’essai, et des garants », raconte la jeune femme dans un appel à témoignages lancé par Le Monde. Autant de garanties qu’elle n’a pas. Après un an de colocation à une heure de son lieu de travail, le CDI n’est toujours pas à l’ordre du jour. A 29 ans, 1 700 euros net par mois et un CDD d’un an, elle n’a eu d’autre choix que de se tourner vers un foyer de jeunes travailleurs.

Comme elle, de nombreux jeunes actifs font face à « de réelles difficultés d’accès au logement, et pas seulement à Paris », assure Tommy Veyrat, délégué national de l’Union nationale des comités locaux pour le logement autonome des jeunes (UNCLLAJ), qui organise la semaine du logement des jeunes du 28 mai au 5 juin.

« A priori vis-à-vis des jeunes »

Selon la Fondation Abbé Pierre, en 2015, 1,5 million de jeunes vivaient chez leurs parents malgré un emploi rémunéré, en CDI à temps complet pour la moitié d’entre eux. Difficile de savoir combien y sont obligés. Mais une chose est sûre, selon Lucie Cahn, directrice générale de l’Association pour l’accès aux garanties locatives (APAGL) : « Les bailleurs ont toujours un a priori vis-à-vis des jeunes actifs. Ils ont beau être moins en impayé que les autres catégories d’âge, ils sont plus mobiles, ont moins de stabilité dans l’emploi, et ont souvent des ressources plus faibles. »

 

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France culture 25/8/2018 : Cherche logement désespérément

Le parcours du combattant pour trouver un logement

La crise du logement touche 12 millions de personnes en France : des étudiants, des jeunes actifs, des retraités, des classes moyennes inférieures. Reportage à Lille, Paris et Rennes de Lise Verbeke.

L’attente d’un logement, la difficulté de s’y maintenir ou encore le mal-logement, cela concerne 15 millions de personnes en France, selon la Fondation Abbé Pierre.

 

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