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Billet de blog 27 avr. 2021

Kobili Traoré « pénalement irresponsable »... et plus rien ? Par Michel BONELLI

En France, on ne juge pas un fou, meurtrier d’une sexagénaire, rouée de coups puis défenestrée. Pouvait-on prévenir le crime ? L'homme était connu de la justice depuis des années. Carences de la justice, de l’État, des services sociaux ? Que penser de l’antisémitisme primaire, qui pousse au crime et prospère, comme la drogue, sur le sol de France ?*

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Michel Bonelli, journaliste pour « Marseille la Cité », puis « Med in Marseille », exprime sur notre blog son sentiment de révolte après le meurtre atroce de Sarah Halimi, une paisible retraitée. L'auteur du crime : un homme conditionné à l'antisémitisme par son milieu familial, social, connu pour être un gros consommateur, compulsif, de cannabis, un trafiquant de drogue et un délinquant multirécidiviste.

Michel BONELLI : 

Kobili Traoré ne sera pas jugé pour l’assassinat de Sarah Halimi

La justice, pour laquelle il n'est pas un inconnu, le considère comme pénalement « irresponsable ». Donc à l'abri de toute sanction pénale. Fin du « problème » ? La chambre de l'instruction avait considéré, d'une part, qu'il existait des charges suffisantes contre le mis en examen pour retenir le caractère antisémite du meurtre, et d'autre part que cet homme était pénalement irresponsable en raison « d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes au moment des faits », au sens de l'alinéa 1er de l'article 122-1 du Code pénal. Il est complexe de vouloir débattre d’une décision de justice. Par contre, il n'est pas sans intérêt d'examiner de plus prêt une délinquance apparue ces dernières années, qui a pour fondement une religiosité pathologique, comme c'est le cas ici.

Kobili Traoré :  un homme psychiquement faible. Une santé mentale détruite par l’usage quotidien de la drogue. Il a été laissé seul face à son addiction, à ses proches, à son milieu, à ses démons, à sa folie...

Le coupable : Kobili Traoré, d’origine malienne, est un Français de papier complètement inadapté à sa société d’accueil où l’a fait vivre les pérégrinations de sa famille. Il est connu par les services de police, sans emploi, casier judiciaire garni d'une vingtaine de condamnations, usage et trafic de stupéfiants, vol, violences, outrage et rébellion. C’est un consommateur de stupéfiants depuis son adolescence dans des proportions importantes. Il fume une quinzaine de joints par jour depuis une quinzaine d’années. C’est un asocial qui n’a jamais fait un nombre d’années de prison en rapport avec les faits contenus dans son casier judiciaire, cas malheureusement très répandu en France.
Son addiction n’a jamais l’objet d’un traitement à la hauteur alors qu'on sait qu'elle jouait un grand rôle dans sa vie, et qu'elle est à l'origine de nombre de ses condamnations. Il n’a jamais fait l’objet d’un suivi social pour essayer de lui trouver une place dans la société.
À en croire la rumeur publique, la justice de notre pays et les services sociaux seraient pleinement responsables du drame. Tout le monde aurait fait preuve de négligence : « les acteurs de la justice et des services sociaux qui ont eu à traiter le cas Kobili Traoré s'en tirent à bon compte... Responsables mais pas coupables ! » Voire : « dans le meurtre de Sarah Halimi, tout le monde est blancs comme neige... comme le meurtrier !»

Un être dressé socialement à l’antisémitisme primaire qui prospère dans les familles de nombreux immigrés provenant du Maghreb et du Sahel


L'antisémitisme primaire prospère dans les familles de nombreux immigrés en provenance du Maghreb et du Sahel.
Il est de coutume, je dis bien de coutume, chez ces gens là, de haïr les juifs « parce qu’ils sont juifs ». Ne leur demandez pas pourquoi, ils seraient incapables de vous en donner une raison rationnelle. Ce que nous savons de l’enquête de voisinage en est une preuve : le meurtrier vivait avec sa mère et ses sœurs et quand celle-ci croisaient Elisheva, la fille de Sarah, venue rendre visite à sa mère, elles crachaient par terre et criaient « Sale juive ! » Pour mémoire cette famille sympathique logeait dans un de nos HLM.

