Le prix de l'irrespect

      Le premier acte de la séquence électorale dans laquelle nous baignons depuis de longs mois va se terminer. Espérons que les Français sauront comprendre l’importance de leur vote de ce dimanche, qui doit permettre l’indispensable confrontation au second tour entre le Président sortant et le candidat de la gauche.

     Ce sont bien en effet deux visions inconciliables qui s’affronteront alors dans les débats concernant les principaux domaines de la vie publique : la politique économique et sociale, l’exercice du pouvoir, le fonctionnement de la démocratie, les relations internationales.

    Il sera difficile aux Français de croire les paroles et les promesses de N. Sarkozy, tant le bilan de ses cinq années à l’Elysée, fait d’échecs, de contradictions et de mensonges, plaide contre lui.

    Mais, au-delà de cette évidence, le Président sortant va se trouver confronté aux retombées de son comportement, que je résumerai d’un mot : l’irrespect.

- Irrespect des Français. La liste des engagements non tenus dans tous les secteurs de leur vie quotidienne (emploi, pouvoir d’achat, retraites, éducation, santé..) est impressionnante.

- Irrespect de l’Etat, qu’il a abaissé par des pratiques éloignées de la tradition républicaine.

- Irrespect de la fonction de Président, trop souvent polluée par une agitation désordonnée à finalité médiatique.

- Irrespect de la démocratie, par son mépris des corps intermédiaires et sa conduite autoritaire de la politique du pays, qui a dévalorisé le rôle du gouvernement et du Parlement.

- Irrespect de l’image de la France, humiliée par ses compromissions avec des dictatures et par les tristes débats sur l’identité nationale et l’immigration. 

Quoi d’étonnant dans ces conditions de constater le désamour des Français à l’égard de N. Sarkozy? Il est difficile d’aimer quelqu’un qui ne vous respecte pas.    

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