La République en miettes

A l'expérience de 20 mois d'exercice du pouvoir et à rebours des engagements de renouveau pris lors de la campagne présidentielle, le quinquennat Macron combine morgue, amateurisme, néolibéralisme économique et autoritarisme institutionnel. Ce cocktail frelaté et explosif a rendu inéluctable le "moment gilets jaunes". Extraits de "La République en miettes", en librairie le 14 mars 2019.

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Premières pages de l'introduction de La République en miettes. L'échec de la start-up Nation, Libre & Solidaire, mars 2019, 311 p., 16,90 euros (table des matières en fin de billet) :

La date du 7 mai 2017 restera-t-elle le marqueur de régressions sans précédent sous la Ve République ?

Si l’écoulement du temps devait les confirmer, elles seraient doublement inattendues.

Inattendues d’abord au regard de la personnalité du huitième président de la Ve République élu ce jour et célébrant sa victoire devant la pyramide du Louvre, qui semblait heureusement contraster avec celle de ses prédécesseurs, ne serait-ce que parce qu’il n’était pas un professionnel de la politique.

Les défaillances des deux derniers d’entre eux expliquent en miroir l’appel d’air qui a porté Emmanuel Macron au pouvoir. Une grande habileté à gérer sa propre image d’entrepreneur de ce que, dans la foulée de son accession à l’Élysée, il a appelé la start-up Nation[1], en contraste avec un quinquennat « bling-bling » et un autre sans panache, tous deux entachés par de très graves affaires politico-financières. La perspective d’incarner une présidence faite de retenue et de distance, alors que la parole élyséenne trop bavarde était devenue inaudible. Une personnalité capiteuse – qui exerce un certain charme. Une crédibilité et une respectabilité fortes procédant de ses parcours scolaire, professionnel et politique. La possibilité d’un réenchantement du politique avec l’appel à la société civile et le dépassement du clivage gauche/droite, devenu insatisfaisant voire obsolète. L’absence de mise en examen ou – on en est là ! – de condamnation pour atteinte à la probité publique. Bref, un président de la République qui ne paraissait pas avoir besoin de « faire président », mais tout « naturellement » de l’être.

Et puis, cette première promesse faite en mars 2014, au moment où il décidait de quitter ses fonctions de secrétaire général adjoint de l’Élysée, déçu de ne pas avoir été nommé dans le premier gouvernement du Premier ministre Manuel Valls ou de ne pas avoir obtenu le secrétariat général de l’Élysée : « Je m’en vais, mais je reviendrai, j’attaquerai tout cela au pic à glace[2]. » Oui ! Bravo ! Un pic à glace, un marteau, un burin, une hache, une scie, une pioche, un sécateur, qu’importe l’outil ! Les poings, les dents ou les ongles s’il le faut ! La France a tant besoin de responsables publics qui osent secouer et défaire, casser les codes, se moquer des tabous, pour refonder une nouvelle société, pour se défaire d’institutions exsangues. Et cette seconde promesse, faite par écrit le 22 février 2017 une heure après que François Bayrou a annoncé sa non-candidature à l’élection présidentielle, laissant le champ libre à celui qui a aussitôt accepté « l’offre d’alliance » proposée : l’engagement de mener « une alternance véritable dans les pratiques et les orientations politiques ». Sans passé électoral, sans attache politique véritable, sans a priori de gauche, de droite ou du centre, le candidat Macron semblait avoir l’étoffe d’un président non de mots mais d’actions, celui de la transgression et pas d’une morne continuité institutionnelle, sociétale et économique, voire d’une aggravation de tous les défauts de la Ve République et des politiques menées depuis 1986.

Inattendue également au regard du titre de l’ouvrage publié six mois auparavant par M. Macron, sous l’auspice duquel il annonçait vouloir placer son quinquennat : Révolution. Dans son sens historique, la Révolution renvoie immanquablement à l’image de 1789 et de la fin de l’Ancien Régime, au changement radical, au grand chambardement, à la tabula rasa, à la prise de la Bastille, à la fin brusque et violente d’un cycle politique et au début d’un autre. Pourquoi ne pas la tenter en 2017, la violence en moins ?

