Tout autour. Une oeuvre commune - Déclaration d'hospitalité n°14

Ce jeudi 12 octobre, les récits composant cette déposition seront versés dans la collection du FRAC Centre, les inscrivant dans notre mémoire collective, et seront affichés dans les rues et hauts-lieux d'Orléans, les inscrivant dans nos temps et espaces quotidiens. Pour que se poursuive le fil, envoyez-nous mille témoignages encore à contact@perou-paris.org.

Anne K., 60 ans, professeur de langues domiciliée au Chesnay, rend visite le 13 mai 2017 à Omid T., Afghan de 25 ans, au centre de rétention de Vincennes. Elle lui apporte des vêtements, des fruits et un téléphone. Ils se sont rencontrés quelques jours plus tôt, lors d’une distribution solidaire de couvertures. Depuis, Omid T. appelle Anne K. « Aunty Anne » (Tante Anne), en signe de respect.


Anne K., 60 ans, professeur de langues domiciliée au Chesnay, conduit en voiture Moussa O., Soudanais de 22 ans, au Centre hospitalier André Mignot de Versailles. Le jeune homme, qui se déplace en béquilles, y a rendez-vous avec un orthopédiste le 4 août 2017 à 11 heures. Dans la salle d’attente, il raconte à Anne K. son périple jusqu’en France. Au moment de passer en consultation et de la quitter, Moussa O. se retourne vers elle et lui demande son prénom, « pour », dit-il, « ne pas l’oublier ».


Sylvain M., 24 ans, étudiant domicilié à Paris, reçoit le 14 avril 2017 dans sa chambre de la Résidence universitaire Pajol son ami Abdallah S., Soudanais âgé de 30 ans. Il l’aide à écrire la lettre d'amour qu’Abdallah S. veut adresser en français à Jamila, une camarade d’études que Sylvain M. lui a fait rencontrer lors d’une soirée deux mois plus tôt.


Régine T., 50 ans, domiciliée à Saint-Médard-en-Jalles avec ses enfants Garance S., 26 ans, et Paul S., 22 ans, conduit à Mérignac Mustapha Z., migrant irakien d’une trentaine d’années, qui a rendez-vous à l'hôpital avec un proctologue le 21 février 2017 à 15h30. Paul S. assiste à la consultation et traduit en anglais les explications du médecin.


Pierre T. et Patricia T., tous deux âgés de 58 ans, domiciliés dans la région de Lille, accueillent pendant quelque temps chez eux Saba M., 22 ans, demandeur d’asile afghan, avant qu’il ne bénéficie d'un hébergement en ville par le 115. Pierre et Patricia T. gardent contact avec lui et aident Saba M. dans ses démarches, jusqu’à l’obtention de son statut de réfugié en mars 2017.


Jean D. et Alicia D., 56 et 54 ans, habitant près de Tourcoing, hébergent chez eux pendant trois semaines en avril et mai 2017 Soha et sa fille Sarah, chrétiennes irakiennes qui ont fui leur pays. Ils les aident à constituer leur dossier de demande d’asile.


Julie L., 24 ans, étudiante résidant à Paris, reçoit chez elle, le 20 mars 2017, Bahroz H., jeune réfugié irakien de 19 ans, et son ami Mzafer D., également Irakien, âgé de 32 ans, qu’elle a rencontrés au camp de Grande-Synthe. Mzafer D. souhaite retourner dans son pays pour voir sa mère mourante. Julie L. accompagne les deux hommes à l’ambassade d’Irak, puis dans une agence de voyage, où elle leur sert d’interprète. Elle les conduit ensuite à la gare du Nord et prend avec eux un RER jusqu’à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Les deux amis se séparent au moment de l’embarquement. Julie L. raccompagne à Paris Bahroz H., qui reprend le soir même un train pour Dunkerque.


Marie-Pierre B., 43 ans, demeurant à Mairy-sur-Marne, accueille chez elle depuis janvier 2015, de façon ininterrompue, des mineurs isolés étrangers qu’elle accompagne dans leurs démarches auprès des services de l’Aide sociale à l’enfance pour faire reconnaître leur statut, ainsi que des jeunes migrants majeurs non régularisés. Ainsi a-t-elle hébergé pendant cette période et jusqu’à ce jour, lundi 18 septembre 2017, Emmanuel S., Gante I., Rabby G., Mahamadou K., Gole D., Mamadou Saliou D., Drahamani K., Birahima K., Adama T., Adama K., Youssouf D., N’Fanly F., Lancine F., Adama B., Mamadou D., Ali F., Amara C., Babul A., Bulbul A., Tuhin A., Falik S., Zaib A., Sulaman A., Ammad M., Koroba M., Aboubacar C., Aboubacar K., Boubacar D., Kevin T., Fahad M., Farhad H., Irfan M., Sekou D., Sekou K., Emmanuel I., Gaye D., Babine T., Boubou N., Samba D., Aboubacar A., Badiougou K., N’Fa Siaka T., Kassim T., Dady K., Robert T., Salim S.


Amélie F., 37 ans, photographe domiciliée à Lyon, apprend par son mari que des migrants albanais se sont regroupés sur l’esplanade Mandela. Ils ont besoin de médicaments, de vêtements, de nourriture et de tentes. Le lendemain matin, jeudi 8 juin 2017, elle prépare à leur intention plusieurs sacs avec des pulls, des slips, des chaussettes. En allant les leur apporter dans l’après-midi, Amélie F. s’arrête dans trois pharmacies et y achète au total dix boîtes d’aspirine et de paracétamol qu’elle glisse également dans les sacs.


Marie Q., illustratrice résidant à Lyon, organise en juin 2017 dans le quartier de la Guillotière une journée consacrée à la présentation du travail de collègues illustrateurs et auteurs. Divers ateliers sont proposés, auxquels Lyonnais et migrants peuvent participer grâce à la présence sur place de plusieurs interprètes et traducteurs. La journée se clôt par une vente d’illustrations originales, dont le bénéfice est reversé aux associations locales d’aide aux migrants.


Jérôme S., 45 ans, aide-infirmier domicilié à Lyon, accueille chez lui le 26 février 2017 Elia M., Soudanaise d’environ 40 ans, rencontrée dans la rue alors qu’il rentre d’une soirée chez des amis. La femme est épuisée, ne veut rien manger, dit seulement souhaiter prendre une douche et pouvoir dormir. Jérôme S. lui offre sa chambre et s’installe dans celle de ses deux enfants, qui sont chez leur mère. Elia M. repart le lendemain matin. Au cours de l’hiver, Jérôme S. héberge dans les mêmes circonstances Sonia T. et El Hassan R., un jeune couple ivoirien d’une vingtaine d’années, puis Karena B., Ougandaise âgée de 23 ans.


Marie T., 26 ans, professeur de philosophie à Marseille, constate que des mineurs isolés venus du Cap-Vert, d’Algérie, du Niger et de Chine sont logés par une association d’aide aux migrants dans un local situé en bas de chez elle. En décembre 2016, elle commence à enseigner le français à Etelem C., une Capverdienne âgée de 15 ans, puis constitue en janvier 2017 une classe d’une vingtaine d’enfants, à qui elle donne pendant plusieurs mois deux cours d’une heure trois fois par semaine, les lundis, jeudis et vendredis.

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