De l'hospitalité du fond des âges

Aux dits "7 de Briançon". À Francis Alÿs

Les dits "7 de Briançon" ont aidé des femmes, des enfants, des hommes à franchir une frontière. Leurs gestes ne datent pas d'hier. Ils sont vieux de plusieurs millénaires. Ils témoignent de la survivance de cette part de raison et de passion qui jusqu'alors a fait tenir le monde malgré tout. Ils sont la part d'humanité demeurée vive d'une humanité insensée au point d'avoir inventé un jour une frontière pour se compliquer la vie. Ils proviennent, éclatants, du temps d'avant la toute première frontière.


Les dits "7 de Briançon" ont aujourd'hui 13 décembre été lourdement condamnés pour avoir aidé des femmes, des enfants, des hommes à franchir une frontière. Qu'on se le dise : les gestes qu'ils ont commis survivront aux juges qui se sont si mal penchés sur eux, aux raisonnements délirants qui ont guidé leur sentence, aux paroles abjectes ayant célébré leur délibéré. Qu'on se le dise : les gestes des dits "7 de Briançon" dureront aussi loin et longtemps que l'humanité durera, et vivront, éclatants, au moins jusqu'au temps d'après la disparition de la dernière frontière.


Alors nous poursuivrons le travail et ne cesserons de soutenir les dits "7 de Briançon" comme les innombrables de toutes les contrées alentours qui font de ce monde un monde respirable encore.

 

PS : En 1997, Francis Alÿs rejoint San-Diego à partir de Tijuana sans traverser la frontière mexicaine, en faisant "simplement" le tour de l'Océan Pacifique en avion. "The Loop" (images jointes) nous renseigne sur la déraison qui gouverne et commande des décisions aussi insensées que celle qu'a prise aujourd'hui le tribunal correctionnel de Gap.

 

The Loop © Franci Alÿs The Loop © Franci Alÿs
The Loop (2) © Francis Alÿs The Loop (2) © Francis Alÿs

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