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Billet de blog 21 mars 2020

Covid19 ou l'art délicat des journalistes d'exonérer le capitalisme

Nous sommes en guerre - nous disent-ils. Mais quels sont les ennemis ? Les personnes qui se promènent ou les politiques capitalistes de santé ? Quelques éclaircissements énervés et militants.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

   Nous sommes en guerre – paraît-il. Mobilisation générale contre le virus ! Objectif simple : détruire l’ennemi. Nos moyens ? Le service public de la Santé. Nos héros et héroïnes ? Les soignantes et les soignants. Notre rôle ? Rester chez nous.

   Armée du meilleur système médical au monde, nous dit-on, la France ne peut que vaincre. Et pourtant !, ça ne semble pourtant pas aller de soi. Mais comme le disait notre philosophe national, Descartes, « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée »… et notre bon sens nous dit que les horribles responsables des souffrances actuelles et à venir, les propagateurs de maladies, la cinquième colonne du virus, ce sont les pauvres fous, les pauvres folles qui, au mépris de la contamination, mènent leur vie comme si de rien n’était, se promènent le nez au vent dans les rues, répandant un air méphitique au gré de leurs déplacements… Et dire que si tout le monde restait dans ses pénates, nous en aurions fini si vite !

   Caricatural me direz-vous (ou pas?). Caricatural comme un discours gouvernemental et journalistique vous répondrais-je.

*

   D’accord, je ne vous dirai pas qu’il s’agit de se révolter pour se révolter ; d’accord je ne vous dirai pas qu’on a raison de ne pas respecter les consignes que l’on nous donne ; d’accord je ne crierai pas que le virus n’est qu’un pétard mouillé inventé pour détruire nos dernières libertés. Non.

   Voyez-vous, je suis d’accord avec les consignes données par nos institutions médicales. Oui, je trouve que certaines personnes, en plus de n’être pas solidaires, en les enfreignant, se mettent en danger mais, pire, mettent les autres en danger. D’accord, c’est acquis.

   Mais quand je vois que nos chers médias mainstream nous abreuvent d’un discours à peine moins saugrenu que celui développé dans mon premier paragraphe, quand je les entends concentrer leurs critiques sur, donc, les folles et les fous encore dans les rues, je bous. Pire, quand je vois que partout un peu tout le monde fait le même diagnostic et lance les mêmes accusations, je sors de mes gonds. Et quand je vois que notre général banquier président en chef gagne 13 points de confiance, d’après les sondages, là, je reste prostré.

*

   Soyons sérieuses, soyons sérieux.

   Dans quel contexte arrive ce virus ? Dans un ciel bleu ? Une merveilleuse société toute entière dédiée à nos besoins essentiels ?

   Rappelons quelques données. La recherche en France est massacrée depuis bien longtemps. Pas rentable, immédiatement rentable. Donc inutile d’un point de vue capitaliste. Un exemple ? Et bien figurez-vous que depuis 2004 en France, les recherches sur le coronavirus ont été abandonnées. 16 ans de perdus ! Rien que ça. Aurait-il fallu, d’ailleurs tant de temps pour avoir un remède à disposition ?

   Rappelons que ces dernières années, les moyens du service public de la Santé ont été très considérablement réduits, pour ne pas dire détruits. L’on voit des malades de l’est de la France transporté ailleurs faute de moyens… Et pour cause ! Notre pays a fermé ces dernières années autour de 17.000 lits dans les hôpitaux ! Et combien de services de santé de proximité ont disparu dans le même temps ?

   Rappelons que les soignantes et les soignants sont mobilisé.e.s en très grand nombre depuis plus d’un an pour défendre la santé en France et que RIEN n’a été fait… à part leur tenir évidemment des propos de soutien de grande valeur comme : « il n’y a pas d’argent magique». En plus des coups de matraque des dernières manifestations, bien sûr. Pas d’argent magique disait-il ? Mais alors… mais alors… d’où vont sortir les 300 MILLIARDS annoncés par Monsieur Macron lors de son allocution et… destinés aux entreprises ?

*

   De tout cela ni le gouvernement capitaliste ne parle, ni ses agences de propagande médiatiques… BFM, CNEWS, LCI… et, plus problématique, le service public de l’information itou. NON ! L’ennemi, c’est le promeneur solitaire ! L’ennemie, c’est la glandeuse folle !

(Et ce ne sera pas le manque de protections orchestré par une catastrophique incompétence et une recherche à tout prix de profit : OU sont les masques, les gants et les visières de protection pour nos héroïnes et nos héros du corps médical ?… pour ne pas parler de notre protection à nous toutes et tous…)

*

   Donc, d’accord, il est dangereusement antisocial de faire comme si de rien n’était, de ne pas se protéger et de ne pas protéger les autres.

  Mais il est encore bien plus dangereux d’ignorer le contexte dans lequel est arrivé le virus. D’ignorer tout ce que nous avons relevé, d’ignorer que les menaces pesaient déjà depuis au moins 4 ou 5 moins sans que rien ne soit fait (même Buzyn le reconnaît). Pas question que nous soyons à ce point culpabilisé.e.s quand les vrais coupables sont ceux qui nous écrasent, nous commandent et nous exploitent.

   Et parlons-en d’exploitation ! Parce que si les responsables médicaux nous supplient de ne pas sortir, là haut, par la bouche d’un Le Maire, d’une Pénicaud, nous sommes enjoint.e.s à regagner nos entreprises pour produire et être exploité.e.s. Oui c’est incroyable ! Nous n’avons pas le droit de voir notre famille et nos amis, mais nous avons le devoir, du fait de l’absence de protections, de contaminer nos collègues, d’être contaminé.e.s par elles et eux… et de ramener le virus à la maison.

   Les capitalistes sont de grands malades. De grands malades et de grands oppresseurs. Ces gens-là sont en train de profiter de la crise pour faire passer des lois et des décrets destinés à nous exploiter plus. La stratégie du choc (lisez Naomi Klein d’urgence!). Nos patrons vont pouvoir commencer par nous imposer, alors que nous sommes chez nous à subir la claustrophobie, de prendre nos congés payés ! Viendront ensuite des réformes sur le temps de travail… Et puis… Et puis…

  Ça n’est pas possible.

   Nous devons ouvrir les yeux, ne plus les croire. Nous ne devons écouter que les scientifiques, et pas les savants fous de la destruction du monde social. Nous devons nous préparer à la grande lutte dès que nous pourrons sortir à nouveau. Nous devons soutenir nos camarades, nos ami.e.s soignantes et soignants en première ligne. Nous sommes à leurs côtés, mais contre nos chefs.

   Et si l’on parle de guerre, parlons de crime de Haute Trahison, parlons du crime que constitue le fait de n’être guidé que par l’argent, l’enrichissement des riches et la destruction des solidarités qui nous mènent à l’horrible crise actuelle.

Nous n’oublierons pas, nous ne pardonnerons pas !

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