Debout, la spiritualité démocratique !

Deux éclairages sur le sens et les valeurs de nos existences dans nos cités à prétention démocratique à travers le vent citoyen en cours…

DHÖO : Le sens de la vie DHÖO : Le sens de la vie

 

 

 

 

Deux textes récents autour des mouvements sociaux actuels :

 

1) « Debout, ranimons l’imaginaire citoyen », une tribune parue dans le quotidien Libération ou comment déboucher la politique réellement oligarchique en déployant les enjeux spirituels de nos idéaux démocratiques, plutôt que de prétendre fournir « un débouché politique » à la contestation citoyenne comme le font nombre de partis ;

 

Et 2) « Un renouveau libertaire en opposition aux gauches dominantes », un entretien publié par l’hebdomadaire Les Inrockuptibles ou comment être attentif aux sensibilités libertaires qui parcourent la société comme contrepoisons à l’extrême droitisation idéologique et politique.

 

I - Debout, ranimons l'imaginaire citoyen

Par Philippe Corcuff

Paru dans Libération daté du jeudi 14 avril 2016, http://www.liberation.fr/debats/2016/04/13/debout-ranimons-l-imaginaire-citoyen_1445937

 

Déboucher les arrogants « débouchés politiques »

 

ZAD, AMAP, Alternatiba, effervescence contestatrice opposée à la loi El Khomri, Nuits debout… les gauches partisanes (PS, EE-LV, Front de gauche, NPA, etc.) bruissent à chaque fois de condescendance : « C’est bien gentils vos trucs, mais ça manque de débouché politique ! » Et si cela permettait plutôt de commencer à déboucher démocratiquement une politique représentative structurellement engorgée de boue oligarchique ?

De l’habileté d’apparatchik de Jean-Christophe Cambadélis à la mégalo présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, la politique tutélaire renaît périodiquement de ses cendres. Pour eux, la politique délimiterait d’abord l’espace politicien de mise sous tutelle des citoyens. Les individus ordinaires pourraient, certes, s’égayer ponctuellement dans des espaces de libre parole et d’action directe, mais il faudrait quand même revenir à un moment à « la vraie politique » : celle des partis et des présidentiables providentiels. Ces rappels à l’ordre s’opposent à l’idéal démocratique et libertaire associant autogouvernement de soi et autogouvernement du peuple.

 

Enjeux spirituels en démocratie

 

Et si sur nos places publiques et ailleurs se fabriquait de manière balbutiante une politique plus digne et quotidienne, à l’écart des dérives arbitraires des régimes représentatifs professionnalisés à prétention démocratique ? Ce sont au moins des points de départ susceptibles de redonner une signification plus profonde au beau mot galvaudé de démocratie. Des dispositifs pratiques qui relancent l’imaginaire citoyen d’une société sous la menace d’une extrême droitisation idéologique et politique. Des explorations précaires qui renouent avec une composante proprement spirituelle, en une acception non nécessairement religieuse : le champ des interrogations sur le sens et les valeurs de nos existences individuelles et collectives au sein des cités humaines.

Pris en tenaille entre le dessèchement spirituel généré par la logique capitaliste de l’argent roi et les absolus meurtriers du djihadisme, nous manquons de spiritualité démocratique. La quête spirituelle sourd des résistances intimes et coopératives qui s’esquissent aujourd’hui. Elle affleurait déjà des émotions morales et multiculturelles exprimées publiquement après les attentats de janvier et de novembre 2015.

 

Confusionnisme, penseurs suprêmes et mélancolie

 

Les élans alternativement démocratiques en cours ne constituent pas la solution, car le fantasme de la solution unique constitue une impasse trop souvent réitérée. C’est à tâtons que l’on doit se coltiner pragmatiquement les rugosités du réel. Un brouillard idéologique inquiétant appelle toutefois la confection d’une boussole provisoire et redéfinissable en chemin. En tension avec cette exigence, les expériences actuelles pourraient être parasitées par un confusionnisme sis dans l’air du temps.

