Espérance de vie en bonne santé : elle baisse !

« Espérance de vie en bonne santé : elle baisse ! » est le dossier central de la revue Science et vie, juin 2013 qui cite beaucoup de statistiques, sans jamais évoquer les causes possibles de ce déclin. Ce dossier mérite donc d'être complété. L'ONU confirme cette évolution en 2019 (Réactualisé le 21/2/21)

La santé des Européens se dégrade

Une étude de la revue The Lancet affirme que "(...) la santé des Européens se dégrade, en particulier dans les pays frappés de plein fouet par les politiques d’austérité. Et confirme la hausse générale des suicides dans l’ensemble de l’Union européenne, dont la courbe s’envole depuis 2007, après une période de sept années de baisse constante." (1)

Un article de Télérama du 26/1/2016 le confirme et note qu'aux États-Unis une diminution de la durée de vie est perceptible depuis cinq ans.

La Russie évolue dans le même sens depuis un bon moment.

Pour en revenir à la France : contrairement aux affirmations précitées, les statiques de l'INSEE de 2018 indiquent une légère progression de l'espérance de vie et précisent que la durée de vie en bonne santé, en France, ne semble pas varier notablement depuis 2004.

Qui croire ? Les statistiques auxquelles ont peut dire ce que l'on souhaite entendre, les revues et journaux qui les exploitent, ou bien l'INSEE ? (2)

 

Prenons ce problème par un autre bout :

 Pesticides :

Pour le cancérologue français Dominique Belpomme, l'utilisation massive de pesticides dans l'agriculture met l'espèce humaine en danger. Cancer, diabète, obésité, leucémie ou autisme chez l'enfant: pour résoudre ces problèmes de santé publique, il n'y a qu'une réponse possible selon lui, c'est de réduire l'utilisation des produits chimiques, et notamment des pesticides.

Pourtant, « en 10 ans, entre 2009 et 2018, les ventes de glyphosate ont progressé malgré les 'engagements' du Président de la République indiquant en 2017 'qu'en trois ans il n'y aurait plus de glyphosate'. Les ventes de cet herbicide ne cessent d’augmenter pour passer de 6292 tonnes en 2009 à 9723 tonnes en 2018 ! » (3)

Et s'il n'y avait que les pesticides : une "peste", on dirait que leur nom l'insinue.

 

cancer-monsanto

 

Autres produits de l'industrie chimique

Il y a aussi toute une pléiade d'autres produits de l'industrie chimique suscitant des interrogations :

Les fabricants ont mis sur le marché des centaines de milliers de molécules dont 80000 d'usage courant. Après des années de tergiversations, la Commission Européenne a accepté les conclusions du Comité REACH et a obligé les fabricants d'effectuer des tests sur un tiers de leurs produits - qu'ils auraient dû faire avant leur commercialisation. La CE demande au loup de garder le troupeau. L'Europe ne se donne pas les moyens d'effectuer ces testes en toute indépendance.

Pendant ce temps ces poisons continuent à être vendus.

A la fin de ces recherches 17000 molécules ont été testées, un bon nombre dangereuse pour la reproduction et/ou cancérigènes (voir le résumé à la fin de ce dossier).

Les produits chimiques ne sont pas tous toxiques, mais même ceux qui le sont se trouvent dans la nourriture, des vêtements, des jouets d'enfant, des peintures industrielles et celles pour les appartements, des agglomérés, des poudres de lavage et de nettoyage, des médicaments, elles sont dans l'essence, le gas-oil et le kérosène dont les avions nous aspergent généreusement ... La liste et sans fin.

(Des détails complémentaires sur la législation REACH sont à la fin de ce dossier.)

En septembre 2020, les autorités sanitaires françaises ont alerté les consommateurs de la présence d’oxyde d’éthylène à un taux supérieur à la limite maximum dans des aliments contenant des graines de sésame. Il s’agit d’un gaz utilisé par l’industrie chimique comme pesticide, qui est classé depuis 1994 parmi les agents cancérigènes pour l’homme par le Circ (Centre international de recherche sur le cancer). 3 600 références sont désormais visées .(4)

CO2

La voiture nous rendra-t-elle idiots ?

« Nous savions déjà que l’augmentation de la quantité de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère déréglait le climat. Une étude, publiée le 20 avril (2020) dans la revue GeoHealth, montre qu’elle pourrait également affecter notre capacité à raisonner. (5) (6)

Nanoparticules

Avec les nanoparticules, on refait la même erreur de précipitation : ils sont déjà partout sans que leur innocuité n'ait été prouvée.