Au XXIème siècle en France, un juif dans la capitale ne peut habiter partout. Il en danger de mort. Il est la cible des détraqués


Nous avions à faire à de l’antisémitisme de base, de l’antisémitisme de pallier. Pour leur malheur Sarah, sa famille et ses petits-enfants qui portaient kippa étaient des juifs visibles. Mme Halimi avait aggravé son cas, elle était la seule juive du 26, rue de Vaucouleurs, à quelques pas du boulevard de Belleville, dans le XIe arrondissement parisien. Ce qui veut bien dire qu’un juif au XXIème siècle en France, dans la capitale ne peut pas habiter partout et selon son choix il se met en danger de mort. D’ailleurs nous assistons depuis des années à une migration intérieure de familles juives qui quittent certaines zones d’habitations pour rejoindre des territoires plus sûrs et cela dans toute la France de Lille à Marseille. Un phénomène que constatent nos pouvoirs publics mais qui les laisse sans réaction marquante.

En France, le séparatisme confessionnel mâtiné de suprématisme ethnique a droit de cité


C’est une acceptation du séparatisme et surtout la suprématie religieuse et raciale d’un groupe de plus en plus nombreux sur un groupe minoritaire.
Pourtant Sarah Halimi, la victime, 66 ans avait toujours exercé une profession au service des autres et dans l’intérêt général : médecin de formation et directrice de crèche jusqu'à sa retraite récente, elle habitait depuis trente ans au troisième étage du petit immeuble HLM, le bâtiment de l’horreur.

À 4h 28. Les policiers sont en bas de l’immeuble. Ils ont les clés. Jusqu’à 5 heures, le tueur fou torture Sarah Halimi. Puis la tue en la jetant du 3e étage. Il se laisse arrêter. Il est très calme. Au cours de sa garde à vue, il faudra huit hommes pour le maîtriser

Les faits : Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, Kobili Traoré, voisin de Sarah Halimi, sonne à la porte d'une famille amie, les Diara, d'origine malienne comme lui. Son excitation leur fait peur, il crie « Allah Akbar ! » mais ce n'est pas eux qu'il agresse. Il s'introduit sur le balcon contigu. Celui de l'appartement de Sarah Halimi. Il force la porte-fenêtre, surprend la retraitée dans son sommeil, la frappe, « la massacre » avant de la défenestrer sous les yeux des policiers. Entre deux coups, selon les témoignages des voisins, l'assassin psalmodiait des sourates du Coran. La tempête de coups, le calvaire de cette femme empoignée et jetée par la fenêtre ne se sont pas déroulés dans la solitude...
C'est une nuit de sang, mais pas une nuit de silence. 
Les Diara, affolés lors de l'irruption de Traoré, ont appelé la police. Trois hommes arrivent à 4h28, les Diara leur jettent les clés dans la cour avant de retourner se barricader au fond de leur cuisine. Quelques minutes plus tard surgissent d'autres renforts de la brigade anticriminalité 75, la BAC. Jusqu'à 5 heures du matin, durant l'agonie et l'assassinat de Sarah, la police est donc là, les voisins sont massés aux fenêtres. Certains enregistrent les incantations de Traoré, les « Sheitan ! », « Satan ! » que lance le bourreau à la femme qu'il torture et tue. En parfaite maîtrise de lui-même, en « surstimulation », relate le rapport d'enquête, Traoré hurle à l'attention de la police qui a braqué un projecteur : « Attention, une femme va se suicider ! » avant de la jeter du haut des trois étages.
La police arrêtera Traoré, très calme, quand il aura regagné l'appartement des Diara. Il ne s'énervera que beaucoup plus tard, au cours de la garde à vue. Il faudra alors huit hommes pour le maîtriser. Ce comportement permettra à l'assassin d'être interné à l'hôpital psychiatrique de Saint-Maurice.

