Une guerre perdue par l'Union soviétique.

Tout le monde croit que les Tchèques et Slovaques ont perdu la guerre, engagée contre eux en août 1968 par l'Union Soviétique et ses alliées contraints, mais est-ce si sûr? En réalité, le défense non-sanglante a empêché l'occupant d'atteindre ses objectifs. (Réactualisé le 22/9/20.) English version, completed: see the end of the French version.

Connaissez-vous l'histoire de David et de Goliath du XXe siècle ?

Un petit État de l'Europe centrale de 15 millions d'habitants a pu contrer sans violence l'occupation militaire d'un empire de 250 000 000 de personnes.

Il se peut que la décomposition de l'URSS ait commencé par l'attaque de la Tchécoslovaquie par l'armée russe et celles de ses vassaux en août 1968. L'agression du plus sincère allié de l'Union soviétique a provoqué des doutes et des contestations sans précédent à Moscou et dans l'ensemble du Bloc de l'Est qu’aucune répression n'a pu atténuer. 1

La défense non-violente de la Tchécoslovaquie contre l'occupation soviétique en 1968

 

z-svejk

Le brave soldat Švejk au front sort sa tête de la tranchée et crie:

"Ne tirez pas, il y a des hommes!"

La direction de l'Union soviétique s'inquiétait de l'évolution politique et économique de la Tchécoslovaquie pendant le   Printemps de Prague qui a fleuri l'ensemble du pays pendant les huit premiers mois de l'année 1968.

Pourtant, Alexander Dubček, Premier secrétaire du Parti communiste tchécoslovaque, affirmait, comme il le rappelle dans ses mémoires, que « ni mes alliés ni moi-même n'avions jamais envisagé le démantèlement du socialisme, même si nous nous séparions de divers dogmes du léninisme. Nous croyions encore en un socialisme indissociable de la démocratie parce que son principe essentiel était la justice sociale. Nous pensions aussi qu'il fonctionnerait mieux dans un environnement orienté vers le marché, en incorporant des éléments significatifs de l'entreprise privée. » 1a

Pour les Tchèques et les Slovaques il ne s'agissait pas de quitter le « bloc de l'Est ». Ils voulaient juste pouvoir remettre leur économie sur les rails. Car devenue la vache à lait de l'Union Soviétique, la Tchécoslovaquie n'avait plus les moyens de renouveler et de moderniser son appareil de production. Pour le ressusciter elle avaient besoin de libéraliser son régime politique.

Il faut se rappeler qu'entre les deux guerres mondiales le niveau politique, technologique et culturel de la Tchécoslovaquie était comparable à la France , et même après la deuxième comme en témoigne le Courrier International : « La Tchécoslovaquie, grande puissance industrielle européenne dans l’immédiat après-guerre, tombe, dans les années 1960, dans un marasme économique. » 2

Malheureusement, les dirigeants soviétiques pensaient que la Tchécoslovaquie n'allait pas rester dans le giron de l'URSS après les réformes engagées pendant le Printemps de Prague.

Le 21/8/1968 l'Union soviétique, avec la participation symbolique de quatre autres États du « bloc communiste », a envahi la Tchécoslovaquie avec 500000 soldats, des avions, des chars et d'autres armements.

Dubček précise : « Jusqu’au dernier moment, je ne crus que leurs dirigeants lanceraient une attaque militaire contre nous pour détruire et renverser notre évolution. (…) Il me fallut l’expérience personnelle décapante des jours et des mois à venir pour comprendre qu’en fait j’avais affaire à des gangsters. » «(...) jusqu’à quelques minutes avant minuit ce jour-là (le 21/8/1968) je croyais encore que les relations dans le camp 'socialiste' étaient essentiellement civilisées. A coup sûr, la dernière chose que j’attendais, c’était de voir une réunion de Présidium s’achever par la traque et l’enlèvement de la moitié de ses membres, moi-même compris. 3

En effet, Alexander Dubček et trois ministres les plus actifs pendant le Printemps de Prague, Josef Smrkovský, Oldřich Černík et František Kriegel, ont été arrêtés et transportés en URSS où ils furent gardés au secret. 4

L'occupant comptait sur une défense violente de la part des Tchécoslovaques. Son armée est arrivée à Prague avec une liste d'opposants ainsi que d'autres personnes susceptibles d'organiser la résistance, avec pour objectif de les emprisonner, voire de les déporter, à l'instar de ce qui s'était produit lors de l'occupation de la Hongrie en 1956. 5

Or, toutes ces personnes ont été immédiatement informées par la police de la menace et mises sous protection. Les unes ont pu quitter la Tchécoslovaquie, les autres ont été cachées dans des casernes, certaines même dans des prisons où le KGB ne les aurait jamais cherchées, ce qui démontre une extrême confiance de leur part en l'unité de la population contre l'occupant, l’armée et la police incluses !

La première consigne a été de déménager et de cacher les moyens de communication afin que les autorités puissent coordonner la résistance ce qui a donné parfois des résultats cocasses : Mon ami Martin Porubjak (devenu Premier Ministre de la Slovaquie après la chute du Mur de Berlin) qui, le jour de l'occupation, accomplissait son service militaire en gardant l'entrée de la télévision, m'a raconté comment il avait réagi à l'arrivée des soldats russes qui devaient la saisir. Porubjak leur a demandé:  « Avez-vous la 'boumazhka' ('papier', en russe, terme populaire désignant l'ordre écrit) ? » Face à ce gradé de l'armée alliée (après avoir terminé leurs études universitaires les Tchécoslovaques faisaient leur service en tant qu'officiers) les soldats russes ont fait demi-tour pour aller chercher la sacro-sainte « boumazhka ». Quand ils sont revenus quelques heures plus tard, la télévision avait été déménagée. Elle a pu émettre pendant plusieurs jours encore.

En même temps, le Gouvernement tchécoslovaque demanda à l'armée et au peuple de ne pas résister par les armes mais de refuser toute collaboration avec l'ennemi.

Moyens de la résistance

Comme l'enseignement de la langue russe était imposé depuis fort longtemps dans les écoles, la population a été invitée à parler aux soldats russes pour leur expliquer que la propagande soviétique les avait trompés et qu'ils n'avaient rien à faire en Tchécoslovaquie, pays frère.

