Que la Marée monte

Après chaque manifestation, les discussions tournent autour du nombre de participants. Avec des estimations diverses, inconsistantes, toutes soupçonnées, à plus ou moins juste titre, de mensonges. Partant de là, les commentaires des journalistes, des syndicalistes, des politiques sont un exercice qui vise plus à satisfaire les mandants qu’à ouvrir des perspectives en fonction de la réalité.

Que la Marée monte

Lors de réunions ou à de petites manifestations où il est possible de compter les participants, il est facile de constater que les organisateurs déclarent des nombres supérieurs à la réalité, le plus souvent du simple au double, pour ne pas désespérer… Pour des événements concernant quelques dizaines ou quelques centaines de participants loin des masses et de Billancourt… La vérité est révolutionnaire mais… dans certaines limites.

Les chiffres ont 2 fonctions. La première : satisfaire les participants, montrer que la décision était la bonne, qu’on gagne, qu’on a gagné... La seconde : vérifier, établir un rapport de force plus favorable.

Le gouvernement et, il faut espérer les syndicats et les politiques, font leur analyse non en fonction des chiffres proclamés mais des chiffres plus proches de la réalité.

Pour ceux qui veulent faire des commentaires à partir de la réalité chiffrée, ce ne devrait pas être très compliqué. Notamment pour comparer le degré de mobilisation.
Concernant Paris, on disposait, jusque là, des chiffres de la préfecture de police et de ceux des organisateurs qui différaient parfois de 1 à 4 ou 5, permettant de satisfaire, d’encourager les militants… Depuis quelque temps, les observateurs disposent des comptages faits par une entreprise privée pour un groupe de journaux de droite et de gauche…

Certes ces résultats ne sont pas d’une fiabilité absolue. Et de ce point de vue, la société Occurrence qui annonce, pour le 12 septembre 2017, 29 329 manifestants, à l’unité près, contre la réforme du Code du travail à Paris, tombe dans le ridicule absolu. Mais en admettant une erreur de 10 % dans les comptages de la Préfecture de police et d’Occurrence, les résultats de ces deux comptages ne sont pas très éloignés et en tout cas plus proches que celui des organisateurs : 60 000.
Immédiatement, l’indépendance et l’orientation des journaux commanditaires et de l’agence ont été contestées. Et la méthode utilisée. Il n’avait jamais été autant questions des méthode de comptage de la police et bien entendu encore moins de celles des organisateurs…
La réflexion et le sens des manifestations est en partie masqué par ces commentaires sur le comment des comptes qui évite de parler du pourquoi des manifestations et de leur importance relative. Ce qui vient s’ajouter au brouillage dû à l’action des Black Blocs dont on énumère plus les effets matériels et le comment ils agissent que le pourquoi....

Est-il si nécessaire de connaître le nombre exact de participants ? Pour avoir des bases solides de réflexion, ne suffit-il pas de prendre les séries de chiffres produits par les mêmes sources (Tableau 1). C’est facile à faire pour celles de la Préfecture de police et d’Occurrence. Plus difficile pour les nombres proposés par les organisateurs surtout s’ils sont différents suivant les manifestations car leur capacité imaginative est différente. Quelquefois en concurrence.

Tableau 1 : Participation aux différentes manifestations du printemps 2018 suivant différentes sources de comptage.

Date                     Police                              Organisateurs                        Occurrence

22/03/18             49 000                                65 000                                    47 800

24/04/18             11 500                                50 000                                    15 300

01/05/18             34 500                                55 000 CGT

05/05/18             40 000                              160 000 FI                               38 900

22/05/18            15 000                                50 000 FO 30 000 CGT         16 400

26/05/18            21 000                                80 000 CGT                           31 700

Pour les manifestations de ce printemps, suivant les chiffres de la Préfecture, c’est la manifestation du 22 mars qui a connu la plus importante participation, suivie de celle du 5 mai (La Fête à Macron), ce que semble confirmer le dénombrement d’Occurrence. Et pour les deux, Préfecture et Occurrence, le 5 mai a réuni plus de monde que le 26…

Reste à expliquer ces mathématiques post-modernes inventées par la gauche où 500 + 500 = 400 ! François Ruffin et Dominique Lordon, suivis surtout par la France insoumise, réunissent plus de monde le 5 mai que les 65 organisations, dont la France insoumise, regroupées derrière ATTAC et la Fondation Copernic !

Faut-il attribuer le succès de la Fête à Macron, au facteur personnel de François Ruffin associant jeunesse, méthodes nouvelles, apparition récente dans le monde politique ? A la forte mobilisation de la France insoumise…
Ou la moindre mobilisation de la Marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité du 26 mai, à une forme plus traditionnelle, à un appel unitaire avec les arrière-pensées de chacun, les conditions de cette unité, ensemble mais chacun chez soi… à la lassitude devant les manifestations répétées, les grèves qui perdurent sans apparent fléchissement du gouvernement et du président ?

 

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Quoi qu’il en soit, la journée du 26 a été celle d’une manifestation nationale importante. Par le nombre de participants à Paris, même si on aurait souhaité qu’il fut plus élevé… Mais même si ce qui se passe à Paris a toujours un écho plus important, le 26, la Marée était aussi organisée dans 190 villes en France alors que le 5 mai n’avait lieu qu’à Paris. Dans une relative union d’associations, de syndicats (même si tous n’étaient pas là...) et des partis politiques de gauche, union relative parce que ces organisations étaient dans le défilé mais non ensemble.

 

Classiquement, à Paris, les manifestations sociales, politiques contre les nationalisations, les attaques de la sécurité sociale..., sont largement blanches, les populations des quartiers ne participent pas ou peu. Une touche de couleur est souvent apportée par la présence des groupes de sans papiers ou des membres de la CGT ou de Droit au logement. Les proportions sont inversées quand il s’agit de luttes contre les contrôles au faciès, les discriminations, les dérapages policiers. Ou pour revendiquer un mémorial pour les victime de l’esclavage.....

Cette fois, le comité Adama avait appelé à participer et à prendre la tête du cortège. Les quartiers populaires n’ont pas débarqué en masse mais c’est un début.


 

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Tout un chacun sait, maintenant, que le président de la République a choisi son camp, qu’il attaque les masses populaires sur tous les fronts, en même temps. Que c’est le même président qui accentue la désertification des campagnes (suppression de services hospitaliers, de bureaux de poste…), pourchasse les demandeurs d’asile, comme les gouvernements précédents, abandonne les quartiers avec la mise dans un tiroir du rapport Borloo qu’il avait demandé, démantèle le code du travail, diminue le nombre de fonctionnaires, les emplois aidés et les budgets sociaux, s’attaque aux donneurs d’alerte, supprime l’APL, privatise et diminue les impôts au profit des plus riches...

 Le 26 mai a été le premier pas, il faut espérer que les organisations sociales, syndicales et politiques ont conscience de l’attente de toutes les catégories de population.
Pour que la Marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité
monte, de tous les cotés, de toutes les catégories sociales, en même temps.

                                Quelques images de la manifestation

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