La rédaction du Haaretz précise sur son site que la « résolution approuvée dimanche ne figurait pas à l'ordre du jour du gouvernement, généralement publié avant la réunion hebdomadaire du cabinet, et que le Premier ministre Benjamin Netanyahu l'a approuvée sans qu'elle ait fait l'objet de l'examen habituel ». La mesure a été proposée par le ministre des Communications Shlomo Karhi, membre du Likoud, parti présidé par M. Netanyahu. Elle s'impose à tous les organismes israéliens « financés par le gouvernement ».
L'explication du gouvernement, selon le verbatim rapporté par le Haaretz, se fonde sur « de nombreux articles qui ont porté atteinte à la légitimité de l'État d'Israël et à son droit à l'autodéfense ».
L'exécutif israélien n'a pas apprécié notamment les « remarques faites à Londres par l'éditorialiste (et chef du groupe de presse qui possède le journal) Amos Schocken, dont les propos soutiennent le terrorisme et appellent à imposer des sanctions au gouvernement ».
Début novembre, le Haaretz, fondé en 1919 et orienté à gauche, s'était désolidarisé des propos prononcés par Amos Schocken. (ndr : ce qui n'est pas apprécié par des lecteurs, cf. leurs commentaires)
Ce dernier avait déclaré au cours d’une conférence à Londres le 27 octobre dernier * :
« Le gouvernement de Benjamin Netanyahu ne se préoccupe guère d’imposer un régime d’apartheid cruel à la population palestinienne. Il écarte d’un revers de la main le prix payé pour la défense des implantations de Cisjordanie, en luttant contre les combattants de la liberté qui sont qualifiés de terroristes par Israël. »
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*The Guardian à propos de la conférence à Londres parrainée par Haaretz et intitulée « Israël après le 7 octobre : Allié ou seul ? »
London conference hears UK and Israeli criticism of conduct of Gaza war
Speakers at event call for commitment to a two-state solution and urge Labour government to do more. Patrick Wintour Diplomatic editor - Mon 28 Oct 2024 17.03 CET
trad.
La conférence de Londres fait entendre les critiques du Royaume-Uni et d’Israël sur la conduite de la guerre à Gaza
Les critiques du gouvernement israélien et les appels à la tolérance et à l’engagement en faveur d’une solution à deux États ont été les thèmes principaux de la conférence organisée dimanche à Londres par le journal israélien de gauche Haaretz.
La conférence, intitulée " Israël après le 7 octobre : Alliés ou seul ? " , a accueilli des conférenciers de tous les milieux politiques, universitaires et médias israéliens et britanniques. Il a servi en partie à montrer l’ampleur des traumatismes subis par certains membres de la diaspora juive, non seulement par les horreurs du 7 octobre mais aussi par la réponse du gouvernement de Benjamin Netanyahu.
L’éditeur de Haaretz, Amos Schocken, a ouvert l’événement en disant que le gouvernement israélien était si désastreux et avait tellement dénaturé le sionisme que le seul recours était la communauté internationale qui appliquait des sanctions, tout comme elle avait fait pour changer l’apartheid en Afrique du Sud. (...)
Schocken a accusé le cabinet de Netanyahu d’« imposer un régime cruel d’apartheid » à la population arabe palestinienne et a appelé à l’imposition de sanctions contre les dirigeants israéliens.
Il a déclaré que l’action militaire israélienne « dans les territoires occupés et une partie de Gaza est une deuxième Nakba ».