L'opposition du peuple à l'intervention soviétique s'exprima dans d'autres, de très nombreux actes spontanés de résistance non violente. À Prague comme dans d'autres villes, les Tchèques et les Slovaques accueillirent les soldats du Pacte de Varsovie par des quolibets et des reproches véhéments. En plein mois d'août, sous le soleil torride, personne ne leur aurait offert un verre d'eau. Des milliers de dessins d'humour ridiculisaient les politiciens et l'armée soviétiques. Des graffiti, peints sur les murs (dont le célèbre « Lénine, reviens, Brejnev est devenu fou ! »), sur les chaussées et parfois même sur les chars, exprimaient le refus de l'occupation. Des cheminots ont fait tourner en rond pendant plusieurs jours le train russe apportant le matériel qui devait permettre de traquer les émetteurs des radios et des télévisions. De même pour ralentir l'avancée des armées les panneaux routiers furent détournés pour indiquer de mauvaises directions et les plaques de rues enlevées. Ainsi une unité polonaise s'est-elle retrouvée - en Pologne. Pour entraver l’action des - rares - collaborateurs les médias publiaient leur nom et les numéros d'immatriculation de leurs voitures. 6

L'historien français, Jean-Paul Demoule, quitte la Tchécoslovaquie trois jours après l'occupation : « J’ai traversé des villages, il y avait des tanks un peu partout (…) et toute la population qui discutait et qui, non pas insultait, mais engueulait si j’ose dire les tankistes. Ce n’était pas une atmosphère de terreur. C’étaient des débats évidemment extrêmement orageux. J’ai entendu une fois des soldats russes qui disaient : ‘Mais nous venons vous délivrer, on nous a expliqué qu’il y avait 40 000 soldats américains et ouest-allemands déguisés en touristes’. Ils étaient très étonnés d’être aussi mal reçus alors qu’ils pensaient qu’ils venaient délivrer. » 7

Les arrières-pensées de l'occupant ?

Certains soldats russes croyaient être en Allemagne. En les préparant à l'invasion de la Tchécoslovaque leur aurait-on dit qu'ils allaient combattre les Allemands? (En 1968 les plaies de la 2e guerre mondiale n'étaient pas cicatrisées et un tel argument pouvait motiver l'armée.) 8

Une partie des dirigeants soviétiques, civils et/ou militaires, espéraient-ils pouvoir aller plus à l'ouest que Prague ?

Jiří Hoppe de l'Institut de l'histoire de l'Académie des Sciences de la République Tchèque et Věnek Šilhan, l'un des protagonistes du Printemps de Prague, pensent que l'occupation de la Tchécoslovaquie a été planifiée dès le 12/2/1968 et avait un rapport avec les projets soviétiques de la Troisième guerre mondiale. Cette opiniopn est partagée par l'historien Jiří Hoppe. D'après lui, les Russes voulaient installer en Tchécoslovaquie, depuis plusieurs années, des armes nucléaires. 9

Deux jours après le début de l'occupation, le Président de la République, Ludvík Svoboda, apparut à la télévision vêtu, de façon inhabituelle, de son uniforme de général de l'Armée rouge - grade militaire qu'il avait obtenu pendant la 2e guerre mondiale - et annonça qu'il allait se rendre à Moscou pour exiger la libération de Dubček et de ses trois ministres. Il a menacé que s'il n'obtenait gain de cause il allait se tirer une balle dans la tête devant les dirigeants du Kremlin. Le 23 août il s'est envolé accompagné par son gendre puis, après quatre jours de négociations, la délégation tchécoslovaque accepta un accord appelé le « Protocole de Moscou ».

Ainsi, Alexander Dubček, Josef Smrkovský, Oldřich Černík et František Kriegel purent rentrer à Prague. Le fils de Dubček, Pavol, qui avait à l'époque 20 ans, raconte : « Quand il est rentré, il n'était pas beau à voir. Il était triste, fermé sur lui-même, son corps portait quelques petites plaies. Peut-être à cause de l'épuisement, je ne sais pas.10

Quand Alexander Dubček, communiste sincère, apparut à la télévision, il était en larmes et balbutiait: « Ils m'ont fait ça, à moi ! »

Les protestations contre l'invasion durèrent environ sept jours. Leur arrêt progressif a été principalement mis sur le compte de la démoralisation de la population, due à la présence massive et intimidante des troupes et des blindés, au sentiment d'abandon par ses dirigeants et à la passivité des pays occidentaux.

Hésitations

Face à l'attitude non-violente de la population les envahisseurs n'ont pas osé d'utiliser leurs armes. 11

« L’occupant, incapable de donner des ordres ou de faire respecter la moindre instruction à la population, devenait grotesque. Terrifiant par sa puissance, il était écrasé moralement. » 12

« La forme de résistance non-violente adoptée spontanément par la population aurait pu se prolonger plus longtemps et conduire à une situation bien différente si les dirigeants n'y avaient pas mis fin volontairement par une politique de collaboration, synonyme de capitulation. » 13

La résistance généralisée poussa l'Union soviétique à abandonner son plan initial de chasser le Premier Secrétaire du Parti Communiste, Dubček, qui put garder son poste, jusqu'à ce qu'il soit poussé à la démission l'année suivante.

Néanmoins, le 16 octobre 1968, le gouvernement tchécoslovaque signa son engagement à appliquer les quinze points du Protocole de Moscou qui demandait la suppression des groupes d'opposition, le total rétablissement de la censure et la mise à l'écart des cadres ouvertement réformistes. Il ne définit cependant pas la situation en Tchécoslovaquie comme « contre-révolutionnaire » ni ne demanda un retour en arrière sur tous les événements qui s'étaient produits depuis janvier.
Pendant plusieurs mois, Dubček a pu éviter la répression. Mais en avril 1969, « l’arrivée de Gustáv Husák aux fonctions suprêmes du pays a définitivement mis fin aux espoirs d’un renouveau en Tchécoslovaquie et marqué le début de la stagnation de la société, la dite 'normalisation'. » « Ancien prisonnier politique des années 1950, Gustáv Husák ne souhaitait pas un retour des procès. Finalement, il n’a rien fait pour les empêcher. Entre 1969 et 1989, 110 750 personnes ont été condamnées en Tchécoslovaquie pour des crimes contre la République. » 14

« Assainissement » (« Asanace » en tchèque), tel était le nom de l’opération dans le cadre de laquelle la police d’État (StB) a cherché à se débarrasser vers la fin des années 1970 de dizaines de dissidents, les jugeant comme des personnes 'incommodes'. Les méthodes, psychiques et physiques, auxquelles elle avait recours ont été particulièrement brutales. Elles ont obligé beaucoup de ceux qui n’avaient pas initialement l’intention de quitter le pays, à céder à la pression et partir. » 15

Bilan de la défense non-violente de la Tchécoslovaquie contre l'envahisseur soviétique

Finalement, quel peut être le bilan de la défense non-violente de la Tchécoslovaquie contre l'envahisseur soviétique ?

