Mélenchon, conscience historique lucide, mais…

Jean-Luc Mélenchon est porteur d’une conscience historique d’enjeux socio-politiques de ce début de XXIe siècle rare parmi les professionnels de la politique d’aujourd’hui. Après la récente convention nationale de La France Insoumise et le jour de son passage à «L’émission politique» de France 2, un critique se devait de le souligner…sans, pour autant, se départir de son esprit critique.

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Un article inédit pour Mediapart et, à sa suite, l’extrait d’une contribution à un livre publié par le magazine Sciences Humaines concertant les atouts et les faiblesses de la France Insoumise.

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Mélenchon, conscience historique lucide, mais…

Les médias dominants privilégient le superficiel, les « petites phrases » et le zapping continuel (1). Les professionnels de la politique, comme Jean-Luc Mélenchon et bien d’autres, tout à la fois en jouent et sont joués par cette tendance. Aucun journaliste n’a ainsi souligné, à ma connaissance, l’événement politico-intellectuel constitué par « le grand entretien » donné par Jean-Luc Mélenchon à deux journalistes de l’hebdomadaire Le 1, Julien Bisson et Vincent Martigny, dans son numéro 174 paru le mercredi 18 octobre 2017 sous le titre « L’insoumission est un nouvel humanisme ». Cet entretien avait été préparé par un texte paru sous le même titre sur le blog de Jean-Luc Mélenchon le 26 août 2017. Retour sur cet entretien, alors que la première convention nationale après les élections présidentielle et législatives du mouvement La France Insoumise a eu lieu à Clermont-Ferrand les 25 et 26 novembre derniers et que Jean-Luc Mélenchon est l’invité de L’émission politique de France 2 ce jeudi 30 novembre 2017.

Critiquer tout en reconnaissant la qualité

On se doit de saluer le travail des deux journalistes, car il est rare que l’on donne l’occasion à un homme politique de pouvoir développer ainsi des idées sur le fond et pas seulement ses humeurs du moment. Relativisons toutefois : ce qui est exceptionnel aujourd’hui était plus habituel dans les années 1970 et aux débuts des années 1980. C’est par rapport à la tendance à la désintellectualisation de la politique professionnelle (2) que l’entretien de Mélenchon apparaît étonnant et détonnant.

J’ai critiqué vivement à plusieurs reprises les propos de Mélenchon depuis sa campagne présidentielle de 2012. Cependant, il ne s’agit pas d’une volonté systématique de critique et encore moins d’une hostilité personnelle. Et je n’avais jamais lu de texte aussi intéressant de Mélenchon. Il fallait le souligner à l’écart des esprits sectaires, anti-Mélenchon ou pro-Mélenchon.

Une conscience historique d’enjeux du XXIe siècle

Qu’exprime avec netteté Mélenchon dans cet entretien ? Une conscience historique d’enjeux de moyen terme de la politique au XXIe siècle, alors que beaucoup de politiciens et de cadres militants se contentent de réagir aux stimuli du court terme et de barboter dans le marigot de leurs rivalités.

Tout d’abord, au lieu de se situer dans des combats nostalgistes de rénovation de la social-démocratie ou du communisme stalinien du XXe siècle, il prend acte de l’affaissement de ces deux courants qui ont dominé la gauche et le mouvement ouvrier au siècle dernier et de la nécessité d’inventer un nouveau cadre. C’est ce qu’il appelle « l’épuisement de tous les modèles de la ʺvieille gaucheʺ – en atteste l’effondrement de la social-démocratie européenne, qui a longtemps été ma famille politique, et du communisme d’État. Beaucoup vivent ça comme un incident de parcours. Pas moi. Un monde est mort ! ». Il ne s’agirait pas de rapiécer, mais plus radicalement de réinventer.

Réinventer, c’est accepter de revisiter les modèles organisationnels stabilisés et de ne pas chercher absolument à les répéter. On reproche souvent à La France Insoumise, dans la gauche radicale, d’être peu démocratique, car le point de passage obligé devrait être la représentation proportionnelle par courants, du local au national. Cependant, est-ce que cette évidence organisationnelle ne constitue pas une des causes importantes et peu visibles de l’échec du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), par exemple ?

