Humains désorientés face à l’horreur : quelle boussole ?

Nous sommes nombreux à avoir été tétanisés face à la tragédie du 13 novembre 2015. Pourtant, les ami-e-s de l’émancipation ne doivent-ils pas s’efforcer de retrouver les fragments provisoires d’une boussole ouverte sur une spiritualité laïque et donc interculturelle, par-delà les confusions sécuritaires, républicanistes et gauchistes, devant les kalachnikovs d’âmes meurtries et meurtrières ?

Nous sommes nombreux à avoir été tétanisés face à la tragédie du 13 novembre 2015. Pourtant, les ami-e-s de l’émancipation ne doivent-ils pas s’efforcer de retrouver les fragments provisoires d’une boussole ouverte sur une spiritualité laïque et donc interculturelle, par-delà les confusions sécuritaires, républicanistes et gauchistes, devant les kalachnikovs d’âmes meurtries et meurtrières ?

 « Il existe une sorte d’hommes toujours en avance sur ses excréments. »

René Char, Feuillets d’Hypnos, 1943-1944

 

« Certaines époques de la condition de l’homme subissent l’assaut glacé d’un mal qui prend appui sur les points les plus déshonorés de la nature humaine. Au centre de cet ouragan, le poète complètera par le refus de soi le sens de son message, puis se joindra au parti de ceux qui, ayant ôté à la souffrance son masque de légitimité, assurent le retour éternel de l’entêté portefaix, passeur de justice. »

René Char, Seuls demeurent, 1938-1944

 

 

De véritables merdes humaines, si l’on suit le vers du poète René Char alors résistant dans un maquis alpin, ont bousillé dans l’arbitraire de nombreuses vies ce vendredi 13 novembre au soir à Paris et à Saint-Denis. Dans « merdes humaines », il y a « humaines », c’est-à-dire qu’ils ont bien des proximités avec nous, ce ne sont pas des « barbares » complètement extérieurs à nous et nous ne sommes pas hermétiquement protégés quant à un éventuel passage du « côté obscur de la force ». Les quelques aperçus tâtonnants et maladroits qui vont suivre, si dérisoires vis-à-vis de la situation des victimes et de leurs proches, sont une tentative pour remettre un pied dans la raison après la stupeur, l’hébétude et la tristesse, sans tirer pour autant un trait sur l’expérience de la stupeur, l’hébétude et la tristesse. Ils s’adressent en priorité aux ami-e-s de l’émancipation, afin de ne pas perdre de vue, en suivant encore une fois René Char, « le retour éternel de l’entêté portefaix, passeur de justice » face à « l’assaut glacé d’un mal qui prend appui sur les points les plus déshonorés de la nature humaine ».

 

Vers une raison sensible

 

Émotions et raison ne sont pas nécessairement opposées ! Deux écueils se dressent même devant nous :

 

1) une raison désincarnée, abstraite, instrumentale, détachée de nos sensibilités à vif depuis Charlie, l’Hyper Cacher et cette soirée terriblement ensanglantée du 13 novembre 2015 ;

et 2) des débordements passionnels se coupant de tout repère raisonné qui risquent de ressembler aux délires meurtriers auxquels ils prétendront répondre, comme après le 11 septembre 2001 américain.

 

Ici le philosophe Maurice Merleau-Ponty nous a livré quelques indications éclairantes. Pour Merleau-Ponty, je serais d'abord au monde avant de réfléchir sur lui de manière consciente. Avant même la conscience réfléchissante et critique, il y aurait un rapport corporel au monde fait de sensations, de perceptions et d’émotions, une présence au monde marquée par la présence préalable d’un monde naturel et historique, tramé des relations des humains entre eux. Si l’on veut se décaler par rapport à notre état émotionnel devant un tel événement tragique, il ne faut pas oublier nos vomissements, nos tremblements et nos larmes, mais ne pas, non plus, les laisser mariner dans une aigreur susceptible de se transformer en politique du ressentiment un peu malgré soi. Merleau-Ponty avance dans sa Phénoménologie de la perception :

 

« La tâche d'une réflexion radicale, c'est-à-dire de celle qui veut se comprendre elle-même, consiste, d'une manière paradoxale, à retrouver l'expérience irréfléchie du monde, pour replacer en elle l'attitude de vérification et les opérations réflexives, et pour faire apparaître la réflexion comme une des possibilités de mon être. » (1)

 

Non pas une raison surplombante, mais la raison comme possibilité seconde sur fond de rapports sensibles au monde. Une raison branchée sur les émotions, qui permet toutefois de contenir leurs dérives. Ce que l’historienne Sophie Wahnich a analysé au cours de la Révolution française comme une raison sensible (2).

