A deux minutes de la guerre nucléaire?

Le Parlement vient de voter le budget militaire impliquant la modernisation des armes nucléaires, chère et d'après des militaires eux-mêmes inutile. De nombreuses personnalités, y compris des ministres de la défense et des chefs d'armée, pensent que la «bombe» nous menace plus qu'elle ne nous protège. Vous trouverez en annexe leur liste, impressionnante. Je résume leurs craintes et arguments.

Voici les éléments du débat sur l'armement nucléaire, jusqu'à présent occulté. Je n'ai trouvé nulle part résumés tous les aspects de cette question.

Je m'appuie sur des sources crédibles, toujours citées. 

Donnez-vous la peine à étudier ce dossier puis écrivez votre avis à vos élus. Je crains qu'ils soient nombreux à voter des décisions sans disposer de toutes les données nécessaires.

Les e-mails des parlementaires sont sur http://www2.assemblee-nationale.fr/qui#b42259 et des sénateurs sur http://www.senat.fr/somelus.html

Les adresses du Gouvernement se trouvent sur http://www.gouvernement.fr/contacter-les-ministeres

L’Horloge de l’Apocalypse

Depuis 1947, des scientifiques éminents ont mis au point une représentation symbolique du danger de déflagration nucléaire en fonction des tensions internationales, appelée L’Horloge de l’Apocalypse.

Le Doomsday Clock a été créé après le début de la Guerre froide pour alerter l’opinion publique sur le risque d’une guerre nucléaire totale. L’heure du cadran a été réglée à ce moment-là à 23 h 53. En fonction des tensions politiques, l’aiguille se rapproche ou s’éloigne de minuit. Depuis sa création, cette horloge a été ajustée 18 fois, de minuit moins deux en 1953, quand les États-Unis ont décidé de produire la bombe à hydrogène, à minuit moins 17 minutes en 1991, à la fin de la Guerre froide.  Aujourd’hui le 25/01/2018, l'horloge est à 23h58, c’est-à-dire à un niveau proche dépassant les pires moments de la Guerre froide1

« A deux minutes de la guerre nucléaire » 

La 54ᵉ Conférence de Munich sur la Sécurité s’est déroulée en Allemagne du 16 au 18 février 2018. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré : « Pour la première fois depuis la fin de la Guerre froide, nous sommes face à une menace nucléaire, à la menace d’un conflit nucléaire. »  2  

L’ancien Secrétaire à la Défense américain William Perry affirme la même chose.  3

« A initiative de Lord Desmond Browne (ancien Ministre de la Défense britannique), Wolfgang Ischinger (président de la Fondation pour la sécurité de Munich), Igor Ivanov (Ancien Ministre des Affaires Étrangères russe), de Sam Nunn (Sénateur américain) et plusieurs autres anciens Ministres des Affaires Étrangères ou de la Défense ont invité les gouvernements présents à la Conférence de Munich  à coopérer pour réduire les risques créés par les armes nucléaires.

Nous sommes entrés dans une nouvelle ère nucléaire où une erreur fatale, déclenchée par un accident, un mauvais calcul ou une bavure, demeure le catalyseur le plus probable d’une catastrophe nucléaire. »  4

Ont-ils été entendus ? D'après le résumé du journal Le Monde  cela ne semble pas être le cas, bien au contraire : « La conférence sur la sécurité, qui s’est déroulé du 16 au 18 février, a exposé au grand jour les tensions régionales ». 5

La plupart des médias français ont annoncé la Conférence de Munich  mais ne se sont pas intéressés à ses conclusions (largement commentées par la presse allemande).  6

 

L'inquiétude des scientifiques au sujet du risque très élevé de conflit nucléaire a plusieurs sources :

Armes nucléaires « classiques », dites « de dissuasion »

Nouvelles armes nucléaires miniaturisées, destinées à l'attaque

Obus à plutonium, déjà utilisés dans des guerres

Défaillances fréquents des systèmes de surveillance : des guerres nucléaires évitées par chance

Risque des cyberattaques

 

 Armes nucléaires « classiques » dites « de dissuasion »

Neuf pays possèdent environ 17 000 armes nucléaires. Les arsenaux nucléaires ont été réduits en quantité - diminués de plus de deux tiers (!) - mais les armes ont été rendues plus efficaces.

« 4 120 armes nucléaires sont déployées et opérationnelles. Ces armes sont américaines (1930), russes (1790), françaises (280) et britanniques (120). Il est légitime de s’interroger sur la pertinence de conserver en état d’alerte ces armes, qui font courir un risque réel. Par exemple, s’agissant de la France, pourquoi maintenir 96 ogives nucléaires dans un SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d'engins) prêtes à l’emploi ? Quelle est la justification d’un dispositif qui permet dans les 20 minutes de détruire une nation, alors même que de l’aveu de François Hollande à Istres ''La France ne se sent pas directement agressée, elle n’a pas d’ennemi déclaré''. » 8

Le risque est encore multiplié par la prolifération en cours de ces armes à d'autres pays.

Tout le monde ou presque croit que la « bombe » nous a jusqu'à présent protégés de la 3e guerre mondiale. Est-ce si sûr? A l'issue de la seconde personne n'avait envie de recommencer, même pas les Allemands qui auraient pu avoir des velléités de revanche. Les États-Unis  étaient la seule puissance qui aurait pu vouloir profiter de l’affaiblissement de l'Union soviétique et de l'Europe pour les attaquer, au lieu de quoi ils ont aidé l'Europe à se reconstruire. (L'URSS, et sous sa pression ses pays satellites, ont refusé cette aide par crainte de domination américaine.) Général George Marshall, Secrétaire d’État à la Défense, l'auteur du plan de cette aide qui a porté son nom, a affirmé : « Il est logique que les États-Unis fassent tout pour aider à rétablir la santé économique du monde, sans laquelle il ne peut y avoir aucune stabilité politique et aucune paix assurée. » 9

Cependant, les États-Unis n'ont pas renoncé à l'arme nucléaire, testée à Hiroshima (bombe à l'uranium) et à Nagasaki (bombe au plutonium), ce qui a provoqué la course aux armements russo-américaine, la Guerre froide et la cohorte d'événements dangereux qui mettent aujourd'hui le monde à « deux minutes » d'une guerre nucléaire. 10

Pour Patrice Bouveret, co-fondateur et directeur de l’Observatoire des armements, la notion même de « dissuasion nucléaire » (...) constitue « un abus de langage ». Voire « une escroquerie intellectuelle », dont l’usage relève d’une forme de « pensée magique ». « L’Histoire est ponctuée d’épisodes où cette stratégie n’a pas fonctionné. En 1983, par exemple, l’Argentine savait parfaitement que le Royaume-Uni possédait la bombe atomique : cela ne l’a nullement dissuadée d’occuper les Malouines ». De fait, la possession de gigantesques arsenaux nucléaires n’a pas empêché les deux principales puissances atomiques de la planète – les États-Unis et la Russie – de perdre des guerres en Corée, au Vietnam ou en Afghanistan.  10a

Armes nucléaires miniaturisées, destinées à l'attaque

Le danger a considérablement augmenté depuis la mise en service des armes nucléaires miniaturisées qui ne sont pas destinées uniquement à la dissuasion mais pourraient servir à l'attaque – que leurs promoteurs espèrent pouvoir limiter à un territoire restreint.