À l’expérience désormais, il apparaît hélas que le titre de cet ouvrage est, au regard de cet imaginaire historique, une antiphrase, à l’instar du « bravo » moqueur et rageur que l’on adresse à une personne qui vient de nous manquer de courtoisie. Le mot « Restauration » résume plus exactement sa mise en œuvre effective. Sur la forme, il véhicule une signification apparente positive – aller vers du mieux – qui est exactement contraire à sa portée concrète régressive – le creusement des inégalités et de la distance entre gouvernés et gouvernants. Rien d’étonnant, après tout, lorsque l’on a à l’esprit que le mot latin revolutio vient de revolvere, qui signifie ramener en arrière.

Au vrai, ce titre destiné à faire frissonner d’audace les cols blancs BCBG doit être lu non pas au regard de l’histoire de France, mais dans son acception géométrique ou astronomique : la révolution macronienne, c’est la rotation par laquelle un corps – ici un État, la France – décrit une orbite autour d’un axe central – ici le président de la République –, qui le fait revenir à son point de départ. L’immobilité en mouvement. La continuité circulaire. Un dynamisme sans dynamique. La France qui papillonne en rond autour de l’astre élyséen. Un tourbillon d’essence narcissique – la seule hélas que le meilleur représentant de l’imbrication des strates hyperpolitique (secrétaire général adjoint de l’Élysée à 34 ans, puis ministre), hypertechnocratique (inspecteur des finances) et hyperfinancière (banquier d’affaires) de la Ve République est en mesure de produire –, axé sur la personne même du président de la République.

C’est une révolution sans révolutionnaire, où le brave Gavroche est un managing director 2.0 nomade, winner décomplexé au point d’endosser le rôle d’agent double[3], surdiplômé, pragmatique, arrogant et bienveillant à la fois, assumant crânement posséder un yacht légalement immatriculé au Panama, qui a défiscalisé – ainsi que son épouse – à hauteur de 66 % les deux placements de 7 500 euros chacun effectués en 2016 et 2017 auprès de l’association En Marche ! puis du parti La République en marche, ainsi que le placement complémentaire de 4 600 euros versé pour soutenir le candidat à l’élection présidentielle de l’association En Marche !.

Où Javert est un « beauf » sédentaire, quasiment illettré, provisoirement inscrit à Pôle emploi tant qu’il n’a pas refusé la seconde « offre raisonnable » portant sur le travail de nuit, à temps partiel et décalé, qui lui est proposée à 70 kilomètres de son lieu de résidence, inaccessible par les transports en commun, moins bien rémunéré que son précédent emploi[4], qu’il devra rejoindre en utilisant son vieux véhicule diesel toujours plus coûteux et polluant.

Où un minima social est déclaré « universel » – le « revenu universel d’activité » – alors pourtant qu’il n’est attribué à une personne nécessiteuse qu’à la condition qu’elle travaille, et non à toute personne afin qu’elle vive mieux et quelle que soit sa situation professionnelle.

Où la figure allégorique de la Liberté guidant le peuple du peintre Eugène Delacroix est remplacée par la une d’un magazine people montrant, en mode « photo volée » pour faire naturel, le couple présidentiel main dans la main, gracieusement habillé par la marque de vêtements de luxe du propriétaire du yacht, faisant des gazouillis à et des tweets avec un bébé panda emprisonné à vie au zoo de Beauval.

Où les appels universels et grandiloquents à la liberté et à l’égalité placardés sur tous les murs, débattus dans des centaines de clubs, âprement discutés dans une Assemblée nationale qui ne connaissait pas encore les délicieuses techniques des amendements et sous-amendements, sont remplacés par des batteries de slogans publicitaires anglicisés[5], de formules creuses et/ou pompeuses[6] comme de mots gadgets élitistes[7] diffusés par des helpers sur les réseaux sociaux sous forme de contenus « sponsorisés » agrémentés d’improbables couleurs fluorescentes et criardes.

Où « l’idée du changement portée par la présidence[8] » consiste à commander 1 200 assiettes à la Manufacture de Sèvres pour plus d’un demi-million d’euros.

Où la création d’une énième cellule de coordination composée d’une vingtaine d’agents supplémentaires est survendue par une appellation franglaise (la « task force permanente ») et par une présentation totalement déconnectée du réel[9].

Où l’Élysée devient la marque Élysée© (déposée fin mai 2018 à l’Institut national de la propriété intellectuelle) pour pouvoir commercialiser mugs, T-shirts, et autres blocs à dessin à l’effigie du président de la République et de son épouse, puis de leur chien[10], voire comportant des mots ravageurs pour la crédibilité présidentielle et déshonorants pour cette fonction – « poudre de perlimpinpin » ou « croquinolesque ».