Par exemple, les médias ont contribué à introniser avec Frédéric Lordon un pape intellectuel de la Nuit Debout parisienne. Or, ce doctrinaire national-étatiste pose dans son récent livre Imperium (La Fabrique, 2015) la nécessaire domination étatique du vertical sur l’horizontal et la prégnance quasi-organique de « l’appartenance nationale ». Cela se situe pourtant à rebours de l’ouverture internationaliste et des aspirations radicalement démocratiques de nombre de défricheurs de la place de la République. Attention aux penseurs suprêmes affectant de nous sauver et nous reconduisant dans des ornières éculées !

Néanmoins ne craignons pas de telles impuretés inévitables liées à notre condition mélancolique. L’Encyclopédie dirigée par Diderot et D’Alembert ne caractérisait-elle pas, en 1765, la mélancolie comme « le sentiment habituel de notre imperfection » ? Une éthique de la fragilité, assumant dans la joie ou la tendresse nos faiblesses les plus prosaïques, pourrait nous aider à nous émanciper des transcendances marchande et fondamentaliste sans garantie définitive contre les chausse-trappes. De frêles sourires humains contre les mécaniques de la déshumanisation !

 

Élargir contre les divisions

 

L’abandon de l’illusionnisme politicien ne suffira cependant pas à consolider à une échelle large des pratiques démocratiques. Des convergences sont à trouver entre les couches moyennes salariées, les plus mobilisées sur les places de l’honneur citoyen retrouvé, et celles populaires, les plus méfiantes à l’égard du politique. Enrayer les divisions entre « Blancs » et racisés apparaît également indispensable au regard du poids des néoconservatismes xénophobes, du Front national à Zemmour et Soral.

Cela se heurtera aux amalgames islamophobes tambourinés dans la gauche étatique par Manuel Valls et Laurence Rossignol et justifiés intellectuellement par les Lumières dogmatiques d’Élisabeth Badinter. En refusant de prendre en compte les parts d’ombre historiques des magnifiques Lumières (émergence de l’horreur nazie au cœur de la « civilisation », légitimation des crimes coloniaux et des discriminations postcoloniales, sexisme du prétendu monopole masculin de la raison), on s’accommode facilement des inégalités existantes et on entrave l’intégration raisonnée de Lumières tamisées dans la reformulation de boussoles émancipatrices.

 

Les aventures de la fragilité

 

Prospecter les sentiers du sens partagé tout en préservant des moments de solitude personnelle, oser le bricolage de soi tout en s’efforçant de transformer collectivement le monde : ces défis cabossés et hérissés de pièges ont la couleur de l’aventure face à la claustrophobie du non-sens politicien. Ne perdons pas le fil protecteur de l’auto-ironie chantonnée par Alain Souchon dans Foule sentimentale : « Dérisions de nous dérisoires » ! L’arrogance des tenants du « débouché politique » nous apparaîtra d’autant plus ridicule. Déboucheront-ils un jour leurs oreilles devant les clameurs issues de la vie de tous les jours ? C’est peu probable, tant on dit que la masturbation politicienne rend sourd.

Nous avons à inventer des organisations politiques différentes, davantage libertaires, dotant notre action d’une stabilité relative et de repères mémoriels tout en cassant les proximités installées par la forme parti avec la pente bureaucratico-hiérarchique des États-nations. Nous disposons pour avancer du riche entremêlement de nos fragilités singulières et communes. Avanti o popolo

 

* Derniers ouvrages parus : Enjeux libertaires pour le XXIe siècle par un anarchiste néophyte (Editions du Monde libertaire, octobre 2015)et Pour une spiritualité sans dieux (Textuel, 13 avril 2016).

 

pour-une-spiritualite

Pour des informations pratiques, voir http://www.editionstextuel.com/index.php?cat=020377&id=651

 

II -« Un renouveau libertaire en opposition aux gauches dominantes »

Entretien avec Philippe Corcuff

Par Anne Laffeter et Jean-Marie Durand

Paru dans Les Inrockuptibles, n° 1062, mercredi 6 au mardi 12 avril 2016

 

 

Renaissance libertaire ?