« Les grandes puissances nucléaires se livrent à une nouvelle course aux armements, en augmentant le nombre d’ogives, et surtout en perfectionnant leur précision et leur maniabilité. Il en résulte un accroissement des tensions internationales, où insensiblement on passe de la doctrine du « non-emploi » à la perspective de frappes nucléaires supposées limitées, qui pourraient déclencher une escalade infernale, détruisant la planète plus rapidement et plus définitivement que le réchauffement climatique. » Paul Quilès, ancien Ministre de la Défense française. 11

Les États-Unis

2002 « Le Sénat américain, à majorité républicaine, a rejeté, mardi 16 septembre 2002, un amendement, présenté par les démocrates, qui visait à bloquer les recherches et la fabrication d'armes nucléaires appelées "mini-nukes" ». 12

Exprimé plus clairement : en 2002 le Sénat a refusé la proposition d'arrêter leur accumulation. Ces armes nucléaires miniaturisées sont déployés au sein des forces armées américaines depuis 1997. 13

2018  Le Mouvement international Pugwash qui rassemble des personnalités des mondes universitaire et politique pour tendre à réduire les dangers de conflits armés et rechercher des parades aux menaces contre la sécurité mondiale, s'alarme de la nouvelle Posture Nucléaire qui vient d'être adoptée et publiée par les États-Unis : « Augmenter le nombre et le rôle possible des armes nucléaires tactiques (plus petites) est la recette d'un désastre. Les armes nucléaires tactiques peuvent majorer la probabilité de la guerre nucléaire en abaissant le seuil entre un conflit conventionnel et un conflit nucléaire. » 14

La Russie

Le 20 janvier 2007, une conférence de l’Académie des sciences militaires a eu lieu à Moscou, au Ministère de la Défense. Le général d’armée Makhmout Gareev, président de l’Académie, y a présenté un rapport sur les grandes lignes de la Nouvelle doctrine militaire de la Russie. Dans un entretien qui l’a suivie, il a souligné que son pays devra faire face à l’instabilité de certains États, mais surtout aux guerres que les États-Unis ne manqueront pas de provoquer dans leur quête des ressources naturelles (hydrocarbures, eau, etc.). 15  Depuis, cette crainte s'exprime régulièrement dans les déclarations des politiciens et des militaires russes.

Évidemment, la Russie fabrique les mêmes armes depuis les années 1990.

La France

Le 19/01/2006, dans son discours de Brest qui a longtemps figuré sur le site web de la Présidence de la République, le Président Jacques Chirac a clairement annoncé que la France suivait le même chemin :

« (…) pas laisser planer le doute sur notre volonté et notre capacité à mettre en oeuvre nos armes nucléaires. La menace crédible de leur utilisation pèse en permanence sur des dirigeants animés d'intentions hostiles à notre égard. Elle est essentielle pour les ramener à la raison, pour leur faire prendre conscience du coût démesuré qu'auraient leurs actes, pour eux-mêmes et pour leurs États. Par ailleurs, nous nous réservons toujours, cela va de soi, le droit d'utiliser un ultime avertissement pour marquer notre détermination à protéger nos intérêts vitaux. »

« L'intégrité de notre territoire, la protection de notre population, le libre exercice de notre souveraineté constitueront toujours le cœur de nos intérêts vitaux. Mais ils ne s'y limitent pas. La perception de ces intérêts évolue au rythme du monde, un monde marqué par l'interdépendance croissante des pays européens et aussi par les effets de la mondialisation. Par exemple, la garantie de nos approvisionnements stratégiques ou la défense de pays alliés, sont, parmi d'autres, des intérêts qu'il convient de protéger. » 16

« Cela va de soi » ...

La France possède ces armes miniaturisés et les porteurs suffisamment précis pour s'en servir : le général de réserve Bernard Norlain, ancien commandant de la Force Navale Aérienne de Combat, y fait allusion dans une interview publiée par La Croix le 1er février 2010: « De la dissuasion du faible au fort on passe à celle du fort au fou, contre des États ''voyous'' ou des groupes extrémistes, avec des armes nucléaires miniaturisées et très précises.» 17   Paul Quilès, ancien Ministre de la Défense, indique sur le site de l'Initiative pour le Désarmement Nucléaire  (IDN) que la gamme de ces bombes commence à 300 grammes.

Lundi 8/6/2015, lors de la journée d'étude organisée par la Fondation pour la recherche stratégique sur le thème La dissuasion en débat, le général Henri Bentégeat, qui fut chef de l'état-major particulier du président de la République Jacques Chirac de 1999 à 2002, puis chef d'état-major des armées de 2002 à 2006, a donné quelques explications précises sur les conditions dans lesquelles l'arme nucléaire pourrait être utilisée :

« Il ne s'agit plus seulement d'[effectuer des frappes] anti-cités, mais également de détruire des centres de pouvoir, et par centres de pouvoir nous entendions - et je ne crois pas que cela ait été beaucoup modifié - des centres militaires, politiques et économiques. [Nous avons mis en oeuvre un] virage de notre dissuasion nucléaire : le maintien d'une forme de dissuasion anti-cités vis-à-vis des grandes puissances nucléaires [a été complété] par la menace d'emploi potentiel de moyens beaucoup plus précis et moins puissants vis-à-vis de tous les acteurs régionaux possédant des armes susceptibles de menacer nos intérêts vitaux. » « Dans cette doctrine, un point reste tout à fait crucial : celui de l' "ultime avertissement" ou l' "avertissement nucléaire". » « Nous avons aujourd'hui la possibilité, que nous n'avions pas il y a quelques années, soit d'effectuer des frappes dans des endroits pratiquement sans risque pour la population, soit éventuellement d'utiliser l'impulsion électromagnétique. » « Sans risque pour la population » n'est, au mieux, qu'une douce illusion...

Faut-il rappeler que pour Jacques Chirac l'approvisionnement de la France en pétrole constituait un « intérêt vital » ? (Voir ci-devant.) 

Dans un article publié sur le site des élèves de la Polytechnique Pierre Lamballe va encore plus loin : « (…) on a vu apparaître une évolution de la doctrine nucléaire française selon laquelle certains moyens nucléaires français pourraient être utilisés pour rétablir la liberté d’action de la France face à un petit pays nucléaire proliférant (contre-dissuasion) ou face à un « allié protecteur » du pays tiers où l’on veut intervenir (comme l’URSS protégeant l’Égypte lors de Suez). » La France peut prendre « l’initiative du conflit armé et où nous agissons pour défendre notre vision des valeurs et de l’ordre international. »  17a

 La Grande Bretagne

possède également des mini-bombes même si elle est très discrète à ce sujet.

 

 Les conséquences de l'usage aérien des mini-bombes nucléaires seraient désastreuses

Leurs promoteurs présentent toujours les « mini-bombes » comme un moyen de limiter la guerre nucléaire dans le temps et dans l’espace mais personne ne peut être sûr que les conflits déclenchées avec ces armes ne dégénèrent - par une cascade de ripostes des pays attaqués et de leurs alliés - jusqu'à une catastrophe planétaire.

Et même si, par miracle, ces conflits restaient limités à une région, par exemple Inde – Pakistan :

« L’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), Prix Nobel de la Paix en 1985, et sa filiale américaine Physicians for Social Responsibility (PSR), publient aujourd’hui (22/12/2013) un nouveau rapport concluant que plus de deux milliards de personnes – un quart de la population mondiale - courraient le risque de mourir de faim suite à un échange de tirs nucléaires, dans le cadre d’une guerre régionale limitée comme cela pourrait par exemple se produire entre l’Inde et le Pakistan ». 18

La revue de popularisation scientifique Science et Vie estime que les retombées de l'explosion d'une bombe d'une mégatonne provoqueraient plus de 90% de mortalité jusqu'à 100 km sous le vent. 29  Une guerre nucléaire plus intense aboutirait à « l'hiver atomique » qui ferait mourir de faim l'humanité entière.

 Obus à uranium appauvri

Une autre source d'inquiétude sont les obus à uranium appauvri (mais enrichis au plutonium, extrêmement meurtrier), fabriqués par les grandes puissances qui les ont utilisés sur plusieurs champs de bataille, en Afghanistan, dans l'ex-Yougoslavie, en Irak et ailleurs. Ils en revendent à d'autres États.