Où la recherche managériale d’efficacité vient remiser très loin en arrière-plan les exigences essentielles en matière d’éthique et de respect des valeurs de la République.

Où la devise républicaine du « monde ancien » est ringardisée par le triptyque prétendument moderniste du « nouveau monde » de The France Company, validé après étude de benchmarking confiée par l’État sans publicité ni mise en concurrence préalables à l’agence Vas-ha : « bon sens, efficience, bienveillance ».

Le sens du substantif « révolution » qui, lentement mais sûrement, se dessine dans l’accumulation des séquences impressionnistes constituées par chacune des actions politiques ou médiatiques de l’actuel président de la République, est celui moqué par Aimé Césaire dans La Tragédie du roi Christophe (1963) à travers les paroles de Henri Christophe, roi d’Haïti (1811-1820) : « Il est temps de mettre à la raison ces nègres qui croient que la Révolution ça consiste à prendre la place des Blancs et continuer, en lieu et place, je veux dire sur le dos des Nègres, à faire le Blanc. » Prendre la place des prédécesseurs pour faire comme eux, ce qui sera d’autant plus facile que l’on a conseillé les deux derniers d’entre eux. Appliquer à la lettre l’improbable formule du Guépard de Lampedusa : tout changer pour que « tout reste tel que c’est ». Demeurer statique en annonçant le mouvement. Défendre bec et ongles l’ordre établi en promettant une émancipation progressiste. Non pas seulement maintenir mais renforcer la « caste » – c’est le terme qu’il utilisait de manière récurrente pour décrire cette minorité de professionnels de la politique avant son accession à la présidence de la République[11] – technocratico-économico-politicienne au pouvoir, en changeant le logiciel de gouvernance.

Ce logiciel politique du « macronisme » est fondé sur un code source d’une candeur désarmante, niaise même : la finance et la technocratie sont nos amies.

Ce logiciel a au surplus été écrit à la va-vite par un programmateur qui entend non seulement laisser ceux du « sommet[12] » conserver leur leadership, mais qui les considère même comme un cercle d’intérêts à valoriser et à favoriser, par exemple via leur détaxation ou la fusion de la « noblesse d’État » et de l’élite économique ; qui déclare ouvertement et sans vergogne que l’État dépense « un pognon de dingue » (25 milliards d’euros, soit 1 % seulement du PIB, pour 11 % de la population…) en minima sociaux pourtant si indispensables à la correction des inégalités ; qui organise la rivalité concurrentielle et donc favorise l’égoïsme individualiste entre tous ceux qui ne sont pas des « premiers de cordée », ainsi que l’illustre la désastreuse application Parcoursup permettant aux futurs bacheliers et étudiants réorientés de s’inscrire dans l’enseignement supérieur pour autant qu’un candidat mieux classé dans une formation veuille bien laisser sa place ; qui répond à la violence manifestée dans certains établissements scolaires à l’encontre d’enseignants par de pitoyables propositions purement sécuritaires telles que la présence de forces de l’ordre dans l’enceinte des établissements, la création d’établissements spécialisés avec « des personnels militaires ou de la police[13] » ou la réduction des garanties offertes par les conseils de discipline, plutôt que de prendre au sérieux l’école comme lieu d’apprentissage et par conséquent d’augmenter le nombre de surveillants, d’enseignants et de conseillers d’éducation tout en diminuant le nombre des élèves par classe ; qui (re-)fait de la chasse à courre et des chasses présidentielles un instrument de diplomatie[14] ; qui dresse aux frais du contribuable et à huis clos – à huis clos ! – le grand couvert pour les 140 multimilliardaires reçus au château de Versailles le 22 janvier 2018[15], le temps d’une brève et improductive rencontre où chacun de ces seigneurs de l’économie mondialisée est en réalité beaucoup plus puissant que son hôte, comme il l’a admis au journal télévisé de 13 heures le 12 avril 2018 en indiquant que « les riches n’ont pas besoin de président : ils se débrouillent très bien tout seuls. » Cent quarante Rois et Reines-Soleil qui n’ont de comptes à rendre à personne, reçus par le surintendant Colbert, fasciné.