Les cerveaux de jeunes exposés à une forte pollution urbaine montrent des signes caractéristiques de maladies neurodégénératives, d'après une étude récente.

Les maladies neurodégénératives touchent des millions de personnes dans le monde. Des facteurs génétiques, mais aussi environnementaux, sont impliqués dans ces pathologies. Dans l’air pollué des villes se trouvent des particules fines, aussi appelées PM2,5, dont le diamètre est inférieur à 2,5 µm. Ces nanoparticules dérivées de la pollution pénètrent dans nos voies respiratoires et peuvent rejoindre le cerveau.

L’exposition aux particules fines est associée à la maladie d’Alzheimer et à la maladie de Parkinson.

Parue dans la revue Environmental Research, cette étude a été réalisée par des chercheurs mexicains et britanniques. Les auteurs ont examiné le tronc cérébral de 186 enfants et jeunes adultes décédés, après avoir été exposés toute leur vie à la pollution atmosphérique de la ville de Mexico. Ces personnes étaient âgées de 11 mois à 40 ans, avec une moyenne d’âge de 27 ans.

Les chercheurs ont trouvé dans ces cerveaux jeunes des preuves de dommages neuronaux, et plus précisément des marqueurs :

  • de la maladie d’Alzheimer : des protéines Tau hyperphosphorylées,

  • de la maladie de Parkinson : des amas d’alpha-synucléine et des dommages à la substance noire du cerveau,

  • de pathologies touchant les neurones moteurs.

Il y avait aussi des nanoparticules dans le tronc cérébral. Ces particules minuscules, riches en fer, aluminium et titane, se trouvaient dans la substance noire et le cervelet. Leur apparence et leur composition indiquaient qu’elles pourraient provenir de la pollution des véhicules. Dans le tronc cérébral, les nanoparticules riches en fer ressemblaient en effet à des particules qui dérivent de la combustion des moteurs et du frottement des systèmes de freinage. Les particules riches en titane dans le cerveau étaient différentes, en forme d'aiguille.

Barbara Maher, professeure à l’université de Lancaster, explique à ce sujet : « des particules similaires ont été observées dans les cellules nerveuses de la paroi intestinale, suggérant que ces particules atteignent le cerveau après avoir été avalées et se sont déplacées de l'intestin vers les cellules nerveuses qui relient le tronc cérébral au système digestif. »

Les nanoparticules riches en métaux favorisent l’inflammation et la formation d’espèces réactives de l’oxygène, qui conduisent à du stress oxydant, responsable de la mort de neurones.

Ces jeunes résidents de Mexico présentaient donc des dommages cérébraux typiques des maladies d’Alzheimer, de Parkinson et des neurones moteurs. Même le plus jeune enfant, âgé de 11 mois, présentait des plaques et des enchevêtrements de protéines mal repliées.

Les chercheurs ont utilisé comme contrôles des personnes d’âge similaire qui vivaient dans des zones moins polluées. Leurs troncs cérébraux ne présentaient pas de signes de neurodégénérescence.

Cette étude indique que les nanoparticules provenant de la pollution atmosphérique atteignent le tronc cérébral et que l’exposition à la pollution atmosphérique augmente le risque de dommages au cerveau. Au fur et à mesure que l’espérance de vie s’allonge, de plus en plus de personnes pourraient développer des maladies neurologiques dans les métropoles très polluées.

La chercheuse conclut : « Différentes personnes auront différents niveaux de vulnérabilité à une telle exposition aux particules, mais nos nouvelles découvertes indiquent que les polluants atmosphériques auxquels vous êtes exposé, ce que vous inhalez et avalez, sont vraiment importants dans le développement de lésions neurologiques. Dans cette optique, le contrôle des sources nanoparticulaires de pollution atmosphérique devient critique et urgent. » (7)

 Radiations

Comme si cela ne suffisait pas, nous sommes tous trop exposés aux radiations et aux ondes électromagnétiques à cause de :

- plus de 2000 essais d'armes nucléaires qui ont eu lieu pendant les années 1950 – 1980 (quelques-uns ont été effectués même après cette période)

- centrales atomiques qui s'effondrent ou explosent, autres qui "fuient" et leurs déchets qui sont entreposés un peu partout, pas toujours surveillés,

- accidents d'avions et de sous-marins à propulsion fissile qui transportent l'armement nucléaire  (8)

- bombes démantelées pour être remplacées par d'autres, plus meurtrières,

- mines d'uranium,

- examens médicaux radiologique, distribués sans aucune retenue puisque leurs vendeurs ont convaincu les médecins, dentistes en particulier, de leur innocuité,

- vols en haute altitude (9)

- téléviseurs et écrans d’ordinateurs,

- radon, gaz radioactif naturel dense présent dans les rez-de-chaussées des maisons en granit ou bâties sur cette roche,

etc.

