A propos du Mali

Depuis l’annonce de l’intervention militaire française au Mali, les commentaires mélangent allègrement quatre problèmes que cette opération serait censée résoudre : l’intégrité de l’Etat malien, la sécurité des 6 000 ressortissants français, le sort de nos otages, la lutte contre le terrorisme islamiste.

Depuis l’annonce de l’intervention militaire française au Mali, les commentaires mélangent allègrement quatre problèmes que cette opération serait censée résoudre : l’intégrité de l’Etat malien, la sécurité des 6 000 ressortissants français, le sort de nos otages, la lutte contre le terrorisme islamiste.

Essayons d’y voir clair. La communauté internationale s’est mobilisée contre le danger que représente l’influence grandissante de cette forme de terrorisme dans certaines zones du monde et on ne peut que s’en réjouir. Cette prise de conscience me semble malheureusement tardive, s’agissant du Mali. Déjà, le 14 avril 2012, j’attirais l’attention sur « les risques d’un Mali effondré » et je proposais une action internationale rapide, en concluant : « Le temps presse, car la situation actuelle profite à toutes les forces de déstabilisation violente, militaires ou terroristes, plutôt qu’aux défenseurs de la stabilité et de la démocratie. »

Huit mois plus tard, le 20 décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a finalement adopté la résolution 2085, qui « autorise le déploiement d’une force internationale au Mali », la Misma.

Cette résolution précise que « l’opération sera conduite avec des troupes combattantes exclusivement africaines et une forte mobilisation de l’Union européenne sur les plans financier et logistique » (voir communiqué du Quai d’Orsay). Elle demande aussi aux Etats membres de l’ONU « de fournir un appui, coordonné à la Misma, en étroite coordination avec celle-ci et avec les autorités maliennes, notamment sous la forme de formations militaires, de fourniture de matériel, de renseignement, d’appui logistique et de tout type d’aide nécessaire pour réduire la menace posée par des organisations terroristes… »

L’inquiétude du gouvernement malien devant la percée des combattants islamistes vers le Sud l’a amené à demander une accélération de l’aide internationale. A l’évidence, les Etats africains de la Cedeao n’étaient pas prêts et c’est dans ces conditions que la France vient de faire intervenir ses forces militaires. 

Espérons que cette opération sera efficace, mais il faudra que l’on précise bien lequel ou lesquels des quatre problèmes que j’évoquais en commençant elle est censée résoudre.

Il me semble également indispensable, de façon à éviter toute ambigüité, que le Conseil de sécurité donne un mandat explicite  à la France, puisque, malgré les soutiens (verbaux) des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, et en l’absence regrettable de l’Union européenne, la France risque de se retrouver seule à faire face à une situation particulièrement complexe.  

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