« Vue sous l'angle de la stabilité relative du système, la normalisation husakienne (du nom du Premier secrétaire du PC, Husak, qui a succédé à Dubček) peut apparaître comme un demi-succès. » Cependant, « l'Union soviétique n'a pas obtenu de la Tchécoslovaquie ce qu'elle espérait par la voie militaire; elle a dû recourir à des moyens politiques et policiers.“ 16

Cette occupation a peut-être été le début de la décomposition de l'Union soviétique. Lors d'un entretien privé du journaliste tchèque Jiří Dienstbier avec Michail Gorbatchev en septembre 1991, ce dernier aurait déclaré : « Nous avons pensé que nous effaçions, étouffions le Printemps de Prague, mais nous nous étouffions nous-mêmes . »  9

La Tchécoslovaquie a fini par être « normalisée » mais, en tant que telle, l'occupation militaire a été un échec total plutôt qu'un « demi-succès » car « en général, un pays, ou n'importe quelle autre collectivité, n'attaque pas pour détruire la force humaine et matérielle de son adversaire, mais au contraire, pour profiter de cette richesse. » 17

L'occupation ayant empêché les Tchèques et Slovaques de poursuivre la rénovation de leurs outils de production, commencée pendant le Printemps de Prague, l'efficacité industrielle et agricole continuait à chuter, ceci d'autant plus que la population travaillait au ralenti. L'opposition qui n'a pas pu être été décapitée encourageait vivement cette sorte de grève perlée. La « vache à lait » a cessé de nourrir l'Union Soviétique qui, ironie du sort, a dû subventionner son vassal pour éviter une explosion de mécontentement qui aurait pu s'étendre aux pays voisins.

Enfin, si jusqu'au 20 août 1968 les Slovaques et Tchèques ont considéré les Russes comme des « grands frères slaves », cela a cessé d'être le cas dès le lendemain. Puis, quand le Mur de Berlin est tombé la Tchécoslovaquie s'est précipitée vers l'Union Européenne qu'elle a rejoint rapidement.

La défense non-violente de la Tchécoslovaquie a évité les horreurs de la guerre traditionnelle sur son territoire et, peut-être, au-delà.18

Tout compte fait, contrairement à l'opinion répandue c'est plutôt la Tchécoslovaquie que l'Union soviétique qui a gagné cette guerre.19, 20

 

N.B: L'origine de la réaction des dirigeants, puis de la population tchécoslovaque à l'occupation militaire soviétique reste un mystère. Comment et par qui la décision de ne pas utiliser l'armée la mieux équipée du « Bloc de l'Est » pour défendre la Tchécoslovaquie a-t-elle pu être prise, dans la nuit du 21 août, en très peu d'heures ? Quand, au petit matin, cette décision a été annoncée à la population il n'y a eu aucune voix discordante. Et tout le monde s'est engagé résolument sur cette voie. C'est curieux mais aucune indication publiée ne permet de croire en une préparation de cette forme de défense pendant des jours, des semaines ou des mois d'avant le 21 août. Si elle a été spontanée, quel cheminement psychologique des Tchèques et des Slovaques a-t-il pu aboutir à cet événement ? Ne voulaient-ils pas tuer des soldats d'un pays frère? Avaient-ils juste peur d'un bain de sang?
 

NOTES:

1 « Pendant que je travaillais sur mon livre (1968 invasion. The Russian gaze), dit Alexander Daniel, j'ai été surpris par l'ampleur des protestations soviétiques contre l'invasion de la Tchécoslovaquie. Elles n'étaient pas limitées à la sphère littéraire (et avaient) une grande influence sur l'histoire de la Russie. »

Lors d'un entretien privé du journaliste tchèque Jiří Dienstbier avec Michail Gorbatchev en septembre 1991, ce dernier aurait déclaré :  Nous avons pensé que nous effacions, étouffions le Printemps de Prague, mais nous nous étouffions nous-mêmes .  http://www.sme.sk/c/4028678/august-68-dienstbier-neveri-ze-august-68-bol-kvoli-vojnovym-planom-moskvy.html

Le choc a été tel qu'encore en 2015 la propagande soviétique présentait ses événements de telle façon que le Ministère Slovaque des Affaires étrangères a cru nécessaire de protester. https://web.archive.org/web/20150925213521/http://www.mzv.sk/servlet/content?MT=%2FApp%2FWCM%2Fmain.nsf%2Fvw_ByID%2FID_C0B1D004B5A332B2C1257627003301E7_EN&OpenDocument=Y&LANG=EN&TG=BlankMaster&URL=%2FApp%2FWCM%2FAktualit.nsf%2F%28vw_ByID%29%2FID_4E6407DFBF0FFE00C1257E570023F671

1a  DUBCEK, Alexandre - HOCHMAN, Jiri  C'est l'espoir qui meurt en dernier, Autobiographie (p. 204). Paris: Fayard, 1993 ISBN 2-213-03088-X. p. 242-243.

2   Le Courrier International du 20/12/2007 https://www.courrierinternational.com/article/2007/12/20/a-bas-la-censure-camarades

3  Autobiographie de Dubcek, C'est l'espoir qui meurt en dernier, Autobiographie. Paris: Fayard, 1993. 450 p. ISBN 2-213-03088-X. Extraits publiés sur https://www.cvce.eu/obj/alexandre_dubcek_c_est_l_espoir_qui_meurt_en_dernier-fr-1dd76425-dfa1-4aad-8fd4-79dfdbf212b3.html

4   D'après le témoignage du fils de Dubček, Pavol, son père a été désigné comme « ennemi de classe, poussé dans un véhicule blindé et transporté quelque part en Pologne. Là, un officier l'a amené dans une carrière abandonnée, mon père s'attendait à être tué. Puis ils l'ont transporté en Ukraine où il a dû attendre dans une baraque la suite des événements. Ensuite on a transporté à Moscou nos politiciens et, après les avoir manipulés, on a amené mon père pour qu'il signe le Protocole de Moscou. Il ne voulait pas... » https://www.blesk.cz/clanek/zpravy-udalosti/186073/syn-dubceka-smrt-taty-me-sokovala-byla-zahadna.html

