Jean-Christophe Victor, "un intellectuel intègre qui n'a jamais transigé"

Jean-Christophe Victor est décédé le 28 décembre 2016. Expert en géopolitique, il a créé et dirigé le magazine hebdomadaire "Le dessous des cartes" sur ARTE dans lequel il exposait les facteurs déterminants des relations internationales. Il fut également le cofondateur avec Virginie Raisson du Laboratoire d’études prospectives et d’analyses cartographiques (LEPAC)

http://servicepresse.arte.tv/deces-jcv/

 

Intellectuel brillant, et surtout humaniste convaincu et engagé dans la transmission de son savoir, Jean-Christophe Victor concevait et présentait depuis 26 ans le magazine emblématique Le Dessous des Cartes diffusé sur ARTE.

Créée en 1990 cette émission, devenue une référence, utilise des cartes de géographie pour décrypter les relations internationales et les enjeux de notre temps. Soucieux de ne pas se limiter à une analyse immédiate et théorique du monde, Jean-Christophe Victor n’a cessé de le parcourir, pour le raconter dans sa complexité, au plus grand nombre et notamment aux jeunes générations.

Au-delà de son grand professionnalisme, les équipes d’ARTE soulignent sa fidélité, sa rigueur, mais aussi sa foi en l’avenir et son optimisme chevillé au corps. Homme engagé au service de causes humanistes et environnementales, Jean-Christophe Victor a partagé le quotidien de la chaîne depuis sa création et a contribué étroitement à en façonner l’image. Il en était devenu un emblème.

Saluant « son intégrité, sa passion pour transmettre et faire comprendre simplement les sujets les plus complexes » Véronique Cayla, Présidente d’ARTE France, rappelle ses qualités intellectuelles et humaines hors normes, qui se traduisaient dans ses recherches, ses conférences et ses ouvrages.

Le Dessous des cartes

Le magazine géopolitique de J.-C. Victor

 

arte-jean-chritophe-victor

 

Photo rédaction ARTE site du Dessous des cartes

Autres articles :

"Google Maps nous ment ", affirme Jean-Christophe Victor 

Jean-Christophe Victor, "un intellectuel intègre qui n'a jamais transigé"

Pascal Boniface, le directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques, a rendu hommage à Jean-Christophe Victor, le créateur de l'émission Le dessous des cartes, sur ARTE, décédé mercredi 28 décembre.

Jean-Christophe Victor, expert en géopolitique et créateur de l'émission « Le dessous des cartes », est mortLe Monde

Jean-Christophe Victor développe en 1990 une émission de géopolitique, « Le Dessous des cartes », d’abord diffusée sur La Sept puis sur la chaîne franco-allemande Arte. Durant vingt-six ans, il présente ce magazine hebdomadaire qui s’appuie sur des cartes de géographie pour analyser les relations internationales.

Mort de Jean-Christophe Victor, maître des cartes sur ArteL'Obs

Il préparait l'ouverture du musée de L'espace des mondes polaires, prévue pour février 2017 dans la station jurassienne des Rousses, et venait de publier un nouvel atlas "Le dessous des cartes - Asie" (éditions Arte/Tallandier). Un ouvrage dans lequel il dénonce notamment les mensonges de Google Maps. "Google accepte de faire disparaître des territoires entiers pour conquérir des marchés. C’est une profonde malhonnêteté intellectuelle", s'indignait-il récemment dans un entretien à "Libération".

Jean-Christophe Victor, voyage sans retourLibération

Nous avions contacté le créateur de l’émission culte «le Dessous des cartes» («Je n’aime pas qu’on dise que je suis "présentateur"»), diffusée sur Arte depuis vingt-cinq ans, pour parler de l’atlas sur l’Asie qu’il venait de publier en collaboration avec les éditions Tallandier.

A (re)lire, son interview dans «Libération» de lundi : «On s’est aperçus que Google Maps mentait»

On s’est aperçu que Google Maps mentait. C’est très embêtant parce qu’il est de plus en plus pris comme référence. Un pays s’exprime par le positionnement de ses frontières, qui peuvent être stables ou bien en litige. Par exemple, Pékin édite des cartes d’après la vision de ses frontières avec le Japon ou avec l’Inde. New Delhi, de son côté, produit ses propres cartes. Or, Google Maps a choisi de ne pas prendre la référence internationale, que sont les cartes des Nations unies, et de s’adapter à la vision de chaque partie.

On a demandé à des chercheurs chinois, japonais, indiens de faire des tests, et on a pu voir que si vous êtes à Pékin, vous avez une certaine frontière dans l’Himalaya et qu’à Delhi, vous en avez une autre. Le même problème existe sur la représentation du Sahara occidental, du Chili, de la Crimée, d’Israël… Google accepte de faire disparaître des territoires entiers pour conquérir des marchés. C’est une profonde malhonnêteté intellectuelle.

