Tout autour. Une oeuvre commune - Déclaration d'hospitalité n°8

Affirmer. Syn. : afficher, énoncer, arguer, articuler, assurer, attester, avancer, certifier, confirmer, consolider, crier, déclarer, démontrer, dessiner, dire, donner, exprimer, extérioriser, formuler, gager, garantir, jurer, manifester, montrer, prôner, prétendre, proclamer, produire, proférer, prononcer, protester, prouver, révéler, reconnaître, renforcer, soutenir, témoigner.

Margot W., 63 ans, et son compagnon Olivier C., 66 ans, domiciliés à Nantes, accueillent chez eux Sekou M., Malien de16 ans, le soir du 13 février 2017. Le lendemain matin, alors qu’ils prennent ensemble leur petit déjeuner, Margot W. et Olivier C. proposent à Sekou M. de prolonger son séjour chez eux. Sekou M accepte. Il vit avec eux depuis cette date.


Cécile D., 35 ans, professeur des écoles, demeure dans le 19e arrondissement de Paris. Du 31 décembre 2016 au 1er juillet 2017, elle se lève tôt les samedis et les dimanches pour faire bouillir 16 litres d'eau qu'elle verse dans de grands thermos. Elle y ajoute des sachets de thé noir dont elle noue les fils pour les ôter plus facilement et y répartit un kilo de sucre. Lorsque le thé est infusé, elle ferme les thermos, les range dans un caddie à roulettes et se rend sur le quai du canal de l'Ourcq, où elle retrouve le collectif de voisins avec lequel elle distribue des petits déjeuners aux réfugiés depuis octobre 2016.


Florine et Marine H., 28 et 29 ans, respectivement jeune active et étudiante à Caen, organisent des ateliers socio-linguistiques qui visent un apprentissage pratique et ludique de la langue française. Ces ateliers ont lieu tous les lundis depuis janvier 2017, dans un hôtel désaffecté situé en centre ville. Chaque semaine, elles retrouvent ainsi de jeunes hommes afghans, albanais, nigérians, bangladais, qui co-dirigent les ateliers en les orientant par leurs remarques, questions, envies et besoins.


Carole R., 42 ans, artiste et travailleuse sociale, demeure dans le 19e arrondissement de Paris. Le 2 août 2016 à 7h40, de retour de ses vacances estivales, elle traverse l'avenue de Flandres. D'innombrables tentes et matelas, des éléments de petit mobilier, des affaires tendues ou amoncelées composent un immense campement où des enfants, des adolescents, des femmes et des hommes sont en train de se réveiller, s'étirent, se lavent les dents, rangent leur lit, plient leurs draps. Carole R. appelle Jérôme M., un ami du quartier, qui lui apprend que tous les matins quelques riverains se rassemblent face au 22 avenue de Flandres avec des seaux de thé bouillant, du lait, du pain, du Nutella, de la confiture, des gobelets, et un banc pour y recevoir les personnes souhaitant prendre un petit déjeuner. Elle rejoint le collectif naissant. Depuis lors, Carole R. participe tous les matins à cette distribution. Le 12 juin 2017, c'est aidée de ses deux fils Quito et Malou qu'elle apporte quatre cagettes de fruits achetées la veille au marché.


Brigitte L., 62 ans, ethnologue, et Frédéric G., 58 ans, réalisateur, domiciliés à Paris, logent d'avril à juillet 2017 dans la chambre de leur fils, temporairement en stage à Rabbat, Fati T., jeune migrant tunisien. Ils accompagnent également Oussama P., Tunisien de 21 ans, dans ses diverses démarches administratives. Souvent, Oussama P. se joint à eux pour un dîner familial.


Brigitte L., 62 ans, ethnologue, domiciliée à Paris, dépose dans la cuisine d’un restaurant associatif du 10e arrondissement de Paris, qui prépare chaque jour 300 repas à l’intention des migrants du quartier La Chapelle : trois filets d’oignons, quatre tubes de concentré de tomates, trois paquets de semoule grains moyens, trois paquets de sucre en morceaux, et deux cents gobelets en carton. Nous sommes le 14 mars 2017, il est 11h du matin.


Jean-François M., 57 ans, chercheur, domicilié dans le 19e arrondissement de Paris, prend en charge, en février et mars 2017, 6 nuits d’hôtel au Formule 1 de la porte de Saint-Ouen pour Ilmiya et Lyubo M., couple roumain d’une trentaine d’années, et leurs 3 filles de 13, 11 et 6 ans. Ces escales à l’hôtel leur permettent de dormir au chaud, de prendre des douches et de laver leur linge.