 

On pressent déjà les raisons désensibilisées qui vont emplir les espaces publics, dans les médias, sur internet et dans les réseaux sociaux. Les toujours plus malins et autres « je sais tout » avec leurs dogmes indécrottables prolifèrent en de tels temps troublés du haut de leurs médiocres suffisances, et notamment :

 

* Des politiciens, des technocrates, des éditorialistes ou des Z’experts qui géopolitisent en rentrant bien tout dans des cases préétablies : la Syrie, l’Irak, la Palestine, Israël, l’Amérique, la France…Ce type d’intelligibilité fermée et totalisante, jamais déstabilisée par la part d’inédit des événements parce qu’elle SAIT par avance, est fort éloigné de l’humilité des savoirs partiels et provisoires produits par les sciences sociales et historiques.

 

* On observe déjà des raisons sélectives : on oublie que Daech est pour partie né de la destructrice guerre américaine en Irak, en célébrant même « les valeurs occidentales » si récemment malmenées par leurs thuriféraires, ou, à l’inverse, on escamote la place de fondamentalismes islamistes dans les massacres d’aujourd’hui, en se focalisant sur leurs seules probables instrumentalisations islamophobes. De telles raisons sélectives puisent leur rigidité borgne dans des langues de bois routinisées, qu’elles soient celles de gouvernants ou de militants critiques.

 

* On entrevoit aussi les Z’esprits critiques qui vont mettre le doigt dans des comptabilités macabres : « mais ça fait moins de morts que… », « c’est une émotion sélective au service du Système… », « vous êtes des alliés objectifs de l’impérialisme français et occidental »… Comme si ce qui retient notre attention à tel ou tel moment parmi la multiplicité des malheurs du monde n’avait pas toujours des composantes biographiques, culturelles, affectives, politiques, familières, etc. qui nourrissent notre inévitable sélectivité plus ou moins non-consciente et consciente. Certes, je n’ai pas vécu la terreur dans ma chair ou dans celle de mes proches, je n’ai pas dû marcher sur des cadavres, je n’étais pas cette jeune femme enceinte suspendue à une fenêtre du Bataclan…Mais est-ce que ces douleurs n’ont pas de résonances en moi ? Comment sortir de ma tête ces terrasses parisiennes où nous étions attablées avec mon fils d’alors 16 mois et des amis en août dernier ? Comment oublier ces rues si souvent arpentées des 10e et 11e arrondissements ? Comment, en cet instant, ne pas revoir surgir le visage de l’ami Charb ?...

 

* Et on n’échappera pas non plus à la raison déréglée des conspirationnismes qui, sous la mise en avant d’un bien impossible doute illimité, cachent des rêves d’omniscience totale guidés par des automatismes idéologiques.

 

On devine également les dérapages passionnels se justifiant du tragique : les fantasmes essentialisant « l’islam » et « les musulmans » comme un pôle homogène de répulsion, les surenchères sécuritaires, la suspicion généralisée à l’égard des migrants… Un étatisme porteur d’une rationalité instrumentale pourra d’ailleurs stimuler et se repaître de ces émotions débridées, en faisant reculer les libertés individuelles et collectives, en stigmatisant un peu plus certaines populations, en approfondissant une logique de guerre à l’extérieur et à l’intérieur de nos frontières. Il a déjà amorcé la pompe au nom de « l’unité nationale »…L’extrême droite montante va tenter d’en faire ses choux gras électoralistes. Les néoréacs vont trouver une nouvelle occasion de distiller leur poison xénophobe et leur aversion pour la société multiculturelle réellement existante. Á l’inverse, on pourrait voir rapidement certains, entre frustrations et méconnaissance, héroïser de manière délirante les assassins, comme hier cela a été fait avec Mohamed Merah, Amedy Coulibaly ou les frères Kouachi.