 

Question : Selon vous, l'idée anarchiste connaîtrait une réactivation. Que signifie être libertaire en 2016 ?

Philippe Corcuff : Aujourd’hui, il existe un retour d’une sensibilité libertaire, de manière disséminée, dans une diversité de mouvements sociaux, de lieux alternatifs et de résistances individuelles, avec dans le même temps une marginalisation des organisations anarchistes. Cette sensibilité a été perceptible dans le mouvement altermondialiste, puis dans le mouvement Occupy ou dans les ZAD. Ce renouveau libertaire s'inscrit en opposition aux gauches sociale-démocrate et stalinienne dominantes, qui ont participé aux logiques de concentration du pouvoir et de dévalorisation de l’individualité sur lesquelles a buté historiquement l'émancipation. Même au sein de la gauche radicale, l’idée d’un « logiciel collectiviste » domine encore : être de gauche, ce serait être pour le collectif, l’individu étant associé au capitalisme néolibéral.

 

Q : Où voyez-vous les indices de cette nouvelle diffusion ?

Ph. C. : Le 31 mars, j’étais à Besançon, à l’invitation du groupe Proudhon (dans sa ville natale !) de la Fédération Anarchiste. Dans la manif contre la loi El Khomri, on voyait bien la distinction entre les cortèges syndicaux classiques et ceux des étudiants, habillés en clowns, avec un esprit plus ludique et libertaire. Lors du mouvement de 2010 sur les retraites, des graphistes ont lancé un slogan à succès : « Je lutte des classes », mettant en avant une subjectivité radicale. Cet esprit libertaire est aussi présent dans des associations, des expériences et des formes très locales d’action directe.

 

Un anarchisme pragmatique et institutionnel

 

Q : Comment définir aujourd’hui l’anarchisme, alors qu’une idée reçue lui associe l’absence de règles ?

Ph. C. : Je renverse les catégories d’ordre et de désordre. Le capitalisme est pour moi un ensemble de désordres - sociaux, écologiques, existentiels -, et l’Etat une forme d’ordre autoritaire. L’anarchisme est, à l’inverse, une forme d’ordre fondé sur un pluralisme radical et ce que Proudhon appelle « l’équilibration des contraires », c’est-à-dire un cadre d’expression des conflits et des contradictions. C’est un ordre différent fondé sur une adhésion volontaire, un ordre alternatif à l’alliance du capitalisme et de l’Etat-Nation. Or, dans le brouillage idéologique actuel, il existe une position conservatrice qui se développe au cœur de la gauche radicale : un pôle national-étatiste sacralisant l’État et « l’appartenance nationale », comme le fait Frédéric Lordon dans son récent livre Imperium. Dans les milieux anarchistes, il y a deux grands pôles : les anarchistes pragmatiques, qui s’efforcent d’avoir des effets émancipateurs sur la réalité (dans le syndicalisme, une AMAP, une association, etc.), et les anarchistes identitaires, qui se la jouent anarchistes en s’habillant en noir. L’anarchisme de Proudhon et de Bakounine est pragmatique. L’identitaire est plus récent, car en phase avec certains traits narcissiques de nos sociétés individualistes.

 

Q : Pourquoi revendiquez-vous l’anti-étatisme ? La critique de l’Etat peut-elle occulter l’importance de ce que Bourdieu appelait « la main gauche de l’Etat », c’est-à-dire ses outils de protection sociale ?

Ph. C. : Je ne partage pas la diabolisation de l’Etat qui circule dans le mouvement anarchiste. L’Etat est une forme composite. Il est traversé par des mécanismes dominants, comme les rapports de classe et de sexe, ou les formes coloniales et postcoloniales, mais aussi par des éléments émancipateurs permis par les luttes sociales, comme dans le droit du travail. L’anarchisme vise plus précisément l'étatisme, c’est-à-dire cette tentation d’un pouvoir tentaculaire que Hobbes a théorisé dans son Léviathan en 1651. L’étatisme constitue une des logiques actives dans les Etats modernes : celle qui prétend incarner le tout et intégrer l’ensemble des institutions à travers une verticalité hiérarchique unique. Mon anarchisme institutionnel est une proposition d’institutions sans Etat.