C’est ainsi que, mis à part l’âge du capitaine, la promesse performative (où l’action s’accomplit par le seul fait de son énonciation) de « révolution du quotidien » et donc de renouveau dont le quinquennat Macron serait porteur, s’est quasi instantanément fracassée sur la réalité de l’exercice du pouvoir, tout comme l’avait été dix ans auparavant l’assurance d’une « rupture » qui avait permis au président Nicolas Sarkozy de se faire élire en mai 2007 : « la France a choisi le changement. Elle a choisi la rupture avec les comportements, les modes de pensée, les idées du passé », disait au Havre, le 29 mai 2007, le président de la République d’alors, en des termes qui auraient pu être prononcés à l’identique dix années plus tard par le successeur de son successeur – l’anglicisme « disruption » souvent employé par M. Macron peut se traduire par le mot « rupture » que chérissait, non sans en galvauder le sens, Nicolas Sarkozy[16].

  

[1] « What we have to do is to change our model in depth. I want France to be a “start-up Nation”, meaning both a Nation that works with and for the start ups, but also a Nation that thinks and moves like a start up » (« Ce que nous devons faire est changer profondément notre modèle. Je veux que la France soit une “start-up Nation”, ce qui signifie à la fois une Nation qui travaille avec et pour les start-ups, mais aussi une Nation qui pense et agit comme une start-up », salon VivaTech, Paris, Porte de Versailles, discours du 15 juin 2017 en ligne sur le site internet de l’Élysée).

[2] Cité dans : Le Monde, 10 novembre 2017, p. 10.

[3] Comme lorsqu’en 2010 M. Macron, associé-gérant chez Rothschild, a prétendu vouloir aider bénévolement la Société des rédacteurs du Monde alors qu’« en même temps » il avait secrètement pris langue avec l’une des parties candidates au rachat du quotidien : Laurent Mauduit, Main basse sur l’information, Don Quichotte, 2016, p. 199-205. Le ministre de l’Économie Macron a, avec le même art de la dissimulation, vendu 49,9 % de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, ce qui en droit ne constitue pas une privatisation, tout en signant au nom de l’État (lequel a conservé 10,1 % des parts de l’aéroport) un « pacte secret » avec l’actionnaire chinois, donnant à ce dernier un contrôle de fait sur l’aéroport.

[4] Voir le décret n° 2018-1335 du 28 décembre 2018 relatif aux droits et aux obligations des demandeurs d’emploi, qui, ainsi que l’indique son exposé des motifs, « abroge la définition du salaire antérieurement perçu qui était pris en compte pour déterminer l’offre raisonnable d’emploi ».

[5] Du type « Business France » ; « Task Force » ; « France is back » ; « One Planet Summit » ; « Choose France » ; « bottom up » ; « Just do it » (© à la marque de vêtements mondialement connue…) ; « there is no planet B » (phrase prononcée au Congrès américain le 25 avril 2018, utilisée de longue date comme slogan tendance sur des T-shirts d’une marque internationale de vêtements à petits prix) ; « business friendly approach » ; « Join the fight for nature, switch all your lights off » (24 mars 2018).

