La grande confusion (1): Meurs pas… la gauche

À l’occasion de la sortie le 10 mars 2021 du livre « La grande confusion. Comment l’extrême droite gagne la bataille des idées » (éditions Textuel), un éclairage décalé à partir d’une chanson de Robert Charlebois (paroles de Jean-Loup Dabadie) de 1981 : « Meurs pas »…et le sommaire détaillé du livre.

Naissance et mort possible de la gauche : quelques repères historiques

En France, l’opposition gauche/droite émerge historiquement en septembre 1789 en rapport avec le positionnement politique au sein de l’espace parlementaire. À la droite du président de l’Assemblée constituante siègent ceux qui souhaitent donner au roi un droit de veto absolu et ainsi maintenir sa puissance monarchique. À sa gauche siègent ceux qui sont favorables à un veto suspensif régulateur ou à une absence de veto au nom même de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen adoptée en août 1789 attribuant la souveraineté au peuple et à ses représentants et non au roi. Le côté gauche l’emporte.

Cependant le couple de mots lui-même n’élargit son usage au-delà de la localisation dans l’arène parlementaire et ne s’enracine que plus tardivement. En France, pour le politiste Marc Crapez, « Les notions de droite et de gauche se limitent au langage de la topographie parlementaire au 19e siècle ; elles n’investissent progressivement le champ idéologique et culturel, en se polarisant, qu’au début du 20e siècle. »(1). Ce clivage deviendra au cours du XXe siècle une des matrices principales pour appréhender l’espace politique à un niveau international.

Toutefois, avant que l’usage même du mot « gauche » ne soit routinisé, les éléments qui constitueront son contenu sont déjà travaillés, avec d’autres mots, dans des bricolages idéologiques à partir du XVIIIe siècle. Ainsi la catégorie de « gauche » charrie intellectuellement des matériaux associant les Lumières du XVIIIe siècle, le libéralisme politique et le républicanisme du XIXe siècle ainsi que le mouvement socialiste des XIXe et XXe siècles. En ce sens, « la gauche » constitue un processus d’hybridation de strates historiques, d’expériences collectives et individuelles ainsi que de ressources intellectuelles diverses dans un ensemble mouvant et composite, peuplé d’oppositions et de controverses, en redéfinitions continues. Un des piliers intellectuels historiques de la gauche, au croisement des Lumières, des idéaux démocratiques et du socialisme, a été constitué par l’association entre la critique sociale et l’émancipation. Cette association critique sociale-émancipation a été retravaillée par d’autres mouvements sociaux, concomitants ou postérieurs : mouvement féministe, mouvement anticolonial, mouvement antiraciste, mouvement homosexuel…

Or, aujourd’hui, le clivage gauche/droite s’effrite dangereusement. Dans ce contexte politiquement brouillé et périlleux, on observe, en France comme à une échelle internationale, une extension des domaines d’un confusionnisme rhétorique et idéologique au sein des espaces publics, dans le sens de la confusion entre des postures et des thèmes d’extrême droite, de droite, de gauche modérée et de gauche radicale, favorisant des bricolages idéologiques ultraconservateurs, voire une extrême droitisation, sur fond de prégnance plus large d’identitarismes, entendus comme la réduction des individus et des collectivités humaines à une identité principale et close. Le confusionnisme est le nom actuel d’une désagrégation relative des repères politiques antérieurement stabilisés autour du clivage gauche/droite et du développement de passerelles discursives entre extrême droite, droite, gauche modérée et gauche radicale. Une des possibilités ainsi ouvertes (mais pas la seule) est l’émergence et la stabilisation de « postfascismes », sous la forme de partis et/ou de régimes politiques. En perdant la notion de gauche, nous pourrions perdre beaucoup plus qu’une marque électorale adossée à des intérêts politiciens…

 

« Meurs pas » la gauche : repères chantonnants

En 1981, l’année de l’arrivée de la gauche au pouvoir en France (et peu avant, 1983, qu’on ne commence à déchanter quant aux dérives néolibérales et oligarchiques de la gauche de gouvernement), le chanteur québécois Robert Charlebois sort son quatorzième album : Heureux en amour ? Sur cet album, une perle sentimentale, dans laquelle Charlebois met en musique un texte de Jean-Loup Dabadie : « Meurs pas ». Et si cette chanson bouleversante nous parlait aujourd’hui métaphoriquement de la mort éventuelle de la gauche ?

