Tout autour. une oeuvre commune - Déclaration d'hospitalité n°15

Ecrire jusqu'à ce que la loi s'efface. Affirmer l'hospitalité jusqu'à ce que tombe le délit. A partir de témoignages reçus d'ici et d'ailleurs. À l'adresse : contact@perou-paris.org.

Anne K., 60 ans, professeur de langues domiciliée au Chesnay, offre à Amine F., Érythréen de 35 ans, un gros livre dont les pages ont manifestement été souvent feuilletées. C’est le dictionnaire franco-anglais qu’Anne K. avait avec elle lors de son arrivée en France, trente-cinq ans plus tôt.


Anne K., 60 ans, professeur de langues domiciliée au Chesnay, accueille régulièrement chez elle Anour T., Tchadien de 38 ans, qui vit avec des camarades au rez-de-chaussée d’un immeuble désaffecté à Paris.


Anne K., 60 ans, professeur de langues domiciliée au Chesnay, emmène Thomas R., 17 ans, et Goytam G., 16 ans, tous deux Érythréens, choisir des vêtements dans un vestiaire solidaire le 25 mai 2017. Les deux jeunes s’amusent de ces séances d’essayage, parodient les défilés de mode, esquissent une galerie de portraits. Anne K. a un fou-rire quand Goytam se couvre d’une écharpe éthiopienne pour imiter sa grand-mère.


Julie L., 24 ans, étudiante résidant à Paris, héberge à plusieurs reprises au cours du printemps 2017 des migrants rencontrés au camp de Grande-Synthe. Elle met ainsi son studio à la disposition de Mirza O., Pakistanais âgé de 30 ans, et de ses amis Irfan B. et Ismaïl E. en avril 2017, après l’incendie du camp. Ils y restent quatre jours. Pendant ce temps, Julie L. s’installe chez une amie, laissant les trois hommes se reposer chez elle.


Julie L., 24 ans, étudiante résidant à Paris, accompagne à la gare du Nord le 26 juin 2017 Bahroz H., jeune Irakien âgé de 19 ans, à qui elle a donné asile pendant deux nuits et qui repart ce soir-là pour Dunkerque. Au moment de s’engager sur le quai, elle lui prend la main et se colle contre lui, pour donner l’illusion d’un couple et éviter ainsi au jeune homme d’être contrôlé par les policiers en faction. Julie L. attend le départ du train, à 20 heures 56, avant de quitter la gare.


Arnaud L., 25 ans, sans emploi demeurant à Saint-Ouen, apporte une quinzaine de plateaux-repas, le 25 février 2017 vers 13 heures, à un groupe de Soudanais réunis rue Pajol à Paris.


Fabien P., 37 ans, agent de la police aux frontières résidant et travaillant à Calais, s'efforce de faire libérer aussi souvent qu’il le peut les migrants que ses tutelles lui commandent de placer en garde à vue. Le 18 mai 2017, il relâche ainsi deux jeunes gens d'Afrique subsaharienne et leur indique l'adresse d'un hôtel où il sait qu'ils seront bien accueillis.


Laurence M., 43 ans, sans emploi demeurant à Calais, héberge de nombreux migrants depuis le démantèlement de la jungle en octobre 2016. Onze personnes de diverses nationalités vivent chez elle en septembre 2017. Une fois par semaine, son appartement se transforme en école de langue qu'elle anime avec un petit groupe d'amis calaisiens.


Monique T., 51 ans, boulangère de Grande-Synthe, attend chaque matin Denise L., 64 ans, qui collecte du pain pour l'apporter aux associations d'aide aux migrants. Le mercredi 27 septembre 2017, Monique T. ajoute aux invendus de la veille une fournée de croissants et de pains au chocolat que son mari a spécialement fait cuire en apprenant que le grand campement du bois du Puythouck vient d'être évacué.





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