Pourtant, « en août 1996, la Sous-commission des Droits de l’Homme des Nations Unies classait les armes à uranium appauvri parmi les armes considérées comme produisant des effets traumatiques excessifs, frappant sans discrimination les populations civiles et causant des dommages graves et durables à l’environnement , selon la Convention sur Certaines Armes Classiques (CCAC), dite Convention sur les armes inhumaines, adoptée à Genève par les Nations Unies le 10 octobre 1980 et entrée en vigueur le 2 décembre 1983. Au même titre que les armes à fragmentation, incendiaires, aveuglantes, ou les mines anti-personnel. » 

« Le seul effet concret de ce classement de 1996, c’est que l’uranium appauvri a disparu du vocabulaire militaire, des catalogues et des notices des fabricants - mais pas des armes fabriquées ni des armes en cours de développement. »

« L’uranium appauvri est, en dépit du fait qu’il n’est jamais cité comme tel, l’une des principales causes du ''syndrome de la guerre du Golfe'', syndrome désormais officiellement reconnu, du moins aux États-Unis. Il a fait parmi les vétérans américains des milliers de morts post-conflit (au moins 18000), et quelque 200000 malades selon le Rapport officiel (minimaliste) du Research Advisory Committee on Gulf War Veterans’ Illnesses remis au Sénat des États-Unis et publié en novembre 2008.» 19

Plus d’un soldat américain sur quatre a été atteint !

Il va sans dire que la population irakienne fait également les frais de l’UA. Ainsi, selon le Dr Jawad Al-Ali, du Centre oncologique de Bassora, les cancers mortels dans la région de Bassora sont passés de quelque 25 en 1988 à plus de 600 en 1998. Les malformations de nouveaux-nés se sont multipliées et ont pris des formes monstrueuses. » 20

 Risque d'une guerre nucléaire par accident

Une quatrième source d'inquiétude découle du temps extrêmement court dont les autorités américaines, russes, britanniques, françaises disposent entre le moment où elle sont averties d'une attaque nucléaire et le déclenchement de la riposte. Ce délais est maintenant réduit à une vingtaine de minutes, en Inde et au Pakistan à sept minutes.

Il est encore raccourci par la nécessité de vérifier la crédibilité de cet avertissement. Dans le passé, les fausses alertes se comptaient par milliers (!) et certaines ont déclenché des ripostes, heureusement stoppées à temps. « Les informations obtenues grâce à Freedom of Information Act  révèlent que de 1977 à 1984, les systèmes d'alerte ont donné chaque année, en moyenne, 2 598 avertissements d'attaques de missiles, dont environ 5% ont nécessité une vérification plus poussée. » Les systèmes de surveillances ont été améliorés mais le nombre de fausses alertes reste élevé. 22

Le risque d'une guerre nucléaire par accident est considérable

9/11/1979 : L'attaque simulée d'un missile américain alimente accidentellement un système de prévention qui dupe les opérateurs. Durant les 6 minutes qu'il fallut pour découvrir que l'attaque n'était pas authentique, les chasseurs des bases des États-Unis et du Canada ont décollé d'urgence, tandis que les missiles et les sous-marins installés à travers le monde furent placés en alerte.

3/6/1980 : Un processeur à 0.46 $ tombe en panne au NORAD, provoquant une fausse alerte d'attaque par un missile soviétique. Environ 100 bombardiers B-52 sont en état d'alerte et prêts à décoller en même temps. L'avion présidentiel Air Force 1 s'envole avant que l'on découvre qu'il s'agissait d'une erreur. 

26/9/1983 : Seul le sang-froid de Stanislav Petrov a empêché une guerre totale. Il commandait le centre de surveillance par satellite destiné à prévenir les dirigeants de l'URSS d'une attaque nucléaire. « J’avais sous mes yeux toutes les informations qui suggéraient une attaque. Si j’avais envoyé un rapport à mes supérieurs, personne ne l’aurait remis en question. » Il n'avait que quelques minutes pour prendre sa décision. Après avoir analysé mentalement les signaux Petrov a conclu à une erreur du système et n'a pas signalé cette menace. 21

25/1/1995 : Un radar russe détecte un lancement inattendu de missile près du Spitzberg, à 5 minutes de vol de Moscou. Le Président russe, le ministre de la Défense et le Chef d'état-major ont été informés et les systèmes de commande / contrôle mis en position de combat. Heureusement, en moins de 5 minutes, le radar a pu déterminer que l'impact du missile se situerait en dehors des frontières russes. Il s'agissait d'une fusée norvégienne dans le cadre d'un programme scientifique de la Nasa.  La Norvège avait notifié ce lancement à 35 pays dont la Russie, mais l'information n'avait pas été transmise au personnel de service du système  d'alerte précoce (!) 22

Le livre « Armes nucléaires : en attendant l’accident » d'Eric Schlosser  cite « la liste des bavures et problèmes avec des armes nucléaires, qui auraient pu menacer le public, mentionnant 32 accidents. » 23

D'après l'ancien Ministre de la Défense des États-Unis, Robert McNamara, jusqu'à présent nous avons échappé à une guerre nucléaire « par chance ». 24

Voir aussi le Rapport Blix, ONU. 25

Les systèmes de surveillance continuent à se tromper : par exemple, en septembre 2017 le personnel militaire américain en Corée du Sud a été averti d'une attaque inexistante, les habitants de Hawai ont subi le même sort en janvier 2018 ! 26   Les « hackers » n'y ont sans doute pas été pour rien. 

 

 Aucun pays n'arrive à éliminer le risque de cyberattaques. 27

Les personnalités précitées qui se sont adressées à la Conférence de Munich ont raison de penser : « Nous sommes entrés dans une nouvelle ère nucléaire, où une erreur fatale, déclenchée par un accident, un mauvais calcul ou une bavure, demeure le catalyseur le plus probable d’une catastrophe nucléaire. » 28

La revue de popularisation scientifique Science et Vie estime que les retombées de l'explosion d'une bombe d'une mégatonne provoqueraient plus de 90% de mortalité jusqu'à 100 km sous le vent. 29  Une guerre nucléaire plus intense aboutirait à « l'hiver atomique » qui ferait mourir de faim l'humanité entière.

Guerres actuelles « par délégation »

La Russie et les États-Unis et se battent par alliés interposés en Syrie et se confrontent en d'autres endroits. Pendant combien de temps ces conflits peuvent-ils rester circonscrits ?

Les « faucons » américains n'ont pas abandonné l'idée d'attaquer la Corée du Nord et/ou l'Iran pour détruire leur potentiel nucléaire. Le Président Trump menace, tergiverse, et, heureusement, hésite. Si les « faucons » gagnaient, les USA pourraient se servir de bombes nucléaires de faible puissance. Mais toute attaque risque de dégénérer et de s’étendre au-delà des États directement impliqués.  30

Voilà pourquoi les horlogers de Doomsday Clock  craignent que nous sommes à 2 minutes de la 3e guerre mondiale – comme aux pires moments de la Guerre froide.

 Pertinence de l’armement nucléaire de la France

Paul Quilès, ancien Ministre de la Défense et Président de l'IDN, a été questionné en janvier dernier par les députés de la Commission des affaires étrangères sur la pertinence de l’arme nucléaire. Ses réponses sont résolument favorables au désarmement nucléaire et méritent d'être lues.  31

Cependant, le Parlement qui a invité Paul Quilès ne tient pas compte de ses opinions. « La loi de Programmation Militaire s'apprête à être votée... et nos recommandations sur le nucléaires sont ignorées »  écrit Paul Quilès sur le site de Huffington post.  32

Car le Président de la République a décidé à la place du Parlement et l'a souverainement annoncé le 19/01/2018 dans ses Vœux aux Armées : « La dissuasion : beaucoup de débats ont eu lieu, tous les débats sont légitimes, mais j'ai aujourd'hui tranché. Les deux composantes de la dissuasion seront renouvelées ».

« Beaucoup de débats » ?  Pas en France, mais à l'ONU sans la France.

Le 7/7/2017 un traité interdisant les armes nucléaires a été adopté aux Nations Unies par 122 votes pour, une voix contre (les Pays Bas, membre de l'OTAN) et une abstention. Les puissances nucléaires qui jugent ce traité « inadapté », ont refusé de participer à ce processus.  33

 Désarmement nucléaire est-il impossible ?