5  Insurrection hongroise, sur Les Observateurs https://lesobservateurs.ch/2018/10/24/linsurrection-hongroise-doctobre-1956-2/

6   John Keane, Vaclav Havel: A Political Tragedy in Six Acts, New York, Basic Books, 2000, p. 213

7  Jean-Paul Demoule au micro de Radio Prague le 20-02-2019. https://www.radio.cz/fr/rubrique/histoire/le-jeune-archeologue-francais-et-linvasion-de-la-tchecoslovaquie

8  Pour illustrer la force de la propagande soviétique puis russe, on peut citer La Dépêche du 21/8/2018 : « Si elle est décriée en Europe occidentale, l'intervention soviétique de 1968 continue à être vue favorablement par une grande partie des Russes. » « Selon un récent sondage du centre d'analyses indépendant russe Levada, l'entrée des forces soviétiques est perçue par quelque 40% de la population comme une mesure défensive et indispensable, alors que 10% seulement y voient une 'agression' et une 'ingérence'. » Michal Cizek, « Appels à la liberté 50 ans après l'écrasement du Printemps de Prague » La Dépêche du 21/8/2018 https://www.ladepeche.fr/article/2018/08/21/2854711-appels-liberte-50-ans-apres-ecrasement-printemps-prague.html

9 https://domov.sme.sk/c/4028678/august-68-dienstbier-neveri-ze-august-68-bol-kvoli-vojnovym-planom-moskvy.html#ixzz6176B2mPM

10 Pavol Dubček | Spomienky na Pražskú jar, le 08.08.2016 https://volksgruppen.orf.at/v2/slovaci/stories/2789987/

11 Peter Bu, Pour compléter la gamme des moyens défensifs: Non-violence - rêve ou stratégie?, Revue militaire générale, éditions Berger – Levrault, 10/1971, « (version réduite), publié également par l'hebdomadaire Détective (texte entier) et la revue militaire allemande Wehrkunde, Verlag Europaïsche Wehrkunde, München, 7/1971. Cette étude est une analyse de la défense non-violente de la Tchécoslovaquie contre l'occupation militaire soviétique en août 1968.

Voir aussi Le printemps du « socialisme à visage humain » par Anna Libera et Charle-André Udry, La Brèche, 25 mars 1988 http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article10259

12 Éditorial du journal Le Monde, 28/8/1968, ISSN 1950-6244

13 Michel Tatu, Le Monde, 21/8/1973

14 Jaroslava Gissübelová le 29-04-2009, Radio Prague Internationale, https://www.radio.cz/fr/rubrique/histoire/en-avril-1969-le-processus-de-normalisation-est-enclenche

15 https://www.radio.cz/fr/rubrique/miroir/les-differentes-facettes-de-lemigration-tchecoslovaque

16 Jacques Rupnik, Tchécoslovaquie : de la « normalisation » d'une crise à la crise d'une « normalisation », Politique étrangère,‎ n° 49-3,1984, p. 635-647

Voir aussi : Pauline Joris, L'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie - 20-21 août 1968, Nouvelle Europe mercredi 20 août 2008, http://www.nouvelle-europe.eu/node/500,

Voir aussi : Marc Semo, Printemps précoce à Prague. Libération du 25 janvier 2008 https://www.liberation.fr/grand-angle/2008/01/25/printemps-precoce-a-prague_63431

17 Peter Bu, Pour compléter la gamme des moyens défensifs: Non-violence - rêve ou stratégie? 

18 Des années plus tard, Oleg Kalugin, ancien général du KGB qui, en 1968, était officiellement l'attaché de presse de l'Ambassade de l'URSS aux USA, a publié un article confirmant que certains dirigeants soviétiques envisageaient de poursuivre l'occupation de la Tchécoslovaquie plus à l'Ouest. http://cestpassecretcestdisret.blogspot.com/2015/02/on-trouve-des-caches-darmes-de-la-cia.html  Difficile de connaitre les raisons de cette affirmation de Kalugin de 2015 mais cela explique peut-être pourquoi certains soldats russes, rencontrés à Bratislava, pensaient être en Allemagne.

19 Conclusion de l'étude déjà citée de Peter Bu Pour compléter la gamme des moyens défensifs: Non-violence - rêve ou stratégie?

20 Article publié en octobre 2019 sur Wikipédia (donc libre des droits). Cependant, il peut être modifié par d'autres que son auteur. https://fr.wikipedia.org/wiki/Non-violence

https://fr.wikipedia.org/wiki/Non-violence#La_d%C3%A9fense_non-violente_tch%C3%A9coslovaque_contre_l%27occup

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Pour lire les autres dossiers de ce site sur le nucléaire, le féminisme, l'environnement, les migrations des populations, l'Europe, la gouvernance, la littérature, le rire :  ouvrez  https://blogs.mediapart.fr/peter-bu/blog et voyez l'article  Sommaire.

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Non-violence at the state level

Philosophers and then religions have made an ideal of non-violence.

Social movements, in particular strikes from the 19th century, and strong personalities like Mahatma Gandhi or Martin Luther King have demonstrated by their example that the oppressed can use non-violence to liberate themselves.

Since the 1960s, the use of non-violence seems to have taken a new step.

The Prague Spring of 1968 was a revolution, or almost, carried out by non-violent means.In August of the same year, this Spring was interrupted by the military occupation of the USSR and its four allies against which Czechoslovakia defended itself by non-violent means.

In 1989, the destruction of the Berlin Wall, the Czechoslovak Velvet Revolution, the reunification of Germany, and finally the decomposition of the Soviet Union were achieved by non-violent means (apart from accidents and police violence, limited).

From the philosophical and religious concept, “non-violence” seems to be expanding at the state level [1] [2] [3].

Czechoslovak example: the Soviet occupation in 1968

The Good Soldier Schweik pulls his head out of the trench at the battlefront and shouts, Do not shoot, there are men![4]


The leadership of the Soviet Union was concerned about the political and economic development of Czechoslovakia during the Prague Spring, which seized the whole country during the first eight months of 1968.

It must be remembered that the political, technological, and cultural level of Czechoslovakia was comparable to France between the two world wars, and even after WWII, as the International Courier shows, 'Czechoslovakia, a great European industrial power in the immediate period after the war, fell into an economic slump in the 1960s'.” [5] [6] [7].