[6] Telles que celles-ci, authentiques : « les retours éventuels de djihadistes de Syrie seront étudiés au cas par cas, en temps utile » ; « la situation est ce qu’elle est par la brutalité du monde qui est le nôtre » ; « ce patrimoine, nous devons le défendre, le porter, le réinventer, nous le réapproprier parce qu’il est notre identité et notre avenir » ; « la protection des réfugiés est un devoir moral et politique dans lequel la France a décidé de jouer son rôle » ; « the chance for your generation : the ability to create your own opportunities » ; « je pense que le risque est de brandir des objets connotés, qui ont leur propre histoire, ou de faire des raccourcis en plongeant tout le monde dans un même sac » (à propos de la réorganisation de l’islam de France) ; « Je crois dans l’autonomie et la souveraineté. La démocratie est le système le plus bottom up de la terre. #AIforhumanity » (tweet du 29 mars 2018) ; « l’utopie prométhéenne ne doit pas devenir une dystopie » (discours du 29 mars 2018 sur l’intelligence artificielle) ; « la musique de la paralysie, qui ne prend pas conscience du temps qui est le nôtre » (discours au Parlement européen le 17 avril 2018) ; « I want this country open to disruption » (magazine Forbes, 1er mai 2018) ; « ceux qui tombent pauvres, ils restent pauvres » (12 juin 2018) ; « nous ne devons jamais perdre de vue le devoir collectif qui est le nôtre » (tweet du 15 juin 2018) ; « Qu’on ne vienne pas m’expliquer qu’il n’y a pas d’avenir dans le bio » (tweet du 20 juin 2018) ; « Nous avons anthropologiquement, ontologiquement, métaphysiquement besoin de la religion » (26 juin 2018) : il faut « s’attaquer aux racines profondes des inégalités de destin, celles qui sont décidées avant même notre naissance, qui favorisent insidieusement les uns et défavorisent inexorablement les autres » (9 juillet 2018) ; « Ce qu’attendent de nous nos concitoyens, c’est que chacun prenne ses responsabilités. Ce qu’attendent de nous nos fonctionnaires, c’est que chacun soit là où il doit être. Nous avons une Constitution, elle fixe les responsabilités. Il s’agit simplement d’être au rendez-vous de ces responsabilités » (24 juillet 2018) ; « Il y a dans chaque enfant qui naît dans une famille pauvre un Mozart qu’on assassine. C’est insupportable d’injustice et de gâchis » (13 septembre 2018) ; « Je veux que le système de santé prévienne, protège et accompagne les parcours de vie de chacun de nos concitoyens » (18 septembre 2018) ; « Je suis président de la République et je ne laisserai à personne le peuple » (30 septembre 2018) ; « Si on regarde tous les jours les péripéties du quotidien, on n’avance plus, on ne fait plus rien » (4 octobre 2018) ; « les pré carrés ont vécu, chacun à sa place doit désormais contribuer à la réussite du pays » (4 octobre 2018) ; « La République, c’est cette vague plus forte que toutes les vagues qui ont frappé vos communes » (aux sinistrés du département de l’Aude, 22 octobre 2018) ; « notre devoir est de réussir à redonner aux classes populaires (appelées « classes laborieuses » à l’oral) et moyennes des perspectives et une capacité à construire le progrès » (depuis Bruxelles, tweet du 25 novembre 2018).

[7] Illibéralisme, ipséité, disruption, formations plus innovantes (dans le « plan pauvreté » présenté le 13 septembre 2018), itinérance mémorielle…

[8] Communiqué de l’établissement public de Sèvres cité par Le Canard enchaîné, 13 juin 2018, p. 2 (« La facture bidon de la vaisselle de l’Élysée »).

[9] « Cette task force permanente, c’est une transformation profonde de notre organisation et la garantie d’une véritable coordination » (discours sur la défense du 18 mars 2017).

[10] Début février 2019, une peluche Nemo à collier rouge, médaille bleu-blanc-rouge emballée dans un sac floqué « le chien du président » a été commercialisée pour la modique somme de 99 euros.

[11] Dans Révolution, il a pourfendu « l’injustice d’une société d’ordres, de statuts, de castes, de mépris social où tout conspire – et pour quel résultat ! – à empêcher l’épanouissement personnel » (p. 18).

[12] « Les Français veulent qu’on les écoute et qu’on les considère. Cette réconciliation entre la base et le sommet, c’est le cœur de la tâche qui m’attend pour les prochains mois » (tweet du 14 novembre 2018).

[13] Déclaration du ministre de l’Intérieur, 26 octobre 2018, complétée par une déclaration du ministre de l’Éducation nationale annonçant principalement le passage de 14 à 6 du nombre des membres des conseils de discipline et la réduction du délai de convocation de 8 jours.

[14] Le 14 mars 2017, il a déclaré dans une réunion de chasseurs qu’ils étaient des « garants de la biodiversité terrestre », que la chasse est quelque chose « qui fascine » et qu’il faut en faire un « instrument d’attractivité de la France », un « élément de notre attractivité touristique ».

[15] Le 21 janvier 2019, pour la deuxième édition de cette farce nombriliste qu’est la réunion « Choose France », le président de la République a à nouveau convié ces mêmes personnes ou leurs clônes aux frais du contribuable français, toujours à Versailles.

[16] De même, les premiers mots du discours du 12 juillet 2007 à Épinal par M. Sarkozy préfiguraient le thème « réformiste » privatisé par M. Macron dix ans plus tard : « Si vous m’avez élu à la tête de l’État, c’est pour conduire le changement que chacun d’entre vous appelle de ses voeux. Vous le pressentez tous : dans le monde tel qu’il est, la France serait condamnée au déclin si elle restait immobile. Nous avons tous, au fond de nous, la conviction que la France a déjà trop attendu, qu’il y a urgence, que cela ne peut plus attendre, que les réformes ne peuvent plus attendre. »

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