Jean-Christophe Victor, un amoureux de l'ArctiqueLa Croix

« Depuis, chaque année, je vais au Groenland », confiait-il au début du mois du mois de décembre lors de la visite du futur « Espace des mondes polaires Paul-Emile Victor » qui devait voir le jour en janvier 2017 à Prémanon, l’un des quatre villages de la station des Rousses, dans le Jura, près de la frontière suisse. « Ce monde où les couleurs varient sans cesse du blanc au gris en passant par le bleu des glaciers et des icebergs, le silence des grandes étendues, le bruit du vent dans les oreilles, le chaleureux accueil des Inuit, l’air vivifiant…, j’avais besoin de me ressourcer régulièrement dans cet univers ».

À lire : Jean-Christophe Victor, un passeur s’en est allé

Le regard clair de l’homme droit, la poignée de main ferme comme sa conversation, curieux et chaleureux, pudique et réservé, Jean-Christophe Victor débordait de projets (voyages, livres, missions, conférences). Il venait de publier un nouveau volume du « Dessous des cartes » sur l’Asie, son continent de cœur, et d’accompagner la sortie de l’Atlas 2038, les futurs du monde, écrit par sa femme, Virginie Raisson, la directrice du Lépac, le Laboratoire d’études prospectives et d’analyses cartographiques qu’il avait créé. Jean-Christophe Victor est décédé brutalement mercredi 28 décembre. Il avait quatre enfants.

Le créateur du "Dessous des cartes", Jean-Christophe Victor, est mortLe Point

Sa compagne lui a rendu un bouleversant hommage sur Facebook. « Hier, mes enfants ont perdu leur papa, et moi l'amour de ma vie. Je veux croire qu'il a rejoint son père au paradis des grands hommes. Ceux qui transmettent l'essentiel. »

 

Les futurs du monde (vidéo)  Festival Atmosphères Courbevoie La Défense octobre 2016 Intervenants : Jean-Christophe Victor ("Le dessous des cartes") et Virginie Raisson (Lépac)

2038, ATLAS DES FUTURS DU MONDE   Virginie RAISSON giftransparent.gifPour la première fois, un atlas de prospective.

Virginie Raisson : «Dire que notre monde n’est pas fichu est un devoir envers les jeunes générations» Le Temps.ch

Europe 1 : Quel monde en 2033 ?

Virginie Raisson : «Le futur n'appartient ni aux politiques, ni aux grandes entreprises»

Entretien avec Virginie Raisson à propos de "2038, le Nouvel Atlas des Futurs du Monde"

« Les futurs » de Virginie Raisson Le Républicain Lorrain

L’auteur de 2033, atlas des futurs du monde (Robert Laffont) était, hier, l’invitée du CESEL.

« Evitons les propos de café du commerce. En matière de politique migratoire, il faut apprendre à regarder la réalité en face, loin des considérations partisanes et des raccourcis médiatiques ». Et toc ! À force d’allers et retours en Asie, Virginie Raisson a pu vérifier à quel point la démographie est la source des évolutions à venir. Croissance, vieillissement, urbanisation sont conditionnés par l’essor des populations de la planète. « En termes migratoire, les choix des Européens restent à écrire. Il leur faut inventer une politique qui ne se contente pas de transcrire la désespérance ambiante. Je trouve inadmissible qu’on dise à des gens de vingt ans que le monde est fichu », plaide ce chercheur, qui ne parvient pas à se satisfaire de cette « pensée unique » honnie. Directrice du Laboratoire de recherche appliquée en géopolitique et prospective (Lepac), elle est co-auteur, avec Jean-Christophe Victor, de deux atlas du Dessous des cartes, l’émission fétiche d’Arte. « La prospective, c’est dire que le futur n’est pas écrit », assure-t-elle. À ses yeux, un remède contre la facilité. « Hélas, on ne lit que ce qu’on sait déjà », déplore-t-elle. Pour elle, il est temps pour l’Europe de relever les vrais défis. « Lors de la Seconde Guerre mondiale, la population européenne représentait 18  % de la population mondiale, contre 9  % aujourd’hui ».

En clair, tout reste à réinventer. Et l’Europe, notamment la France, a beaucoup à apprendre des politiques migratoires des autres grands pays, comme le Canada. « Sur notre continent, la classe d’âge qui augmente le plus concerne les plus de 80 ans. Organiser leur prise en charge passe par une politique migratoire raisonnée ».

«Il n’y a pas de déclin américain, mais l’Europe, elle, cède sa place»  Bilan.ch

Chercheuse en géopolitique prospective, Virginie Raisson avertit: si l’Europe ne repense pas son modèle économique et son mode de vie, elle pourrait dans l’avenir ne plus valoir grand-chose. Démonstration par la lecture du futur.

http://www.lepac.org/

https://www.youtube.com/watch?v=7pLSae1Kc_4

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.