 

Désobéissance civile, illusionnisme électoral, violence

 

Q : Julian Assange est-il un anarchiste ?

Ph. C. : Il a des pratiques anarchistes en tant que praticien de la désobéissance civile contre les formes anti-démocratiques de secret imposées par les Etats et les grandes entreprises capitalistes. Cet hacktivisme est basé sur une forte autonomie individuelle et des formes de coopération. L’association de l’individualité et de la coopération est un axe des mouvements libertaires.

 

Q : On entend de plus en plus de citoyens qui ne veulent plus participer au jeu électoral, notamment en 2017 : comment un libertaire s’adapte à la démocratie représentative usée ?

Ph. C. : Je ne parle pas de démocratie représentative, mais de régime représentatif professionnalisé à idéaux démocratiques. Ce type de régime codifie des droits individuels et collectifs appréciables, mais ne correspond pas au double idéal démocratique associant autogouvernement de soi et des collectivités humaines. Ce type de régime promet faussement que la sélection électorale des élites qui nous dominent règlera les problèmes. Or, aujourd’hui, les élections, qui reconduisent la domination des représentants professionnels sur les citoyens, ne peuvent transformer radicalement une société.

 

Q : Dans ce cas, la promesse de Podemos de transformer la société espagnole, c’est du flan ?

Ph. C. : L’expérience de Podemos est intéressante en ce que cette organisation politique s’est créée à partir de mouvements sociaux. Mais faire de la question électorale l’axe n’est guère efficace au regard de notre expérience du XXe siècle qui montre plutôt que c’est peu ou pas émancipateur. Par contre, il n’est pas utile de diaboliser le vote comme souvent chez les anarchistes. Si je veux faire reculer l’échéance de l’arrivée au pouvoir du Front national, je ne vais pas hésiter à voter pour le moindre mal. Mais cela n’a pas grand chose à voir la construction d’une société meilleure en rupture avec le capitalisme et l’étatisme.

 

Q : La violence anarchiste des Black Blocs vous semble-t-elle inutile dans votre positionnement pragmatique ?

Ph. C. : A l'origine, au sein du mouvement altermondialiste, les Black Blocs se sont attaqués de manière violente, non pas à des personnes mais à des objets symboles du capitalisme comme les banques. Cette forme d’action, illégale, peut être légitime dans certains cas. J’ai un problème, par contre, avec la violence contre les personnes, seulement légitime dans certains cas exceptionnels comme les résistances contre les fascismes.

 

Hollande et Valls finissent le sale boulot commencé par Mitterrand

 

Q : Comment analysez-vous la séquence politique actuelle : recul sur la déchéance de nationalité et la loi El Khomri ?

Ph. C. : La parenthèse ouverte en 1983 par ce qu’on a d’abord appelé « la rigueur », et qui s’est révélée être un tournant néolibéral, s’approfondit. François Hollande et Manuel Valls sont en train de finir le sale boulot de destruction de la gauche entamé par François Mitterrand. Ils font parfois des choses que le sarkozysme n’aurait pas osé faire. Dans le même temps, la question de la déchéance de nationalité a déstabilisé l’imaginaire humaniste de la gauche qui avait été jusqu’à présent plutôt préservé, contrairement à la question sociale. L'extrême droitisation est de plus en plus patente en affectant les gauches, de Valls à l’économiste Jacques Sapir dans la gauche radicale, quand il a envisagé une alliance avec le FN. Aujourd'hui, les choses semblent sur des rails, avec une forte probabilité que le FN puisse accéder au pouvoir en 2022. Et on ne voit pas très bien comment on pourrait l'en empêcher. Il faut profiter de ce temps pour reconstruire des dispositifs alternatifs, en partant du local et en créant des formes nationales et internationales de coordination. Par contre, le débat sur la primaire à gauche ne constitue qu’une tentative désespérée pour donner une nouvelle vie à une professionnalisation politique moribonde d’un point de vue démocratique. Et cela ne peut que retarder le développement de formes citoyennes d’auto-organisation.

