Il y a cinquante ans, le général de Gaulle

Il y a exactement 50 ans aujourd’hui, le 31 janvier 1964, le Président de la République de l’époque, le Général de Gaulle, expliquait dans une conférence de presse, ce que devait être le fonctionnement de la Ve République.

Il y a exactement 50 ans aujourd’hui, le 31 janvier 1964, le Président de la République de l’époque, le Général de Gaulle, expliquait dans une conférence de presse, ce que devait être le fonctionnement de la Ve République.

 

      Il faut vraiment relire et méditer cette déclaration :

 

      “Le pouvoir procède directement du peuple, ce qui implique que le chef d’Etat élu par la Nation en soit la source et le détenteur. Il doit être évidemment entendu que l’autorité indivisible de l’Etat est confiée tout entière au Président par le peuple et qu’il n’en existe aucune autre, ni ministérielle, ni civile, ni militaire, ni judiciaire qui ne soit conférée et maintenue par lui. Il lui appartient d’ajuster le domaine suprême qui lui est propre avec ceux dont il attribue la gestion à d’autres.”

Pour situer le contexte de ces propos, on était deux ans après le référendum de 1962 instituant l’élection du Président de la République au suffrage universel et un peu moins de deux ans avant la première élection de ce type.

Le mérite de cette déclaration, au-delà de sa brutalité, est de bien décrire la mécanique de la Ve République. Quelques modifications de la Constitution ont certes adouci à la marge les aspects les plus autoritaires de la fonction présidentielle. Il n’en demeure pas moins que son caractère quasi-monarchique demeure et s’est même trouvé accentué depuis 2002 par la mise en œuvre de la double décision, prise en 2000, d'instaurer le quinquennat et d'inverser le calendrier électoral*.

On comprend mieux pourquoi, dans la vie médiatique française, on attend en permanence que la vérité tombe de l’Elysée, dont les annonces rythment et orientent l’action politique, au détriment de ce que devrait être le fonctionnement d’une démocratie parlementaire.

 

* A cette époque, j'ai été un des rares responsables politiques à mettre en garde contre les risques de ces décisions.

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