(N.B.: Pour savoir ce qui se passe à Fukushima et quel est l'impact de cette catastrophe sur la planète, voir http://www.sortirdunucleaire.org )

 Ondes électromagnétiques

Personne n'aurait l'idée de mettre sa tête dans un four micro-onde, mais des centaines de millions d'humains utilisent des téléphones « portables »,  des téléphones « sans fil » et des "boxes" de connexion à Internet, fondés sur le même principe. Les « lanceurs d'alerte » mettent en garde depuis des années contre ces appareils et leurs relais. (9a)  L’Europe a fini par admettre le danger – mais les portables continuent à être vendus et les réseaux de téléphonie sont de plus en plus puissants. Les Chinois se préparent à imposer à l'Europe la 5G – que les Américains et les Européens voudraient installer eux-mêmes... !

Écrans défendus aux enfants des dirigeants des GAFAM

En France, les enfants passent déjà, en moyenne, quatre heures et onze minutes par jour devant des écrans, avec à la clé un amincissement prématuré du cortex, des retards dans le développement du langage, des perturbations du sommeil, un stress toxique, des dépressions à l’adolescence.

Les champions de la Silicon Valley se comportent, eux, comme des vendeurs de cocaïne : on en vend, on en vit, mais pas de ça dans ma famille ! M. Bill Gates, le créateur de Microsoft, déclare que sa femme et lui n’ont « pas donné de portables à [leurs] enfants avant leurs 14 ans » (The Mirror, 21 avril 2017). Un ancien cadre dirigeant de Facebook, M. Chamath Palihapitiya, défend aux siens « de toucher à cette merde » (The Verge, 11 décembre 2017). Et fleurissent en Californie, pour cette hyperclasse, les « écoles alternatives », sans écran, guidées par l’idée selon laquelle l’épanouissement dépend du nombre, de l’intensité et de la qualité des contacts humains… (9b)

Plastique

Pour ceux qui pensent pouvoir échapper aux catastrophes grâce à leur argent :« Nous sommes à 1400 mètres d'altitude, dans le massif des Pyrénées, là où l'on vient pour respirer de l'air pur. Mais le plastique est partout, et il voyage sur de très longues distances. "Cette intensité-là, similaire dans des régions éloignées des sources de pollution, nous montre que les microplastiques peuvent être transportés dans l'arit et atteindre les régions les plus éloignées du globe", constate Gaël Le Roux, chercheur EcoLab et CNRS. Il fait partie des signataires de cette étude sur la pollution au plastique, parue dans la revue Nature Geoscience.  "Malgré l'isolement de la zone de prélèvement, les chercheurs ont observé une moyenne de 365 particules de microplastique par mètre carré et par jour. Une pollution invisible à l'oeil nu, mais très nuisible pour la santé.. (…) Une matière qui a révolutionné nos vies modernes et qui est en train de devenir l'une des plus grosses sources de pollution de la planète." (10)

Aux États-Unis, il pleut du plastique dans les montagnes Rocheuses: "La pollution plastique est un problème majeur qui touche actuellement toute la planète. Premier polluant qui dégrade l’environnement, le plastique se retrouve jusque dans les océans. En effectuant des recherches sur la quantité d’azote contenue dans les eaux de pluie, des chercheurs de l’US Geological Survey (USGS) (…) ont trouvé une quantité de plastique alarmante. Les chercheurs ont publié un rapport intitulé « It is raining plastic » (littéralement « Il pleut du plastique ») dans lequel ils font part de leur découverte. Il s’agit d’un fait des plus étonnant, car l’endroit est situé à environ 3 159 mètres d’altitude dans les rocheuses."

« D’après des spécialistes, plus de 70 000 particules microplastiques sont consommées par l’être humain chaque année. » (11)

 Stress

A tous ces éléments néfastes s'ajoute le stress qui, à tous les niveaux de responsabilité, agresse un nombre de personnes en constante augmentation.

