Burkini, se rappeler d'où c'est parti

Les décodeurs du Monde font un récapitulatif de l'histoire dans laquelle Valérie Boyer, le FN et le Figaro se sont distingués en criant au scandale à propos d'une journée privée dans un lieu privé (un parc aquatique loué pour la journée du 17 septembre).

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/08/05/polemique-sur-le-burkini-a-marseille-ce-qu-il-faut-savoir_4979016_4355770.html

L’événement a été résumé un peu vite à une « journée burkini » par la classe politique et par certains médias. « Seules les femmes habillées de la tête aux pieds y seront acceptées », s’indigne par exemple un éditorial du Figaro.

Dans les faits, les maillots de bains deux-pièces y sont proscrits, « les parties doivent être cachées de la poitrine aux genoux », mais un « maillot une pièce avec un paréo ou short-caleçon » est accepté. « Je ne vois pas ce qu’on peut nous reprocher à part de pratiquer notre religion », estime Melisa Thivet, la trésorière de l’association Smile13, interrogée par Le Lab.

« Notre but est de rapprocher les femmes de l’eau. Certaines n’ont pas la chance de pouvoir aller se baigner dans le parc en pleine saison, par pudeur. » Et de préciser que l’événement n’est pas réservé aux femmes de confession musulmane.

Voir : http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/08/05/a-marseille-la-journee-burkini-vecteur-d-une-polemique-politique_4978587_3224.html

Dans un contexte national électrique autour de la question de l’islam, la polémique a une origine politique. Elle a été lancée, mercredi 3 août, par Stéphane Ravier, le sénateur (Front national) et maire du 7e secteur de Marseille, et par Valérie Boyer, la députée (Les Républicains) et maire du 6e secteur, avant d’être relayée par leur parti respectif. Très actifs sur les réseaux sociaux, où ils avaient repéré l’annonce de Smile 13, M. Ravier et Mme Boyer devraient tous deux se présenter aux élections législatives de 2017 dans les circonscriptions de l’est et du nord de Marseille. « Ils chassent les mêmes électeurs », assure la sénatrice Samia Ghali (PS, Bouches-du-Rhône) qui se dit « écœurée par cette polémique politique visant encore à stigmatiser les musulmans ». « Cette journée se passe dans un lieu privé, sans subvention publique. De quel droit empêche-t-on les gens de se baigner comme ils veulent ? », s’insurge Mme Ghali.

L'éditorial d'Yves Thréard du Figaro du 4 août 2016 : http://blog.lefigaro.fr/threard/2016/08/au-lieu-de-perdre-leur.html

Stop ! Au lieu de perdre leur temps à vouloir organiser l’islam en France, vaine initiative, nos responsables politiques devraient plutôt chercher les moyens de s’opposer à l’islamisation rampante – il n’y a pas d’autre formule – de notre pays. En septembre, une association marseillaise va organiser, dans un parc aquatique, une journée « burkini ». Seules les femmes habillées de la tête aux pieds y seront acceptées. Pas les hommes, sauf les garçons de moins de 10 ans. Au programme, beaucoup de jeux d’eau, dont celui dit du « kamikaze » ! Le maire divers gauche de la commune des Pennes-Mirabeau a décidé, à juste titre, de prendre un arrêté d’interdiction. Mais, le lieu étant privé, il y a des chances pour que sa résolution soit contestée. La notion de troubles à l’ordre public sera-t-elle retenue ? La manifestation pourra-t-elle être jugée discriminatoire ? Le bain habillé n’est pas contraire à la loi française, prévient le député PS Patrick Mennucci. Ces événements, à caractère communautariste, se multiplient - jusque dans l’univers de la mode - et on ne doit pas s’y habituer. Il est urgent de réagir après des années de laisser-faire ou d’indifférence. Coupables sont les élus qui, par clientélisme électoral, acceptent les horaires séparés dans les piscines et les salles de gym, subventionnent des associations aux buts obscurs, s’accommodent de mille arrangements avec nos principes républicains. Condamnables aussi sont tous ces beaux esprits progressistes...

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