J’ai pu ainsi observer, en tant que militant du NPA de sa création en février 2009 à mon départ en février 2013 (et avant, dans la phase constituante de cette nouvelle organisation, au sein de la LCR,) les effets pervers du fonctionnement autour de courants. Le niveau national des débats a été très vite monopolisé par des semi-professionnels du militantisme, représentant les différents courants. Leurs habitudes militantes et le volume de temps plus grand qu’ils pouvaient consacrer à la politique leur permirent d’être élus dans les congrès et les instances du parti au détriment des plus éloignés de la politique et de ceux qui disposaient de moins de temps pour le militantisme. Un entre soi s’est installé, dans lequel la diversité de ceux qui avaient rejoint le NPA pouvait peu se reconnaître. La diversité de sensibilités politiques, mais aussi la diversité dans la formation politique (pour certains c’était le premier contact avec le militantisme) et la diversité de degrés d’engagement apparaissaient d’emblée écrasées. Des milliers de personnes ont ainsi décroché et sont parties en silence. Cela n’a pas fait la Une des médias, mais a davantage compté que les divergences sur les questions électorales, qui préoccupaient les animateurs des courants internes comme les journalistes. Il est rare dans les milieux militants que l’on établisse des bilans lucides et qu’on tente ensuite de rectifier les erreurs en fonction des écueils rencontrés. Agiter rhétoriquement les adversaires (des concurrents immédiats à « la classe dominante ») constitue souvent une manière commode d’expliquer les difficultés.

Certes La Frances Insoumise pose des questions de démocratie à cause de la place centrale occupée par son leader Jean-Luc Mélenchon, j’y reviendrai. Cependant, Mélenchon a raison de se méfier des « seniors de la politique qui trimballent leurs vieux scénarios des années soixante ». L’expression « gazeux », qu’il a utilisé, a pu faire sourire ou être critiquée, pourtant n’indique-t-elle pas surtout un défi pour l’expérimentation des formes organisationnelles renouvelées ? C’est « gazeux », nous dit Mélenchon, « c’est-à-dire que les points se connectent de façon transversale ». Cela suppose d’ouvrir l’imagination organisationnelle. En tout cas si l’on veut qu’un plan organisationnel rénové participe d’un nouvel imaginaire politique en mesure de relever le défi de l’éventuel remplacement de la social-démocratie et du communisme stalinien au cœur de la gauche. « Pour le comprendre, il faut construire un nouvel imaginaire politique », lance fort justement Mélenchon. Il y a, dans la situation, un impératif d’exploration de nouveaux chemins.

Les enjeux du XXIe siècle ne sont toutefois pas qu’organisationnels pour Mélenchon, mais l’organisationnel serait en lien avec deux enjeux socio-politiques forts : l’écologie et l’individualisation contemporaine. Le défi écologique (3) ?

« L’entrée dans l’écologie politique m’a fait sortir du cadre théorique dans lequel j’étais en train de mourir sur pied. L’écologie politique ramène aux fondamentaux. Il y a des biens communs, un seul écosystème compatible avec la vie de notre espèce, et ils sont menacés. »

Et cette importance de l’écologie est en rapport avec l’épuisement des modèles social-démocrate – « La thèse sociale-démocrate est donc morte à jamais, car elle suppose une correction progressive des inégalités par une répartition inégalitaire des produits de la croissance – le développement serait infini alors que la ressource est finie. » - et communiste – « Quant au communisme d’État, il fonctionne lui aussi sur une illusion productiviste, aggravée du fait qu’il est incapable de s’autocorriger parce qu’il n’y a pas de démocratie. »

La prise en compte de l’individualisation contemporaine (4) est encore plus rare que celle de l’écologie à gauche, tant est prégnant un « logiciel collectiviste » qui voudrait que la gauche cela soit le collectif et la droite l’individu. Mélenchon l’aborde à propos de la notion d’« insoumis » :

« Le mot insoumis est ce qui correspond le mieux à l’individuation des rapports sociaux de notre temps. »

Et il précise :

« Insoumis, ça nous ramène à la racine individuelle du combat pour l’émancipation. »

Il s’agirait alors de mieux lier l’individu et le commun : « l’idée était de trouver un mot qui dise deux choses en même temps : une action collective et un comportement individuel ».

Malheureusement, si l’écologie est très présente dans le programme insoumis, L’Avenir en commun, ce second enjeu civilisationnel y a une part plus mineure (principalement les points « Une nouvelle étape des libertés et de l’émancipation personnelles » et « Donner aux jeunes les moyens de leur autonomie », c’est-à-dire environ 2 pages sur 128). Le « logiciel collectiviste » n’est pas vraiment mis au placard, il manifeste une grosse résistance, et la porte est à peine entrouverte pour l’individu…mais la question est identifiée contrairement à beaucoup.

Cependant, l’entretien au 1 n’exprime pas que la conscience historique remarquable et rare de Mélenchon, il y a des points beaucoup plus contestables.

 

L’impensé du leader ou la verticalité suprême

Mélenchon tourne autour du pot quant à la question de la verticalité autour du leader :

« Nos observateurs sont enfermés dans une vision binaire opposant verticalité et horizontalité. Or le mouvement n’est ni vertical ni horizontal ».

