Le Pen au 2° tour de la présidentielle est le bilan du quinquennat Hollande

Le même qui appelle à résister au FN l'invite à l'Elysée et aux cérémonies officielles. De qui se moque-t-il ? Le débat oublie l'essentiel : Le Pen au 2° tour de la présidentielle est le bilan du quinquennat Hollande. L'incarnation logique et prévisible de la politique menée ces cinq dernières années au mépris de l'opinion (voir la répression lors des manifestations).

Le discours de Le Pen ne dépare pas dans ce qui s'est fait ces dernières années :

régression sociale, augmentation des inégalités, distribution record de dividendes, lois liberticides, répression sociale, stigmatisation de l'action syndicale, discrimination au travail, violence institutionnelle, accroissement de la pauvreté, racisme anti Rom, obstacle aux droits des réfugiés, remise en cause du droit du travail, modification en catimini du droit du contrat, déchéance de nationalité, suppression des libertés publiques, suspension des droits de l'Homme, espionnage de masse, procédure d'exception ...

C'est fascistoïde.

Malgré l'évidence, l'Etat de droit a cédé à l'Etat policier.

Il n'y a pas eu d'alternance entre Sarkozy et Hollande. Le second a fait pire que le premier.

Valls qui saisit la justice pour faire interdire un saltimbanque mais ne l'a jamais saisie à propos de l'inconstitutionnalité du programme discriminatoire du FN, comment comprendre cette contradiction de la part d'un homme qui prétendait vouloir faire barrage à ce parti d'extrême-droite, et qui trahit le PS pour Macron tout en faisant du pied à Fillon avant le premier tour ? Jusqu'où dérapera-t-il ainsi à droite ?

Le second tour des élections présidentielles 2017 montre donc, qu'au-delà d'avoir trahi leurs électeurs et abdiqué des valeurs fondamentales (état d'urgence), Hollande et Valls ont remis efficacement en selle les nostalgiques du régime de Vichy qui se disculpent du Vel d'Hiv.

Evoquer la responsabilité politique exclusive de Hollande et de Valls dans le débat du 2° tour est de nature à mobiliser l'électorat plutôt que de le prendre pour un imbécile en le culpabilisant ; pendant que les responsables de la débâcle démocratique s'en sortent confortablement et se permettent de donner encore des leçons (comme Valls à Hamon, par ex.).

Dramatique illustration de l'inertie de la médiocrité et du fascisme mou du mépris et de l'indifférence pour ceux qui se serrent la ceinture, doivent encaisser en se taisant, souffrent, saignent ou meurent dans la misère.

Honte à eux et ceux qui les ont soutenus à faire n'importe quoi au mépris du bien-être général. Ce sont eux les populistes. Ils ont cédé à la facilité alors qu'ils avaientt le pouvoir, tous les pouvoirs en 2012.

Qu'ils se taisent maintenant et se fassent oublier.

Quel bilan pour les familles des victimes de guerre qui se sont sacrifiées pour que deux ânes remettent le compteur à zéro 70 ans après !

S'en rappeler le jour du deuxième tour qui précède le 8 mai.

Ce n'est pas ce quinquennat qui va pouvoir servir à fortifier les esprits et les convaincre à résister.

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