For the Czechs and Slovaks it was not a question of leaving the Eastern Bloc [8]. They just wanted to get their economy back on track. As Czechoslovakia became the cow of the Soviet Union, Czechoslovakia could no longer afford to renew and modernize its production apparatus. In order to resuscitate its economy, the country needed to liberalize its political system.

Alexander Dubček, First Secretary of the Czechoslovakian Communist Party, asserted, as he recalls in his memoirs, that, "neither my allies nor I had ever considered the dismantling of socialism, even if we parted with various dogmas of Leninism. We still believed in an inseparable socialism of democracy because its core principle was social justice, and we thought it would work better in a market-oriented environment, incorporating significant elements of private enterprise"[9].

Unfortunately, the Soviet leaders thought that Czechoslovakia would not stay in the fold of the USSR after the reforms initiated during the Prague Spring [10]. Soviet Army Marshal Alexander Grechko on April 8, 1968, ordered preparation for armed intervention against Czechoslovakia[11].

However, Dubček stated, "Until the last moment, I did not believe that their leaders would launch a military attack against us to destroy and reverse our evolution... I needed the stripping personal experience and several months to understand that in fact I was dealing with gangsters.” "...until a few minutes before midnight that day, [August 8, 1968], I still believed that relations in the 'socialist' camp were essentially civilized. Certainly, the last thing I expected was to see a Presidium meeting come to an end with the stalking and kidnapping of half of its members, myself included.” [12] ...

On August 21, 1968, the Soviet Union, with the symbolic participation of four other countries, Bulgaria, the German Democratic Republic, Hungary and Poland, of the "communist bloc,” invaded Czechoslovakia with 500,000 soldiers, planes, tanks and other armaments [13].

Just before midnight of August 20,1968, Brezhnev warned Dubcek against a violent reaction to the Soviet invasion. The first orders of the Czech and Slovak leaders forbade the army, the police and the popular militias to defend the country and part of the StB police collaborated with the occupier [14].

The occupier was counting on a resolute defense on the part of the Czechoslovaks. His army arrived in Prague with a list of opponents as well as others likely to organize the resistance, with the aim of imprisoning or even deporting them, as was the case during the occupation of Hungary in 1956 [15]. He did not expect that all these opponents were immediately informed by the police of the threat and put under protection. Some were able to leave Czechoslovakia, the others were hidden in barracks, some even in prisons where the KGB would never have sought them.

At 0 :20 The Minister of Defense, Dzúr, emitted an order to keep all troops in the barracks, and call the staff of the unions to the workplace, to not use weapons under any circumstances and provide Soviet troops on Czechoslovak territory all-round assistance [16].

At 1:50 am of August 21, 1968, the radio broadcast the first call from the Presidium of the Central Committee of the Communist Party, inviting the population to be passive [17]. Neverthless the Czechs and Slovaks understood it as an incitement to nonviolent defense, corresponding to the historical traditions of these people.

At five o'clock, the leading representatives of the Communist Party and government, led by A. Dubček, are arrested [18].

Means of resistance

"At the first alert, hundreds of students rushed there to protect, for a few hours, the absolute weapon of Czech freedom", the radio building in Prague. « Prague first responded to the occupation with a general one-hour work strike » [19].

The opposition of the people to the Soviet intervention was expressed through many spontaneous acts of nonviolent resistance [20].

In Prague, as in other cities, the Czechs and Slovaks welcomed the Warsaw Pact soldiers with vehement jests and reproaches. Since the Russian language had been compulsory in Czechoslovak schools for a long time, the Czechoslovak population was invited to talk to the Russian soldiers to convince them that they had been deceived by the Soviet propaganda and that they had nothing to do in Czechoslovakia, their brother country. Czechoslovakia posed no threat. In the middle of August, under the hot sun, no one would offer the soldiers any water. Thousands of cartoons ridiculed Soviet politicians and the Soviet army. Graffiti (such as the famous, « Lenin, come back, Brezhnev went mad! ») painted on walls, roadways, and tanks expressed the rejection of the occupation. Railroad workers surrounded the Russian train transporting monitoring equipment for radio and telecommunication transmitters for several days. Street signs were changed or removed to confuse the invading armies and hinder their progress (and thus, a Polish unit found itself...in Poland). To hinder the action of the occasional collaborators, the media published their names and the registration numbers of their cars [21] [22].

The French historian, Jean-Paul Demoule, left Czechoslovakia three days after the occupation: "I passed through villages, there were tanks everywhere... and the whole population was talking to and insulting the soldiers. It was not an atmosphere of terror. These were obviously extremely stormy debates. I once heard Russian soldiers say, 'But we are coming to free you, we have been told that there are 40,000 American and West German soldiers disguised as tourists.' They were very surprised to be so badly received since they thought they were coming as liberators” [23].

The occupant's hidden thoughts?

Some Russian soldiers thought they were in Germany [24]. By preparing them for the invasion of Czechoslovakia, would they have been told that they were going to fight the Germans? In 1968 the wounds of the Second World War were not healed and such an argument could motivate the army [25].

"According to a recent poll by Russian independent think tank Levada, the entrance of Soviet forces is perceived by some 40% of the population as a defensive and indispensable measure, while only 10% see it as an 'aggression' and a interference' [26].

Perhaps some of the Soviet leaders, civilians and / or military, hoped they could go further west than Prague? [27]    Two days after the beginning of the occupation, the President of the Republic, Ludvík Svoboda, appeared on television wearing, unusually, his Red Army General's uniform (a military rank he had obtained during the 2nd World War) and announced that he was going to Moscow to demand the release of Dubček and his three ministers. He threatened that if he did not succeed he would shoot himself in the head in front of the Kremlin leaders. « 'And nobody will believe that it was suicide', he added » [28].

On August 23, 1968, he went and, after four days of negotiations, the Czechoslovak delegation accepted an agreement called the "Moscow Protocol."

Alexander Dubček, Josef Smrkovský, Oldřich Černík and František Kriegel were able to return to Prague. Dubček's son, Pavol, who was 20 years old at the time, said, "When he returned, he did not look well. He was sad, withdrawn, and his body carried a few small wounds. Maybe because of exhaustion, I do not know” [29]. When Alexander Dubček, a sincere communist, appeared on television, he was in tears and stammered, "They did that to me!"

The protests against the invasion lasted about seven days. Their gradual cessation was mainly blamed on the demoralization of the population due to the massive and intimidating presence of troops and tanks, the feeling of abandonment by its leaders, and the passivity of Western countries. who were limited to verbal protests. “When the US and Nato chose not to intervene in Hungary in 1956 or in Czechoslovakia in 1968 it was also an implicit recognition of the 1945 Yalta agreements” [30].

