Monsieur Macron, ça suffit ! Les français en ont assez d’être tenus en laisse !

Trop c’est trop ! Le pouvoir en place dispose encore de 18 mois pour achever son travail de transformation de notre démocratie en un régime autoritaire indigne de l’histoire de la France, de sa culture, de son âme. Les dégâts sont déjà impressionnants, et il est donc urgent de mettre un terme, toutes affaires cessantes, à cette volonté destructrice. En 2022, il sera trop tard.

Les acteurs politiques français de tous bords qui passent trop de temps à tortiller leurs egos dans les médias pour s’y chamailler en s’époumonant à nous seriner les noms de ceux d’entre eux qui, en 2022, alors qu’il sera peut-être trop tard, seront forcément « les meilleurs » candidats et les « sauveurs » de notre République, doivent de toute urgence prendre conscience que les frétillements de leurs accès de vanité ne sont d’aucune utilité immédiate et ne font qu’aggraver les lourdes peines et les souffrances actuellement infligées au peuple par le pouvoir en place.

 Un pouvoir personnel de plus en plus autoritaire

Ce pouvoir est essentiellement détenu par un Président de la République omniprésent qui gouverne sans partage, un président qui refuse tout dialogue digne de ce nom et qui a largement prouvé, par les mots et les maux qu’il inflige au pays, son mépris pour les gens, ces « riens » qu’il a définitivement marginalisés comme tels dès son arrivée aux affaires. Quant au gouvernement, et comme s’il était politiquement confiné, il est principalement cantonné à la difficile mise en cohérence puis à la mise en œuvre obéissante des directives, détaillées à l’excès, qui émanent de la seule parole présidentielle audible, hélas, depuis les seuls salons du Palais de l’Élysée.

Les rares individus qui comptent pour Emmanuel Macron appartiennent au cercle restreint constitué de quelques privilégiés, tels ces « stratèges » de la finance et ces technocrates de la haute fonction publique -  récompensés les yeux fermés malgré leurs obscures « performances » - qui ruinent fréquemment mais discrètement des pans précieux de l'économie du pays, ou de ces lobbyistes inconscients et souvent sans scrupules qui n'ont que faire de la santé humaine et de l'avenir de la planète, ou encore de cette puissante minorité de très riches résidents de notre territoire, férus de tourisme fiscal dans les îles ou autres enclaves paradisiaques, qui fulminent de rage devant l'état de nos finances publiques excessivement gangrenées, marmonnent-ils enfermés dans leur vase clos, non par un défaut de recettes discrètement soustraites à l'État qu'ils dissipent en douce sous d'autres cieux, mais forcément par d'insoutenables dépenses publiques et surtout sociales. Eux, ils détiennent l’argent et le pouvoir économique. Mais ils ne partagent pas : c’est un principe intangible.

Et eux, ils vivent cachés. On ne les entend pas s’exprimer, encore moins dialoguer ou s’expliquer, ni dans les médias, ni ailleurs : affronter de face ceux qui souffrent serait tellement mesquin, en effet ! Et puis, pourquoi prendraient-ils ce risque puisqu’on ne vote pas pour juger leurs choix économiques, financiers, ou leurs « bons » conseils politiques, ou encore pour sanctionner leurs dérives ? Après tout, de trop nombreux journalistes complaisants et ceux des puissants acteurs politiques qui leur sont affidés sont là pour ça, tels d’irremplaçables fondés de pouvoir, parfois pour les égratigner gentiment, mais le plus souvent pour les protéger voire les aduler et sans jamais dévoiler, ou rarement, les arcanes cachés de leurs comportements : et ils ne manqueront pas d’être récompensés comme il se doit pour rendre de tels services !

De toute façon, eux détiennent un bel arsenal d’armes de dissuasion ou de diversion utilisées pour éviter que des critiques trop gênantes puissent publiquement les viser. Au nombre des armes défensives les plus efficaces, il y a bien sûr ces précieuses législations protectrices du secret fiscal et du secret des affaires, et il y a aussi cette arme redoutable à la fois défensive et subtilement offensive qu’est la mainmise de leur puissance financière sur le pouvoir médiatique. La plupart des médias, en France, sont en effet contrôlés par une poignée de milliardaires de renom, et l’on connait cette désormais célèbre « boutade » de l’un d’entre eux, Monsieur Xavier Niel, qui en dit long : « Quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix » ! Dès lors, on comprend mieux pourquoi est si difficile, aujourd’hui, le travail des vrais journalistes d’investigation, ceux qui s’attachent à protéger leur indépendance sans céder aux sirènes du pouvoir, de l’argent ou de certains patrons de presse et qui tentent encore de signer - non sans prendre de plus en plus de risques - quelques lettres de noblesse de ce métier essentiel au fonctionnement simplement normal de la vie démocratique.

Voilà par qui la France est aujourd’hui gouvernée, officiellement ou en sous-main !