Carole R., 42 ans, artiste et travailleuse sociale demeurant dans le 19e arrondissement de Paris, sollicite son réseau de connaissances pour récupérer des chaussures et des habits masculins. Elle collecte ainsi trois mètres cubes de vêtements. Aidée de quelques amis, elle les distribue le 27 juin 2017 à 9h, en marge du service de petits déjeuners qui a lieu sur les quais du Canal de l'Ourcq, puis le 16 septembre au même endroit, alors que la température est tombée à 6°.


Jean-François M., 57 ans, chercheur, domicilié dans le 19e arrondissement de Paris, sort de son domicile de l’avenue de Flandres le 22 avril 2017 à 08h30. Il discute avec plusieurs migrants installés devant son immeuble. Au cours de la conversation, Ali H., 31 ans, Soudanais, lui indique que ses camarades et lui manquent de produits d’hygiène. En fin de journée, Jean-François M. achète 6 gels douche, 6 tubes de dentifrice et 6 brosses à dents, qu’il remet à Ali H. en rentrant chez lui.


Baptiste R., 28 ans, étudiant en médecine domicilié à Vincennes, quitte son université deux heures plus tôt que d’habitude le 13 mars 2017. Il se rend place de la Bataille de Stalingrad (Paris 19e), où il rejoint un groupe de bénévoles avec lesquels il donne des cours de français publics en extérieur. Ce jour-là, il enseigne aux 70 Soudanais et Afghans de son groupe (niveau 2, intermédiaire) les règles du futur simple.


Laurent P., 68 ans, retraité, demeurant dans le 19e arrondissement de Paris, est membre du collectif de riverains « P'tits Déj à Flandre » depuis septembre 2016. Il organise les activités de ce collectif en créant les outils informatiques et pratiques permettant de répartir les tâches : ramassage du pain, préparations ou achats complémentaires (gâteaux, semoule, fruits...), sortie et installation du matériel sur les quais du canal de l'Ourcq, chauffage de l'eau pour préparer le thé et le café, tartinage, service des petits déjeuners aux réfugiés, puis nettoyage et rangement du matériel. De début octobre au 3 novembre 2016, veille de l’évacuation de 3800 réfugiés, l'organisation dont il assure la logistique permet que soient servis un peu plus de 800 petits déjeuners.


Carole R., 42 ans, artiste et travailleuse sociale demeurant dans le 19e arrondissement de Paris, passe commande de vivres sur Internet afin de constituer les réserves des petits déjeuners distribués aux migrants tous les matins sur les quais du canal de l’Ourcq. Avec les fonds réunis par le collectif de voisins dont elle fait partie, elle achète ainsi 60 litres de lait, 30 pots de confiture de fraise, 30 pots de confiture d’orange, 30 pots de confiture de framboise, 20 pots de pâte à tartiner au chocolat sans huile de palme, 3 000 gobelets en plastique blanc, 20 grands pots de café soluble, 60 kilos de sucre en morceaux, 50 paquets de viennoiseries, 50 quatre-quarts, 50 savons, 10 boîtes de kleenex, 50 rasoirs jetables. Nous sommes le 29 juillet 2017.


Cécile D., 35 ans, professeur des écoles demeurant dans le 19e arrondissement de Paris, membre du collectif « P’tits Déj à Flandre », prend part à la distribution de petits déjeuners le 19 juin 2017. Elle rencontre ce matin-là une jeune femme réfugiée non francophone qui a besoin d'un rendez-vous gynécologique. Elle appelle l'hôpital Avicenne, où elle obtient rapidement une consultation. Autour de midi, Cécile D. y accompagne Wadiha S. et s'assure à partir de ce jour de son suivi médical.


Amélie C., 43 ans, productrice domiciliée à Paris 12e, entre à la bibliothèque Vaclav Havel de Paris 19e le 27 octobre 2016 à 10h. Elle vient donner un cours de français à un groupe de jeunes Soudanais d’une vingtaine d’années, en remplacement de Lola C., 28 ans, éditrice, qui ne peut l’assurer ce jour-là. Amélie C. rencontre Ali S., Abbas M, Amir A., Mohamed A., Ishag O, Abdallah L., Mustapha R. Le cours porte sur le passé composé et s’appuie sur une chanson qui en illustre l’usage. A la fin de la séance, après assimilation des paroles et plusieurs écoutes, les 7 étudiants et Amélie C. chantent la chanson en chœur.


Cécile D., 35 ans, professeur des écoles, et Corinne V., 54 ans, directrice d'école maternelle, demeurent dans le 19e arrondissement de Paris. Le 12 janvier 2017 à 8h30, elles rencontrent Hassan Z., un père réfugié érythréen, et Nurah, sa petite fille de 2 ans, lors d'une distribution de petits déjeuners sur le quai du canal de l’Ourcq. Elles décident de scolariser l'enfant, même si la fillette n’a pas encore l’âge minimum requis. 


 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.