However, « the Communist Party in each country was obliged to put its position on the invasion. The French expressed ‘surprise and disapproval’; the Italians considered the invasion ‘unjustified’, the Canadian, British and Australian CPs opposed it. The CPs of the US, Greece, Chile, Cyprus, Syria supported the invasion, as did the East European governments and Cuba, except Romania, which criticised the invasion. In Australia, the CPA had been defending dissidents in the USSR, and hailed Dubcek’s appointment as a victory over bureaucracy » [31].

The most virulent criticisms came from certain communist parties, in particular the Romania and Chinese CP [32].

Hesitation

Faced with the nonviolent attitude of the population, the invaders did not dare to use their weapons [33].

"The occupier, unable to give orders or to enforce any instruction to the population, became grotesque. Terrifying by his power, he was morally crushed”[34].

"The form of non-violent resistance spontaneously adopted by the population could have been prolonged and lead to a very different situation if the leaders had not voluntarily ended it by a policy of collaboration, synonymous with surrender” [35].

The generalized resistance drove the Soviet Union to abandon its initial plan to oust the First Secretary of the Communist Party, Dubček, who was able to keep his position until he was forced to resign the following year.

Nevertheless, on October 16, 1968, the Czechoslovak Government signed its commitment to implement the fifteen points of the “Moscow Protocol” which called for the suppression of opposition groups, the total reinstatement of censorship, and the sidelining of openly reformist groups. However, the  “Moscow Protocol” does not define the situation in Czechoslovakia as "counter-revolutionary," nor ask for a retrospect on all the events that had occurred since January. (Designating the Prague Spring as a "counter-revolution" would have implied an even more radical measures.)

For several months, Dubček was able to avoid repression. But in April 1969, "the arrival of Gustav Husák to the supreme functions of the country definitively put an end to the hopes of a revival in Czechoslovakia and marked the beginning of the stagnation of society, the so-called 'normalization'.” "A former political prisoner of the 1950s, Gustáv Husák did not want a return to trial. Finally, he did nothing to stop them. Between 1969 and 1989, 110,750 persons were sentenced in Czechoslovakia for crimes against the Republic” (like in the period of political trials of the 1950s…)[36].

"Sanitation" (‘asanace’ in Czech), was the name of the operation in which the State Police (StB) sought to rid itself in the late 1970s of dozens of dissidents. The psychic and physical methods the police used were particularly brutal. They forced many who did not initially intend to leave the country to give in to the pressure and leave [37].

Assessment of the non-violent defense of Czechoslovakia against the Soviet invader

Finally, what is the balance sheet of Czechoslovakia's non-violent defense against the Soviet invader?

"From the perspective of the relative stability of the system, the 'normalization' ... can appear as a half-success." However, "the Soviet Union did not obtain from Czechoslovakia what it hoped for by military means; it had to resort to political and police means"[38].

Czechoslovakia ended up being "normalized" but, as such, the military occupation was a complete failure rather than a "half-success" because "in general, a country, or any other community, do not attack to destroy the human and material strength of his adversary, but on the contrary, to take advantage of this wealth” [39].

The Soviet Union did not achieve this goal. This does not prevent Soviet propaganda from presenting the occupation of Czechoslovakia as a victory: see the report by Olivier Wormser, French Ambassador to Moscow [40].

As the occupation prevented the Czechs and Slovaks from continuing the renovation of their production tools, industrial and agricultural efficiency continued to fall, especially because the population was working in slow motion. The opposition, which could not be beheaded, strongly encouraged this sort of veiled strike. The "cash cow" stopped feeding the Soviet Union which, ironically, had to subsidize its vassal to avoid an explosion of discontent that could have spread to neighboring countries. 

Finally, while the Slovaks and Czechs may have considered the Russians as their "great Slavic brothers" before August 20, 1968, this ceased to be the case the next day [41]. Then, when the Berlin Wall fell, Czechoslovakia rushed to join the European Union.

According to widespread opinion, the Czechs and Slovaks lost the war, waged against them in August 1968 by the Soviet Union and its forced allies, but is it so sure? In reality, the bloodless defense prevented the occupier from achieving their objectives [42].

The nonviolent defense of Czechoslovakia avoided the horrors of traditional warfare on its territory and, perhaps, beyond.

In addition, the decomposition of the USSR may have started with the attack on Czechoslovakia by the Russian army and those of its vassals in August 1968. The aggression of the most sincere ally of the Soviet Union has raised doubts and unprecedented protests in Moscow and throughout the Eastern Bloc that no repression has been able to mitigate.

On August 25 citizens of the Soviet Union who did not approve of the invasion protested in Red Square: seven protesters opened banners with anti-invasion slogans. The demonstrators were brutally beaten and arrested by security forces, and later punished by a secret tribunal; the protest was dubbed "anti-Soviet" and several people were detained in psychiatric hospitals [43].

“ While working on this book (1968 invasion. The Russian gaze) said Alexander Daniel, I was surprised by the extent of the Soviet protests against the invasion of Czechoslovakia. They were not limited to the literary sphere (and had) a very great importance on the history of Russia ” [44].

The shock was so powerful that again in 2015 Russia considered it useful to falsify the history of the Soviet occupation of Czechoslovakia. On May 31, 2015 « the Ministry of Foreign and European Affairs of the Slovak Republic has been unpleasantly surprised by the misleading presentation of the invasion of the Warsaw Pact armies in Czechoslovakia in 1968 in the documentary 'Warsaw Pact - Pages Declassified' broadcast by Russian state television Rossija 1 on May 23, 2015. (…) Broadcasting this documentary which attempts to rewrite history and to falsify historic truths about such a dark chapter of our history damages the traditionally good relations between Slovakia and Russia » [45].


NB: The origin of the reaction of the Czechoslovak leaders and then the Czechoslovak population to the Soviet military occupation remains a mystery.

There is no published evidence suggesting the preparation for this approach to the country's defense in the days, weeks, and months prior to August 21, 1968.

How was the quick decision made to avoid using the best-equipped army of the Eastern Bloc to defend Czechoslovakia on the night of August 21? When the decision was announced to the people in the early morning, there was no discordant voice. Everyone committed to this path.

If, on the other hand, this reaction was spontaneous, how can we explain the unity of citizens, the consistency of the means used and the coordination of efforts?