«  ''Il n'y a pas d'exemple, dans l'Histoire, de pays ayant développé l'arme nucléaire qui ait décidé de s'en débarrasser'' a affirmé Jacques Attali dans le rapport qu'il a remis à l'ONU en 1995.

Cette opinion a été démentie par les faits. Dix États ont fait marche arrière, volontairement ou non, et leur sécurité s'en trouve désormais renforcée, comme celle de leurs voisins. Parmi les ''repentis'', signalons l'Australie, le Canada, la Suisse et la Suède qui ont tourné la page de leur aventure nucléaire militaire, de façon unilatérale, sans l'assistance d'institutions internationales comme l'AIEA et en dehors du cadre du TNP. »  34

De nombreux organismes, fondés et animés par des personnalités qualifiées, militent pour le désarmement nucléaire : la Conférence de Pugwash, CICR, ICAN - Prix Nobel de la Paix 2017, IDN, PNND, IPPNW, le Vatican et bien d'autres. L'ONU a créé plusieurs commissions pour agir dans ce sens. 35   Le Gouvernement français plaide pour le désarmement tout en continuant à développer ses équipements nucléaires.  36

Crédibilité des militaires

Les promoteurs des armes nucléaires sont-ils inconscients du danger des radiations?  Ils ont effectué la plupart des essais de bombes sur le territoire des États-Unis, de l'Union soviétique, de la Chine, de l'Inde, de l'Australie dont une partie pour tester la possibilité d'utiliser ces explosifs à des travaux de terrassement (!) Évidemment, les terrains ainsi labourés sont devenus radioactifs, donc inutilisables. 

La France a aussi faits des essais  « chez elle » mais sur ses territoires excentrés. 37

Pendant longtemps j'ai pensé que les militaires ne se rendaient pas bien compte des conséquences sanitaires catastrophiques des essais nucléaires sur la population de leurs propres pays. Le livre bouleversant et bien documenté de Carole Gallagher, « American Ground Zero. The Secret Nuclear War », sur la contamination des Mormons de l'Utah par les toutes premières explosions nucléaires à l'air libre dans le Nevada prouve le contraire. 38

D'après son auteure, un rapport - top secret à l'époque, déclassifié plus tard - de l'Atomic Energy Commission décrit les gens qui vivent sous le vent du site d'essais du Nevada comme « un segment de population de peu d'utilité ».  Ainsi, les essais ont-ils toujours été faits quand le vent soufflait vers Utah. Les retombées ne devaient pas se diriger, en tout cas pas directement, vers la Californie ou Las Vegas où des touristes venaient par cars entiers admirer de beaux champignons atomiques.

Quelques milliers de victimes parmi les « sous le vent » faisaient partie inévitable, sacrifiée des essais - et, in fine, utile aux militaires, puisque ces victimes leur ont servi de cobayes.

Pour éviter d'éventuelles protestations, le gouvernement et l'armée ont corrompu l'hiérarchie mormone en lui attribuant quelques postes importants dans l'administration centrale et par des subventions à diverses activités culturelles, sportives etc. 39

Ce cynisme enlève, à mes yeux, toute crédibilité aux déclarations lénifiantes des défenseurs de l'armement nucléaire.

(NOTES: voir à la fin du document)

ANNEXE 1

Radiations : nous y sommes déjà tous trop exposés

Il y a un siècle, ou encore il y a encore 50 ans on pouvait s'enchanter de l'exploit technique de la domestication du nucléaire, admirer sa puissance et croire aux promesses de ses bienfaits, même si depuis 1903 des savants connaissaient la dangerosité des radiations. Cependant, aux États-Unis la dernière commande d'une centrale nucléaire date de 1973, ils n'en construisent plus depuis 45 ans.

En France, on continue à en bâtir car la propagande pro-nucléaire est toujours efficace, aidée par la docilité des médias face à la pression de l’État et des promoteurs de cette énergie. Cela explique que trop de citoyens continuent à croire que le nucléaire, civil et militaire, sont "bons", voire indispensables, alors que nous sommes déjà tous exposés, en plus de la radioactivité naturelle, aux radiations provenant

-  des retombées de 2000 essais nucléaires dans l’atmosphère et sous terre dont une partie a contaminé l'eau, une autre est remuée et remise en circulation lors de divers travaux civils et les combats,

-  des catastrophes majeures des centrales nucléaires de Majak, près de Kychtym, en URSS, Windscale (rebaptisée ensuite en Sellafield) en Grande-Bretagne, Three Mills Island aux États-Unis, Tchernobyl en URSS, Fukushima au Japon et à des fuites quotidiennes des centrales nucléaires, plus nombreuse que le public ne le pense en général,

-  de la pollution radioactive due à l'extraction, aux transports, au retraitement et au stockage des matières fissiles,

-  de l'uranium et du plutonium dispersés par des obus et des bombes  « anti-char » et « anti-bunker », utilisés abondamment pendant la guerre dans l'ex-Yougoslavie, en Afghanistan et dans plusieurs conflits au Moyen-Orient,

- des éléments radioactifs répandus lors des catastrophes d'avions civiles contenant de « l'uranium appauvri » (mais enrichi au plutonium !) pour lester leur « nez », de nombreuses chutes d'avions militaires transportant des bombes nucléaires et de satellites à propulsion nucléaire, ainsi que suite à la noyade de plusieurs sous-marins nucléaires – dont certains porteurs de fusées nucléaires,

-  de l'incorporation de déchets « faiblement radioactifs » dans le macadam de certaines routes, stades, bâtiments,

-  de l'utilisation des rayonnements contre les bactéries alimentaires,

-  de l'usage abusif des examens médicaux radiologiques par des médecins, en particuliers les dentistes, que l'on a persuadés de leur innocuité.

-  des vols en haute altitude.

Ces pollutions ne relèvent pas uniquement du passé, leurs causes agissent toujours et continuent à aggraver la situation.

A cette énumération d'éléments nuisibles à notre santé peuvent être ajoutés les radiations électromagnétiques de nos téléphones portables (y compris les téléphones sans fil), ordinateurs et téléviseurs.

La situation est aggravée par quelques 100 milles produits auxquels nous expose l'industrie chimique, souvent sous forme de nano-particules capables de passer la barrière cellulaire et pénétrer même dans le cerveau.

Merci de voir le détail sur  https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/100713/esperance-de-vie-en-bonne-sante-elle-baisse

Cela explique-t-il l'affirmation, répétée assez souvent ces dernières années, qu'un Français sur deux a, ou aura un cancer ?

Protestez auprès de vos élus car ils ont besoin de manifestations massives pour oser s'opposer aux lobbys industriels et militaires.

 ANNEXE 2


Personnalités qualifiées favorables au désarmement nucléaire

Ils ont exercé ou assument de hautes fonctions civiles ou militaires. Voici quelques noms parmi les centaines de responsables qui soutiennent la démarche du désarmement nucléaire.

Il faudrait y ajouter des milliers de savants, parlementaires, sénateurs et autres représentants de la société civile qui plaident en sa faveur en connaissance de cause.


ONU

Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU

Izumi Nakamitsu, la Haute représentante pour le désarmement

Hans Blix, Mohamed El Baradei, Directeurs généraux de l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique

Ambassadeur Richard Butler, Australie, ancien président de UNSCOM

Angela Kane, haute représentante de l'ONU pour les questions de désarmement


Chefs d’État

Afrique du Sud : Frederik Willem de Klerk

Bolivie : Jorge Quiroga

Brésil : Fernando Henrique Cardoso

Chili : Ricardo Lagos

Costa Rica : Laura Chinchilla

États-Unis : Jimmy Carter, vice-president Walter Mondale,

Irlande : Mary Robinson

Lettonie : Vaira Vīķe-Freiberga

Mexique : Vicente Fox, Ernesto Zedillo

Pays-Bas : Wim Kok

Philippines : Fidel Ramos

Pologne : Aleksander Kwaśniewski

Portugal : Mário Soares (décédé)

République Tchèque : Václav Havel (décédé)

URSS : Mikhaïl Gorbatchev

Vatican: le Pape François

Il faudrait sans doute ajouter les Chefs de 122 Etats et/ou de Gouvernements des pays qui ont voté en juillet 2017, à l'ONU, le Traité d'Interdiction des Armes Nucléaires.