Gouverner, c’est faire peur, surveiller et punir

La méthode du pouvoir actuel pour gouverner, c’est tout d’abord noyer l’information diffusée par les chaînes d’information complaisantes, privées comme publiques, de chiffres, de courbes et d’analyses approximatives qui arrangent, en évitant surtout de présenter et de commenter ce qui gêne. C’est ensuite alimenter subtilement un climat de psychose, un climat anxiogène. C’est diviser aussi les français, interdire qu’ils s’expriment, les dresser à obéir comme on dresse des bêtes de cirque, sous peine de lourdes sanctions.

Alors, quoi de plus pratique qu’un bon état d’urgence sanitaire qui permet de confiner les gens, de les infantiliser, de les surveiller dans leurs faits et gestes comme on surveille des gamins ou des animaux de compagnie, de leur imposer des règles de vie coercitives que cette situation sanitaire ne justifie pourtant pas pour l’immense majorité d’entre eux, de les sanctionner s’ils n’obéissent pas, et tout ça jusqu’à ce que mort de leur emploi, de leurs rêves d’avenir ou de bien-être s’ensuive !

Mais, en supposant même que l’épidémie du covid-19 justifierait de prendre des mesures aussi drastiques et infantilisantes applicables à l’ensemble de la population - en particulier un confinement général pur et dur et une interdiction faite aux établissements culturels, sportifs et à la plupart des petits commerces d’exercer leurs activités -, cela ne justifie en rien que le pouvoir en profite pour glisser insidieusement dans son arsenal juridique des mesures sans le moindre rapport avec une quelconque situation sanitaire. C’est politiquement malhonnête.

Quel est en effet le rapport entre le covid-19 et, par exemple, l’autorisation donnée sans concertation d’utiliser des pesticides, celle de déployer la 5G sans précaution et sans le moindre débat, ou encore celle de modifier en catimini les conditions de départ à la retraite ?

Et puis, comment ne pas réagir avec rage contre ces textes liberticides sur la « sécurité globale » ou sur l’instauration d’un « délit d’intrusion dans les universités » qui instaurent un système généralisé de surveillance de la population et altèrent gravement les libertés fondamentales d’aller et venir, de manifester, de s’exprimer ? C’est inacceptable, car l’état d’urgence sanitaire ne saurait être un état d’exception permettant au pouvoir d’en profiter pour installer dans notre pays les premiers soubassements d’un État autoritaire.

En réalité, tout cela est écœurant !

Que faire ?

Alors que faire pour que cesse cette dramatique destruction de pans entiers de la vie démocratique, sociale et économique du pays ?

Manifester est indispensable, mais manifester aujourd’hui, c’est manifester la peur au ventre : les Gilets Jaunes en parleront mieux que moi. Il reste toutefois un exemple récent en Europe qui prouve que l’exercice de cette liberté garde encore toute son efficacité : en Pologne, qui a pourtant interdit et qui réprime sévèrement tout rassemblement sur la voie publique de plus de cinq personnes, ce sont des dizaines et des dizaines de milliers de personnes qui, malgré la crise sanitaire, ont bravé le pouvoir et n’ont cessé de manifester pendant plusieurs semaines dans tout le pays contre la suppression du droit à l’avortement : le gouvernement polonais a fini par reculer !

Faire grève est une autre possibilité, mais il faudrait, comme en 1936 à l’avènement surprise du Front Populaire, le vrai, que la grève soit générale pour aboutir à un résultat efficace : c’est une solution qui semble toutefois difficile à envisager dans le contexte actuel, car il y a désormais trop de gens dont les ressources se sont taries, des gens qui ne peuvent donc plus se permettre de cesser de travailler pour peu qu’ils aient pu garder leur emploi. Il faut les comprendre.

Signer des tribunes ou des pétitions n’est pas vain, bien entendu. Il y en a aujourd’hui des dizaines et des dizaines qui révèlent les protestations des uns ou le désarroi des autres, mais elles laissent complètement indifférents le Président de la République, son gouvernement et les députés de sa majorité. Ils s’en fichent. Quant à la plupart des médias, ils classent ces témoignages de protestation « sans suite », et c’est quand même consternant d’en être arrivé, en France, à une telle indifférence de leur part dès lors que c’est le pouvoir qui est visé et critiqué ! Aux États-Unis, lorsque le président Trump se met à raconter des âneries qui font du mal à leur démocratie, les médias américains, malgré tous leurs défauts, coupent son discours en direct et n’hésitent pas à le traiter de menteur. En France, les journalistes les plus influents et autres éditorialistes bienveillants qui monopolisent les principales chaines d’informations baissent les yeux, se taisent, ou alors expliquent doctement, experts affidés à leur appui, en quoi omettre de dire la vérité ne saurait être un mensonge. En France, aujourd’hui, le pouvoir médiatique est au moins aussi inquiétant que l’est le pouvoir politique.