Pourtant, le leader est omniprésent dans le discours. Florilège :

- « Le point de départ, c’est le livre L’Ère du peuple en 2014 » (son livre !)

-  « Je sers de clé de voûte. »

- « C’est très anxiogène de bosser avec moi. Il n’y a pas de consigne, on ne sait pas ce que je veux. Moi je sais. Parfois, mais pas toujours. J’ai une foi totale dans la capacité auto-organisatrice de notre peuple. » : entre le moi omniprésent du leader et « la capacité auto-organisatrice de notre peuple », il y a comme une tension forte…

- Á la question « Qu’avez-vous prévu pour parler au peuple sans diplôme ? », il répond : « Moi. Vous pouvez vous identifier à moi. »

- Il fait d’un roi, Louis XI considéré comme « un génie », une de ses références historiques principales !

- « Qu’est-ce que je veux accomplir ? Créer un mouvement populaire de masse » : on est au cœur du paradoxe dans la tension entre le « je veux accomplir » et « un mouvement populaire de masse ».

Il admet à un moment la verticalité – « J’admets que, dans notre façon de faire, il y a aussi une dimension verticale. » - pour immédiatement après la relativiser – « Mais elle n’est ni unique ni centrale. » Comment rendre crédible, cependant, le mouvement qui irait de la prépondérance du leader à sa disparition : « Ce que je souhaite, c’est que le mouvement soit suffisamment large et puissant pour qu’il existe sans moi » ?

La verticalité centrale du leader dans le mouvement La France Insoumise est peu réfléchie dans cet entretien de Mélenchon : il semble se refuser à se confronter pleinement à ses risques oligarchiques. Pourtant le  XXe siècle peut être vu comme un vaste réservoir d’expériences, « réformistes » ou « révolutionnaires », libérales ou autoritaires, voire totalitaires, soft ou hard, d’oligarchisation des aspirations démocratiques par la captation des pouvoirs par des porte-parole. Qu’il s’agisse de la domination des représentants sur les représentés dans les partis à idéaux démocratiques analysée dès 1910 par Robert Michels (5) au culte tyrannique de la personnalité chez un Staline. Comment prendre au sérieux une rénovation véritable de la politique démocratique  via la centralité du leader unique ? Car cela se présente comme une régression par rapport à la forme déjà oligarchique du parti, où la pluralité des leaders peut fournir un certain équilibre entre les pouvoirs des uns et des autres, donc un frein. Comment penser qu’un mouvement créé autour de lui par un chef pourrait permettre d’engager un nécessaire dépassement du caractère faiblement démocratique de la forme parti vers un autre cadre organisé à inventer ?

Hésitations entre nationalisme et internationalisme

J’ai pu reprocher à plusieurs reprises à Mélenchon les accents nationalistes de ses discours. Il est dans cet entretien plus hésitant. On y trouve des tonalités internationalistes et même cosmopolitiques, avec le monde pour horizon. Á la question, « L’Europe ne peut pas être le cadre de cette souveraineté ? », il répond : « Alors le monde entier peut l’être ! Il n’y a qu’une seule humanité. » Il y a alors des passages établis entre internationalisme et nation :

- « Mais s’il faut commencer par un bout, commençons par former un peuple souverain. »

- ou « je n’accepterai jamais un nationalisme qui serait un ethnicisme. Je suis universaliste. »

Cependant le risque, c’est de ne s’occuper principalement que de ce « bout » national et que le reste ne soit en pratique qu’un vague discours humaniste. Si elle ne constitue pas au moins un pilier aussi important que le pilier de l’action nationale, la coopération internationale pourrait n’être qu’une cerise sur un gâteau nationaliste malgré les intentions de ses promoteurs. Rien n’indique dans cet entretien de Mélenchon que la coopération internationale pourrait constituer réellement un tel second pilier, ni d’ailleurs dans le programme L’Avenir en commun (les points « Défendre et développer les coopérations avec les autres peuples d’Europe » et « Ouvrir une nouvelle ère de coopérations internationales », c’est 2 pages !). Par ailleurs, la justification de l’utilisation de La Marseillaise dans ses meetings plutôt que L’Internationale renvoie à une adhérence affectuelle au cadre national davantage contestable : « tu ne peux pas construire un mouvement de masse à dix mille kilomètres de l’affect moyen de ton pays ». La nation comme quelque chose qui colle à la peau !

Quelques miasmes xénophobes

Enfin, il y a quelque chose d’inacceptable dans l’entretien, c’est le surgissement peu compréhensible de propos à tonalités xénophobes vis-à-vis des pays baltes :

« Le "peuple européen", qu’est-ce que c’est ? Je ne me sens rien de commun avec les pays baltes. C’est le bout du monde, même les Romains ne sont pas allés là-bas ! […] Et on traiterait comme des frères de lointains Lituaniens sous prétexte qu’ils sont chrétiens ! Ce n’est pas mon histoire. »

Là on est face à un dérapage plus inquiétant encore.