Chefs de gouvernement

Allemagne : Helmut Schmidt (décédé)

Australie : Malcom Fraser

Autriche : Peter Jankowitsch

Belgique : Yves Leterme

Canada : Joe Clark

Costa Rica : José María Figueres

Espagne : José María Aznar López, Felipe González

France : Michel Rocard (décédé)

Italie : Massimo D’Alema

Japon : Shinzo Abe, Yasuo Fukuda

Lettonie : Dr. Vaira Vīķe-Freiberga

Mexique : Vicente Fox

Norvège : Gro Brundtland

Nouvelle-Zélande : Helen Clark

Pays-Bas : Wim Kok, Ruud Lubbers

Suède : Carl Bildt 

Ministres des Affaires étrangères

Algérie : Lakhdar Brahimi

Allemagne : Joschka Fischer, Hans-Dietrich Genscher (décédé)

Australie : Gareth Evans

Autriche : Sebastien Kurz

Canada : Lloyd Axworthy

Danemark : Holger Nielsen

Égypte : Nabil Fahmy, Amr Moussa

Espagne : Dr. Javier Solana

États-Unis : Henry Kissinger, George Shultz

France : Hervé de Charette

Grande-Bretagne : Margaret Beckett, David Owen, Douglas Hurd, David Milliband, Malcom Rifkind

Israël : Shlomo Ben-Ami

Italie : Federica Mogherini

Japon : Yoriko Kawaguchi

Lettonie : Māris Riekstiņš

Pays-Bas : Hans van den Broek, Bert Koenders

Pakistan : Sartaj Aziz, Khurshid Kasuri

Pologne : Adam Daniel Rotfeld

Russie: Igor Ivanov

Turquie : Hikmet Çetin

Ministres de la Défense 

Allemagne: Volker Ruhe

Espagne : Dr. Javier Solana, secrétaire général de l'OTAN

États-Unis : William Perry, Zbigniew Brzezinski, conseiller pour la sécurité nationale, Robert McNamara

France : Hervé Morin, Paul Quilès, Alain Richard

Grande-Bretagne : Des Browne, Malcolm Rifkind

Hongrie : Ambassadeur Tibor Tóth, ancien Secrétaire d’État aux Affaires étrangères

Israel : brigadier général Ephraim Sneh, Vice-ministre de la défense, Ministre de la santé

Italie : amiral Giampaolo Di Paola

Lettonie : Imants Liegis

 

Généraux ou amiraux à la tête du système de défense de leur pays

Allemagne : Klaus Naumann, chef d’Etat-Major des Armées, Ulrich Weisser, Vice- amiral

Canada : Romeo Dallaire, lieutenant General , Vice-Ministre de la Défense

Chine : général Xu Guangyu ; ancien chef adjoint de l'Armée populaire de libération, Teng Jianqun, directeur du centre d’études du contrôle des armes, Pan Zhenqiang, général de division de l’Armée populaire de libération, ancien directeur de l’Institut d’Études Stratégiques

États-Unis : John Sheehan, chef du Commandement de l’Atlantique, Merrill Mc Peak, chef d’Etat-Major de l’Armée de l’air, James Cartwright, chef du commandement stratégique américain, Philip Mark Breedlove, général de l’US Air Force, ancien chef du Commandement américain en Europe, Général Anthony Zinni, ancien chef de U.S. Central Command (CENTCOM)

Finlande : Juhani Kaskeala, amiral, commandant des Forces de Défense

France: Bernard Norlain, commandant de la Force aérienne de combat, Jean-Paul Huet, commandant de l’Unité française de Vérification, Francis Lenne, général (2 S) de brigade aérienne

Grande-Bretagne: Hugh Beach, Etat-major des armées, David Ramsbotham, Etat- major des armées, Charles Guthrie, Michael Boyce, amiral, chef d’État-major des armées, chef d’Etat-major des armées, Alan West, amiral, commandant général de la Royal Navy

Inde : Shashindra Pal Tyagi, chef d’Etat-major de l’Armée de l’air, Ajit Bhavani, vice-chef d’Etat-major de l’armée de l’air, Vasantha Ragavhan, directeur général des Opérations militaires de l’Armée de Terre,

Israël: Uzi Eilam, directeur du Département recherche et développement du Ministère de la défense, Ephraïm Sneh, Brig, général, vice-ministre de la Défense

Japon : Noboru Yamaguchi, président de l’Académie de la Défense Nationale, vice-amiral Yoji Koda,

Pakistan: Jehangir Karamat, président des Chefs d’État-major

Russie: Victor Ivanovitch Esin, chef d’Etat-major des Forces de Missiles Stratégiques, Evgeny Petrovich Maslin, général, directeur des affaires stratégiques


D'autres personnalités qualifiées agissant contre la menace de guerre nucléaire

Afrique du Sud : ambassadeur Abdul Samad Minty, vice-président du département des Affaires étrangères, spécialiste des questions nucléaires, Archevêque  Desmond Mpilo Tutu

Allemagne : ambassadeur Wolfgang Ischinger, président de la Munich Security Conference Foundation, Roderich Kiesewetter, membre du Bundestag, général Erich Vad, professeur aux universités de Munich et de Salzbourg, Dr. Rolf Mützenich, membre de la Commission des affaires étrangères du de Bundestag, General Klaus Naumann, ancien président du Comité militaire du nord de l'Atlantique

Australie : Dr. Greg Austin, expert national de sécurité, membre de nombreux organismes politiques internationaux

Bangladesh : professeur Muhammad Yunus, inventeur du micro-crédit

Canada : Joel Bell, président de la Chumir Foundation for Ethics in Leadership, professeur Roland Paris, chercheur en sécurité et gouvernance internationales à l’Université d’Ottawa, lieutenant géneral Romeo Dallaire, sénateur, ancien conseiller du Ministre de la défense, Ricken Patel, co-fondateur de Avaaz

Chine : ambassadeur Li Changhe, représentant son pays à la Conférence du désarmement de l'ONU, Victor Zhikai Gao, président de l'Institut de sécurité chinois, Dr. Shen Dingli, conseiller du Ministère des affaires étrangères et du Ministère du commerce, conseiller pour la sécurité de Kofi Annan, ONU

Corée du Sud : Dr. Kun Mo Chung, physicien nucléaire, ancien Ministre de la science, président de plusieurs organismes internationaux relatifs à l'énergie nucléaire

Costa Rica : Elayne Whyte, ambasadrice

États-Unis : Robert Berls, conseiller pour la Russie et l’Eurasie à la Nuclear Threat Initiative; ancien assistant spécial pour la Russie auprès du Secrétaire à l’Energie, William J. Burns,, président de Carnegie Endowment for International Peace, ambassadeur Richard Burt, Président de Global Zero USA, James F. Collins, Senior Fellow au programme Russie et Eurasie de Carnegie Endowment for International Peace, James L. Jone, général de l’USMC, président de Jones Group International, Ernest J. Moniz, Co-Président de la Nuclear Threat Initiative ; ancien Secrétaire à l’Energie, Joan Rohlfing, chef de l’exploitation de la Nuclear Threat Initiative, Sam Nunn, co-président de la Nuclear Threat Initiative; ancien sénateur, ambassadeur Brooke Anderson, ancien chef d’équipe au National Security Council, Steve Andreasen, consultant en sécurité nationale à la Nuclear Threat Initiative ; ancien directeur à la politique de défense et au contrôle des armes au National Security Council, Dr. Bruce G. Blair, ancien haut responsable militaire, conseiller politique, Jon Wolfsthal, conseiller du vice-président Joe Biden pour la sécurité nucléaire, conseiller du Président Obama, Samuel Berger, conseiller pour la sécurité nationale de Bill Clinton, McFarlane, ex-conseiller sécurité du président Reagan, Susan Rice, ambassadrice des USA à l'ONU