Half a century later, these questions still seem to be unanswered.

 

  1. Making the Abolition of War a Realistic Goal de Gene Sharp In Midwest Newsletter, World Without War Issues Center https://www.nonviolent-conflict.org/resource-library/?fwp_keyword_search=gene%20shar&fwp_language=english&fwp_paged=2 16 pages
  2. La Guerre Civilisée: La Defense par Actions Civiles de Gene Sharp. Civilian-Based Defense: A Post-Military Weapons System (French) Princeton University Press, 1990. Traduction: Presses Universitaires de Grenoble, Bernard Lazarevitch (Traduction), 1995 https://www.nonviolent-conflict.org/resource/civilian-based-defense-a-post-military-weapons-system-french/
  3. Countering Hybrid War: Civil Resistance as a National Defense Strategy, Maciej Bartkowski https://www.nonviolent-conflict.org/resource/countering-hybrid-war-civil-resistance-national-defense-strategy/
  4. The Good Soldier Švejk, (Osudy dobrého vojáka Švejka za světové války) by Jaroslav Hašek, by Penguin Classics, 2005
  5. Le Courrier International du 20/12/2007 https://www.courrierinternational.com/article/2007/12/20/a-bas-la-censure-camarades
  6. Fowkes, Ben (2000). Eastern Europe 1945–1969: From Stalinism to Stagnation, Longman, ISBN 978-0-582-32693-4
  7. The Reform Movement , ch. 1 https://www.photius.com/countries/slovakia/economy/czechoslovakia_economy_economic_policy_and_~777.html « In the early 1960s, several Czechoslovak economists had analyzed these problems and had remedies to offer. One spokesman for the reformers was the economist Ota Sik, a member of the KSC Central Committee and its Economic Commission, Party and government officials listened because after the 1962 recession and the earlier failure of the 1958 reforms they recognized that something had to be done. In October 1964, the party published a set of principles for major economic reform and, beginning in 1965, started implementing specific measures. In June 1966, the Thirteenth Party Congress gave its official approval to the new program, which came to be called the New Economic Model (NEM). Some influential party leaders remained opposed to the reforms, apparently concerned about possible domestic political repercussions. These party leaders engaged in what they termed "correction of deficiencies," but in the process they diluted the content of the reform measures. Only after the party leadership changed in January 1968 did support for the reforms increase and the pace of reform quicken
  8. https://www.cia.gov/news-information/featured-story-archive/2008-featured-story-archive/a-look-back-the-prague-spring-the-soviet.html
  9. DUBCEK, Alexander - HOCHMAN, Jiri "It is the hope that dies last, Autobiography". Paris: Fayard, 1993. 450 pp
  10. DUBCEK, Alexander - HOCHMAN, Jiri "It is the hope that dies last, Autobiography". Paris: Fayard, 1993. 450 pp.
  11. Brief chronology of the invasion of Czechoslovakia in August 1968 https://francais.radio.cz/breve-chronologie-de-linvasion-de-la-tchecoslovaquie-en-aout-1968-8592949 In August, Grechko stated to the assembled Soviet Politburo and military leaders: "The invasion will take place even if it leads to a third world war."
  12. DUBCEK, Alexander - HOCHMAN, Jiri "It is the hope that dies last, Autobiography". Paris: Fayard, 1993. 450 pp. https://www.cvce.eu obj/alexandre_dubcek_c_est_l_espoir_qui_meurt_en_dernier-fr-1dd76425-dfa1-4aad-8fd4-79dfdbf212b3.html
  13. Ústav pro studium totalitních režimů, Institute for the Study of Totalitarian Regimes, documents, photographs https://www.ustrcr.cz/uvod/srpen-1968/srpen-1968-chronologie
  14. "Hungarian Uprising", on Observers  https://lesobservateurs.ch/2018/10/24/linsurrection-hongroise-doctobre-1956-2/
  15. https://www.ustrcr.cz/uvod/srpen-1968/srpen-1968-chronologie in Czech
  16. https://www.ustrcr.cz/data/mp3/srpen-1968/rozhlas_001.mp3 in Czech
  17. https://www.ustrcr.cz/uvod/srpen-1968/srpen-1968-chronologie « By the morning of 21 August, Dubček and other prominent reformists had been arrested and were later flown to Moscow. There they were held in secret and interrogated for days. Vladimir Kusin, From Dubcek to Charter 77, New York: St. Martin's Press, 1978 p. 21
  18. August 26, 1968: Czechoslovakia, the coup of strength. By Jacques Boetsch, l'Express, August 27, 2018. https://www.lexpress.fr/actualite/monde/26-aout-1968-tchecoslovaquie-le-coup-de-force_2004121.html
  19. Windsor, Philip and Adam Roberts. Czechoslovakia 1968: Reform, Repression and Resistance. Chatto & Windus, London, 1969, pp. 97–143.
  20. John Keane, Vaclav Havel: A Political Tragedy in Six Acts, New York, Basic Books, 2000, p. 213
  21. Paul Chan, "Fearless Symmetry" Artforum International vol. 45, March 2007. + James L. Van Hise https://nonviolence3.com/history/czech/ Originally published 1997 + Civilian Resistance in Czechoslovakia, January, 5, 2009 https://nonviolence3.com/history/czech/ See photographs, films and documents
  22. Jean-Paul Demoule at the microphone of Radio Prague on 20-02-2019. https://www.radio.cz/fr/rubrique/histoire/le-jeune-archeologue-francais-et-linvasion-de-la-tchecoslovaquie
  23. Invasion 1968: the Russian view of Czechoslovakia, a documentary film from 2011. At a minute of 21.38 a Russian journalist working in Prague demand if the soldiers kows where they are. The answer is: in Germany.
  24. To illustrate the strength of the Soviet and Russian propaganda, we can quote The Dispatch of 21/8/2018: "If it is decried in Western Europe, the Soviet intervention of 1968 continues to be favorably viewed by a large part of the Russians"
  25. Michal Cizek, "Calls to freedom 50 years after the crushing of the " Prague Spring " The Dispatch of 21/8/2018 https://www.ladepeche.fr/article/2018/08/21/2854711-appels-liberte-50-ans-apres-ecrasement-printemps-prague.html