Meurs pas © Robert Charlebois - Topic

Et si nous étions un peu pour quelque chose dans les reculs des idéaux associés au mot de « gauche » ? Politiciens le nez dans le guidon tirant sur la corde en usant et abusant des usages électoralistes du mot surtout, mais aussi militants hier dogmatiques, aujourd’hui désabusés, voire indifférents, ou sympathisants attirés par le clinquant des modes successives… Et si la gauche pouvait aussi mourir de nos faiblesses ? Peut-on encore avoir un éclair de lucidité, à la manière de Charlebois ? Un Charlebois politique titubant et gauche pour sauver quelque chose de la gauche ?

T'en a assez

Tu veux plus d'ça

Tu veux plus d'moi

Quoi

Tu veux plus d'moi

Va

Tu peux me quitter

Me casser

M'déchirer

Mettre la maison par terre

Couper tous mes arbres

Va

C'est tout d'ma faute

Courir avec les autres

Puis tu peux t'en aller
Á l'autre bout d'la terre

Me laisser en larmes

Va

Tu peux tout me faire

Laissera-t-on le brouillard nous envahir, le brouillage des repères nous désorienter un peu plus ?

Les jours

Où j'vois trouble

Les jours

Où j'bois double

J'peux plus faire aut’e chose
Que d'fumer des Gauloises roses

Le jour où dans mon lavabo

La mer est démontée

J'suis pas beau
J'suis pas beau ouais

Fragile, « si je bois je tombe »

Et pourtant, il a va peut-être un peu plus que de mes petits intérêts politiciens auréolés de grands mots, que de mes croyances militantes et de leurs déconvenues, que de mon zapping de sympathisant ? Alors…

Va, tu peux tout me faire

Mais

Meurs pas

Meurs pas

T'entends

Meurs pas

Meurs pas

Même si je suis trop faible pour toi, tu peux demeurer un horizon possible, un horizon de possibles, pour les générations futures au moins, que tout ne soit pas perdu…

Mais

Quand je te verrai

Toute petite

Sur ce train

Qu'on appelle l'horizon

Bouge ta main

Que j'vois bien

Qu'tu vis encore au fond

Alors meurs pas la gauche ? Si j’ai passé trois ans et demi à écrire le livre La grande confusion en me coltinant des confusions qui peuvent venir du monde, de chacun d’entre nous et de leurs interactions, c’est entre autres pour cela. Les déchirures amoureuses ne sont pas sans rapport avec les déchirures politiques…

Note :

(1) M. Crapez, « De quand date le clivage gauche-droite en France ? », Revue française de science politique, volume 48, n° 1, février 1998, p. 72.

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La grande confusion

Comment l’extrême droite gagne la bataille des idées

Par Philippe Corcuff

Paris, Éditions Textuel, collection « Petite Encyclopédie Critique », 10 mars 2021, 672 pages, 26 euros, https://www.editionstextuel.com/livre/la_grande_confusion

ISBN : 978-2-84597-854-6

 

1) Quelques interventions dans les médias à propos du livre :

 

* « Débat public : un glissement de terrain à droite », entretien avec Guillaume Erner, "L'invité des Matins", France Culture, 10 mars 2021 (environ 43 mn)

 

* « Comment l'extrême droite gagne la bataille des idées », entretien avec Marian Naguszewski, "Le journal international", TV5 Monde, 10 mars 2021 (environ 7 mn)

 

* « L'invité du Grand Matin », entretien avec Cécile de Ménibus et Patrick Roger, Sud Radio, 10 mars 2021 (environ 30 mn)

Philippe Corcuff - "Les Gilets Jaunes ? Une demande de démocratie mais aussi de choses troubles" © Sud Radio

 