France : Bruno Racine, président de la Fondation pour la recherche stratégique, Albert Jacquard, généticien, membre du Comité consultatif national d'éthique, Dominique Moïsi, membres du Conseil européen des relations internationales, membre de groupe Bilderberg, Georges Charpak, Prix Nobel de Physique

Grande-Bretagne : lord Menzies Campbell of Pittenweem, porte-parole de la Commission de la défense de la Chambre des lords, Bertrand Russel, mathématicien, philosophe, homme politique, auteur du Manifeste Russel - Einstein

Inde : Ajit Bhavnani, ancien chef adjoint d'Air-Force de l'Inde

Iran : ambassadeur Seyed Hossein Mousavian, nombreuses fonctions au sein du gouvernement liées aux affaires étrangères et à la défense

Israël : ambassadeur Efraim Halevy, ancien chef du Mossad, Jeremy Issacharoff, ambassadeur, ancien directeur général adjoint d'études stratégiques du Ministère des affaires étrangères,

Italie : général Vincenzo Camporini, vice-président de l’Istituto Affari Internazionali, Andrea Manciulli, chef de la délégation italienne à l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, Ferdinando Nelli Feroci, président de l’Istituto Affari Internazionali, Stefano Stefanini, ancien représentant permanent à l’OTAN; Bureau exécutif d’ELN ; senior fellow à l’Atlantic Council, Nathalie Tocci, directrice à l’Istituto Affari Internazionali, conseillère spéciale de Federica Mogherini, Dr. Francesco Calogero, physicien, ancien secrétaire général de la Conférence de Pugwash

Japon : ambassadeur Nobuyasu Abe, membre de la Commission japonaise de l'Energie Atomique et ancien directeur du Centre de la promotion de désarmement, Hidehiko Yuzaki, gouverneur de la Préfecture de Hiroshima

Pakistan : ambassadeur Zamir Akram, général Ehsan ul-Haq, général Ehsan ul-Haq, ancien chef de services secrets de son pays

Pays-Bas : princesse Mabel van Oranje, co-fondatrice du Conseil européen des relations internationales

Pologne : Łukasz Kulesa, directeur de recherche et chef du Bureau de Varsovie à l’European Leadership Network, Marcin Zaborowski, ancien directeur exécutif au Polish Institute of International Affairs (2010-2015)

Royaume-Uni : Sir Christopher Harper, Chevalier de l’Empire, Sir John Scarlett, chef des services secrets 2004-2009, Adam Thomson, directeur à l’European Leadership Network, William Wallace, Lord Wallace of Saltaire, Isabelle Williams, conseiller au Global Nuclear Policy Program de la Nuclear Threat Initiative

Russie : Evgeny Buzhinskiy, président du Bureau Exécutif du PIR Center; vice-président du Conseil russe pour les affaires internationales (RIAC); lieutenant-général Vladimir Dvorkin, Académie des sciences, a participé aux négociations SALT II, START I et START II Yuri Dubinin, ancien Vice-ministre russe des Affaires étrangères, ex-membre permanent de la délégation russe aux Nations Unies, Dr. Sergei Karaganov, chercheur, président d'honneur du Conseil de la politique étrangère et de la défense, colonel General Evgeny Maslin, a participé à la direction de la défense nucléaire russe

Sri Lanka : Ravinatha Aryasinha, ambassadeur, président en exercice de la Conférence du désarmement de Genève (CD), ambassadeur Jayantha Dhanapala, ancien sous-secrétaire général de la Commission du désarmement de l'ONU, président de la Conférence Pugwash,

Suède : ambassadeur Rolf Ekéus, diplomate et président émérite du Stockholm International Peace Research Institute

Turquie : Faruk Loğoğlu, ancien ambassadeur aux Etats-Unis et sous-secrétaire au Ministère des Affaires Étrangères

Ukraine : général Igor Petrovich Smeshko, ancien chef des services de sécurité.

 


Deux  déclarations à méditer (entre bien d'autres du même poids qui pourraient être ajoutées) :

Ronald Reagan, Président des Etats-Unis (1981-89) « Vous apprenez que des missiles soviétiques ont été lancés, vous savez que, désormais, plus rien ne peut les arrêter et qu’ils vont détruire une partie de votre pays, beaucoup plus grande que ce que vous pouvez imaginer. Et vous êtes assis là, sachant que tout ce que vous pouvez faire est d’appuyer sur le bouton pour que des Soviétiques meurent aussi, alors que nous serons déjà tous morts. » (1985)

Général Lee Butler, commandant en chef (1992-94) des Forces aériennes nucléaires des Etats-Unis :  « Nous n’avons pas de plus grande responsabilité que de mettre un terme à l’ère nucléaire (….)  Nous ne pouvons continuer de soumettre à un blocage souverain les clés qui nous délivreraient enfin du cauchemar nucléaire.  Nous ne pouvons refuser d’engager les ressources essentielles pour nous libérer de son emprise, pour réduire les dangers qu’il représente.  Nous ne pouvons rester là, assis, à acquiescer par notre silence aux sermons dépassés des grands prêtres du nucléaire.  Il est temps de réaffirmer la primauté de la conscience individuelle, de redonner voix à la raison et aux intérêts légitimes de l’humanité. » (2 février 1998)

 

NOTES

1  Rapport Bruntland, ONU, 1987, 11/II/1  « Les conséquences probables d’une guerre nucléaire font apparaître insignifiantes les autres menaces contre l’environnement. »  https://thebulletin.org/timeline http://www.idn-france.org/2018/01/scientifiques-sinquietent-risque-tres-eleve-de-conflit-nucleaire/

Jean-Pierre Dupuy, Le Monde, 3 août 2015 : « Dans le discours qu’il prononça à Prague, en avril 2009, le président Obama a fait miroiter la possibilité que le monde se débarrasse de tout armement nucléaire en moins d’une génération. En 2015, cette vue des choses semble complètement anachronique. Il faut remonter aux pires moments de la guerre froide pour trouver une situation mondiale plus proche qu’aujourd’hui d’une déflagration nucléaire. » http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/08/03/penser-l-impensable-destruction-nucleaire_4709397_3232.html

IDN-Franc, 30 janvier 2018 « Les deux plus grands dangers de la planète sont le dérèglement climatique et les armes nucléaires. Sauf que celles-ci peuvent détruire à tout instant la planète, en raison d’un conflit ou d’une erreur ou d’un accident technique, et que la destruction sera totale et immédiate. » http://www.idn-france.org/2018/01/armes-nucleaires-inutiles-dangereuses/ 

https://www.wsws.org/fr/articles/2018/02/20/muni-f20.html https://www.wsws.org/fr/articles/2018/02/20/muni-f20.html

William Perry, Secrétaire à la Défense sous Clinton, pense qu' « aujourd'hui (le 31/1/2018), le danger d'une catastrophe nucléaire est plus grand qu'il ne l'était pendant la guerre froide et la plupart des gens ne sont pas conscients de ce danger.  »  http://www.wjperryproject.org/notes-from-the-brink/former-sec-def-travels-to-russia-with-message-of-nuclear-risk-reduction et http://www.idn-france.org/2018/02/12-propositions-didn/

Perry ironisant sur ceux qui sont « bercés par l’illusion qu’il y a, ou pourrait y avoir, une défense antimissile efficace contre une attaque nucléaire » : https://blogs.mediapart.fr/edition/nucleairelenjeu-en-vaut-il-la-chandelle-pour-lhumanite/article/030716/un-severe-avertissement-nucleaire 

http://www.idn-france.org/2018/02/soutien-dialogue-entre-gouvernements-reduire-risques-nucleaires/

http://www.lemonde.fr/international/article/2018/02/19/a-munich-les-echos-du-chaos-moyen-oriental_5259099_3210.html

https://www.securityconference.de/news-uebersicht/

http://fr.icanw.org/faits/arsenaux-nucleaires/ La Cour Internationale de Justice a déclaré dans un arrêté de 1996 que les États avaient le droit de posséder des armes nucléaires mais s'ils les utilisaient ils commettaient un crime contre l'humanité.

http://www.idn-france.org/2016/07/etat-du-stock-mondial-darmes-nucleaires/ Voir aussi la riche documentation de IRNC http://irnc.org/Defense_et_paix/Defense_et_desarmement_nucleaires

Dans sa « Lettre aux Évêques », Jean-Marie Muller appelle la dissuasion nucléaire un « crime prémédité » :  www.jean-marie-muller.fr

http://mjp.univ-perp.fr/textes/marshall05061947.htm

10  Le bombardement de Hiroshima et à Nagasaki a été un « test grandeur nature ».

En 1995, dans ses « Mémoires », l’amiral Leahy, chef d’état-major particulier des présidents Roosevelt puis Truman, a affirmé : « Les Japonais étaient déjà vaincus et prêts à se rendre. (…) L’utilisation à Hiroshima et à Nagasaki de cette arme barbare ne nous a pas aidés à remporter la guerre. ».