Les députés de la majorité présidentielle ne sont plus crédibles

Il reste malgré tout un point de fragilité dans les rouages de la mécanique institutionnelle, celle qui permet au pouvoir exécutif de fonctionner. Il se situe au niveau de la maîtrise de sa majorité présidentielle qui siège à l’Assemblée Nationale. C’est d’ailleurs sur ce terrain que se situent depuis peu les craintes de plus en plus palpables du pouvoir exécutif, car le gouvernement sait parfaitement que s’il ne disposait plus de la confiance du Parlement, il ne pourrait plus fonctionner et Emmanuel Macron ne pourrait plus présider selon son bon vouloir. Deux exemples récents sont là pour le prouver.

Le premier est celui du comportement ahurissant du ministre de la santé, Olivier Véran, qui s’est permis, lors du débat du 3 novembre dernier sur la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, d’inviter les députés "désobéissants" à quitter l'enceinte de l'Assemblée Nationale, c'est-à-dire à leur interdire de débattre, de délibérer, de voter, de contrôler l'action du pouvoir exécutif : une telle injonction hurlée dans un moment de panique par un ministre qui perd ou qui feint de perdre à ce point son sang-froid n'est pas une simple marque de mépris envers la représentation nationale, celle du peuple, mais un outrage à la démocratie d'une extrême gravité ! Le second exemple a été donné par la ministre de l’action et des comptes publics, Agnès Pannier-Runacher, accusée par de nombreux députés d’avoir exercé sur eux des « pressions graves et inacceptables » dans le but de les dissuader de déposer un recours devant le Conseil Constitutionnel contre la loi d’accélération et de simplification de l’action publique qu’elle défendait : que dire d’une attitude aussi scandaleuse si ce n’est que cette ministre, en état de panique à l’idée de voir « sa » loi censurée par le Conseil Constitutionnel, n’hésite pas à piétiner les prérogatives constitutionnelles du Parlement qui ne la concernent pourtant pas. C’est honteux !

Voilà des comportements invraisemblables qui révèlent un réel mépris du principe de séparation des pouvoirs, mais sans doute aussi un sentiment de peur qui gagne l’exécutif, cette peur de voir sa majorité s’étioler.

Alors, ce sont les députés de cette majorité aux ordres de l’exécutif qu’il faut ramener à la raison. Il faut les travailler au corps, car ils doivent impérativement prendre conscience qu’ils endossent devant le pays, par leur comportement complaisamment irresponsable vis-à-vis du pouvoir, une lourde responsabilité dans le désastre qui s’annonce. Et c’est alors vers ces députés-là qu’il faut se tourner, pour culpabiliser les plus entêtés d’entre eux et pour convaincre ceux qui culpabilisent déjà en leur for intérieur de cesser de concéder à l’exécutif ce qui s’apparente de plus en plus à l’exercice de pleins pouvoirs pour gouverner la France par décrets ou, ce qui en pratique revient au même, par ordonnances, c’est-à-dire sans débats dignes de ce nom. Il faut que ces députés comprennent que leur attitude, qui revient à ne plus représenter que l’exécutif et certainement pas le peuple, relève d’une attitude de non-assistance à France en danger !

Maintenant, c’est vrai, l’idéal serait que cette Assemblée dont la majorité présidentielle est si indifférente aux souffrances du peuple qu’elle est censée représenter, soit dissoute au plus vite. Une telle dissolution et de nouvelles élections législatives constitueraient, en effet, les moyens les plus efficaces d’arrêter rapidement le jeu dangereux actuellement joué par un pouvoir exécutif incontrôlé, et désormais incontrôlable, qui impose à la société française un régime autoritaire inacceptable dans une démocratie digne de ce nom. Mais pour faire plier le Président de la République qui seul, peut prendre cette initiative, une manifestation par-ci, une petite grève par-là et quelques tribunes ou pétitions pour agrémenter le tout ne suffiront certainement pas : il faudrait qu’Emmanuel Macron décide enfin de respecter le peuple et de sentir quelle est sa volonté. Malheureusement, je n’y crois pas. Il  ne faut pas rêver.

Alors, je me tourne à nouveau vers ces trop nombreux candidats qui, du côté gauche de l’échiquier politique, ne pensent qu’à l’élection présidentielle de 2022 : ne pourraient-ils pas se rencontrer au moins une fois autour de cet unique sujet d’actualité, se coordonner et lancer une pétition nationale commune pour réclamer un tel renouvellement, ou le cas échéant, proposer une autre idée ? Je suis persuadé qu’elle recueillerait des millions de signatures.

Encore une fois, ils et elles doivent comprendre qu’avant de songer à panser les plaies dans seulement deux ans, avant de reconstituer les parties déjà bien meurtries de notre République et de ses parties les plus vitales, celles qui font vivre nos libertés fondamentales, notre économie et les acquis sociaux que l’histoire nous a légués, il est urgent d’arrêter l’hémorragie qui anémie le corps social de notre pays. Il est urgent que les partis politiques dignes de ce nom et les syndicats se réveillent enfin, avant qu’il ne soit trop tard !

 

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