 

Dans un tel climat de confusions et d’amalgames, de vues étriquées et d’incertitudes légitimes, on a plus que jamais besoin de retrouver une boussole. Non plus, à la différence des arrogances politiques d’hier ou des absolus religieux des tueurs d’aujourd’hui, la prétention à voir tout, mais se doter de quelques repères pour mieux s’orienter au milieu de la militarisation des esprits, des déjections idéologiques et des inquiétudes compréhensibles. En espérant contribuer au surgissement d’une nouvelle gauche de l’émancipation au milieu des décombres, après les déceptions générées par la gauche sociale-libérale de gouvernement comme par la gauche radicale de 1995.

 

Quelques écueils et pistes pour les ami-e-s de l’émancipation

 

La gauche radicale de 1995, si elle a su courageusement résister à l’enlisement des gouvernants et des dirigeants du Parti socialiste dans le capitalisme néolibéral, a toutefois des difficultés à se coltiner les complications du monde. L’après Charlie a déjà révélé ses paralysies sur ce plan dès qu’il s’agit d’arrêter de penser en mode binaire. Ses défaillances la rendent bien inapte, dans son ensemble et pas à travers telle ou telle de ses individualités, à relever les défis actuels de l’émancipation. Dans ses fantasmes, elle aimerait souvent un Mal unique et un Ennemi principal. L’impérialisme, le capitalisme, les politiques néolibérales, François Hollande, le PS, le sarkozysme, l’extrême droite, les attentats djihadistes, etc. : tout devrait être réaligné sur un seul plan. Elle comprend rarement que l’émancipation sociale doit faire face à des maux et à des adversaires diversifiés aux dangerosités variables en fonction des moments. Cette gauche radicale de 1995 est, entre autres, travaillée par deux tentations opposées face au massacre du 13 novembre : une tentation gauchiste et une tentation républicaniste.

 

La tentation gauchiste est exprimée, de manière paradoxalement crétine pour une organisation issue de la grande tradition intellectuelle de la LCR, par le communiqué national du NPA suite aux attentats du 13 novembre (3). On s’y efforce rhétoriquement d’aplatir le maximum d’horreurs et de logiques sur un même axe : les attentats parisiens, les bombardements français en Syrie, les bombardements russes, « le dictateur Assad », « le contrôle des sources d'approvisionnement en pétrole », l’« intervention pitoyable » de François Hollande à la télévision, les attaques contre « les libertés fondamentales », « l’union nationale », la constitution des musulmans en « bouc émissaire », « le racisme », « le système capitaliste »…Cet amalgame débouche sur le portrait d’un adversaire principal emboîté : impérialiste-capitaliste-islamophobe-hollandien. Cependant, les fondamentalismes islamistes, en tant que forces politiques organisées et militarisées à l’origine directe des assassinats ne semblent pas vraiment constituer des adversaires. Ils ne sont pas désignés en tant que tels, on ne dit pas qu’il faudrait aussi les combattre, ni donc comment.

 

Le NPA a certes raison de mettre en cause l’impérialisme (souvenons-nous du rôle de la guerre américaine en Irak dans la naissance de Daech !) et les logiques de guerre, même s’il faudrait davantage distinguer la politique des gouvernants américains et celle des gouvernants français, et cela en fonction des périodes pour chacune d’entre elle. De loin dans le brouillard, des choses diversifiées tendent à se ressembler. Le NPA a aussi raison de mettre en garde contre les instrumentalisations islamophobes et sécuritaires, mais pas en omettant un des fronts du combat politique émancipateur : contre les fondamentalismes islamistes, qui une fois générés par certaines causes historiques développent une réalité et des capacités destructrices propres. Toujours la même omission pour une partie de la gauche de la gauche depuis Charlie ! Et onze mois après on n’a pas vraiment avancé d’un pouce… Encore une fois une politique d’émancipation borgne ! Les assassins commandités par Daech n’ont-ils pas tué au hasard de supposés « mécréants » parce que supposés « mécréants » (qu’il s’agisse d’ailleurs d’athées ou de croyants musulmans, chrétiens ou juifs), de supposés « français » parce que supposés « français » ? N’a-t-on pas là une des figures totalitaires des ennemis de l’émancipation humaine, qui suppose comme appui minimal un sens de la commune humanité ?

