Et si on renonçait à la méthode Coué ….

Un recteur affirme que l'école est un lieu où on ne se contamine pas!

 

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Le recteur de l’Académie de Reims reprend à son compte la communication ministérielle d’une école à l’abri de la contamination. « L’école est un lieu où on ne se contamine pas », dit-il… Une communication basée sur les théories de Coué, où la répétition des idées doit produire une adhésion qu’Émile Coué, psychologue de la fin du XIXème siècle, nommait l’autosuggestion consciente et que l’usage commun a retenu sous le nom de méthode Coué.

« L’école est un lieu où on ne se contamine pas ». La réalité est un peu différente. Si les enfants sont des vecteurs de contagion plus faibles, si les effets du virus sont moins graves chez eux… cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de contamination au sein des écoles et que ces contaminations ne puissent pas avoir des conséquences graves. Les études sur le sujet ne concluent pas toujours au même degré de contagiosité mais aucune n’affirme que l’école est un lieu où on ne se contamine pas !
Une communication raisonnable et respectueuse des citoyens poserait la question telle qu’elle se présente, c’est-à-dire dans les perspectives d’un choix nécessaire qui prend en compte l’ensemble des éléments : celui d’un risque réel de contamination tout autant que celui des conséquences multiples qu’aurait une nouvelle fermeture des écoles.

Il est évidemment légitime de faire le choix d’un maintien de l’activité scolaire… mais il est irresponsable de le faire en niant la réalité de la contamination.
C’est politiquement irresponsable quand il s’agirait de tenir un discours de transparence démocratique qui justifie les choix en les justifiant dans leur réalité pleine et entière, dans une estimation raisonnée des risques et une attribution de moyens nécessaires pour les réduire le plus qu’il est possible de le faire.
C’est sanitairement irresponsable quand il faut au contraire sensibiliser l’ensemble des acteurs et usagers de l’école sur la réalité du risque pour construire une adhésion aux attitudes de prévention qu’il requiert…
Mais à cela est à nouveau préféré, un discours qui choisit de convaincre par les ruses de la rhétorique plutôt que par les arguments de la raison. Curieuse et inacceptable stratégie quand il s’agirait d’aider à construire une responsabilité collective pour assumer l’incontournable besoin d’école dans les contraintes nécessaires à la plus grande sécurité de toutes et tous.

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