Tout autour. Une oeuvre commune - Déclaration d'hospitalité n°13

En riposte aux textes organisant la violence qui gouverne encore, nous écrirons le texte témoignant de l'hospitalité qui vient. Nous nous en ferons les passeurs à Nuit Blanche Paris le samedi 7 octobre. Puis les jours suivant, tout autour.

Isabelle S., 48 ans, clowne, domiciliée à Bihorel (Seine-Maritime), entreprend des démarches le 6 juin 2017 pour que Paul M., Ivoirien de 15 ans, puisse débuter un apprentissage en chaudronnerie à Rouen.


Marine B., 40 ans, directrice de centre de santé, se rend porte de la Chapelle, dans le 19e arrondissement de Paris, le 12 juillet 2017. Elle y rejoint les Maliens Mamadou S., 15 ans, et Hassan M., 16 ans, qui dorment dans la rue. Elle les emmène chez elle et les loge pendant deux semaines. Chaque soir, ils préparent ensemble le dîner, en alternant les recettes traditionnelles françaises et maliennes, qu’ils choisissent à tour de rôle sur Internet.


Rose D., 55 ans, employée administrative, Isabelle C., 53 ans, bibliothécaire, et Marion V., 40 ans, fonctionnaire municipale, domiciliées toutes les trois à Montpellier, se relaient pour accueillir chez elles Mamadou S., Guinéen de 18 ans, à partir du 2 juillet 2017. Ne se connaissant pas avant cette date, elles échangent désormais plusieurs fois par jour pour organiser le séjour du jeune homme et faire avancer ses démarches administratives.


David A., 39 ans, photographe de presse domicilié à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), lance un appel sur les réseaux sociaux le 16 mars 2017 à 15 heures 30. Il cherche des ordinateurs portables pour de jeunes Soudanais. En quinze minutes, David A. reçoit quatre confirmations de dons de la part de collègues journalistes. Une semaine plus tard, après avoir fait effectuer les menues réparations nécessaires, il apporte les ordinateurs à Kamal T., 28 ans, et Alghaliy M., 31 ans, qui se chargent d’en organiser la distribution et l’usage.


Anne K., 60 ans, professeur de langues domiciliée au Chesnay, rencontre Almas F., Afghan de 25 ans, le 20 août 2016 devant la gare du Nord à Paris. Almas F. est anxieux. Il demande à Anne K. si elle peut l’aider à comprendre les formulaires qu’il doit remplir. Anne K. l’emmène dans un café et lui traduit les documents. Ils décident d’instaurer un rendez-vous hebdomadaire pour faire avancer les démarches. Un an plus tard, Almas F. vit chez Anne K. et son mari Michel T., qui le considèrent tous deux comme un membre de leur famille.


Jean-Michel T., Jean-Yves V. et Diane V., Élisabeth M., dite Lili, Dominique S., Didier S., Marie-France P., Danielle C., Marie-Paule J., Anne-Marie D., Claudye M., Rolande G., Joëlle T., Brigitte M., Martine C., Marie-Jeanne B., Sylvie R., Emmanuelle D., Christiane S., Sonia A., Madeleine T., Anne C., Michèle K., Hélène M., Bérengère A., Renée B., Yolande Z., Martine D., Claire P., Diane S., Ève-Cécile G., Marie F.-G., Sandra G., Julie T., Marie-Danielle M., Sylvie P., Marie-Odile V.-B., Nancy R., Isabelle M., Marie-France A., Catherine de F., Nathalie Q., Guilaine G., Pierre G., Sylvie O., Alberto I., Céline V., Babette E., Brigitte de T., Amélie D., Marcel T.-R. et Marie-Luce T.-R., Catherine T., Xavier V., Jacqueline M., Annie de O. et Pierre de O., Pierre P., Véronique H., Isabelle T., Brigitte J., Chantal Q., Edwige V., Élodie F., Myriam D., Yvette I., Dominique R., Morgane W., Martine G., Béatrice R. et Patrick R., Marie T. et Jean-François T., Sylvie U., Chantal R., Sylvie J., Marie-France P., Danièle de F., Martine H., Hélène R., Yvonne R., Nathalie V., Catherine T., Hélène R. et Joël R., Danièle V., Anne E., Suzanne A., Michelle R., Arielle H., Colette D., Fanny A., Joe P., Patricia S., Marie-Pierre B., Lydie D., Camille T., Geneviève R., Lidiane V., Pippa V., Michel Y., Mina R., Martine T. et Henri T., Isabelle W., Joseph W., Catherine T., Elsa X., Caroline P., Marie-Noëlle E., Laura Z., Éva Z. et de nombreuses autres personnes âgées de 20 ans à 80 ans, domiciliées à Briançon ou dans ses environs, se relaient depuis le 10 juillet 2017 pour préparer et servir des repas aux migrants qui franchissent la frontière italienne. Entre le 10 juillet et le 3 septembre 2017, ils servent 1942 repas (petits déjeuners, déjeuners ou dîners).