Le stress est provoqué par

- la folie de nos sociétés financiarisées qui, abstraites et déshumanisées, surexploitent les individus en les menaçant constamment de chômage, donc d'exclusion et de misère.

- la démographie galopante car tout le monde comprend les dangers de famines qu'elle induit,

- la crainte du réchauffement climatique et de la raréfaction des ressources,

- la menace des migrations de masse qui résulteront de ces trois phénomènes,

- l'incapacité des politiciens de s'attaquer à ces difficultés, tant ils son obnubilés par leurs préoccupations à court terme et liés par leurs engagements électoralistes,

- l'égoïsme et l’idiotie d'un grand nombre de dirigeants d'entreprise qui disposent parfois d'un pouvoir de nuisance planétaire

- les médias qui relatent uniquement des informations menaçantes, presque jamais celles qui permettent d'espérer des solutions aux problèmes précités,

- le sentiment d'impuissance face à ces angoisses,

- le risque très élevé de la guerre nucléaire : https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog/010318/le-debat-urgent-occulte-la-bombe

De surcroît, nos sociétés n'offrent plus assez de compensations par une vie correspondant mieux à notre nature. Comment se reposer et se régénérer sans jamais sortir de ces cercles vicieux, se déconnecter des ordinateurs et téléphones portables, bavarder avec des amis, sortir dans la nature...? 

Mauvaise hygiène de vie

Tout cela et d'autres facteurs (par exemple l'influence de la télévision qui représentait pour l'ancien chancelier allemand Willy Brandt une menace plus grande que celle de la guerre nucléaire!) débouchent sur une « mauvaise hygiène de vie ». Ses conséquences sautent aux yeux.

D'après le dossier de Science et vie, les plus touchés ne sont pas les plus anciens, mais la « génération de baby boom ». Ses enfants continueront-ils à glisser sur cette pente ?

Les diabètes, maladies cardio-vasculaires et les cancers sont de plus en plus nombreux. On les guérit assez souvent, mais à quel coût et au prix de quelles souffrances ! En réalité, quand on parle de la guérison du cancer on pense à une survie d'une durée minimale de cinq ans, ce qui n'exclue pas des rechutes. Pourtant, d'après Dominique Belpome, on pourrait éviter trois quarts des cancers.

Professeur Belpome conclue ainsi son interview : "Si nous continuons à polluer l’environnement comme nous le faisons, l’espèce humaine se met en danger. Réchauffement climatique, problèmes de santé, destruction de la nature : nous sommes en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Par la dégradation de la planète, nous risquons tout simplement de faire en sorte que l’humanité disparaisse."  (8)

Le Professeur Belpome est loin d'être le seul à tirer cette sonnette d'alarme.


"Il n'y a pas d'homme en bonne santé sur une planète malade"

Isabelle Autissier, présidente du WWF France

 

630 000 morts par an en Europe : la pollution tue plus que le Covid

Environ un décès sur huit en Europe est lié à la pollution, selon un rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE), publié ce mardi 8 septembre (2020). Ce sont ainsi 630 000 décès par an qui peuvent être imputés directement ou indirectement à un environnement pollué dans les 27 pays de l’Union européenne et au Royaume-Uni, soit 13 % des morts.

A titre de comparaison, le Covid-19 a fait un peu plus de 183 000 morts en neuf mois, dans l’Union européenne et au Royaume-Uni.

Le rapport relève que la crise sanitaire actuelle est un signal devant accélérer une prise de conscience de la relation entre environnement et santé. « L’émergence de ces agents pathogènes zoonotiques (comme dans le cas du Covid-19) est liée à la dégradation de l’environnement et aux interactions entre l’homme et les animaux dans le système alimentaire », constate l’étude.

Cancers, maladies cardio-vasculaires et respiratoires

Les Européens sont en permanence exposés à des risques environnementaux : pollution de l’air - qui si elle a nettement diminué demeure le premier facteur de mortalité, pollution sonore et par produits chimiques.

Le rapport, dont les chiffres remontent à l’année 2012, souligne aussi d’importantes différences entre l’ouest et l’est de l’Europe et selon le niveau socio-économique.