Le général Eisenhower l'a confirmé dans ses « Mémoires ».

Voir aussi l'article de Jean-Pierre Dupuy, cité dans la note 1 ci-dessus.

Le Japon a capitulé à cause de l'entrée en guerre de l'Union soviétique : voir une analyse très complète de Ward Hayes Wilson http://www.slate.fr/story/73421/bombe-atomique-staline-japon-capituler

Avant l'attaque de Hiroshima et de Nagasaki, le « général américain Thomas Farrell, sidéré par l’explosion du 16 juillet, au Nouveau-Mexique, évoqua  ''un coup de tonnerre (…) qui nous révéla que nous étions de petits êtres blasphémateurs qui avaient osé toucher aux forces jusqu’alors réservées au Tout-Puissant''.  Ce que Kenneth Bainbridge, directeur du test, avait commenté de façon nettement moins littéraire : ''A partir de maintenant, nous sommes tous des fils de pute''. » http://www.lemonde.fr/international/article/2015/08/05/6-aout-1945-8-h-15-mon-dieu-qu-avons-nous-fait_4712214_3210.html

Le commandant américain qui a ordonné le bombardement de Hiroshima et de Nagasaki, Curtis LeMay, a admis publiquement que si les États-Unis avaient perdu la guerre, il aurait été condamné comme criminel de guerre.

10a L'opinion de Patrice Bouveret est cité par Amnesty International https://www.amnesty.fr/controle-des-armes/actualites/nucleaire--le-debat-interdit

11  http://www.idn-france.org/2017/12/deux-dangers-menacent-plus-planete-changement-climatique-armes-nucleaires-2/

« L’annonce du retrait américain du Traité INF soulève une vague d’inquiétude, mais ne fait que s’inscrire dans la ‘Nuclear Posture Review’ (NPR) du président Trump, qui préconise un renforcement des capacités nucléaires des Etats-Unis de nature à abaisser le seuil d’emploi de la force de frappe. »  http://www.idn-france.org/2017/12/deux-dangers-menacent-plus-planete-changement-climatique-armes-nucleaires-2/

L’Europe : un futur champ de bataille nucléaire !
Donald Trump, désormais bien connu pour ses actions diplomatiques irresponsables et inconséquentes, vient d’annoncer à des journalistes américains le retrait des Etats-Unis de l’Intermediate-range Nuclear Forces Treaty (INF). (…) Les Américains viennent de prendre de manière unilatérale une décision potentiellement dévastatrice pour les Européens, puisqu’ils sont par définition les principaux concernés par un conflit utilisant des armes nucléaires de moyenne portée. Comme du temps de la guerre froide, l’Europe redevient le potentiel champ de bataille nucléaire de puissances extérieures, sans même avoir cette fois-ci l’illusion d’être protégée par l’OTAN, qui n’a ici pas eu son mot à dire.

Emilien Houard-Vial 22 octobre 2018 IDN-France http://www.idn-france.org/2018/10/leurope-un-futur-champ-de-bataille-nucleaire La dissuasion nucléaire : un modèle de défense inefficace et dangereux L’annonce du retrait américain du Traité INF soulève une vague d’inquiétude, mais ne fait que s’inscrire dans la ‘Nuclear Posture Review’ (NPR) du président Trump, qui préconise un renforcement des capacités nucléaires des Etats-Unis de nature à abaisser le seuil d’emploi de la force de frappe. Solène Vizier 26 octobre 2018 IDN-France http://www.idn-france.org/2018/10/la-dissuasion-nucleaire-un-modele-de-defense-inefficace-et-dangereux/

12  Journal Le Monde, 18 mars 2003. http://www.dissident-media.org/infonucleaire/usa_bomb.html#ancre1580953

13  http://nuclearweaponarchive.org/Usa/Weapons/B61.html Currently the B61-11 is deployed for use with the stealthy B-2 bomber, which entered service in a nuclear role on 1 April 1997.

14  https://pugwash.org/2018/02/06/statement-on-the-united-states-2018-nuclear-posture-review/ Cet avertissement se réfère au Programme nucléaire des États-Unis publié le 2/2/2018: https://media.defense.gov/2018/Feb/02/2001872886/-1/-1/1/2018-NUCLEAR-POSTURE-REVIEW-FINAL-REPORT.PDF

La nouvelle « Posture américaine » a très vite provoqué une réponse belliqueuse de la Russie. Elle annonce une nouvelle course à l’armement.

Paradoxalement, la même  « Posture » semble encourager les deux Corées à se rapprocher. Leurs dirigeants semblent comprendre que si les USA attaquent la Corée du Nord celle du Sud risque de se trouver impliquée, et peut-être détruite, elle aussi.

Le 4/2/2018 « Le Ministre des Affaires Étrangères allemand, Sigmar Gabriel, a appelé les Européens à prendre l'initiative dans le domaine du désarmement nucléaire après l'annonce par les États-Unis de leur intention de se doter de nouvelles armes nucléaires de faible puissance. »  https://www.romandie.com/news/Sigmar-Gabriel-appelle-l-Europe-a-se-mobiliser-pour-le-desarmement-nucleaire/887121.rom

15  http://www.voltairenet.org/article144842.html

16  « La guerre a changé. Demain, elle aura pour mobile le contrôle des ressources et des énergies, mais aussi l'éloignement des populations les plus pauvres, dont on cherchera à freiner l'exode par la force. » Extrait de  « Tu viens? » de Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne Ministre de l’Écologie. Gallimard, 2009, p.12.

17  https://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Faisable-et-necessaire-_NG_-2010-01-31-546067

17a  L'interview de Henri Bentégeat a été publié sur http://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/face-aux-nouvelles-menaces-a-quoi-sert-la-dissuasion-nucleaire-10-06-2015-1935058_53.php

L’article de Pierre Lamballe : https://www.lajauneetlarouge.com/article/la-dissuasion-nucleaire-une-arme-plus-actuelle-que-jamais

Les bombes nucléaires miniaturisées sont aussi évoquées, par exemple, dans « La vérité scientifique sur le nucléaire en 10 questions », ouvrage de qualité, de Chantal Bourry, éd. Rue de l'échiquier, pp.142-3.

18  http://www.idn-france.org/2013/12/un-prix-%e2%80%8b%e2%80%8bnobel-de-la-paix-met-en-garde-contre-la-famine-nucleaire/

19   https://www.va.gov/rac-gwvi/ « De plus, ce type d’armement n’entre dans aucun protocole international de déclaration, de limitation ou d’interdiction des armes nucléaires stratégiques car, bien qu’il s’agisse d’uranium, le fait qu’il soit appauvri en U-235, le métal à la base des armes nucléaires, lui permet d’échapper aux contrôles. »

20  https://www.mondialisation.ca/g-nocide-l-uranium-appauvri-gaza-le-dossier/11794

21  Ouest-France du 19 septembre 2017 https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/8962/reader/reader.html?t=1505838201815?utm_source=neolane_of-eds_newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=lienarticle&utm_content=20170919#!preferred/1/package/8962/pub/12486/page/5

Nombreux autres médias lui ont rendu hommage après son décès en 2017.

