Tout autour. Une oeuvre commune - Déclaration d'hospitalité n° 11

Texte à prolonger en nous faisant parvenir vos témoignages à : contact@perou-paris.org. Jusqu'à ce que soit neutralisé l'article L 622-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile définissant le "délit de solidarité".

Catherine V., domiciliée en banlieue parisienne, établit un certificat d’hébergement pour Donald S., Camerounais âgé de 16 ans et sans papiers, qui loge en réalité chez une de ses amies à Paris. Catherine V. a appris que le Centre d’information et d’orientation de sa ville accepte de faire passer le test pour élèves allophones arrivants sans exiger la présentation de documents d’identité. « Nous, on est là pour scolariser les jeunes. Les papiers, ça n'est pas notre rayon », lui a déclaré en effet la directrice de l’établissement. Le 12 juin 2017 au matin, Catherine V. rejoint son amie et Donald S. à la sortie du RER. Elles conduisent le jeune homme au CIO et l’accompagnent jusqu’à la salle où il doit passer son test. Elles vont ensuite l’attendre dans un café voisin.


Erwan D., 25 ans, animateur sportif domicilié à Rennes, est bénévole au camp de Grande-Synthe du 27 avril au 14 mai 2017. Il s’occupe en particulier de l’approvisionnement des cuisines. Au cours de son séjour, il sympathise avec les Iraniens Ramtin D., 23 ans, et Shahab T., 24 ans, avec qui il partage le thé et de multiples parties de « Jungle Speed ».


Patricia G., 43 ans animatrice, demeurant à Molezon, reçoit le 27 août 2017 un appel d’Arafat S., un Afghan de 26 ans qu’elle a rencontré un an plus tôt à Calais. Le jeune homme lui explique qu’il est menacé d’expulsion. Patricia G. lui propose de l’héberger s’il réussit à venir par ses propres moyens en Lozère, où Arafat S. arrive le 3 septembre 2017. Le collectif RESF Lozère l’aide à obtenir le droit de faire sa demande d’asile en France.


Roger L., retraité domicilié à Hennebont, membre du Collectif d’accueil en pays de Lorient, organise une collecte de vélos en lançant un appel sur les réseaux sociaux. Il monte ensuite un atelier de réparation dans un hangar désaffecté près du port de Lorient. 170 vélos peuvent ainsi être distribués aux migrants des divers Centre d’accueil et d’orientation de Bretagne.


David R., 48 ans, professeur de lycée habitant à Lorient, héberge chez lui pendant treize jours en avril 2017 une famille de cinq Albanais, puis trois de ses membres pendant une semaine en juillet. Parti en Guyane en août 2017, David R. prête son appartement à un couple ukrainien avec un enfant.


Élise R. et Alexis R., âgés respectivement de 60 et 64 ans, domiciliés près de Vannes dans le Morbihan, accueillent chez eux du 3 au 8 avril 2017 Salif N. et Daouda C., deux jeunes Maliens de 15 ans, dont ils ont fait la connaissance par l’association Utopia 56. Ils leur mettent à disposition une chambre et leur donnent un jeu de clés de l’appartement. Constatant que les deux garçons n’aiment pas beaucoup la cuisine d’Élise, le couple les emmènent deux soirs au restaurant.


Bénédicte V., 30 ans, urbaniste, habitant Caen, réalise un documentaire sur "Ceux qu'on ne voit pas". Elle filme sept de ces "exilé-e-s en France", arrivés en Normandie par les hasards de leur dissémination forcée sur le territoire après l’évacuation de Calais : Ibrahim K. (33 ans, Soudanais), Adama B. (17 ans, Ivoirien), Sandrine F. (28 ans, Congolaise), Ahmri S. (16 ans, Egyptien), Omar K. (18 ans, Syrien), Tesfaldet M. (28 ans, Erythréen) et Camara O. (35 ans, Ivoirien). Le film montre comment ils reconstituent un espace intime dans ces circonstances.


Philippe W., 55 ans, Calaisien, avait hébergé dans un appartement en colocation en ville de jeunes exilés en errance ou sortant de rétention. En 2017, il accueille pour un long séjour Haïssa L. et Nurah F. avec son enfant, puis deux autres femmes, Farhia S. et Selam K., qui cherchent toutes à passer en Angleterre.


Anne-Sophie R., 39 ans, médecin généraliste, accompagne au CHU de Montpellier le 3 septembre 2017 au matin Mustafa O., Soudanais de 26 ans, atteint d’une maladie chronique. Anne-Sophie l’aide à comprendre le traitement proposé. Le lendemain, elle conduit Mustafa O. à la journée d’intégration de la fac de Montpellier.

 

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