Ainsi, en tête de peloton, la Roumanie enregistre près d’un décès sur cinq lié à la pollution tandis que les meilleurs élèves, la Suède et le Danemark, en déplorent un sur dix. Principalement liées à des cancers, des maladies cardio-vasculaires et respiratoires, « ces morts pourraient être évitées en éliminant les risques environnementaux mauvais pour la santé », souligne l’AEE.

« Les personnes les plus pauvres sont exposées de manière disproportionnée à la pollution et aux conditions météorologiques extrêmes, y compris les vagues de chaleur et le froid extrême. Cela est lié à l’endroit où ils vivent, travaillent et vont à l’école, souvent dans des zones socialement défavorisées et des quartiers en périphérie des grands axes de circulation », note le rapport.

Point positif pour l’environnement européen : la qualité de l’eau, « excellente » dans plus de 85 % des cas pour les eaux de baignade. En ce qui concerne l’eau potable, 74 % des zones d’eaux souterraines présentent un « bon statut chimique ».

Des pistes de solutions

Selon l’agence, pour améliorer santé et environnement en Europe, il faut plébisciter les espaces verts, lieux d’activité physique, de détente mais aussi d’intégration sociale, qui « rafraîchissent les villes pendant les canicules, atténuent les inondations, réduisent la pollution sonore et soutiennent la biodiversité urbaine ».

En outre, parcs et jardins se sont avérés précieux pour la santé mentale et le bien-être pendant la pandémie de Covid-19, souligne l’agence européenne. La réduction de la circulation routière, la baisse de la consommation de viande et le retrait des subventions aux énergies fossiles comptent parmi les autres solutions qu’elle propose. (13)

« Le cancer est en forte progression dans le monde, selon les récents rapports de l’Organisation mondiale de la Santé et du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) » (14)

Des polluants du quotidien sont présents dans l’organisme de tous les Français.
« L’enquête Esteban (2014-2016) a permis de prélever les urines, le sérum et les cheveux  de 1104 enfants et 2503 adultes, dans lesquels ont été recherchées des molécules largement utilisées pour la fabrication de produits de consommation courante: Bisphénols, phtalates, parabènes, éthers de glycol, retardateurs de flamme bromés et composés perfluorés. Cette première enquête ne concernait pas les métaux et les pesticides qui seront traités ultérieurement.

Les résultats publiés aujourd’hui montrent que ces polluants du quotidien sont présents dans l’organisme de tous les Français. » (15)

 

D'après l'ONU un quart des morts et maladies liées à l'environnement !

Un quart des morts prématurées et des maladies à travers le monde sont liées aux pollutions et aux atteintes à l'environnement causées par l'homme, a mis en garde l'ONU aujourd'hui dans un rapport sur l'état de la planète. (…) Ce rapport sur l'environnement mondial (Global Environment Outlook, GEO), sur lequel ont travaillé 250 scientifiques de 70 pays pendant six ans, souligne également un fossé grandissant entre pays riches et pays pauvres. (...)

Des conditions environnementales "médiocres" sont responsables "d'environ 25% des morts et maladies mondiales", selon le texte, qui parle d'environ 9 millions de morts liées aux pollutions environnementales en 2015. (...)

Les produits chimiques évacués en mer provoquent des effets négatifs sur la santé "potentiellement sur plusieurs générations", et 3,2 milliards de personnes vivent sur des terres dégradées par l'agriculture intensive ou la déforestation. (…) Quant à l'utilisation débridée d'antibiotiques dans la production alimentaire, elle risque d'entraîner la naissance de bactéries super-résistantes qui pourraient devenir la première cause de morts prématurées d'ici le milieu du siècle. (16)

 

Soigner la planète pour guérir les malades

"Inquiète de soigner et même de perdre de plus en plus de patients en raison des changements climatiques, une coalition de médecins, d’infirmiers, et de professionnels de la santé lance un cri d’alarme (en avril 2019) et presse le gouvernement du Québec d’agir.

Aux yeux de ces travailleurs du milieu de la santé, le lien entre les changements climatiques et les problèmes de santé de la population n’est plus à prouver. Et la situation va inévitablement s’intensifier dans les années à venir. Les vagues de chaleur intense se feront plus fréquentes, la plus grande pollution atmosphérique augmentera les crises d’asthme et les problèmes cardiorespiratoires, tandis que les insectes responsables de la propagation de diverses maladies - comme la maladie de Lyme - s’étendront sur de plus grands territoires.

C’est sans parler des inondations et autres catastrophes naturelles qui engendrent beaucoup de stress chez les sinistrés.

