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Billet de blog 19 novembre 2018

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Grand merci à tous mes amis qui m'ont accompagné dans cette aventure mediapartienne depuis près de huit ans. Je ne peux les citer toutes et tous mais je tiens particulièrement à saluer Grain de Sel qui a encouragé et soutenu mes premières tentatives d'écriture dans ce club où l'on peut essuyer aussi facilement les opprobres que les louanges. Ses textes superbes ont déclenché en moi cette envie de bien écrire … mais le talent ne s'improvise pas et avec le recul, je fais le constat un peu amer que nombre de mes billets étaient assez médiocres. Mais qu'importe, nous avons beaucoup partagé et durant ces années, il y eut de la connivence, de l'amitié, de l'affection mais aussi des désaccords parfois profonds, des brouilles que nous savions dissoudre dans la chaleur de nos attachements réciproques, et puis aussi de l'humour, des exubérances soufflées dans des bulles que nous jetions au vent de nos inspirations souvent loufoques, mais aussi parfois tendres et poétiques. Ce temps fait hélas déjà nostalgie ...

JOAN BAEZ ~ Pauvre Ruteboeuf ~ © Scout4Me1

Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Il ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a otés
L'amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

Merci donc à Mediapart d'avoir largement ouvert les colonnes d'un club qui a permis de faire germer toute cette vie, et puis aussi d'avoir accepté l'expression de toutes les opinions et même les critiques les plus sévères.

Mais tout ceci a disparu peu à peu, les clivages dogmatiques qui se sont révélés lors de l'élection présidentielle ont laminé cette cordialité, cette chaleur partagée avec des contacts dont la grande majorité s'est avérée d'un autre bord politique que le mien. Je ne cache pas avoir été séduit par le programme de la FI, appréciation qui suscite dans ce journal une haine irraisonnée que je ne comprends toujours pas.

Le prétexte de la sacro-sainte liberté d'expression dont se sont emparée les prédateurs professionnels a fait le reste. Le club est devenu un cloaque où, à part de remarquables exceptions, surnagent les malfaisants qui invectivent tous azimuts, brandissant les étendards de leur mauvaise foi, qui s'insultent et s’entre-tuent avec délice et renaissent aussitôt pour cracher encore le venin qui nourrit leur ego ... sous l’œil complaisant de la rédaction.

En ces temps de profonde incertitude sur l'avenir de l'humanité, où partout sur la planète, avec ou sans l'assentiment des peuples, se mettent en place des régimes autoritaires, voire néo-fascistes, où la démocratie est perçue par les grands décideurs comme une contrainte insupportable, où la certitude d'une catastrophe écologique globale n'est prise en compte par les responsables politiques que par des mesures de saupoudrage en trompe-l’œil, où la torture des opposants, pratiquée par des régimes « amis » et la mort des laissés pour compte, des migrants, des minorités oubliées ne sont jugés que comme des conséquences mineures de ce néo-libéralisme mondialisé dont l’essence même est d'exclure les moins productifs, pour une croissance sans limite et pour le profit démesuré d'une minorité ; en ce début de 21éme siècle donc, où tout semble pouvoir basculer dans le chaos et la désolation, le temps est venu, impératif, de faire des vrais choix.

Mediapart a résolument décidé de ne pas en faire, poursuivant imperturbablement, son travail d'investigation, traquant les turpitudes, fraudes, corruptions, conflits d'intérêt ... etc,  tâche sans doute indispensable mais qui hélas semble affranchir ce journal du regard nécessaire sur les grands enjeux écologiques et sociaux, et donc de son obligation déontologique, après les grandes envolées humanistes de ses journalistes et en premier lieu de son directeur, de mettre ses choix éditoriaux et donc politiques au service d'un large rassemblement d'une gauche française sans lequel il sera impossible d'enrayer la destruction d'un modèle social qui faisait exemple dans le monde entier mais que l'actuel pouvoir brade sans état d'âme au secteur privé, anéantissant tout espoir de retour vers une civilisation du commun et de la solidarité. Devant ces catastrophes à venir, comment peut-on suivre des journalistes, observateurs indifférents qui trébuchent sur la conscience de leurs intérêts bien sonnants et sur leur détestation affichée d'un mouvement d'opposition pourtant très populaire ?

le temps de faire des choix : ne plus soutenir une publication qui tue l'espoir en attisant ostensiblement les haines.

PS1 : J'ai le sentiment que la direction de Mediapart et nombre de blogueurs, ne voient pas sans déplaisir partir les sympathisants FI cédant la place aux bien-pensants qui s'accommodent fort bien du libéralisme macronien, des mesures antisociales qui vont avec et du creusement des inégalités. 

PS2 : Le ressentiment qui depuis trop longtemps s'instille dans une population qui constate un gavage sans retour d'une caste de très riches s'est lentement mué en colère et des deux cotés, c'est un sourd sentiment de haine qui s'installe peu à peu, ce poison dont la permanence confortée par l'incompréhension et le mépris des pouvoirs en place dont celui de la presse n'est pas le moins nocif, ce venin donc, a toujours été le premier ingrédient des conflits et des guerres. Ne manque plus que le catalyseur. S'il advient, l'Histoire pointera les responsabilités … n'est-il pas temps de désamorcer ?

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.