Les retraités: combien de divisions?

Les attaques contre le régime des pensions sont devenues l'emblème inaugural du quinquennat Macron. Les retraités étaient singulièrement nombreux dans le mouvement des Gilets jaunes dès le début, comme dans les manifestations syndicales. Une analyse attentive de l'évolution de ces rémunérations démontre combien l'appauvrissement reste la règle.

Cette analyse, c'est celle que fait Michel Baury, un retraité vivant à Paris, qui ne se résigne pas devant le mauvais traitement infligé à cette catégorie de la population dans son ensemble.
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A bien examiner les deux courbes d'évolution des pensions représentées dans les courbes ci-dessous, à la lumière des informations communiquées par l'AFP à propos des conclusions du "Grand débat" telles que tirées par Emmanuel Macron, il y a  à présent trois catégories de Vieux. Sur la base d'une évolution de 1,1% des petites pensions au 01/01/2020, on distingue :
1- les très vieux riches, ceux dont les pensions excèdent 2000 euros/mois (à 2001 euros/mois on est donc déjà un très vieux riche...),
2- les riches vieux ordinaires, ceux qui touchent entre 1200 et 2000 euros/mois,
3- et les pauvres vieux qui touchent moins de 1200 euros/mois, sans parler des Misérables qui touchent moins de 900 euros/mois (seuil de pauvreté).

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Les deux courbes d'évolution mettent en exergue la sombre réalité de la situation mise en perspective:

1- ceux qui touchent moins de 2000 euros/mois, auront à la fin de 2020 (fin du quinquennat) une perte de pouvoir d'achat de près de 7% (base 100 en 2005).  Les petites pensions qui ont déjà bénéficié, au 01/012019 du retour de la CSG à son niveau initial, suivent donc en décalée, la dérive de l'inflation extrapolée sur les courbes à partir de la période 01/01/2017.

2- ceux qui touchent au moins 2001 euros/mois auront une perte de pouvoir d'achat de près de 10%.
Les pauvres vont donc s'appauvrir encore davantage: à partir de fin 2020, de plus de 800 euros annuels, pour une pension de 1000 euros mensuels. Quant aux très riches ils perdront près de 2400 euros annuels pour une pension mensuelle de 2000€. Un retraité percevant 2000€ de pension mensuelle verra son pouvoir d'achat annuel baisser de 2x800: 1600€. Et un retraité percevant une pension mensuelle de 2001€ (un Euro de plus) enregistrera une perte annuelle de pouvoir d'achat de 2x1200: 2400€.

La distinction riches/pauvres en ce domaine permet de monter les retraités les uns contre les autres alors qu'ils sont pourtant logés à la même enseigne. Au passage, cette discrimination va contre le principe d'égalité déjà atteint par la suppression variable de la Taxe d'habitation que le Conseil Constitutionnel a retoqué et rendu applicable à toutes les catégories. Bis repetita ?

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