22  Bruce Blair, ancien contrôleur américain de lancement de missiles nucléaires balistiques, a écrit en octobre 2011 : « Chaque jour de la semaine, chaque semaine de l’année, l’organisme de commande et de contrôle des armes nucléaires des États-Unis recense des incidents, tels que des lancements de missiles. Les autorités ont trois minutes pour décider s’il s’agit d’une attaque nucléaire, ce qui exige alors sa notification dans les trois minutes qui suivent au Président. Ce dernier a ensuite entre six et huit minutes pour décider de lancer ou non une riposte. À plusieurs reprises dans le passé, des accidents anodins, tels que le lancement d’un satellite météorologique ou une confusion lors d’un exercice de guerre, ont failli provoquer un affrontement nucléaire. » Cité par IDN France le 7/10/2018. Il faut tout de même savoir que si un président décide de lancer une telle attaque d'autres responsables doivent confirmer son ordre. Ensuite il reste encore un peu de temps pour rappeler les exécutants et annuler cette décision. Mais le danger est tout de même extrême;.

Voir l'article qui cite de nombreux cas où une guerre nucléaire par accident a été évitée à la dernière minute: http://nuclearfiles.org/menu/key-issues/nuclear-weapons/issues/accidents/20-mishaps-maybe-caused-nuclear-war.htm

23  The Guardian, le 14/09/2014 https://www.les-crises.fr/armes-nucleaires-en-attendant-laccident-par-eric-schlosser/

24  « We lucked it » est la conclusion de « Brume de guerre », film documentaire devenu un best-seller aux États-Unis. Il est disponible en DVD, sous-titré. Dans «The Doomsday Machine » , Daniel Ellsberg, ancien responsable du programme de guerre nucléaire sous Kennedy, explique qu'un rien peut déclencher une troisième guerre mondiale.  https://bibliobs.nouvelobs.com/read-in-the-usa/20180123.OBS1065/pentagon-papers-comment-le-monde-est-passe-a-deux-doigts-d-un-holocauste-nucleaire.html

25  Rapport Blix, ONU, voir les pages 25-26.    file:///C:/1%20-%20Articles%20FM/Nucl%20-%20documentation/Blix%20-%20Raport%20Blix%20-%20traduction%20fr%202010.pdf

26 D'après https://thebulletin.org/reminder-hawaii11437file:///C:/1%20-%20Articles%20FM/Nucl%20-%20documentation/Blix%20-%20Raport%20Blix%20-%20traduction%20fr%202010.pdf

27  Vulnérabilité du nucléaire: « L’Indice NTI 2016, qui évalue le degré de sécurité réalisé autour des matériaux les plus meurtriers de la planète, en l’occurrence l’uranium hautement enrichi (HUE) et le plutonium (Pu). »  « Pour la première fois, ce rapport met en avant le risque des cybermenaces. 20 Etats, possédant des stocks significatifs de matières nucléaires utilisables à des fins militaires ou des centrales nucléaires ne seraient pas préparés pour faire face à ce danger. Toujours selon ce rapport, ''les installations nucléaires sont aussi vulnérables que n’importe quelle infrastructure clef [face aux attaques informatiques], alors qu’un nombre croissant d’Etats développent l’énergie nucléaire malgré des lacunes légales et sécuritaires''. »  http://www.idn-france.org/2016/02/prendre-conscience-de-linsecurite-nucleaire-mondiale/

28  http://www.idn-france.org/2018/02/soutien-dialogue-entre-gouvernements-reduire-risques-nucleaires/

29  Science & Vie n°758, novembre 1980.

30  Dès 1964, Lord Mountbatten, président du comité militaire de l’Otan, n’hésitait pas à contredire la doctrine officielle d’emploi des armes tactiques en disant qu’elles « ne pourraient que provoquer une escalade débouchant en fin de compte sur la guerre totale, et que, de ce fait, aucune personne sérieuse ne pouvait envisager leur utilisation ». Cité par Le Général (2S) Bernard de Bressy en octobre 2017, https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Larme-nucleaire-existe-desinventera-pas-2017-10-23-1200886468?from_univers=lacroix

31  http://www.idn-france.org/2018/01/mission-dinformation-nucleaire-reponses-de-paul-quiles/

32  http://www.huffingtonpost.fr/paul-quiles/la-loi-de-programmation-militaire-sapprete-a-etre-votee-et-nos-recommandations-sur-le- nucleaires-ignorees_a_23347441/

En avril 2018, le Parlement a effectivement adopté cette Loi qui doit être approuvée par le Sénat.

Paul Quilès, ancien Ministre de la Défense, a publié un livre sur l'inutilité et la dangerosité de l'arme nucléaire: Les "fake news" sur les armes nucléaires  

"En utilisant des techniques qui s’apparentent à celles de la propagande et parfois, tout simplement, du mensonge, on essaie de faire croire que l’arme nucléaire apporte à nos concitoyens une garantie absolue de sécurité. Dans le dernier livre écrit par Paul Quilès (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain), intitulé "L’illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique", de nombreuses « fake news » sont décrites et dénoncées, comme par exemple :

La bombe atomique a fait capituler le Japon.
La bombe atomique a permis de maintenir la paix pendant soixante-dix ans.
La France est au Conseil de sécurité grâce à sa bombe atomique.
La bombe atomique assure notre indépendance.
En France, il y a un consensus sur la bombe atomique."

33  « Si ce Traité, juridiquement contraignant, est mis en application, il rendra totalement illégales les armes atomiques, à l'instar des armes biologiques depuis 1972 et des armes chimiques depuis 1993. »  https://news.un.org/fr/story/2017/09/364372-le-traite-dinterdiction-des-armes-nucleaires-ouvert-la-signature-lonu

34  Ben Cramer http://www.jutier.net/contenu/bcramer2.htm

35  http://www.pnnd.org/fr/organismes-internationaux

« Une dénucléarisation totale du monde est-elle la solution ? On peut se débarrasser des armes mais pas du savoir-faire permettant de les reconstruire. Dans un monde sans bombes atomiques, des dizaines d’acteurs seraient en permanence prêts à réarmer pour ne pas perdre une guerre mal engagée. Comme l’écrit l’économiste américain Thomas Schelling : ''Chaque crise serait une crise nucléaire. Toutes les guerres seraient des guerres nucléaires.'' Il est difficile de ne pas partager le pessimisme de Günther Anders. L’apocalypse est inscrite comme un destin dans notre avenir'', écrit-il dans son livre "Hiroshima est partout" (éd. du Seuil, 2008) et ce que nous pouvons faire de mieux, c’est retarder indéfiniment l’échéance. Nous sommes en sursis. » Jean-Pierre-Dupuy, l'article précité, note 1 ci-dessus.

36  https://www.defense.gouv.fr/dgris/enjeux-transverses/lutte-contre-la-proliferation/non-proliferation-et-desarmement-nucleaire

37  Voir les cartes géographiques publiée par http://www.dissident-media.org/infonucleaire/3_8_millions.html et l'analyse des conséquences de ces essais http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/atom-heart-fucker-saison-8-les-75676

38  M.I.T. Press, 1993.

39  « La guerre nucléaire secrète » de Carole Gallagher est disponible gratuitement, en français, sur le site http://bellaciao.org/fr/IMG/pdf/American_Ground_Zero-4.pdf

Les parlementaires et les sénateurs devraient lire ce reportage – et plus encore « La supplication », livre terrible de Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de la littérature, sur les conséquence de la pollution radiologique due à la catastrophe de Tchernobyl :  « Des bribes de conversations me reviennent en mémoire... Quelqu'un m'exhorte : "Vous ne devez pas oublier que ce n'est plus votre mari, l'homme aimé qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination.Vous n'êtes pas suicidaire. Prenez-vous en main !" »

Les conséquence d'utilisation d'armes nucléaires seraient pires.  Pouvez-vous penser votre femme, votre enfant, vos parents, vous-même en « objet radioactif avec un fort coefficient de contamination »...?!

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