Pour les vingt organisations en santé, le gouvernement doit en faire plus. Des actions qui ne devraient pas être vues comme des dépenses, mais des investissements en santé, car elles diminueront les visites aux urgences, les hospitalisations et les maladies chroniques, d’après le regroupement. (17)

En France, tout le monde ou presque se rend compte des ces dangers et bien de gens seraient prêts à agir contre eux, à condition de recevoir des consignes claires et fiables, débouchant sur des perspectives positives.

Des solutions existent, au moins en théorie (voir par exemple les projets de Negawatt) et nous pourrions vivre à la fois plus sobrement et plus heureux. (18)

Encore faudrait-il que les gouvernements arrivent à dompter les lobby de « toujours plus » et « après nous le déluge »...

Plaisirs cuisinés ou poisons cachés 

Pour vous faire une opinion sur la fiabilité de trop nombreux experts "officiels", lisez  Plaisirs cuisinés ou poisons cachés de Gilles-Eric Seralini et Jérôme Douzet. Tous les politiciens devraient connaître cette étude...

Elle montre à quel point le système français, européen, américain de contrôle de l'industrie chimique, de l'industrie pharmaceutique, de l’agriculture intensive est perverti et corrompu par les entreprises supranationales.

Une autre source

La pression des géants économiques de la santé s’exerce

- sur la recherche: le financement, les thématiques, la qualité, la publication de la recherche sont fortement influencés par des intérêts économiques fréquemment contraires à ceux des patients

- sur les politiques publiques de santé: influence sur l’évaluation des produits de santé, leur tarification et remboursement, leur usage

- sur la pratique médicale: influence sur les diagnostics, les traitements prescrits

- sur les associations de patients: financement, influence sur leur agenda et leur communication

- sur l’opinion publique directement: campagnes de sensibilisation à une maladie (« disease awareness« ) destinées à contourner l’interdiction de publicité, « disease mongering » destiné à alarmer la population quant à un risque de santé, promotion déséquilibrée de dépistages » https://formindep.fr/strategies-dinfluence/

Alors quand des contestataires s'expriment, bien documentés, il faut les écouter, même s'ils contredisent nos certitudes. (19)

 

REACH : auto satisfecit pour une catastrophe sanitaire

A l’occasion de l’aboutissement du programme REACH le 31 mai 2018, la Commission européenne s’auto-congratule (20).

Lancé le 1er juin 2007, ce règlement de l’Union européenne était censé « mieux protéger la santé humaine et l’environnement contre les risques liés aux substances chimiques, tout en favorisant la compétitivité de l’industrie chimique de l’UE ». Ce 31 mai se clôturera la phase d’enregistrement des substances chimiques produites ou importées à plus de 1 tonne par an auprès de l’agence européenne créée à cet effet : ECHA.

Nous savons aujourd’hui que des millions de substances chimiques sont fabriquées dans le monde et qu’environ 80.000 d’entre elles sont d’un usage courant. Pourtant, sur les 17.000 substances pour lesquelles REACH a recueilli des informations, seules 181 (soit moins d’un pourcent du total) ont été qualifiées d’« extrêmement préoccupantes » c’est-à-dire comme étant cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, persistantes et toxiques pour l’environnement, ou encore pouvant perturber le système endocrinien. (21)

Bilan : REACH nous a fait perdre un temps précieux (11 ans en l’occurrence) alors que, entre autres mesures possibles, un programme de bio-surveillance aurait pu permettre de collecter des données humaines, notamment sur les personnes les plus fragiles ou exposées. REACH a également coûté la vie à environ deux millions d’animaux pour fournir aux autorités de la réglementation des milliers de dossiers n’ayant aucun intérêt pour la santé humaine.

La liste officielle des substances dangereuses

https://echa.europa.eu/fr/candidate-list-table .

 

CONSTERNANT: Pour aider les industriels à s'opposer à la réglementation REACH

«....Dans le cas où certaines de vos substances seraient déjà engagées dans une voie réglementaire (Liste Candidate), nous pouvons vous proposer un support pour pouvoir envisager les différentes actions à mettre en place (lobbying) pour essayer de bloquer, ralentir ou aiguiller sur une autre voie réglementaire votre substance.»