 

La tentation républicaniste a été exprimée de manière soft, et reconnaissons-le de façon plus digne que le gauchisme du NPA, par les dirigeants du Parti de gauche. On en trouve des traces dans les déclarations du 14 novembre de Jean-Luc Mélenchon. Dans une première déclaration vidéo (4), il veut « se rendre utile (…) en répondant à l’appel des autorités, sans barguigner », en prenant appui sur un « nous, la République française ». Dans une autre déclaration écrite (5), il ajoute : « Je forme le vœu que nos responsables gouvernementaux aient tous les moyens d’agir comme ils le souhaitent. », en précisant qu’« à cette heure toute querelle s’interrompt ». Danielle Simonet, co-coordinatrice du PG (6), avance quant à elle le 16 novembre : « Faire peuple uni et fraternel, telle est notre première tâche hautement politique » Dignes, ces textes le sont en appelant à récuser « les amalgames racistes » et les stigmatisations sur des bases religieuses, tout en désignant clairement les adversaires fondamentalistes de l’émancipation. Cependant, ils ne constituent en quelque sorte que l’aile la plus nettement antiraciste de « l’union nationale », avec à la clé une série d’impensés et de périls :

 

- Ils donnent automatiquement dans l’urgence un blanc-seing à des gouvernants en train d’augmenter l’arsenal sécuritaire et discriminatoire, et donc le recul des droits individuels et collectifs. Ce faisant, le PG aura renforcé un temps la légitimité de ce qu’il va être amené à combattre prochainement, en tombant dans le piège du consensus patriotard.

 

- Ils oublient que c’est l’entretien des capacités de dissensus qui préserve le mieux les idéaux démocratiques et républicains dans les régimes représentatifs professionnalisés et oligarchiques réellement existants. L’embrigadement derrière le drapeau tricolore, même temporaire, ne constitue pas une bonne réponse démocratique à l’embrigadement djihadiste.

 

- Ils consolident la prétendue primauté de l’identité nationale, dans un contexte de montée des nationalismes xénophobes, alors que ce sont les sentiments universalisant d’humanité qui devraient être prioritairement valorisés.

 

- Ils surestiment la place de la tradition républicaine dans les transformations sociales radicales à opérer dans un horizon émancipateur post-capitaliste et sous-estiment ses parts d’ombre passées et présentes (sexisme, esclavage, colonialisme, hétérosexisme, discriminations postcoloniales, représentation politique oligarchique, étatisme et bureaucratie, notamment).

 

- Enfin, ils confondent l’importance de valeurs partagées et d’espaces communs avec l’union autour de l’État et de ses commissaires politiques (même si les commissaires républicains sont moins dangereux que les commissaires fascistes, staliniens ou djihadistes).

 

Tant la tentation gauchiste que la tentation républicaniste s’expriment nettement aujourd’hui, sous des modalités exacerbées ou larvées, dans la galaxie des sympathisants et surtout des militants de la gauche de la gauche, sur internet et sur les réseaux sociaux. Pourtant, nombre de sympathisants critiques sont en quête d’une boussole moins manichéenne. Cette boussole devrait garder des zones de doutes et de questionnements en demeurant ouverte sur l’aléatoire. Ce ne serait pas une « ligne politique » rigide à appliquer, mais, pragmatiquement, un instrument nécessairement imparfait, reformulable en cours de route, afin de s’orienter dans le brouillard face aux chausse-trappes de la période. On peut commencer à en esquisser quelques linéaments après Charlie et après le 13 novembre 2015. Son horizon ? C’est l’émancipation entendue comme le processus de développement d’une autonomie individuelle et collective en rupture avec les dominations, les inégalités et les discriminations, dans la perspective d’une société non-capitaliste récusant plus largement la pluralité des oppressions. Ses défis du moment ? Lutter en même temps contre les fondamentalismes islamistes, contre l’islamophobie, contre les dérives sécuritaires et pour l’accueil des migrants. Au moyen d’une boussole multiculturelle ouverte sur le monde, en rupture avec les logiques de repli national et les préjugés xénophobes. Les élans de générosité mélancolique et interculturelle qu’a connus la société française ces derniers jours comme les échos de solidarité nous parvenant d’un peu partout dans le monde constituent un point d’appui pour cela.

