Banques coopératives sans contrôle (au sénat)

Les dirigeants des banques coopératives françaises se sont démenés, au Sénat, pour échapper aux contrôles. Les réseaux ont été activés pour « déminer » les exigences de l'Union Européenne en matière de fonds propres, de transparence et d'expertise.

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Les dirigeants des banques coopératives françaises se sont démenés, au Sénat, pour échapper aux contrôles. Les réseaux ont été activés pour « déminer » les exigences de l'Union Européenne en matière de fonds propres, de transparence et d'expertise.

Résultat : le rapport adopté le 25 juillet par la commission des affaires économiques, (groupe de travail sur l'Economie Sociale et Solidaire) « Les coopératives en France : un atout pour le redressement économique » n'est pas satisfaisant.

Où est le problème ? Le rapport parle des risques de confiscation des coopératives au détriment des sociétaires... mais les éléments cités prouvent que ce n'est pas un risque, c'est la sinistre réalité. On est loin du ton et de la détermination de Marie-Noëlle Lienemann sur son blog. Elle écrivait : « Il reste essentiel de réformer en profondeur le système bancaire à tous les niveaux ». La réaction n'est pas à la hauteur du constat. Il reste beaucoup à faire, des mesures radicales à prendre pour mettre un terme à une gestion opaque qui spolie les sociétaires.

La remise du rapport a été discrète, au milieu de l'été, sans tambour, sans trompette. Surtout, Marie-Noëlle Lienemann semble s'être laissée manipuler par la nomenklatura qui défend bec et ongles ses intérêts face à ceux des millions de sociétaires.

Rien, dans ce rapport, ne conduit à imposer, concrètement, partout, le respect de la loi fondamentale du 10 septembre 1947. Or, c'est la clé du succès pour une nouvelle économie. Une exigence élémentaire.

Nous vivons pourtant un moment historique dans l'aventure des coopératives. Ce rapport est un socle pour le législateur, un point de départ. Et l'ONU a fait de 2012 l'année internationale des coopératives avec un « slogan » fort : « les coopératives, des entreprises pour un monde meilleur ». Enfin, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault compte un ministre de l’Économie Sociale et Solidaire, Benoît Hamon. C'est une première et c'est conforme aux orientations de la campagne électorale : une autre économie.

Il faut absolument lire ce rapport sur lequel peuvent s'appuyer tous les citoyens soucieux de défendre les valeurs d'une économie au service de l'homme, de promouvoir la démocratie économique. Tous ceux qui exigent que la loi soit défendue, respectée. Qui exigent que les actes soient en accord avec les paroles.

Je crois à la possible réussite du bel espoir des pionniers, des utopistes. Il y a beaucoup d'exemples formidables... et les dérives peuvent être et doivent être corrigées. C'est le travail du législateur, des juges.

Les coopératives, c'est probablement la solution.

Le contrôle démocratique, c'est évidemment l'exigence.

Parler d'un fonctionnement coopératif, de finalité coopérative, de valeurs coopératives, lorsqu'il n'y a pas de contrôle, c'est tricher.

Actuellement, il y a beaucoup de tricheurs et pas de sanction.

Concernant le rapport, voir en priorité : « Quelle gouvernance pour les banques coopératives ? » page 77.

Dans l'actualité réjouissante, l'interview de Thierry Philiponnat (secrétaire général de Finance Watch), sur France Culture, signalée par Josiane Blanc sur son blog.

 

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