Le Louvre, au mépris de ses visiteurs

Un travers pédagogique et l’amour du lieu m’ont conduit au Louvre, avec un enfant de 4 ans et demi pour lui faire découvrir les antiquités égyptiennes et du Proche-Orient. Mauvaises surprises.

Elles ne concernaient évidemment pas les œuvres, immuables, mais l’accueil du public. Les déconvenues se sont succédé toute la journée. Elles révèlent une désinvolture inacceptable de la part d’une si grande institution.

  • Il n’y a plus d’accueil physique. Personne derrière les immenses comptoirs du hall et pas de « nouveau plan » disponible seulement sur internet.
  • Les bornes automatiques de distribution des billets d’entrée ont été supprimées. D’où la formation de longues files d’attente aux cinq guichets ouverts ce dimanche matin, malgré une faible affluence.
  • Titulaire d’une carte « Professionnel » (-payante-pour les enseignants et « relais du champ culturel et social ») arrivant à expiration le 13 août 2020, on me refuse l’entrée bien qu’un courriel ait averti à cette date que sa validité était prolongée « pour une durée équivalente à celle de la fermeture du Musée ». Celle-ci a duré 3 mois et demi. Ma carte était donc valable jusqu’au 27 novembre. Rien à faire. Un responsable appelé par l’« Espace assistance », n’a jamais daigné venir traiter la question.
  • Les cafés et restaurants du Musée proprement dit, sont fermés (alors qu’affichés ouverts pour certains comme le café Richelieu, sur le site le jour même). Sauf sous la Pyramide, la « boulangerie à la française Paul » (sans place assise) et un Starbucks café. Le Louvre ignore-t-il le boycott dont fait l’objet cette marque pour lui donner un quasi monopole de la restauration ? Pour abus de plastique avec ses millions de gobelets à usage unique ; pour ses mauvais paiements de l’impôt et ses redressements fiscaux ; pour les bas salaires de ses employés.

Le nombre de visiteurs a chuté en Juillet de 75% et en Août de 60%. Est-ce la raison d’une telle dégradation de l’accueil des plus fidèles (80% français) ? Elle contraste avec celui des autres musées de la capitale, sans exception.

Le 3 janvier dernier, le président-directeur Jean-Luc Martinez se réjouissait de ce que « le Louvre est le musée, hors de Chine, le plus puissant au monde sur les réseaux sociaux ». Au point de négliger l’accueil physique ? Il ajoutait : « Nous ne cherchons pas à accueillir davantage de monde mais à accueillir mieux ». C’est raté. C’était le dimanche 4 octobre 2020.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.