Médecins et soignants : se soumettre ? ou... LES démettre ?

Quels choix restent-ils aux médecins, infirmiers et soignants ? Se soumettre ?... Créer un nouveau syndicat ?... Rependre physiquement le ministère de la Santé et nommer leur propre ministre par un collège élu ?... Médecins et soignants, qu'en pensez-vous ?

Quels choix restent-ils aux médecins, praticiens, soignants, aidants, des hôpitaux comme des villes ?

   

 © Patrick Huet © Patrick Huet
Ceci concerne le domaine tout entier de la Santé, celui de l'Hôpital (et celui de la médecine de ville).

    Puisque les syndicats ne les ont pas défendus correctement (et même l'inverse selon certaines réactions), quelle marge d'action reste-t-il aux médecins (toute spécialité et tout statut confondus) et à tous les intervenants en milieux hospitaliers (infirmiers, aides soignants, aidants, patients) ?

Énumérons les options qui se présentent.

    1) Se soumettre aux décisions du gouvernement (lesquelles traduisent bien trop souvent les désiratas des labos).

    2) Répudier tous les syndicats (conseil de l'ordre, de ceci ou de cela, inclus - en bref, les démettre) et créer une interprofessionnelle regroupant médecins et spécialistes des hôpitaux comme des villes, toute la gamme des soignants, des aidants et représentants des familles hospitalisées, ainsi que tous les citoyens volontaires. Et sur la base de ce nouveau mouvement, reprendre toutes les discussions et imposer au gouvernement une refonte totale du système de santé actuel et la suppression des ARS.

 3) Démettre le ministre de la Santé en exercice. Élire un collège de médecins par l'ensemble du personnel soignant du secteur public comme privé, base élargie à tous les citoyens souhaitant participer au vote. Ce collège de médecins élus par un vote citoyen prendrait en charge le ministère de la Santé et le réorganiserait.

4) Un changement miraculeux de la part des décisionnaires actuels, Véran, Salomon, Défraissy et quelques autres, une prise de conscience de leurs faux pas, de leur dérive totalitaire, et leur volonté d'y remédier sur-le-champ.

Les options les plus houleuses.

Parmi ces quatre points, les options les plus houleuses sont les deuxième et troisième points.

Voyons-les plus en détail.

Le deuxième point.

Démettre les syndicats pour en créer une interprofessionnelle n'est pas simple, demande de l'engagement sur une certaine durée, mais ce n'est pas infaisable. Les nouveaux moyens de communication, groupes de visio-conférence, et autres techniques permettant d'organiser des rencontres en différents points du territoire sans avoir besoin de se déplacer dans un premier temps, et de fonder des statuts ans louer des salles géantes, organiser un système d'élection puis une base d'action à laquelle pourra voter chaque participant (même éloigné).

Le troisième point.

Démettre le ministre de la Santé actuel et mettre en place un collège de médecins élus par un vote citoyen. Inutile de préciser que c'est une option bien plus sportive et dangereuse que la précédente. Puisque dans ce cas, il s'agit d'investir des locaux et de les reprendre en main. D'autant que le gouvernement déjà prévenu aura disposé des bataillons de policiers autour de l'immeuble. Cela dit, même dans ce cas de figure, il resterait encore aux manifestants deux atouts :

a) Le blocus physique du ministère de la Santé (empêchant quiconque d'entrer et de sortir)

b) Le blocus administratif du ministère de la Santé. En gros, les hôpitaux ainsi que tous les secteurs du privé décident de ne plus obéir à aucun ordre venant du ministère nommé par le gouvernement, et ne reconnaissent que la souveraineté du ministère élu par les citoyens. (Autrement dit, c'est une prise de pouvoir par la base, par les institutions et par le personnel soignant aidés des citoyens volontaires.

Reconnaître comme seule autorité de santé le collège de médecins élus.

Si la majorité du système de santé (hôpitaux, cliniques, médecins de ville, personnel soignant...) reconnaît le collège élu comme seul souverain (et refuse tout ordre venant du ministère nommé), l'Eysée ou Matignon aura beau tempêter, le pouvoir aura changé de main sans même avoir besoin d'entreprendre des actions d'éclat et de se confronter aux forces de l'ordre.

De mon point de vue, c'est le moyen le plus rapide, le plus efficace et créant le moins de désordre pour reprendre en main le contrôle de la Santé par l'ensemble des citoyens, qu'ils soient des professionnels ou de simples personnes.

Conclusion : Quel sera le choix ?

Chacun est libre de ses choix. Les médecins et le personnel soignant comme tout le monde. Et comme chacun d'entre nous, ils se trouvent confrontés, eux aussi, au choix final : se soumettre ou...LES démettre !

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