« La fenêtre d’opportunité qui avait été ouverte par la conjonction entre le Green Deal et la pandémie, et qui mettait l’accent sur les problèmes environnementaux et sociaux, s’est refermée », analyse Amandine Crespy, politologue au Cevipol (ULB). D’autant que la droite conservatrice du PPE, première force politique et famille d’origine de la présidente de l’exécutif, s’est imposée au centre du jeu parlementaire, assumant un rôle de pivot entre la majorité traditionnelle et une extrême droite qui a obtenu des résultats fracassants en juin 2024.
Le Parlement européen n’est pas la seule institution à accueillir en son sein davantage de politiciens à droite de l’échiquier. Au Conseil, organe colégislateur où siègent les Vingt-Sept, plusieurs gouvernements sont dirigés ou accueillent des partis nationalistes. Lors des sommets européens, on compte autour de la table le Premier ministre hongrois Orbán et son homologue, l’Italienne Meloni, tous deux d’extrême droite. Le casting de la Commission von der Leyen II avait fait des remous avec l’attribution historique d’un poste à une personnalité issue du groupe national-conservateur ECR, Raffaele Fitto (Fratelli d’Italia). « Dans les trois institutions, le PPE est le parti principal. Il utilise donc ces leviers pour mettre en œuvre sa politique », explique Eric Maurice, chercheur au European Policy Centre. (...)