Une seule solution, le référendum

L'homme a failli depuis longtemps. Il a fraudé avant même d’être parlementaire puis ministre. Il a menti publiquement, alors qu’il était ministre. La situation est d’autant plus grave que ce ministre était chargé de lutter contre la fraude fiscale et que son comportement est aux antipodes des valeurs dont se réclame sa famille politique.

L'homme a failli depuis longtemps. Il a fraudé avant même d’être parlementaire puis ministre. Il a menti publiquement, alors qu’il était ministre. La situation est d’autant plus grave que ce ministre était chargé de lutter contre la fraude fiscale et que son comportement est aux antipodes des valeurs dont se réclame sa famille politique.

Pas étonnant que les Français aient le sentiment qu’il y a « 2 poids, 2 mesures » et qu’il existerait « une caste qui se croit tout permis ».

Même si ces sentiments peuvent paraître excessifs, ils témoignent d’une crise politique et morale, dont les effets s’ajoutent à ceux de la crise économique et sociale actuelle.

Seule une initiative forte peut éviter que s’enclenche une spirale de la défiance des citoyens, à l’égard des élus d’abord, puis de tous les responsables politiques et de la politique elle-même et enfin de la démocratie.

Comme nous sommes dans la Ve République, qu’on en apprécie ou non ses institutions, c’est au Président de la République de prendre cette initiative. La seule solution me semble être qu’il s’adresse directement aux Français par l’intermédiaire d’un référendum*, en leur soumettant un texte comprenant des mesures fortes de moralisation de la vie publique.

Plusieurs thèmes devraient être traités :

- l’établissement du mandat parlementaire unique

- l’acceptation de la nomination des principaux ministres par une commission composée de parlementaires et de magistrats

- la lutte contre les conflits d’intérêt

- la garantie absolue de l’indépendance de la justice

- la lutte implacable contre la fraude et l’évasion fiscale

Je suis convaincu que c’est ainsi que le Président de la République pourra retrouver son autorité et rétablir un « contrat de confiance » avec les Français.

* Article 11 de la Constitution : «  Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal officiel, peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d'un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions. Lorsque le référendum est organisé sur proposition du Gouvernement, celui-ci fait, devant chaque assemblée, une déclaration qui est suivie d'un débat. »

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