* « Dans la bataille des idées, bascule-t-on à l'extrême droite ? », entretien avec Bruno Duvic, "Le 13-14", France Inter, 11 mars 2021 (environ 13 mn)

 

2) Le sommaire détaillé du livre :

 

Introduction : Vers une théorie politique critique de la confusion aujourd’hui

Liaisons dangereuses dans l’air du temps : Julliard, Lordon et Bock-Côté

Jacques Julliard, de « la deuxième gauche » à la focalisation « républicaine » sur la nation

Frédéric Lordon ou la fétichisation de la nation au sein de la gauche radicale

Mathieu Bock-Côté, un ultraconservatisme nationaliste venu du Québec

Des convergences rhétoriques et idéologiques paradoxales

Un retour soft de Maurice Barrès, entre ultraconservatisme, gauche modérée et gauche radicale ?

Une interrogation quant aux tendances confusionnistes et ultraconservatrices de l’air du temps

Bricolages idéologiques ultraconservateurs et confusionnistes

Inquiétude merleau-pontienne

Une théorie politique critique à horizon émancipateur engagée dans l’époque

Théorie politique et théorie critique

Engagement dans l’époque et contextualisation

Une théorie politique au défi de « l’inquiétude du négatif »

Dans le brouillard idéologique : de l’utilité d’une boussole

La boussole ou comment pragmatiser le rapport à l’éthique et à la politique

De la controverse Merleau-Ponty/Sartre au présentisme

« Dérision de nous, dérisoires »

Penser aussi contre mes propres impensés politiques

Vers une gauche d’émancipation

L’émancipation en peau de chagrin d’Emmanuel Macron

Des Lumières tamisées en héritage

Critique de Mark Lilla

En partant de Roger Martelli

Plan d’un ouvrage aux musicalités merleau-pontiennes et foucaldiennes, mitchelliennes et souchoniennes

 

Partie I : Dérèglements de la critique sociale dans les temps confus actuels

 

* Chapitre 1 : Jalons conceptuels et méthodologiques face au brouillard idéologique présent

L’identitarisme et ses complications actuelles

Des identitarismes

Des résistances à l’analyse de l’espace des identitarismes

Concurrences victimaires et ressentiment

Paniques identitaires

Jean-Claude Kaufmann et l’ouverture-fermeture des identités contemporaines

Tropismes manichéens de « la question identitaire »

Risques « postfascistes » et dynamiques ultraconservatrices

Fascisme ou « postfascisme » ?

Ultraconservatisme plutôt que « populisme »

Brouillard idéologique, confusionnisme et extrême droitisation

De la métaphore de l’aimantation et de sa reformulation sous un angle tactique

Thomas Schelling et les points focaux

François Hollande aimanté

Emmanuel Macron aimanté

La Commission européenne aimantée

Désaimantation conjoncturelle

Politisations conspirationnistes

 

* Chapitre 2 : De quelques laboratoires de l’ultraconservatisme et de l’hypercriticisme confusionniste : de Benoist, les « néoréacs », Chevènement, Les Guignols de l’info, Halimi, Ardisson, Sarkozy, La Manif pour tous, Jour de colère…

Alain de Benoist : essentialisme culturaliste et amalgames confusionnistes chez un intellectuel curieux

L’espace des « nouveaux réactionnaires » décrypté par Daniel Lindenberg

Autour d’une des vies de Jean-Pierre Chevènement : la galaxie nationale-républicaine

Les Guignols de l’info ou la critique confusionnée

La critique manichéenne des médias, de la gauche radicale à l’extrême droite

De Thierry Ardisson à la Ligue du LOL : la critique transgressive

« Le sarkozysme » ou l’accélération du brouillage des repères politiques

La Manif pour tous ou la critique ultraconservatrice du « libéralisme »

Jour de colère, 26 janvier 2014, ou la convergence antisémite de haines hétérogènes

 

* Chapitre 3 : Le couple critique sociale-émancipation et la gauche resitués dans l’histoire

Les liaisons historiques de la critique sociale et de l’émancipation : un pilier intellectuel de la gauche

