Les jeunes qui réussissent et les jeunes qui ne sont rien …

Pour les pouvoirs publics, les jeunes ont le devoir de se taire et surtout pas de rêver d’une « rave party ». Voilà le message clairement exprimé du côté de Redon ...

Je ne suis pas un grand adepte de la musique dite électro, fort bruyante qui indispose certainement nos oreilles, les miennes en particulier, mais une fête de ce type ne dure que quelques heures : une paire de boules quies suffit à régler mon affaire. Et si cette fête est organisée illégalement, il est toujours possible de procéder à une opération de distribution de contraventions qui ne nécessite pas, sauf erreur de ma part, l’usage de matraques ou de grenades lacrymogènes.

En revanche, une main arrachée, c’est pour toute une vie.

La violence qui caractérise malheureusement la méthode du pouvoir actuel pour imposer son autorité est inacceptable. Mais nos gouvernants ont-ils la capacité de comprendre que cette brutalité arbitraire est aussi un signe d’affolement, qu’un tel comportement provoque du ressentiment, lequel engendre souvent la colère puis, en l’absence de véritable volonté de dialoguer ou simplement de se parler, risque de laisser place à la violence et au désordre social ?

Ce qui me paraît révélateur dans cet évènement, c’est qu’aux yeux du pouvoir, il y a, pour paraphraser une phrase désormais célèbre du Président de la République, « les jeunes qui réussissent et les jeunes qui ne sont rien ». Ces jeunes venus danser le jour de la fête de la musique sont donc à ranger dans la catégorie des riens.

En revanche, tel n’est pas le cas, par exemple, des jeunes comme ces deux « influenceurs » invités par le Président à faire les pitres dans les salons de l’Élysée, en sa présence, et ternir ainsi l’image d’un symbole de nos institutions.

Et puis, j’y pense tout d’un coup à propos de ces jeunes qui réussissent, où en est l'enquête promise dans l’affaire des quelques dizaines de milliers d’euros versés au syndicat « Avenir lycéen », proche du pouvoir, argent public dilapidé aux fins très personnelles d'une poignée de ses jeunes mais fidèles dirigeants ? Voilà des jeunes qui ne font pas de bruit, c’est vrai, mais ce silence devient quand même assourdissant …

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