  26. Michal Cizek, "Calls to freedom 50 years after the crushing of the" Prague Spring "The Dispatch of 21/8/2018 According to Jiří Hoppe of the Institute of History of the Czech Academy of Sciences and Věnek Šilhan, one of the protagonists of the Prague Spring, the occupation of Czechoslovakia was planned as early as 12/2/1968 as part of preparations for World War 3. The USSR wanted to install Czechoslovakia Prague was refusing, but Jiří Dienstbier, who at the time was working on state radio and then joined the 2000 Charter, disagrees with this argument of the Slovak daily SME, August 18,2008 https://domov.sme.sk/c/4028678/august-68-dienstbier-neveri-ze-august-68-bol-kvoli-vojnovym-planom-moskvy.html#ixzz6176B2mPM
  27. A Noble Cause Betrayed ... but Hope Lives, by John Boyd. Quoted by https://www.marxists.org/history/canada/socialisthistory/Remember/Reminiscences/Boyd/B21.htm Article features detailed testimony of negotiations in Moscow
  28. Pavol Dubček "Memories of Prague Spring," le 08.08.2016 https://volksgruppen.orf.at/v2/slovaci/stories/2789987/
  29. Erkki Tuomioja : https://tuomioja.org/puheet/2008/12/the-effects-of-the-prague-spring-in-europe-2-6-2008
  30. The International Break-Up of Stalinism, Andy Blunden, 1993, cité par https://www.marxists.org/subject/stalinism/origins-future/ch3-2.htm#1-2
  31. Peking Review, Vol. 11, #43, Oct. 25, 1968, pp. 8-10, quoted by https://www.marxists.org/subject/china/peking-review/1968/PR1968-43d.htm
  32. Peter Bu, "To complete the range of defensive means: Non-violence - dream or strategy? ", General Military Review, Berger-Levrault editions, 10/1971," (reduced version), also published by Detective weekly (full text) and the German military magazine Wehrkunde, Verlag Europaische Wehrkunde, Munich, 7/1971. This study is an analysis of Czechoslovakia's nonviolent defense against Soviet military occupation in August 1968. See also The Spring of "Socialism with a Human Face" by Anna Libera and Charle-André Udry, La Brèche, March 25, 1988 
  33. Editorial of the newspaper Le Monde, 8/28/1968
  34. Michel Tatu, the newspaper Le Monde, 8/21/1973
  35. Jaroslava Gissübelová on 29-04-2009, Radio Prague International, https://www.radio.cz/fr/rubrique/histoire/en-avril-1969-le-processus-de-normalisation-est-enclenche
  36. https://www.radio.cz/fr/rubrique/miroir/les-differentes-facettes-de-lemigration-tchecoslovaque 
  37. Jacques Rupnik, "Czechoslovakia: from the" normalization "of a crisis to the crisis of a" normalization ", Foreign Policy, No. 49-3, 1984, p. 635-647 See also: Pauline Joris, "The invasion of Czechoslovakia by Warsaw Pact troops - August 20-21, 1968", New Europe Wednesday, August 20, 2008, http://www.nouvelle-europe.eu/node/500 See also: Marc Semo, "Early Spring in Prague". Release of January 25, 2008 https://www.liberation.fr/grand-angle/2008/01/25/printemps-precoce-a-prague_63431 See also Encyclopedia of the Cold War, publié par Ruud van Dijk, William Glenn Gray, Svetlana Savranskaya, Jeremi Suri, Qiang Zhai , P. 718. https://books.google.fr/books?id=QgX0bQ3Enj4C&pg=PA718&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false
  38. Peter Bu's already cited study, "To complete the range of defensive means: Non-violence - dream or strategy?
  39. Olivier Wormser, French Ambassador to Moscow from 1966 to 1968, cited by https://www.revuedesdeuxmondes.fr/wp-content/uploads/2016/11/b4b5a01fd0ef5c0f1cc2ff2d5e1631bf.pdf and https://www.revuedesdeuxmondes.fr/wp-content/uploads/2016/11/5682ca5737741cd3fa42546b7ace0187.pdf And: Karen Dawisha, Philip Hanson, « The 1968 Invasion of Czechoslovakia: Causes, Consequences, and Lessons for the Future », Soviet-East European Dilemmas: Coercion, Competition, and Consent, New York, Homs and Meier Publishers, 1981
  40. « The Czech and Slovak peoples had the warmest and closest fraternal feelings toward the Soviet peoples, and certainly the least inimical. All this has been destroyed for a generation at least. » "A Noble Cause Betrayed ... but Hope Lives", by John Boyd. Quoted by https://www.marxists.org/history/canada/socialisthistory/Remember/Reminiscences/Boyd/B21.htm
  41. Years later, Oleg Kalugin, a former KGB general who, in 1968, was officially the press secretary of the USSR Embassy, published an article confirming that some Soviet leaders were planning to continue the occupation. from Czechoslovakia further west. http://cestpassecretcestdisret.blogspot.com/2015/02/on-find-of-cache-darmes-de-la-cia.html Difficult to know the reasons for this statement of Kalugin of 2015 but this may explain why some Russian soldiers, met in Bratislava, thought they were in Germany. And: Conclusion of Peter Bu's study "To complete the range of defenses: Non-violence - dream or strategy? "
  42. Gorbanevskaya, Natalia (1972). Red Square at Noon. Holt, Rinehart and Winston. ISBN 978-0-03-085990-8
  43. Russkoe slovo, September 2011 https://www.ustrcr.cz/data/pdf/publikace/monografie/ruske-slovo9-2011.pdf
  44. https://web.archive.org/web/20150925213521/http://www.mzv.sk/servlet/content?MT=%2FApp%2FWCM%2Fmain.nsf%2Fvw_ByID%2FID_C0B1D004B5A332B2C1257627003301E7_EN&OpenDocument=Y&LANG=EN&TG=BlankMaster&URL=%2FApp%2FWCM%2FAktualit.nsf%2F%28vw_ByID%29%2FID_4E6407DFBF0FFE00C1257E570023F671
  45. https://digitalarchive.wilsoncenter.org/collection/77/soviet-invasion-of-czechoslovakia "Protests against the 1968 occupation of Czechoslovakia in Warsaw Pact countries" https://www.ustrcr.cz/uvod/vzdelavaci-projekt-pamet-a-dejiny-totalitnich-rezimu/protesty-proti-okupaci-ceskoslovenska-v-roce-1968/
  46. https://books.google.fr/books?id=QgX0bQ3Enj4C&pg=PA718&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false
  47. Archive at marxists.org from M.I.A. Encyclopedia: Prague Spring https://www.marxists.org/glossary/events/p/r.htm#prague-spring

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