Problématisation moderne du couple critique sociale-émancipation

Repérages historiques-1 : de la critique sociale

Repérages historiques-2 : de l’émancipation

La gauche, du XXe siècle à aujourd’hui

De la fragilisation actuelle des liens critique sociale-émancipation

Pierre-André Taguieff ou la tentation de la déconstruction conservatrice de l’émancipation

« Politiquement incorrect » et « critique du ressentiment » dans l’hypercriticisme aujourd’hui

 

Conclusion de la Partie I

 

Post-scriptum à la Partie I : Extrême droitisation, néolibéralisme économique… COVID-19

Du néolibéralisme, de droite à gauche

Le néolibéralisme comme une des sources de la vague ultraconservatrice

Écueils de la diabolisation du néolibéralisme à gauche

Post-scriptum au post-scriptum (octobre 2020) : brèves hypothèses au cœur de la crise de la COVID-19 quant au néolibéralisme et à l’ultraconservatisme

Du recul symbolique du néolibéralisme et de quelques autres conséquences positives possibles de l’épidémie

Ultraconservatisme nationaliste et confusionnisme complotiste : le vent en poupe ?

La foire présentiste aux prophètes

D’un monde d’après composite

 

Partie II : Déplacements confusionnistes en cours, de l’extrême droite à la gauche

 

* Chapitre 4 : Quatre figures de l’extrême droite idéologique : Alain Soral, Éric Zemmour, Renaud Camus, Hervé Juvin

Alain Soral et Éric Zemmour : deux variantes de l’ultraconservatisme idéologique à la française

Traits transversaux soralo-zemmouriens

De l’imbrication du racisme, du sexisme et de l’homophobie

Postures cognitives et formes narratives supportant l’ultraconservatisme

Renaud Camus et le fantasme conspirationniste du « Grand Remplacement »

« Le Grand Remplacement » selon Renaud Camus

Échos politico-idéologiques du « Grand Remplacement »

Hervé Juvin ou « la séparation écologique » des « ethnies » et des cultures

Une biologisation des relations sociales

Un identirarisme anti-« libéral »

La singularité et la diversité tronquées

 

* Chapitre 5 : Critique de l’hypercriticisme conspirationniste

Deux pôles de la trame narrative conspirationniste

Les sciences sociales contre le conspirationnisme

Face aux illusions conspirationnistes d’un doute illimité : ressources philosophiques

Dérapages conspirationnistes à gauche

« L’affaire Strauss-Kahn » comme vecteur conspirationniste en milieu socialiste

Du climatoscepticisme au complotisme : le cas de Claude Allègre

Michel Onfray ou James Bond en philosophie politique

La France insoumise et le conspirationnisme tactique au sein du champ politicien

« Affaire Benalla » : interférences confusionnistes

Complotisme chez les hackers « anti-système »

Le paradoxe de critiques des théories du complot… complotistes

De l’anticonspirationnisme sélectif et du complotisme intermittent en milieu ultraconservateur : Alexandre Devecchio et Mathieu Bock-Côté

Fiammetta Venner et Yann Barte : le complot des conspirationnistes vu de gauche ?

Des antifas centrés sur « les infiltrations » de l’extrême droite

Quand la critique du conspirationnisme est relativisée par des figures intellectuelles de gauche

Luc Boltanski : de la critique de la narration conspirationniste à une impraticable critique sociologique du conspirationnisme

Des chercheurs en sciences sociales contre la mise en place de dispositifs pédagogiques de critique du conspirationnisme

Frédéric Lordon ou la délégitimation de la critique du complotisme

Conspirationnisme et « affaires »

 

* Chapitre 6 : Les « gilets jaunes » : un mouvement social composite surmédiatisé en contexte confusionniste

De l’hétérogénéité d’un mouvement social : les « gilets jaunes » existent-ils ?

