Une autre République est possible: le combat continue

L'aspiration à une 6° République apparait dans le discours de la plupart des nombreux candidats virtuels de la gauche dispersée, à l'élection présidentielle. Mais c'est un programme pour les jours de fête: on ne sait jamais trop comment le mettre en pratique.

Rares ont été les" journées de rentrée" des formations de la gauche dispersée qui ont abordé le sujet. La 6° République devient ainsi le même totem que le droit de vote des immigrés, des années 80: y penser toujours, ne le faire jamais. Le défi est donc de rassurer les Français sur la perspective d'un nouveau régime. Il est aussi de les associer au processus de son avènement, une voie pour relancer leur intérêt pour les institutions, moyens de la démocratie. Et réduire ainsi l'abstention galopante.

Il faut donc résoudre un  paradoxe: comment faire des 63% des personnes se déclarant (par sondage) favorables à une 6° République, des citoyens actifs d'une cause si mal défendue par leurs représentants du moment ? La Convention pour la 6° République y a consacré une bonne partie de son assemblée générale. On lira ci-après le communiqué qu'elle a publié.

" La Convention pour la 6° République (C6R) a tenu son assemblée générale statutaire à Paris, le vendredi 4 septembre 2020, en présence de son président d’honneur, Arnaud Montebourg. Elle s’est fixée deux objectifs principaux dans la poursuite de son combat obstiné pour l’avènement d’une République réellement démocratique, au centre comme à sa périphérie:

  • D’ici les élections régionales et départementales (mars 2021), développer les propositions 29 et 31 de sa charte (« Trente propositions pour avancer »*) concernant « un pouvoir local renforcé et démocratisé ». Il s’agira de préciser les règles d’un système de contre-pouvoirs, aujourd’hui déficient et source d’abus en tout genre. Dans ce cadre, le régime de la coopération décentralisée comme celui de la Fonction publique territoriale fera l’objet de propositions spécifiques. Elles seront adoptées par une Assemblée générale extraordinaire.
  • D’ici les élections présidentielles (avril 2022), l’effort portera sur les modalités de passage à une République nouvelle, à partir de la proposition 18  (« Une adaptation de la Constitution au changement social facilitée »): elle définit les modalités d’un projet de révision de la Constitution promis par une ou un candidat durant sa campagne. Une fois élu et sur la base de son mandat constituant ainsi reçu, il engagera sur la base de l’article 11, avec la nouvelle majorité et son Premier ministre, un processus à la fois parlementaire et citoyen (avec un Forum national interactif) . Celui-ci sera conclu par un référendum sur « l’organisation des pouvoirs publics » avec une place nouvelle faite à la République sociale et aux « services publics qui y concourent ». La C6R interpellera les candidat(e)s favorables à une 6° République sur ces modalités.

L’Assemblée générale a procédé au renouvellement de ses instances avec l’élection d’un Conseil d’administration de 22 membres et d’un bureau de 6 personnes. Paul Alliès, professeur d’Université émérite, a été réélu président.

En conclusion, un hommage a été rendu à Léon Gambetta , en ce 150° jour anniversaire de sa proclamation de la République.

Paris, le 7 septembre 2020. "

 (*) à retrouver sue le site C6R.org

 

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