Olive M., Patrick B. et leur fille Anne, famille domiciliée à Nantes, font la connaissance d’Oumar N., un Sénégalais de 23 ans, lors d’un dîner chez des amis. Deux semaines plus tard, le 1er juillet 2017 au matin, alors que la famille s’apprête à partir en vacances pour deux mois, Oumar N. passe déposer ses quelques bagages. Olive M. lui remet un jeu de clés de l’appartement et le lui fait visiter pour qu’il s’y sente chez lui. À leur retour de vacances fin août, le voisin de palier leur transmet les salutations et remerciements d’Oumar N., reparti depuis une dizaine de jours.


Marie I., 53 ans, secrétaire, vivant au Havre avec son compagnon Christophe T., 54 ans, et ses deux enfants âgés de 16 et 20 ans, s’organise en réseau avec d’autres familles havraises pour accueillir en alternance Yacoubou S., Mahamadou K., Emmanuel B, Losséni K., Rubem A, Daouda N., jeunes mineurs isolés venus de Guinée, de Côte d'Ivoire et du Mali. Les six garçons sont associés à toutes les activités de leurs hôtes : soirées entre amis, repas familiaux, sorties au cinéma ou au théâtre. Les démarches engagées par Marie I. permettent de scolariser la plupart d’entre eux au cours du printemps 2017.


Frédéric T., 44 ans, tailleur de pierre, demeurant à Paris, apprend le 12 février 2017 en lisant son journal que de gros blocs de rocher ont été déposés sous un pont dans le but d’empêcher les migrants qui campent porte de la Chapelle de venir y trouver refuge. Après s’être rendu sur place, Frédéric T. décide de mobiliser ses amis tailleurs de pierre ou sculpteurs. En deux interventions, les 25 février et 11 mars 2017, le collectif déplace les rochers pour reconstituer un abri, sur lequel tailleurs et sculpteurs gravent des messages d’amitié aux migrants et la devise de la République : liberté, égalité, fraternité.


Romain S., 23 ans, étudiant à Paris, fait la connaissance d’Adam H., Irakien de 28 ans, dans la matinée du samedi 25 mars 2017, près du théâtre du Châtelet. L’homme lui explique qu’il est demandeur d'asile à Angers, mais qu’il voudrait reprendre ses études à Paris. Dans l’après-midi, Romain S. adresse une lettre à un parent, membre de l’équipe municipale angevine, en lui demandant d’intervenir pour que les services sociaux concernés favorisent le transfert du dossier.


Nicola B., étudiant à Paris, propose à Abdelgasim A., Abdul T. et Mohammed A., trois jeunes migrants guinéens rencontrés la veille dans un parc, de l’accompagner le jeudi soir 18 mai 2017 au gymnase de l'Université pour un foot avec ses copains. La partie se prolonge jusqu’à la fermeture de la salle.


Charles G., 52 ans, entrepreneur à Tourcoing, héberge pendant quelques jours dans sa maison familiale Mado R., Congolaise âgée de 28 ans, qui dort dans la rue. Ses deux enfants ont été placés en foyer. Le 24 avril, Charles G. se rend à Hazebrouck et alerte une association d’aide aux migrants, qui prend la jeune femme en charge et entame les démarches nécessaires pour que Mado R. puisse récupérer ses filles.


Vincent B., 22 ans, kiosquier domicilié à Paris, rencontre Nabintou D., Ivoirienne âgée de 19 ans, devant la porte de son immeuble, le 15 juin 2017, alors qu’il rentre chez lui après sa journée de travail. La jeune femme, qui est à la rue avec son fils Ahmed, 3 ans, lui explique qu’elle et son mari Konaté D., 18 ans, se sont perdus de vue quelques jours plus tôt sur une place de Paris. Elle demande à Vincent B. d’appeler un ami ivoirien dont elle a le numéro en Italie et qui saura comment joindre Konaté. Trois heures plus tard, le couple se retrouve. Vincent B. propose à la famille D. de rester quelques jours chez lui pour se reposer. 


Julie P., 22 ans, étudiante résidant à Paris, fait la connaissance de Rasha M., 23 ans, étudiante et demandeuse d'asile soudanaise, à la cantine universitaire. Le mercredi 6 septembre 2017, Julie P. lui remet les 210 euros que son grand-père lui a donnés pour que Rasha M. s'inscrive aux cours municipaux pour adultes de la mairie de Paris, niveau A1.

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