L'Etat, c'est qui ? C'est quoi ? Aujourd'hui...

L’État, c’est qui ? C’est quoi ? Aujourd'hui...

Pegasus se répand comme les éclairs et le tonnerre sur le monde et suscite de multiples indignations ! Pourtant, qu’y-a-t-il de si étonnant ? Que les États s’espionnent et soient espionnés ? Que Macron ait été écouté comme un quelconque chef d’État ou de gouvernement du Tiers-Monde ? Par le Maroc ? Quelle déchéance nationale quand Merkel a été espionnée par les États-Unis…

Une chose est cependant importante dans ce monde où la démocratie formelle coexiste encore avec des régimes autoritaires de plus en plus puissants. C’est la presse, ce quatrième pouvoir qui a donné à voir des agissement supposés rester loin des regards de tout un chacun. Du grain à moudre pour le troisième, la justice rabaissée, niée, largement contestée de toutes parts en France... Et alors que le deuxième, le législatif, n’est plus, avec la constitution de la cinquième république, que l’écho de son maître. Triste démocratie où on pourrait presque dire, que les pouvoirs sont tellement séparés que s’il n’en reste qu’un, ce sera celui-ci. On peut y voir aussi avec d’autres événements plus ou moins concomitants un symbole du temps présent. Une société privée, certes, certes… qui fournit aux États, ses clients, les instruments les plus perfectionnés pour leurs activités d’espionnage. L’indignation porte surtout sur le détournement de ces instruments de la surveillance du terrorisme ou des États ennemis (ou amis), vers des opposants, des journalistes trop curieux ou des activités personnelles… Comme si c’était là des choses nouvelles… Il est vrai qu’il y a peu, c’était, çà ou là, les moyens de l’État qui étaient utilisés à ces fins.


Peut-on être certain que les « grands États démocratiques » ne sont pas des clients de cette entreprise privée aux techniques de pointe ? Par vertu ? Parce qu’ils disposent de moyens propres supérieurs ?


Pour la France, on peut douter de ses possibilités techniques quand le président de la République, l’ancien Premier ministre, de nombreux ministres ont, dit-on, été victimes, de ces écoutes, sans défense !!! Cette apparition d’une entreprise privée dans un domaine très sensible est un signe supplémentaire du pouvoir de plus en plus important des grandes entreprises privées par rapport aux États. Les groupes de pression persistent, le Moyen-Age, puis sont venues les Gafam qui utilisent ou vendent toutes les données qu’elles siphonnent, les entreprises qui font condamner des États à de fortes amendes par des tribunaux privés pour des politiques nationales qui lèsent leurs intérêts, aujourd’hui de petits voyages touristiques de milliardaires … le tout par des personnes ou des sociétés plus efficaces les unes que les autres dans l’optimisation financière... ou le drainage de subventions pour la recherche et la fabrication de vaccins revendus au prix fort.

Ne vous inquiétez pas, bonnes gens, les États font toujours leur travail, crise ou pas crise, urgence économique, sécuritaire ou sanitaire, les bénéfices augmentent, les dividendes aussi. Et les inégalités.

Tout est pour le mieux avec les meilleurs États possibles !

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