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Billet de blog 27 déc. 2015

Les lignes rouges

Le Premier Ministre l'a dit : "il y a des lignes rouges qui ne peuvent être discutées". On pourrait le prendre au mot avec, par exemple, la constitutionnalisation de la déchéance de nationalité, mais là n'est pas le propos. Cette ligne rouge concerne la Corse et les Corses dont le nouveau Président a fait son discours d'investiture en langue corse. Et si les évènements d'Ajaccio...

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Le Premier ministre a été très clair avec le nouvel exécutif corse dirigé par les nationalistes : "il y a des lignes rouges qui ne peuvent pas être discutées". Les revendications telles que l'amnistie des prisonniers politiques, la co-officialité des deux langues (le corse et le français), le statut de résident pour les Corses, le régime fiscal insulaire... tout a été rejeté en bloc, presque autoritairement. A la Manuel Valls en quelque sorte. Pour lui, tout est contraire aux principes de notre République (une et indivisible, etc, etc.).

Sur le fond, le Premier Ministre a en partie raison. Sur la forme, il a lui-même franchi la ligne rouge. En réagissant de la sorte, il a montré sa méconnaissance de "l'âme corse" et mis à jour son mépris envers tout un peuple qui a porté démocratiquement au pouvoir les nationalistes.  Gilles Simeoni, le nouveau président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Corse, a du souci à se faire. Non seulement Paris devient autiste dès qu'il s'agit de la Corse (sauf peut-être pour y aller en vacances d'été) mais surtout le gouvernement actuel ne semble vouloir faire le moindre effort d'écoute envers une île aux spécificités séculaires. 
Sauf que Gilles Simeoni, en faisant son discours en corse, a fait un affront à la République, un affront à ceux qui ne comprennent pas le corse. Il a fait cela par défi stupide, croyant que ses revendications en langue corse suffiraient à asseoir sa puissance sur l'île; à jouer les gros bras : la corse contre Paris.

Tous deux ont fait preuve de stupidité; tous deux ont montré leur peu d'envergure à diriger pour l'un un gouvernement national et pour l'autre un gouvernement local. Leur seule différence est que Valls n'a pas été élu Premier Ministre. Simeoni l'a été par les corses. Mais peut-être que tous deux sont responsables de ce qui s'est passé ces derniers jours à Ajaccio. L'un en méprisant les corses et l'autre en ouvrant la porte à des exactions racistes. L'un en représentant d'une République nauséabonde, l'autre en ayant oublié qu'il en faisait partie.

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