 

Q : Le scandale financier dit des « Panama Papers » peut-il nourrir la mobilisation Nuit Debout démarrée le 31 mars place de la République à Paris ? Cette dernière peut-elle se transformer en mouvement des indignés à la française ?

Ph. C. : Ce nouveau scandale financier montre que les forces traditionnelles de droite (promesses de Nicolas Sarkozy à la suite de la crise de 2008) comme à gauche (discours du Bourget de François Hollande) sont dans l’incapacité de maintenir un minimum de règles éthiques dans le cadre du capitalisme international. Elles attisent même le fantasme du retour à la bonne nation protectrice et participent par là à l’extrême droitisation. Le scandale des « Panama Papers » peut créer une interférence aléatoire non prévue qui peut donner un nouvel élan à la mobilisation contre la loi El Khomri. A cause de connexions insuffisantes entre la gauche radicale et la jeunesse, la France n’a pas encore connu de mouvement comme les indignados espagnols. Avec Nuit Debout, il y a une amorce possible de renouvellement.

 

Q : Il n’y a pas si longtemps, il y a avait un autre terme à la mode : être un anarchiste de droite. Pensez-vous que cela soit possible ?

Ph. C. : Il y a une pensée antiétatique qui peut être de droite mais ça ne correspond pas du tout aux idéaux historiques de l’anarchisme comme composante du mouvement socialiste, donc également anticapitaliste. Ce qu’on a appelé l’anarchisme de droite en France, dans son alliance d’anticonformisme et de conservatisme, a peut-être été un terreau des automatismes du « politiquement incorrect » des néoréacs actuels, de Finkielkraut à Zemmour et Soral.

 

L’imaginaire émancipateur des séries et des chansons

 

Q : Vous utilisez les séries, les films et les chansons dans vos travaux. Dans les années 1970 et 1980, il y avait de multiples manifestations anarchistes dans la culture, notamment avec le punk anglais. Où s’exprime l’anarchisme aujourd'hui ?

Ph. C. : Il y a moins d'identité anarchiste revendiquée comme dans le punk ou chez Brassens et Ferré, mais un certain esprit libertaire se diffuse aujourd'hui, par exemple dans le rap. C’est plutôt dans des formes culturelles non spécifiquement anarchistes et très ordinaires que peut se travailler une critique émancipatrice de la réalité.

 

Q : C'est-à-dire ?

Ph. C. : En enquêtant sur la réception de la série américaine Ally McBeal, je me suis aperçu que se crée parmi les téléspectatrices une attente d'authenticité débarrassée du filtre de l’argent-roi. La saison 2 d’American Crime manie un scalpel critique sur les croisements des dominations de classe, raciale et homophobe, dans la lignée de The Wire. Le grand défaut de nombre d’anarchistes influencés par « la société du spectacle » de Debord ou le Chomsky de « la propagande médiatique », c’est qu’ils postulent souvent que les gens qui consomment de l’industrie culturelle sont totalement aliénés par la société marchande. Ils sont alors aveugles aux résistances intimes qui s’expriment dans le rapport à ces cultures ordinaires.

 

Q : Quelle personnalité publique vous semble le mieux représenter aujourd’hui, en France, les idées libertaires ?

Ph. C. : Alain Souchon à travers deux chansons, Foule Sentimentale et Et si en plus y’a personne. Ce profil populaire nous éloigne de l’arrogance des vedettes intellectuelles du radical chic. J’ai récemment clôt un séminaire à la Sorbonne en lançant : « Plutôt Souchon que Lordon ! »

 

* Enjeux libertaires pour le XXIe siècle par un anarchiste néophyte, Les éditions du Monde libertaire, octobre 2015, 296 p.

 

Pour des informations pratiques, voir http://librairie-publico.com/spip.php?article1862

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