Premier novembre algérien à Paris

Depuis février, le dimanche, place de la République à Paris, en écho aux manifestations du vendredi en Algérie, les Algériens de l’Île de France se rassemblent pour soutenir les revendications pacifiques, salmiya, et démocratiques qui s’expriment au pays.

Premier novembre algérien à Paris

Mais vendredi, ce n’était pas seulement un rassemblement place de la République mais une marche de la République à la Bastille, en Algérie aussi, il y a des bastilles à prendre.

Ce n’était pas dimanche mais vendredi 1er novembre, 65ème anniversaire du déclenchement de la lutte pour l’indépendance nationale, 37ème vendredi du mouvement, hirak (1), depuis le mois de février, qui a déjà obtenu la démission d’Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril, l’annulation de l’élection présidentielle prévue au printemps dernier.

Aujourd’hui, les manifestants, pour une nouvelle indépendance, contre l’élection présidentielle prévue pour le 12 décembre, demandent le départ de tous ceux qui, depuis 1962, gouvernent l’Algérie, le système, qui ont perverti les idéaux de la Révolution notamment par la corruption. Sont visés les gouvernants dont une partie sont en prison mais aussi l’armée qui détient le pouvoir réel, au moins depuis 1965. Reprenant la ligne politique du congrès de la Soummam (1956), congrès du FLN durant la lutte pour la libération nationale, primauté du civil sur le militaire.
Les mots d’ordre criés vendredi à Paris étaient essentiellement : les généraux à la poubelle (de l’histoire), le pouvoir assassin et sous forme de panneaux avec ou sans photographies, libérez les prisonniers politiques, libérez les otages.

Dans les quelques images qui suivent, la plus grande différence avec celles d’Alger est la présence de nombreux drapeaux amazigh (2), interdits par les autorités algériennes.

Des milliers d’Algériens, de Franco-algériens, il y avait même des Belgo-algériens, unis dans un enthousiasme joyeux et plein d’espérance. La manifestation doit être exemplaire… répétait la sono au moment du départ quand les participants devaient quitter la place de la République pour prendre le boulevard du Temple...
Sans policiers, sans télévision...
Pour faire la une, il aurait fallu…

Parmi les milliers de manifestants, combien ont pensé Aux balles du 14 juillet 1953 ? Au 17 octobre 1961 ? Une manifestation normale de milliers d’Algériens, de Franco-algériens dans un Paris tranquille.
Ils avaient bien raison. Aujourd’hui, c’est un nouveau combat. Dans un autre contexte. Dans cette marche, il y avait la joie. Et l’espoir d’une transition pacifique vers la démocratie.

Comme dans bien d’autres pays, contre la corruption, pour la démocratie, pour le progrès social. Là-bas, ici. Pour eux. Pour nous. Pour tous.
 


 



 

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

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Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

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Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

Premier novembre algérien à Paris

1 – Hirak, mouvement en arabe : ce mot a été utilisé en 2009 au Yémen et en 2016 dans le Rif marocain.

2 – Drapeau culturel et identitaire créé par un Kabyle, Youcef Medkouri. Dans les années 1970, l’Académie berbère présente le premier drapeau berbère. En 1998, le Congrès mondial amazigh l’officialise à Tafira dans les îles Canaries, peuplées autrefois par les Guanches, ancien peuple berbère (wikipedia).

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