Mon précédent billet montrait que les dirigeants européens savaient que la probabilité d'un référendum en Grèce était non négligeable, en dépit de l'accord du 27 octobre. Voici deux nouvelles informations qui en attestent.

1/ Hier à 16h57, dans un article intitulé "L'annonce du référendum grec n'est pas une surprise", l'Express rappellait que

en juin dernier, Georges Papandréou s'était déjà engagé à consulter les Grecs en septembre

2/ Sans doute échaudé par les accusations de duplicité, le gouvernement grec a tenu à rappeler qu'il avait prévenu ses partenaires:

"Avant l'ouverture du G20, la Grèce a précisé que les dirigeants européens avait été informés du projet de référendum annoncé par Georges Papandréou"

C'est ce que l'on pouvait lire hier soir sur la page: http://www.challenges.fr/economie/20111102.CHA6406/referendum-papandreou-persiste-et-signe.html Depuis, l'article a été "actualisé" et ce passage a malheureusement disparu. Ainsi que celui-ci:

Les dirigeants avaient été prévenus. Face aux critiques européennes, Athènes a souligné que le Premier ministre grec Georges Papandréou avait "informé ses partenaires de ses intentions" de soumettre à référendum l'accord européen de sauvetage du pays, selon le porte-parole officiel grec, Ilias Mossialos. Pour autant, le Premier ministre n'avait pas précisé "la date, confidentielle, de l'annonce" de ce recours. Plusieurs dirigeants européens ont en effet reproché à Georges Papandréou de ne pas les avoir tenus au courant. C'est la position que maintient aussi mercredi Valérie Pécresse qui a affirmé que la Grèce n'avait "jamais, à aucun moment de la négociation, mentionné qu'il pourrait y avoir (...) une consultation du peuple grec", sorte de "conditionnalité" à l'accord, précise t-elle."

La question qui se pose est donc de savoir pourquoi les dirigeants (en particulier N. Sarkozy et A. Merkel) se sont livrés à une telle mascarade? Pour préserver leur posture de sauveur?

En tous cas, il est regrettable que tant de journalistes aient relayé cette mise en scène. La moindre des choses eut été de formuler des doutes et de rappeler les quelques faits relativisant la soit-disant "surprise" des prétendus sauveurs de l'Europe...

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