Si vous cherchez une définition du cynisme (et de la crétinerie par ce que ces gens et leurs proches sont impaquetés, eux aussi), le site dont provient cette citation est une bonne porte d'entrée :

« L’anticipation des risques réglementaires se déroule en 3 étapes essentielles :

  • Identification des substances contenues dans vos matériaux et procédés
  • Détermination des dangers liés à ces substances
  • Anticipation des risques réglementaires & recommandations stratégiques » (22).

 

Notes


1 http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2813%2960102-6/fulltext#article_upsell (en anglais, libre accès). Bastamag publie des extraits de cette étude, en français : http://www.bastamag.net/article3014.html

2 https://www.insee.fr/fr/statistiques/3303354?sommaire=3353488&q=dur%C3%A9e+de+vie#consulter https://www.insee.fr/fr/statistiques/3281641?sommaire=3281778

A propos des statistiques, on peut méditer sur le savoureux échange sur la manipulation, tiré de la série de la BBC "Yes, Prime Minister" (The Ministerial Broadcast, 1986): Sir Humphrey: vous savez comment ça se passe: une charmante jeune fille vient vous poser des questions, vous voulez faire bonne impression … "Mr Woolley, est-ce que le nombre de jeunes au chômage vous inquiète ?
Bernard Wooley: "Oui"
SH: "Etes vous inquiet au sujet de l'augmentation de la criminalité chez les adolescents ?"
BW: Oui
SH: "Pensez-vous que nos écoles modernes manquent de discipline ?"
BW: "Oui"
SH: "Pensez-vous que les jeunes apprécieraient un peu d'autorité et une direction dans leur vie?"
BW: "oui"
SH: "Pensez-vous qu'ils seraient prêts à relever un défi ?"
BW: "Oui"
SH: "Seriez-vous favorable à la réintroduction du service militaire obligatoire?"
BW: "Euh … ben, je suppose que ce serait possible"
SH: "oui, ou non ?"
BW: "Oui"
SH: "Bien sûr que vous y seriez favorable, Bernard. Après tout ce que vous venez de dire, vous ne pouvez pas répondre non à cette question. Donc, ils [les agences de sondages] ne mentionnent pas les 5 premières questions et publient la dernière.
BW: "Ils font vraiment cela ?"
SH: "Non, pas les plus sérieuses, mais il n'y en a pas tant que ça". "Alternativement, la jeune femme peut obtenir le résultat opposé". SH: "Mr Woolley, êtes vous inquiet des danger d'une guerre?"
BW: "Oui"
SH: "Etes-vous inquiet de la prolifération des armements?"
BW: "Oui"
SH: "Pensez-vous qu'il y ait danger à donner des armes à de jeunes gens et à leur apprendre à tuer ?"
BW: "Oui"
SH: "Pensez-vous qu'il soit mal de forcer les gens à porter des armes contre leur volonté ?"
BW: "Oui"
SH: "Vous opposeriez-vous à la réintroduction de la conscription ?"
BW: "Oui" Extrait de « Politique – rien que les meilleures blagues » https://www.amazon.fr/dp/B082Z6JJQY

3 http://www.rtbf.be/info/societe/detail_pesticides-nous-scions-la-branche-sur-laquelle-nous-sommes-assis?id=7955963 Recherches sur le mélanges de poisons chimiques : https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/chimie-pharmacie/glyphosate-atrazine-bisphenol-a-un-laboratoire-rennais-tente-de-percer-les-mysteres-de-l-exposome-l-effet-cocktail-852521.html

Glyphosate, atrazine, Bisphénol A... un laboratoire rennais tente de percer les mystères de "l'exposome", l'effet "cocktail" Par Hélène Duvigneau, AFP , 10/07/2020,

L'Institut de recherche en santé, environnement et travail (Irset) de Rennes, qui compte 260 salariés, publie chaque année plusieurs centaines d'études sur l'impact des pollutions environnementales sur la santé, des pesticides aux composés industriels, en passant par les médicaments. "Au départ on s'est intéressé à des molécules comme le glyphosate, l'atrazine ou le Bisphénol A, puis petit à petit on en est venus à étudier leur mélange, car la vraie vie, c'est d'être exposé à des mélanges, c'est du cocktail", résume le directeur de l'Irset, Michel Samson. Voir le film de Marie-Monique Robin sur Monsanto https://www.youtube.com/watch?v=cVngG592xKU Disponible aussi en DVD.