Ces malades mentaux avec leurs délires mystiques sont les parties émergées de l’iceberg, d’une pathologie de groupe qui a contaminé de nombreux individus dans notre pays

Des policiers, des voisins ou de Kobili Traoré je ne sais pas qui sont les plus fous dans cette histoire horrible et le summum reste l’avis de la Chambre d’Instruction qui fait de l’assassin un irresponsable lors de la commission des faits. Mais alors Merah assassinant des enfants juifs dans une école, les tueurs du Père Amel, le conducteur du camion de Nice où celui qui a décapité Samuel Paty sont donc des malades mentaux. Ils sont les parties émergées de l’iceberg d’une pathologie de groupe qui a contaminé de nombreux individus dans notre pays. Des sortes de malades mentaux qui ne sont pas des loups solitaires mais qui souffrent bien d’un mal qui a un déterminant commun. Ils obéiraient à un délire mystique dont l’origine serait dans la sainte interprétation de leur livre de chevet ou des textes qu’ils croient être contenus dans un Coran qu’ils n’ont souvent pas lu les obligent à accomplir une sainte boucherie contre les juifs et autres mécréants. Terrifiant ! Cela devrait pousser le législateur et le rédacteur de règlement à inventer quelques nouveaux chapitres pour mettre nos textes à la page : par exemple une grille d’analyse permettant de définir la compatibilité de certains individus issus d’autres horizons culturels  à vivre  chez nous avec ce qui reste de nos mœurs, us et coutumes françaises. Qu’il fasse vite, nous sommes des occupants temporaires en voie de disparition et les lois de la démographie font que le variant Kobili Traoré risque d’être majoritaire face à celui du gaulois réfractaire cher à notre président. 

Je pense que Kobili Traoré aurait du affronter les juges et un jury populaire, la famille Halimi avait droit à cela et notre société aurait pu aussi affronter à travers ce cas ses dysfonctionnements, son aveuglement mortifère et son incapacité à faire régner ce qu’Emmanuel Macron appelle : « le droit à une vie paisible ».
Au fait, avec la procédure d’internement, Kobili Traoré sera-t-il un jour rendu à la liberté? Michel BONELLI

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Ne pouvait-on agir avant pour empêcher l'irréparable ?

L'homme avait eu plusieurs fois maille à partir avec la justice avant d'être connu comme meurtrier. Dans son dossier, nulle évocation jusqu'alors d'un trouble psychique particulier.
Il semble que sa consommation phénoménale et « volontaire» de cannabis, concomitante à ses troubles psychiques (non suspectés par les autorités judiciaires pour lesquelles il était loin d'être un inconnu)  a aboli son discernement et le contrôle de ses actes au moment où il massacrait et défenestrait Sarah Halimi. La cour de cassation a confirmé l'irresponsabilité pénale.
 « Il n'existe pas, c'est vrai, de principe d'exclusion systématique de l'irresponsabilité pénale en cas d'absorption volontaire de stupéfiants, a déclaré Emmanuel Macron. Mais décider de prendre des stupéfiants et devenir alors 'comme fou' ne devrait pas à mes yeux supprimer votre responsabilité pénale ». Le président de la République préconise  donc, « au plus vite, un changement de la loi» (entretien accordé par le président de la République au Figaro, le 18 avril 2021).
La loi n'étant pas rétroactive, l'irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi est bien confirmée, il ne sera donc pas jugé. Du moins pas en France...
Reste à savoir tout de même si la prise gargantuesque de drogue n'est pas un symptôme de la maladie psychiatrique qui affecte Traoré... 
Les experts psychiatriques qui ont travaillé sur ce dossier s'accordent tous pour dire qu'il souffrait de "bouffée délirante" lors du meurtre de la retraitée, identifiée comme « juive », frappée et défenestrée en 2017 aux cris d' « Allah Akbar »
Il est patent que le milieu social et familial du tueur fou a favorisé son comportement, estime Michel Bonelli. À tout le moins, ce milieu était en opposition totale avec le droit prôné par le président Emmanuel Macron, « le droit à une vie paisible ». Les proches de Traoré ont plus d'une fois manifesté mépris et hostilité à l'égard de Madame Sarah Halimi, parce que « juive ».
Michel Bonelli dénonce aussi l’absence de réactions adaptées, en temps utile, des pouvoirs publics, car Kobili Traoré n’était pas un inconnu pour la police, la justice ou les services sociaux, qui le « suivaient » depuis son adolescence. Son casier comporte 22 mentions, des condamnations pour trafic et usage de stupéfiants, outrage et rébellion, port d'arme... (Ph L)

 * Titre, chapeau et sous-titrage,  1er paragraphe : Philippe Léger

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