 

Le combat politique contre les fondamentalismes islamistes que nous devons mener doit être indépendant des logiques étatistes, avec une portée internationale dans la solidarité vis-à-vis de ceux qui, comme les combattants kurdes ou via des actions non-violentes, leur résistent sur des bases humanistes. En France, il a une composante d’éducation populaire sur le terrain local, en lien avec l’activité associative. C’est dans cette perspective que, parmi les ami-e-s de l’émancipation, nous aurions besoin de spécialistes de l’islam et de personnes de croyance musulmane nous aidant, par leurs savoirs, leurs savoir-faire et leurs légitimités à délégitimer les références religieuses des violences fondamentalistes. Cet appui émancipateur n’a rien à voir avec les appels à tonalités islamophobes, qui vont vraisemblablement renaître comme après Charlie, à « la communauté musulmane » dans son ensemble pour « se dissocier » des tueries djihadistes, comme si la diversité des individus de culture ou de croyance musulmanes y avait a priori une quelconque responsabilité.

 

Par ailleurs, les assassinats fondamentalistes des dernières années ont mis en évidence qu’il y avait souvent, au sein de parcours sociaux variés, des attentes spirituelles se manifestant à travers la conversion djihadiste, un besoin romantisé de sens, de pureté et d’ailleurs, comme dans l’engagement dans les guérillas sud-américaines ou l’aventure hippie dans les années 1960-1970. Par-delà les croyances ou les incroyances religieuses des uns et des autres, une spiritualité laïque et démocratique est peut-être à inventer, c’est-à-dire un espace pluraliste et interculturel de questionnements sur le sens et la valeur de l’existence, sur les relations humaines comme les rapports à la nature. Un espace sans la tutelle étatique de quelque chose comme une religion laïque d’État, mais laissé à la libre autonomie et association des individus. Cette spiritualité laïque opposerait le sol des fragilités humaines et leurs impuretés aux fantasmes d’absolus et de pureté des kalachnikovs d’âmes meurtries et meurtrières. Plutôt qu’une lutte contre les religions, cela appellerait un dialogue laïc, au sein des ami-e-s de l’émancipation, entre des athées, des agnostiques et des croyants ayant admis une certaine sécularisation et individualisation du rapport au religieux, et donc acceptant un espace politique relevant idéalement de l’autogouvernement des fragilités humaines sans imposition d’absolus religieux d’où qu’ils viennent.

 

 

Ce ne sont que quelques hypothèses, formulées à partir d’une raison sensible au cœur des brûlures de l’événement tragique, pour que « l’entêté portefaix, passeur de justice » ne succombe pas à « l’assaut glacé d’un mal qui prend appui sur les points les plus déshonorés de la nature humaine ». Il faudrait dire des maux, tant les amalgames islamophobes, la paranoïa sécuritaire et le rejet des migrants pourraient nous écraser un peu plus, en s’ajoutant aux horreurs fondamentalistes.

 

 

Notes :

 

(1) M. Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (1e éd. : 1944), Paris, Gallimard, collection « Tel », 1992, p. 279.

(2) Voir S. Wahnich, La longue patience du peuple. 1792. Naissance de la République, Paris, Payot, collection « Critique de la politique », 2008.

(3) « Leurs guerres, nos morts : la barbarie impérialiste engendre celle du terrorisme », communiqué du NPA, 14 novembre 2015.

(4) « Se rendre utile pour faire face », par Jean-Luc Mélenchon, 14 novembre 2015.

(5) « Résister à la haine et à la peur que les assassins veulent incruster en nous », par Jean-Luc Mélenchon, 14 novembre 2015.

(6) Déclaration de Danielle Simonet, 16 novembre 2015.

 

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* Repères précédents :

 

* « Après Charlie : bal tragi-comique à gauche radicale-sur-Seine », Rue 89, 19 janvier 2015

 

* « Charb fort never », Le Zèbre, 16 juin 2015

 

* « Je conchie l’air du temps néoréac », Libération daté du 6 octobre 2015

 

* Quelques analyses complémentaires/convergentes :

 

* « La peur est notre ennemie », par Edwy Plenel, Mediapart, 14 novembre 2015

 

* « La France face à la violence totale de Daech », par Haoues Seniguer, Le Huffington Post, 15 novembre 2015

 

* « D’abord, faire de la politique ! », par Pierre Khalfa, Mediapart, 14 novembre 2015

 

* « Se retrouver, c’est ça l’urgence », par HK le saltimbank, Mediapart, 15 novembre 2015

 

* « Ne perdons pas espoir en l’humanité », par Ben, Mediapart, 16 novembre 2015

 

* « Contre la répression étatique et l’obscurantisme religieux », communiqué du secrétariat des Relations Internationales de la Fédération anarchiste, 15 novembre 2015

 

* Communiqué de la Fédération anarchiste, 16 novembre 2015

 

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