4 http://leparticulier.lefigaro.fr/article/oxyde-d-ethylene-la-liste-des-produits-contamines-par-ce-pesticide-s-allonge/?utm_source=leparticulier&utm_medium=newsletter&utm_campaign=newsletter_la_recap_de_la_semaine_20210219&een=f43d6704969e1267caf67c5522585efb&seen=6&m_i=nPTnGQ6PKm4vsslTi%2BJhqLYOFDDf5hMjTE5f6fnfNZSmaElPBX53_rWlMyyxLAZd_05Ebc2sWcFHDJEsqpKqq05fSoAV1C8ffm

5 GeoHealth https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2019GH000237

6 Pour plus de détails: https://reporterre.net/La-hausse-des-concentrations-de-CO2-pourrait-nuire-a-nos-capacites-cognitives (11 mai 2020)

7 https://www.lanutrition.fr/la-pollution-atmospherique-ferait-vieillir-prematurement-le-cerveau (extraits)

8 http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_accidents_nucl%C3%A9aires ou http://www.astrosurf.com/luxorion/accidents-nucleaires-militaires3.htm, notamment leurs listes d'accidents qui, même incomplètes, donnent le vertige. Voir le détail https://fr.wikipedia.org/wiki/Essai_nucl%C3%A9aire Voir aussi , en DVD, l'extraordinaire film Brume de guerre où l'ancien ministre de la défense des USA Robert McNamarra avoue que nous avons échappé «  par chance » à plusieurs guerres nucléaires accidentelles!,

9 http://www.laradioactivite.com/fr/site/pages/expositionauxrayonscosmiques.htm

9a Les portables pourraient jouer un rôle dans la mortalité des insectes, selon une étude.  « L'exposition croissante de l'environnement aux rayonnements électromagnétiques a "probablement une influence sur le monde des insectes", estime une analyse publiée le 17 septembre 2020. Des données de 190 études menée par l'Association allemande pour la conservation de la nature (NABU) en collaboration avec deux ONG allemande et luxembourgeoise.

Cette analyse intervient au moment où l'Europe prépare l'arrivée prochaine de la technologie 5G, qui doit proposer un débit 100 fois plus rapide que celui des réseaux 4G existants et suscite de nombreuses mises en garde, en particulier des écologistes. Ces effets indésirables vont d'une perte de la capacité d'orientation due aux champs magnétiques à la détérioration du matériel génétique et des larves. » 

Sciences et Avenir avec AFP le 17.09.2020 https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/arthropodes/les-portables-pourraient-jouer-un-role-dans-la-mortalite-des-insectes-selon-une-etude_147484 9b

9b  5G, la course à quoi ? Cyril Pocréaux & François Ruffin, Le Monde diplomatique novembre 2020, p. 28 https://www.monde-diplomatique.fr/2020/11/POCREAUX/62398

10 https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/pollution-il-pleut-du-plastique-dans-les-pyrenees_3561915.html du 02/08/2019

11 http://www.fredzone.org/aux-etats-unis-il-pleut-du-plastique-dans-les-montagnes-rocheuses-441 (17/8/2019, extraits)

12 https://www.telerama.fr/idees/dominique-belpomme-cancerologue-70-a-90-des-cancers-seraient-lies-a-l-environnement,140734.php et http://www.artac.info/fr/recherche/a-lire/livres_000120.html

13 L'Obs avec AFP Publié le 08 septembre 2020

14 Le Quotidien du médecin, 15/10/20

15 Cité par Marie-Monique Robin, https://blog.m2rfilms.com/les-perturbateurs-endocriniens-impregnent-toute-la-population-francaise

16 Par Le Figaro avec AFP, le 13/03/2019 http://www.lefigaro.fr/flash-actu/un-quart-des-morts-et-maladies-liees-a-l-environnement-onu-20190313

17 https://www.ledevoir.com/societe/sante/552755/le-changement-climatique-est-la-plus-grande-menace-pour-la-sante-au-quebec-disent-des-medecins

18 https://www.negawatt.org/

19 https://formindep.fr/strategies-dinfluence

20 https://echa.europa.eu/-/echa-welcomes-the-reach-review-outcome

21 http://europa.eu/rapid/press-release_IP-18-1362_en.htm

22 https://www.ecomundo.eu/fr/innovation-recherche-developpement

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Pour lire les autres dossiers de ce site sur le nucléaire, le féminisme, l'environnement, les migrations des populations, l'Europe, la gouvernance, la littérature, le rire :  ouvrez  https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog et voyez l'article  Sommaire.

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