Sud BPCE renvoie François Pérol devant les juges

                                                   Paris, le 8 novembre 2014

 Sud BPCE renvoie François Pérol devant les juges

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour… prendront un certain temps » (La Fontaine actualisé par Sud BPCE)

 

En mars 2009, Sud a décidé d’engager une action contre la nomination de François Pérol à la tête de BPCE pour prise illégale d’intérêts. Rappelons que la fusion des Caisses d’Épargne et des Banques Populaires avait été pilotée depuis l’Élysée par le même François Pérol alors qu’il était à l’époque dépositaire de l’autorité publique. Or ce statut et cette position lui interdisaient de prendre la tête du nouveau groupe bancaire dont il avait supervisé la création, sous peine de constituer un délit de « pantouflage » puni par les articles 432-12 et 432-13 du code pénal.

Aujourd’hui, le parquet national financier vient de confirmer Sud dans son action en demandant le renvoi de François Pérol devant le tribunal correctionnel pour prise illégale d’intérêts, un délit passible de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

La désignation du secrétaire adjoint à la présidence de la République à la tête de BPCE constituait une violation caractérisée des principes de droit et piétinait les attributions de la Commission de déontologie. Elle marquait surtout la volonté d’engager une transformation radicale du statut, des attributions et des missions des deux grands réseaux mutualistes. Mediapart, un des organes de presse les mieux informés sur ce dossier, fait état d’échanges de courriers entre des personnalités qui ont œuvré à cette fusion. Selon le journaliste Laurent Mauduit, « Dans l’un de ces courriers en possession du juge et dont Mediapart a eu connaissance, l’une de ces personnalités écrit le 29 mai 2007 qu’il vient de passer " à peu près deux heures avec Pérol " et que ce dernier est " désireux de favoriser une belle opération stratégique comportant une démutualisation totale ou partielle ". »

Engagée sous la présidence de Charles Milhaud, le prédécesseur de l’actuel président du directoire de BPCE, la remise en cause du modèle mutualiste des Caisses d’Épargne et sa dérive vers la financiarisation a vu notre Groupe rompre le pacte d’actionnaires qui le liait à la CDC, distendre ses relations avec la CNP, et surtout enregistrer des milliards d’euros de pertes avec sa banque d’affaires NATIXIS, partie spéculer sur le marché américain des subprimes. Chacun peut vérifier aujourd’hui le résultat de cette politique : des milliers de suppressions d’emplois, une image désastreuse auprès de la clientèle, et au quotidien une pression accrue pour le personnel.

À Sud BPCE, nous croyons aux vertus du mutualisme, mais du véritable mutualisme, celui qui revendique et met en pratique la solidarité, la responsabilité, l’éthique et le principe démocratique de gouvernance. Nous refusons le modèle bancaire actuel construit sur la spéculation, la déréglementation et la loi du profit comme seule finalité. Nous pensons que la banque doit assurer un service public qui protège l’épargne des déposants et finance leurs projets. Notre action contre François Pérol est exclusivement motivée par notre attachement à ces principes.

 

Contact : Patrick Saurin 06.62.88.05.17.

Sud groupe BPCE – 24, Boulevard de l’Hôpital  75005 PARIS 

Contact : sud.caisse-epargne@orange.fr - www.sudce.com  

 

 

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