Les « gilets jaunes » entre hétérogénéités socio-politiques et unifications symboliques

Sur quelques tendances globales parmi les « gilets jaunes »

De quelques contradictions socio-politiques au sein des « gilets jaunes »

Dérapages minoritaires et confusionnisme rampant

Dérapages ultraconservateurs

Conspirationnisme et confusionnisme

Une hypothèse à propos du bain idéologique ultraconservateur et confusionniste

Les « gilets jaunes » et le succès de l’extrême droite aux élections européennes de mai 2019

La question de l’antisémitisme

Chronique non exhaustive d’un antisémitisme en « gilet jaune »

Le cas d’un tweet antisémite médiatiquement invisible

Un antisémitisme militant très minoritaire, mais persistant

L’auto-illusionnisme chez les intellectuels critiques et dans la gauche radicale

Un zoo académique à gauche ?

Légendes d’une gauche radicale désorientée

Mediapart : un moment d’égarement ?

 

Conclusion de la Partie II

 

Post-scriptum à la Partie II : De la droite extrême à la gauche : l’élection de Donald Trump en 2016 comme occasion d’épaississement du brouillard idéologique en France

Trois énoncés idéaux-typiques du confusionnisme des gauches trumpisées

Ignacio Ramonet trumpisé précoce

Laurent Bouvet trumpisé

Jean-Luc Mélenchon trumpisé

Emmanuel Todd maxitrumpisé

Jean-Claude Michéa trumpisé tardif

Post-scriptum au post-scriptum (novembre 2020) : Arnaud Montebourg trumpisé ultratardif

 

Partie III : En partant de la gauche : polarisations politiques, ankyloses intellectuelles et intersections confusionnistes

 

* Chapitre 7 : Manichéismes publics concurrents : laïcité, islamismes-djihadismes, antisémitisme/islamophobie

Dérives laïcardes de la laïcité et caricatures décoloniales de la laïcité

De la tolérance propre à la loi de 1905 à la focalisation actuelle sur l’islam

La laïcité contre l’islam et contre… la loi de 1905 : Laurent Bouvet et Natacha Polony

La laïcité caricaturée par certains antiracistes

Des amalgames aux défaillances à gauche face aux islamoconservatismes

Islamismes et djihadismes : mieux appréhender les différences et les intersections

Amalgames essentialistes et Marche contre l’islamophobie

De François Burgat à Judith Butler : de la complaisance répétée au défaut ponctuel de vigilance à l’égard des islamoconservatismes

De la minimisation des islamoconservatismes aux carences émancipatrices

De la compétition entre combats contre l’antisémitisme et contre l’islamophobie à l’enrayement de l’antiracisme

Islamophobie

Antisémitisme

Antisémitisme et « antisionisme »

Engrenages délétères

De la dénégation à l’islamophobie soft dans la gauche « républicaine »

Une « extrême gauche » antisémite ?

Délégitimation de la critique de l’antisémitisme actuel chez Frédéric Lordon et d’autres

Des appels contre l’antisémitisme dotés d’ambiguïtés

Complaisances à l’égard du PIR

Des résistances face à la minoration de l’antisémitisme

Le cas Mélenchon : jeux nationaux-républicains ambigus avec les frontières de l’islamophobie et de l’antisémitisme

Un appel international en faveur de Tariq Ramadan, entre ambiguïtés quant à un supposé « complot sioniste » et disqualification de la critique de l’islamophobie

De la situation de l’islamophobie et de l’antisémitisme aujourd’hui en France aux possibles convergences antiracistes

 

* Chapitre 8 : Des indices de pénétration du confusionnisme à gauche 

Des pensées tourneboulées venant de la gauche

Houria Bouteldja ou un « essentialisme inversé »

Déplacements essentialistes et conspirationnistes d’une variante « politiquement incorrecte » de la pensée décoloniale

L’oppression postcoloniale comme contradiction principale, l’identitarisme communautaire et la marginalisation de l’individualité

Laurent Bouvet ou « l’insécurité culturelle » comme identitarisme d’extrême centre gauche

Juan Branco ou la pensée critique people

Étienne Chouard : un passeur confusionniste entre gauche radicale et extrême droite

Christophe Guilluy ou le « populaire » embrouillé, entre manichéisme territorial et préjugés conservateurs

géographe ou idéologue ?