Il n’y a aucune raison pour les esprits critiques de caricaturer Jean-Luc Mélenchon, sauf quand il se caricature lui-même, comme sur les pays baltes. On doit reconnaître qu’il peut exprimer une conscience historique rare parmi les politiciens et même les cadres militants de la gauche radicale. Mais n’oublions pas, non plus, que la reconstruction de la gauche autour d’un leader unique ne peut-être qu’une impasse démocratique et que l’internationalisme ne peut pas, dans une perspective émancipatrice, être réduit à la portion congrue.

30 novembre 2017

 

Notes :

(1) Voir Pierre Bourdieu, Sur la télévision, Paris, Liber éditions/Raisons d’agir, 1996.

(2) Sur ce contexte de désintellectualisation tendancielle dans l’activité politique, voir mon livre La gauche est-elle en état de mort cérébrale ?, Paris, Textuel, collection « Petite Encyclopédie critique », 2012.

(3) Sur le défi éco-socialiste, voir notamment le livre collectif Écologie et socialisme, sous la direction de Michael Löwy, Paris, Syllepse, collection « Écologie & Politique », 2005.

(4) Pour un panorama des travaux sociologiques, historiques et philosophiques concernant l’individualisation contemporaine, voir l’ouvrage collectif sous la direction de Philippe Corcuff, Christian Le Bart et François de Singly, L’individu aujourd’hui. Débats sociologiques et contrepoints philosophiques, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2010.

(5) Robert Michels, Sociologie du parti dans la démocratie moderne ; Enquête sur les tendances oligarchiques de la vie des groupes (1e éd. : 1910), traduction et présentation par Jean-Christophe Angaut, Paris, Gallimard, collection « Folio », 2015.

 

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Atouts et faiblesses de La France Insoumise

* Extrait d’un entretien avec Maud Navarre paru sous le titre « La gauche radicale à la croisée des chemins » dans le livre collectif sous la direction d’Héloïse Lhérété, Les grandes idées politiques, Paris, Éditions Sciences Humaines, collection « La petite Bibliothèque de Sciences Humaines », 2017, pp. 50-55 *

 

 

Maud Navarre : La France Insoumise incarne-t-elle alors une nouvelle dynamique susceptible de remplacer le PS comme pôle dominant à gauche ?

 

Philippe Corcuff : Il n'y a ici aucune certitude. La France Insoumise a certes des atouts dans sa besace, comme la marginalisation du PS et des autres groupes de la gauche radicale, quelques signes de mobilisation citoyenne en sa faveur (fragiles car se manifestant surtout par des clics sur internet), une certaine popularité de son leader et le dynamisme du nouveau groupe parlementaire de La France Insoumise. Dans le même temps, on observe des problèmes handicapants pour l'avenir. J'en vois six. Le refus de donner une consigne de vote au 2e tour de la présidentielle face au Front national et les formulations hésitantes de Mélenchon, pouvant donner l'impression, à des moments, d'une certaine équivalence entre les candidatures Macron et Le Pen, ont éloigné une partie de l'électorat du premier tour de la Présidentielle dès les législatives. Deuxièmement, les milieux populaires (autour des ouvriers et des employés) se sont moins portés sur le vote Mélenchon que sur l'abstention et sur le FN, et ils se sont largement désintéressés des législatives. Troisièmement, les couches moyennes salariées associées au secteur public au sens large sont hégémoniques, pour l'instant, parmi les militants de la France Insoumise, comme dans la plupart des organisations de la gauche radicale, hors certains secteurs du PCF, et les paroles populaires y ont peu directement voix au chapitre ; la notion large de « peuple » tendant à invisibiliser cette réalité. Quatrièmement, la logique de « la table rase » et du ralliement obligatoire au nouveau mouvement, peu ouverte aux alliances pluralistes, y compris avec des soutiens de la candidature de Mélenchon comme le PCF, peut donner une image sectaire. Cinquièmement, il y a une tension forte entre, d'une part, la critique des formes représentatives et professionnelles de la politique et des aspirations à une démocratie plus participative actives dans la société (songeons dernièrement à Nuit Debout!), y compris parmi les sympathisants et les militants de La France Insoumise, et la constitution césariste d'un mouvement par un leader autour d'un leader, par ailleurs vieux professionnel de la politique. Enfin, dernier problème, il y a une autre tension entre les tonalités nostalgiques d'une partie des discours de Mélenchon – du type « l'État social, la gauche, la République...c'était mieux avant » - et des éléments d'avenir de son programme, notamment sur la question écologique. La situation actuelle est donc faite, pour la France Insoumise, de potentialités et de faiblesses.

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