Marche pour le climat, Alençon était là.

Ce n'était certes qu'un rassemblement, petit, mais les militant.e.s qui défendent l'avenir de la planète devant l'inaction politique étaient là. Voici le texte qui y a été lu, que votre serviteur avait eu le plaisir et l'honneur d'écrire. Bonne lecture

   De marche pour le climat en marche pour le climat, les données s’accumulent pour nous confirmer une trajectoire désastreuse en matière de réchauffement climatique. Ce qui semble inexorable est toutefois le résultats de choix politiques.

   En face de ces choix, il y a les nôtres. Les gouvernements qui ont le pouvoir, comme chargés d’affaires des grands groupes capitalistes, nous ont démontré que non seulement ils ne faisaient rien pour sauvegarder la planète, mais qu’en outre, le mode de production qu’ils nous imposent est dans l’incapacité totale d’offrir une alternative.

   En 2016, a été battu le record annuel de chaleur jamais enregistré. Dans les cinq ans à venir, ce record sera battu, peut-être même cette année.

   Sur la période 2020-2024, la moyenne des températures devrait s'établir entre 1,15 et 1,46°C au dessus de l'ère pré-industrielle. Rappelons que lors de l’accord de Paris de 2016, était visée une augmentation maximale de 2° en 2100, idéalement d’1,5°. Au vu de la courbe des températures, cela relève d’une triste utopie.

   Les objectifs, pourtant très largement insuffisants, qui ont été fixés pour tenir les engagements ne sont pas tenus. En 2020, la France devait atteindre 23 % d’énergie renouvelable en consommation brute… Elle n’en est qu’à un peu plus que 16 %… Et le projet Hercule se propose de séparer EDF en deux entités, une EDF bleu, entièrement publique, s’occupant du moins rentable et du plus endetté – le nucléaire – , et une EDF verte s’occupant du renouvelable… qui serait privatisé à hauteur de 35 %. Au moment où il s’agirait de planifier un changement radical de modèle, non-dépendant de la demande de rentabilité, le capitalisme ne sait faire qu’une chose : laisser au marché la possibilité de tout détruire.

   C’est à tous les niveaux que ça doit changer. Au niveau de l’État, vous venons de voir que tout changement était saboté. Au niveau local, où devraient aussi être prises des mesures radicales, on en est encore à la politique des petits pas. Comme on peut le voir dans les programmes présentés sur Alençon, au pire il n’y a pratiquement rien, au mieux des mesures comme le transport gratuit… étalé sur plusieurs années, si toutefois la promesse se concrétise. Autant dire que le mot d’urgence écologique perd tout son sens !

   Contrairement aux personnes qui veulent décider à notre place, sans toutefois nous proposer de programme radical, le sort de la planète et de notre survie dépend de nous, et seulement de nous. Ce n’est pas en restant dans la passivité et en croyant d’énièmes engagements sans ambition que les choses avanceront.

   Ne nous leurrons pas, nous ne sommes pas encore dans la possibilité d’imposer des choix autres que superficiels, et encore moins de reprendre notre pouvoir pour autogérer la société.

   Cependant, nous avons vu tous ces derniers mois que l’écologie prend toute sa place dans les mouvements sociaux, et que cela va dans le sens d’une conjonction des luttes : la lutte contre le patriarcat, pour la défense de nos retraites, le combat des gilets jaunes… tout cela s’agglomère et peut nous donner à bon sens l’espoir que nos forces sont en train de grandir. La fin des divisions, c’est autant de possibilités d’actions contre des dominants qui détruisent nos droits, nos vies et la planète.

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