De Fractures françaises (2010) à La France périphérique (2014)

Un échantillon de critiques ciblées

Des répercussions à gauche

Alain Finkielkraut/Norman Ajari : retours vers l’essentialisme

Finkielkraut, de Levinas à l’identitarisme

Ajari ou la promotion de « l’essence noire »

Incursions confusionnistes localisées

De la décroissance de l’émancipation au nom de « la nature » : de Vincent Cheynet en Pièces et Main d’Œuvre (jusqu’à Limite)

Vincent Cheynet ou la nostalgie naturaliste de la famille patriarcale

Le collectif Pièces et Main d’Œuvre : contre « le capitalisme technologique », pour le sexisme et l’homophobie

La revue Limite ou l’écologie de La manif pour tous

Vers des Lumières vertes ?

Un conservatisme intellectuellement euphémisé chez Nathalie Heinich

Émotions xénophobes chez Jean-Luc Mélenchon

Michel Onfray : du confusionnisme localisé au confusionnisme global

Le coronavirus comme delirium philosophiquement très mince

Un personnage composite en évolution

Un saut confusionniste qualitatif

Bref attrait pour le « politiquement incorrect » transgressif chez Daniel Schneidermann (et Élisabeth Lévy)

Romophobie gouvernementale et islamophobie soft chez Manuel Valls

Quatre terrains glissants

Nationalisme économique

De Kant et Marx à l’altermondialisme

De « protectionnisme » en « démondialisation » et « solution nationale »

Vers d’autres accrochages émancipateurs entre national et mondial ?

L’extrême droite relativisée

Une relativisation pionnière de l’extrême droite : Élisabeth Badinter

Le second tour de 2017 et certaines de ses suites politiques

Des intellectuels de gauche comme coproducteurs de brouillard idéologique : Lordon, Mouffe, Ramaux, Hazan, Bégaudeau, Onfray, Agamben…

Une forme extrême : le « doriotisme » light et partiel de Jacques Sapir

Un écho confusionniste dans des secteurs plus larges de la population

Trouble et résistances autour des migrants dans les gauches critiques

Les Lumières de Charlie Hebdo divisées

 

* Chapitre 9 : Adhérences confusionnistes au sein de deux pensées critiques en vogue : ambiguïtés de Jean-Claude Michéa et de Chantal Mouffe-Ernesto Laclau

Michéa : des zones ultraconservatrices dans une politique socialiste d’émancipation

De la prétendue unité du libéralisme, du dénigrement des droits et de l’individualisme

L’unité « logique » du libéralisme et ses défaillances

De « la logique » à « la tradition »

La dévalorisation des droits, de l’individualisme et des Lumiéres

De la disqualification de « la gauche »

Une « gauche » diabolisée aux origines extravagantes

Une vue déréglée de l’histoire et du présent

Critique sociale, émancipation et libéralisme politique, d’aujourdhui à Jaurès

Ambivalences de Michéa et ricanements de Lordon

Mouffe et Laclau : apports « post-marxistes » et impensés conservateurs dans le « populisme de gauche »

Hégémonie et stratégie socialiste (1985)

Déplacements « populistes » de Laclau

Déplacements « agonistiques » de Mouffe

Le « populisme de gauche » de Mouffe

Une piste alternative

Convergences verticalistes : Monod et Lordon

Promotion de la figure du « chef démocratique » par Jean-Claude Monod

Le verticalisme politique ambivalent de Frédéric Lordon

 

Conclusion de la Partie III

 

Post-scriptum à la partie III : L’adversité mieux que l’adversaire, avec Maurice Merleau-Ponty

L’émancipation, c’est d’abord « avoir des couilles » ?

La dialectique des adversités et des émancipations : en partant de Merleau-Ponty

 

Ouverture : De l’extinction confusionniste des Lumières aux lueurs mélancoliques de l’émancipation ?

Lanceur d’alerte idéologique

Confusionnisme ou recomposition ?

Potentialités émancipatrices et crise de la politique organisée

Vers une nouvelle boussole émancipatrice ?

Une balade mélancolique rythmée par Maurice Merleau-Ponty et Michel Foucault, Eddy Mitchell et Alain Souchon

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